Moussa Konaté

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Moussa Konaté

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 18:47

Moussa Konaté (1951-2013)



Moussa Konaté, né en 1951 à Kita, au Mali, et mort le 30 novembre 2013 à Limoges, est un écrivain malien.
Diplômé en lettres de l’École normale supérieure de Bamako, il enseigne plusieurs années avant de se consacrer à l’écriture. Il est connu pour la publication de plusieurs romans policiers qui relatent les enquêtes du commissaire Habib.

Fondateur des éditions du Figuier, il est également le directeur de l’association « Étonnants voyageurs Afrique » et, en collaboration avec Michel Le Bris, dirige le Festival Étonnants voyageurs au Mali.

Le prix Sony Labou Tansi pour le théâtre francophone, remis lors du Festival des Francophonies en Limousin, lui est attribué en 2005.

Bibliographie :

Romans
Sitan, la petite imprudente
Barou et sa méchante marâtre
L’Hyène et le Malin Fafa
Les Trois Gourmands
L'Empreinte du renard
Meurtre à Tombouctou
L'Affaire des coupeurs de têtes

Nouvelles
Le Prix de l'âme
Une aube incertaine
Fils du chaos
Les Saisons
Goorgi
L’Assassin du Banconi, suivi de L’Honneur des Keita

Récits pour la jeunesse
La Potière
La Fileuse
La Teinturière
Le Tisserand
La Savonnière

Autres publications
Le Commissaire Habid suivi de L'honneur des Keïta
Mali, ils ont assassiné l'espoir
Chronique d'une journée de répression
Fils du chaos
L'Or du diable suivi de Le cercle au féminin
L’Assassin du Banconi suivi de L’Honneur des Keïta
Le Prix de l'âme
Une aube incertaine
Khasso
Les Enquêtes du commissaire Habib. Tome 1 : La Malédiction du lamantin
Un Monde immobile
Les Orphelins d'Allah)

Essais sociaux et politiques
Mali–Ils ont assassiné l’espoir, essai
Chronique d’une journée de répression
Le Casier judiciaire,La voiture est dans la pirogue
L'Afrique noire est-elle maudite ?

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Re: Moussa Konaté

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 18:50



Le prix de l'Âme

Un village rural du Mali, où vivent les Malinkés. Leur loi, celle d'Allah ; Allah donne Allah reprend. L'homme a son destin tracé, il se doit de l'accepter.
Le fondateur du village était Pâ l'ancêtre vénéré de l'actuel chef Karim.
Les hommes sont polygames, chaque famille du village possède une concession.
La rivière -aux- eaux-vertes fait partie du village c'est elle qui recueille les offrandes  alors que la Grand-route ne fait que passer pour eux.

Le mil est leur ressource principale, vivrière et financière ; mais cette année y aura-t-il une récolte ?

L'hiver n'arrive pas, aucune pluie ; le village entier attend que le ciel se déverse sur la terre. Hélas la sècheresse s'installe durablement : prières, offrandes, sacrifices, féticheur, rien n'y fait les bêtes agonisent marquant le début d'un long cortège. Les oiseaux rôdent sur le village.

Les jeunes du village qui ne voient pas d'avenir dans le village le quitte, au regret du Chef, pour la ville.
Mais ils n'y trouveront que des situations ingrates ou malhonnêtes.

Les sages du village se rendent compte qu'ils se sont fait bernés par le gouvernement (ses agents, le moniteur d'agriculture et le chef d'établissement) qui a acheté la totalité de leurs cultures, mais à présent en cette période de famine due à la sècheresse (punition d'Allah ?) reste
sourd à leur appel à l'aide.
Les villageois reconnaissent qu'ils vivaient bien mieux du temps où il y avait les "peaux-blanches" car, s'ils devaient payer "le prix de l'âme" (les impôts sur les têtes) ils avaient toute liberté de disposer de leurs cultures et de leur vie.

Le récit est ponctué par les  sentences journalières d'un mendiant de la ville dénonçant les pêcheurs.

Le représentant du gouvernement se présente accompagné de deux gendarmes pour collecter "le prix de l'âme". Devant cette injustice les villageois en colère se soulèvent, refoulent gendarmes et représentant, lequel agressé est blessé à mort.
Les gendarmes reviennent en force, se saisissent du Chef Karim et tuent la Mama, une vieille folle.

De la poésie, du réalisme et de la générosité dans cette écriture.
L'auteur démontre l'opposition de la situation rurale et citadine, le poids de la religion mais aussi des fétiches. Les passions que déchainent l'honneur ou la honte.
Le fossé irréversible qui sépare les générations.
Les caractères attribués à chaque personnage sont bien définis.
Une très belle lecture pour ce petit livre de 150 pages.

Extraits

"Le soleil s'était penché à l'oreille des collines, laissant dans son sillage une traînée d'or et de sang. Comme hier, le carilon des pintades s'élevait de partout et les troupeaux de moutons et de vaches s'acheminaient, pesants et repus, vers le grand parc. La paix du soir descendait, calme et mystérieuse, avec son peuple de fantômes, de djinns, de nains et de sorciers. La Rivière-Aux-Eaux-Vertes s'assoupissait, sombres miroir éclatant, cependant que la Grand-Route ondulait encore, boa géant et insatiable."

"Chef, c'est l'enfant maudit de Sama. Je l'ai surpris à l'instant même, semant des cailloux. Et après cela, comment veut-on qu'il pleuve quand il y a ce bâtard qui détourne la pluie."
"Triéblin a conclu un pacte avec un djinn qui lui a donné des pouvoirs surnaturels tout en lui interdisant de se mêler à la foule des mortels. Et quand le pacte viendra à son terme. Triéblin devra dire adieu au monde, car le djinn ne donne rien pour rien."

"Sur la terre, le petit peuple, s'enfuit en clamant et en geignant, s'enfonce davantage dans l'ombre épaisse. Or, dans la nuit, des précipices ouvrent grandement leurs gueules énormes ; or, dans la nuit, des rmées lumineuses de vipères et de najas grouillent et sifflent. Ceux qui tombent ne se relèvent plus ; d'autres s'en vont encore, mus par une énergie sans nom ; et d'autres encore s'en vont entraînés par la marée. L'odeur des morts s'élève et emplit le ciel. Le vautour-qui-enlève-l'oeil s'émoustille, cependant que sa cour jubile et bat des ailes."

"Ils connurent les hordes sauvages de Mahomet qui les convertirent, comme vinrent des hommes blancs habillés telles des femmes qui leur montrèrent le chemin du paradis. On les a baptisés par la dague et par le bonbon, car les voies qui mènent au tout-puissant sont multiples."


"message rapatrié"
mots-clés : #nouvelle

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