George Orwell

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George Orwell

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 19:05

George Orwell 1903-1950


George Orwell, nom de plume d'Eric Arthur Blair, né le 25 juin 1903 à Motihari (Inde) pendant la période du Raj britannique et mort le 21 janvier 1950 à Londres, est un écrivain et journaliste anglais.

Son œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l'expérience personnelle de l'auteur : contre l'impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l'ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale et le socialisme, après avoir observé et partagé les conditions d'existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les totalitarismes nazi et soviétique, après sa participation à la guerre d'Espagne. Parfois qualifié d'« anarchiste conservateur », il est souvent comparé à la philosophe Simone Weil, en raison de ses prises de positions originales pour un socialiste.

Témoin de son époque, Orwell est dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : La Ferme des animaux et surtout 1984, roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance et de contrôle des individus. L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par l'écrivain anglais.

Bibliographie

1933 - La Vache enragée  
1935 - Une histoire birmane
1935 - Une fille de pasteur
1936 - Et vive l'Aspidistra !
1937 - Le Quai de Wigan
1938 - Hommage à la Catalogne
1939 - Un peu d'air frais
1945 - La Ferme des animaux
1949 - 1984

Autres écrits
1985 - Chroniques du temps de la guerre (1941-1943)
1968 - Essais, articles et lettres
2005 - Dans le ventre de la baleine et autres essais (1931-1943)
2005 - Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949
2006 - Correspondance avec son traducteur René-Noël Raimbault : correspondance inédite, 1934-1935
2008 - À ma guise : Chroniques (1943-1947)
2009 - Écrits politiques (1928-1949) : Sur le socialisme, les intellectuels et la démocratie, Marseille
2014 - Une vie en lettres. Correspondance (1903-1950)[/quote]


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Re: George Orwell

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 19:08



Hommage à la Catalogne

Il est vrai que la séparation de la partie action et réflexions politiques   fait que le lecteur  est un peu éloigné du contexte. Personnellement j'ai compensé en recherches multiples sur ce que je ne connaissais pas, je n'aime pas lire si je ne comprends pas, donc  beaucoup de recherches, mais cela m'a permis  ensuite, dans les 2 chapitres sur la politique, de me sentir à l'aise.

Au-delà de la guerre sur le Front, souvent pour Orwell une guerre d'attente, dans des conditions très difficiles , c'est la révolution "volée" aux ouvriers et paysans qui a retenu mon attention.

c'est franchement ahurissant que Staline ait donné des ordres afin que la révolution prolétaire soit camouflée, il ne voulait surtout pas qu'elle se "relève", il lui fallait montrer "patte blanche" aux Pays ayant investi un énorme capital en Espagne ! Quoique finalement c'est son habitude de "liquider" les révolutionnaires !

De retour à Barcelone après plus de 3 mois au front, après l'attaque d'Huesca, Orwell découvre une ville changée, l'atmosphère, le langage, l'attitude ne sont plus ceux de la  ville de prolétaires, de révolutionnaires qu'il avait quittée. Barcelone était passée d'un Etat prolétarien à une République Bourgeoise.

Une guerre de rue s'engage après qu' à l'inititiative de Salas leur chef, les policiers attaquent le Bureau central des Télécommunications tenu par les ouvriers du CNT (syndicat Anarchiste) ; le POUM soutient le CNT par camaraderie, Orwell participe donc à cette situation. Des barricades sont élevées dans les rues.

Les journées de mai qui ont amené à leur suite un climat délétère (suspicion, mensonges, arrestations, assassinats) mais non pas entre Républicains et Fascistes, non ! entre le gouvernement et ces Hommes qui défendent la Patrie.

Le parti Communiste prend prétexte de cette émeute pour attaquer le POUM (Marxiste mais anti-fasciste et anti-Stalinien) comme Trotskystes, traitres à la solde des fascistes, la presse communiste en Espagne et hors s'acharne de manièe odieuse, mensongère sur le POUM. Le gouvernement sous la pression communiste ordonne la suppression du POUM ; tous ses membres, les sympathisants sont arrêtés, voire pour certains assassinés.

Le couple Orwell (oui sa femme s'avait suivi courageusement en Espagne) arrive à rejoindre la France puis leur pays après avoir réussi à obtenir les tampons nécessaires sur leur passeport.


Orwell nous a livré sa vérité, il dit bien que certainement il a été partisan, et j' adhère à l'analyse qu'il fait de la situation politique en Espagne à cette période.

Il a vraiment rendu Hommage à la Catalogne, il les aime ces Espagnols avec leur humanité, leur égalité, leur fraternité et leur "manana"

Je mets l'extrait suivant parce que je partage l'avis d'Orwell :

"Comprenez bien, je vous en prie, qu'en parlant ainsi, ce n'est pas contre les communistes de la base, et encore moins contre les milliers de communistes qui moururent héroïquement pour la défense de Madrid, que j'en ai. Mais ce n'était pas eux qui dirigeaient la politique de leur parti.
Quant aux communistes haut placés, comment croire qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient ? "










Complément d’information sur le P.O.U.M.

Les origines des milices du POUM étaient les GABOC : groupes d'action directe des BOC (Bloc Ouvrier et
Paysan, fondé en 1931, par des dissidentEs communistes anti-stalinienNEs, fusionnera en 1935 avec la
Izquierda Communista pour former le POUM – Note du CATS), dont les membres appartenaient à leurs
Jeunesses. Ils étaient engagés dans la défense des meetings du BOC et par la suite du POUM.
Ils défendaient les affichages, portaient des uniformes, effectuaient des exercices militaires et le tir
périodiquement. Des rangs des GABOCS ont émergé les chefs militaires des « Centuries » des milices du
POUM, lesquels étaient des dirigeants de la JCI. Les « Centuries » de miliciens du POUM se convertirent
ensuite en « bataillons ».
Josep Rovira organisa les forces militaires du POUM sur le front d'Aragon.
Il était responsable des Groupes d’Action du POUM. Il avait appartenu à Estat Catalá (parti catalaniste
républicain et bourgeois fondé en 1922– Note du CATS) et avait participé, avec Francesc Macia, au projet
d’invasion de la Catalogne en 1926, depuis Prats de Mollo, en Catalogne Nord (il s’agit d’une commune
située en territoire français – Note du CATS).

Dans les milices du POUM (Division Lénine, plus tard la 29ème Division),  celle d’Orwell, il y avait 600 volontaires
étrangerEs, dont la moitié, les plus remarquables, étaient des AllemandEs. Les volontaires allemandEs étaient
des alliéEs politiques du POUM qui étaient venuEs se battre après avoir fui les naziEs. Ils/elles étaient les
meilleurs soldats et composaient le Bataillon de Choc.
Il y avait aussi des volontaires italienNEs, françaisEs et Britanniques (trente). Les milices du POUM ont
atteint jusqu'à vingt-six nationalités différentes.


"message rapatrié"


mots-clés : #guerredespagne


Dernière édition par Bédoulène le Mer 10 Mai - 23:42, édité 2 fois

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Re: George Orwell

Message par Exini le Dim 11 Déc - 9:07

"Hommage à la Catalogne" est un ouvrage majeur, et tu en parles si bien...

J'avais suivi avec intérêt votre lecture commune avec Shanidar.
J'avais déjà dévoré ton commentaire final, ailleurs. Même plusieurs années après, il réveille les mêmes souvenirs. Mais j'avais oublié que, comme moi, tu avais accordé une place importante à la guerre civile à l'intérieur même des républicains. Merci !


Dernière édition par Exini le Dim 11 Déc - 15:10, édité 1 fois
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Re: George Orwell

Message par Bédoulène le Dim 11 Déc - 14:08

merci Exini !

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Re: George Orwell

Message par bix_229 le Dim 11 Déc - 15:15



HOMMAGE A LA CATALOGNE

Je voudrai revenir sur Hommage à la Catalogne, qui est un livre qui a beaucoup compté pour moi...
Je l'ai lu il y a longtemps, à un moment où je m'interessais beaucoup à la Guerre d'Espagne...
J'ai grandi du coté de Nimes, dans un coin à la campagne. Et quand j'étais enfant, il y avait pas mal d'exilés espagnols qui s'y étaient installés et étaient devenus agriculteurs. Tous les vaincus de cette guerre, républicains, de gauche, et tous menacés de mort par le régime franquiste.
Après avoir vu avec émotion le film de Rossif, Mourir à Madrid, je décidai alors de lire tout ce que trouverai sur cette guerre. Et le 1er livre fut Hommage à la Catalogne.
Animal a sans doute raison : ce livre n'est peut-être pas aussi dramatique qu'on pourrait le craindre, compte tenu que cette guerre fut non seulement sanglante, mais cruelle comme le sont toutes les guerres civiles.
Le livre d'Orwell est avant tout un reportage très vivant et bien écrit. C'est ce qui permet à ce genre d'ouvrage de durer, tout comme ceux de Laurie Lee ou John Reed.
Barcelone y est très présente avec les autonomistes catalans, les anarchistes de la FAI et de la CNT, les militants du POUM (Parti ouvrier d'unification marxiste) qui tenaient le haut du pavé au début des hostilités.
Barcelone en grève, avec les entreprises autogérés dans l'enthousiasme et la pagaille, et les miliciens mal armés et indisciplinés.
Barcelone encore en 1937, quand les émeutes opposent dans les rues, les anarchistes et le POUM d'un coté, et les communistes de l'autre.
Le but de ces derniers était au départ de s'allier avec les autres partis de gauche pour controler le pouvoir, et de les éliminer ensuite. Inaugurant ainsi une stratégie qu'ils utilisèrent à Prague plus tard.
L'épisode de 1937 a inspiré le cinéaste anglais Ken Loach dans son film Land and freedom

Au delà des divisions de la gauche, l'Espagne entière devint un terrain d'expérimentation pour les grandes puissances d'alors.
L'URSS n'aida la République que dans la mesure ou le PCE en profitait et de toute façon, insuffisamment pour gagner la guerre. Meme chose pour la France du Front populaire -malgré ses sympathies- empétrée dans ses cotradictions.

A noter l'histoire extraordinaire des Brigades internationales, ou pour la première fois peut etre dans l'histoire, des hommes, pas des mercenaires, allèrent combattre et mourir en grand nombre en Espagne par pur idéalisme. Loin des basses manoeuvres menées par les dirigeants communistes.
De l'autre coté, à l'appel de Franco, les fascistes italiens et sutout l'Allemagne nazie, qui intervint avec ses meilleures troupes et du matériel de guerre performant. Notamment les avions qui bombardèrent Guernica sans opposition. Franco disposait évidemment de la majorité d'une armée de métier et des tabors marocains.

Beaucoup d'historiens semblent penser,(et Orwel est le premier à le suggérer) que si les démocraties occidentales s'étaient alors opposées vigoureusement à Hitler, la 2e guerre mondiale aurait pu être évitée.

Mais si les communistes avaient triomphé, alors l'Espagne aurait été la première "démocratie populaire"...

Message récupéré
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Re: George Orwell

Message par ArenSor le Dim 11 Déc - 20:59

J'ai rapporté d'Emmaüs samedi "Et vive l'aspidistra !"
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Re: George Orwell

Message par Bédoulène le Lun 12 Déc - 8:49

tu nous en parleras donc

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Re: George Orwell

Message par Arturo le Ven 19 Mai - 20:40

A ce qu'il paraît, depuis l'élection de Donald Trump, 1984 se vend comme des petits pains ... Et tant mieux ! Car oui, il faut lire Orwell, car c'est un esprit sagace qui a su anticiper et percevoir maintes perversions des systèmes modernes, des dérives du totalitarisme.
Il fait partie de ces écrivains qui comptent fortement pour moi. Davantage pour ses idées, sans doute, que pour sa plume. Un auteur qui nous pousse dans nos retranchements.
J'ai le souvenir de ma lecture au collège de La ferme des animaux, et j'avais été fasciné (j'avais une excellente prof d'ailleurs qui nous avait très bien expliqué l'oeuvre et ses enjeux).
Un peu plus tard, j'ai lu 1984 ... Indispensable. Certainement à relire, un jour. Mais j'en garde un souvenir fort. J'aime beaucoup aussi le film Brazil, de Terry Gilliam, qui s'en inspire.
Ensuite, j'ai lu Dans la dèche à Paris et à Londres. Un récit de la misère, dans les mansardes parisiennes, un quotidien de la survie, des petits boulots. Proche des récits de Henry Miller, à la même époque (avec moins de cul).
Puis j'ai lu ses Essais : Dans le ventre de la baleine (il y a à boire et à manger de ce ventre).

Et mon intérêt pour la Guerre d'Espagne, m'a logiquement mené à son témoignage : Hommage à la Catalogne.

Ce n'est pas tellement ce que j'espérais, mais ce fut intéressant. J'attendais plus de détails sur l'expérience de collectivisation anarchiste, il y a toutefois quelques pages éclairantes, où Orwell est bien conscient de vivre quelque chose d'extraordinaire, un moment de liberté unique, quelques mois où la lutte des classes semble balayée.
Ce qui est dommage dans ce livre, c'est qu'il ait séparé l'aspect politique de son récit. Finalement, les appendices sont plus précieux pour la compréhension de l'époque que son récit en lui-même. Néanmoins ce dernier reste assez intéressant. Orwell paraît dépassé par les évènements, et il y a de quoi. Il est venu s'engager dans un vrai micmac politique, dans une guerre civile, un pays en ébullition, où les idéologies libertaires se frottent à l'âpre réalité.
Orwell nous dépeint une armée d'amateurs, qui veut renverser la table. Et peu à peu, tout conspire contre eux, les communistes, Staline, les capitalistes, la propagande, tout est bon pour les écraser.
Le côté trop axé sur l'aspect militaire m'a un peu ennuyé, c'est aussi pour ça que j'avais moyennement apprécié Pour qui sonne le glas, d'Ernest Hemingway.
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Re: George Orwell

Message par bix_229 le Ven 19 Mai - 21:04

Arturo, si tu veux connaitre l' atmosphère de l' Espagne juste avant la guerre, il te faut lire
le livre magnifique de Laurie Lee : Par un beau matin d' été.
L' histoire d' un jeune anglais non conformiste et pétri d' humanité...
Et de talent. Lee a un talent fou pour faire  revivre une atmposphère et une humanité scandaleusement
pauvre et généreuse.
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Re: George Orwell

Message par bix_229 le Ven 19 Mai - 21:11

... Et aussi la vie dans un village espagnol, juste après la guerre. Epargné par elle et par le tourisme, un autre livre tout aussi magnifique, Torre del mar : Norman Lewis. - Phébus.



Torre del Mar
Norman Lewis

Traduit par Jacques Papy

Langue d'origine : Anglais (Royaume-Uni)

"Parce qu’il a eu la malchance d’être enrôlé de force dans l’armée franquiste (et d’être décoré par erreur !), Costa se voit entouré d’un cercle de malveillance, dans le petit port de pêche catalan où il vit seul avec sa mère, et où l’on reste « rouge » de cœur. La mer le nourrit à peine, et il faudra la prise d’un mérou de grande taille pour que le malheureux garçon puisse espérer enfin épouser Elena...
Espérer seulement... Car Costa est né sous une mauvaise étoile. Elena qui s’est engagée comme domestique à Barcelone échoue dans un bordel. Et au moment même où l’ostracisme dont il est l’objet semble vouloir se relâcher, voilà que Costa se trouve accusé d’avoir dénoncé à la police un agitateur qui s’est réfugié chez lui.
Autour de ce destin solitaire marqué par le guignon, toute une galerie de personnages hauts en couleur composent une humanité baroque : le lieutenant de police Calles, sadique et puritain ; l’agent secret Molina, qui ne croit plus trop en la Révolution ; la gitane Paquita, allumeuse professionnelle ; enfin et surtout, Don Federico, vieil aristocrate cabochard, épicurien, sceptique et généreux, lequel se sacrifie avec panache à une cause qui n’est pas la sienne – ce qui lui assurera une fin pleine d’ironie et de grandeur.
Norman Lewis déshabille ici l’Espagne de l’après-guerre, avec les gestes que l’on a pour une vieille maîtresse longtemps aimée. Et l’émotion est là, qui nous fait quitter à regret, la dernière page tournée, ce petit monde où flotte un discret parfum d’éternité."

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Re: George Orwell

Message par animal le Ven 19 Mai - 22:57

Ce qui est dommage dans ce livre, c'est qu'il ait séparé l'aspect politique de son récit.
C'est vrai que ça a un côté déroutant et les chapitres d'analyses qui sont en annexe étaient au départ prévus pour faire partie du récit (biographique rappelons le). L'autre aspect déroutant pour moi a été l'impression de relative légèreté de ton, de désinvolture pour revenir sur l'épisode et sa fin tragique. J'en retiens la volonté d'engagement et une réalité de terrain qui ne se révèle pas forcément à la hauteur ou dont la durée complique la perception. C'est aussi le moment où la pensée et l'analyse doivent laisser la place au rôle actif mais en bas de l'échelle. Un pouvoir de décision collective qui échappe. C'est un peu loin.

Je relirai volontiers Orwell !

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Re: George Orwell

Message par Tristram le Ven 19 Mai - 23:01

Je semble être heureusement le seul ici à amonceler les extraits (voir le bureau des plaintes en cas de compréhensive lassitude) :

« Le Parti disait que l’Océania n’avait jamais été l’alliée de l’Eurasia. Lui, Winston Smith, savait que l’Océania avait été l’alliée de l’Eurasia, il n’y avait de cela que quatre ans. Mais où existait cette connaissance ? Uniquement dans sa propre conscience qui, dans tous les cas, serait bientôt anéantie. Si tous les autres acceptaient le mensonge imposé par le Parti – si tous les rapports racontaient la même chose –, le mensonge passait dans l’histoire et devenait vérité. "Celui qui a le contrôle du passé, disait le slogan du Parti, a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé." Et cependant le passé, bien que par nature susceptible d’être modifié, n’avait jamais été retouché. La vérité actuelle, quelle qu’elle fût, était vraie d’un infini à un autre infini. C’était tout à fait simple. Ce qu’il fallait à chacun, c’était avoir en mémoire une interminable série de victoires. Cela s’appelait "Contrôle de la Réalité". On disait en novlangue, double pensée. »
George Orwell, « 1984 », chapitre III

« Le Parti vous a demandé de rejeter l'évidence de vos yeux et de vos oreilles. C'est son exigence ultime et la plus importante. Son cœur faiblit quand il pensa à l’énorme puissance déployée contre lui, à la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du Parti le vaincrait dans une discussion, aux subtils arguments qu’il serait incapable de comprendre, et auxquels il serait encore moins capable de répondre. Et cependant, il était dans le vrai. Le Parti se trompait et lui était dans le vrai. L’évidence, le sens commun, la vérité, devaient être défendus. Les truismes sont vrais. Il fallait s’appuyer dessus. Le monde matériel existe, ses lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l’eau humide, et les objets qu’on laisse tomber se dirigent vers le centre de la terre. »
George Orwell, « 1984 », chapitre VII
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Re: George Orwell

Message par Arturo le Sam 20 Mai - 9:46

J'ai aussi un fichier / carnet, où je note parfois des extraits. Smile

Merci Bix, c'est noté ! De quoi approfondir le sujet !

Ce que j'ai oublié de dire dans mon commentaire, ce qu'à mon avis il est certain que cette expérience a nourri la conscience politique d'Orwell, et ses futurs écrits.
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Re: George Orwell

Message par Aventin le Sam 20 Mai - 21:05

Les grands cimetières sous la lune, de Georges Bernanos, mérite à mon humble avis lecture & relecture(s) en ce qui concerne la guerre d'Espagne.
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Re: George Orwell

Message par Bédoulène le Sam 20 Mai - 22:37

merci Arturo, nous partageons tous le même avis sur la séparation de l'aspect politique.

Aventin c'est un livre qui m'attend.

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Re: George Orwell

Message par bix_229 le Sam 20 Mai - 22:44

Oui, Les grands cimetières est un livre courageux, meme s' il ne dédouane en rien l' attitude du
clergé espagnol qui bénissait les canons franquistes.
Bernanos était d' une autre trempe.
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Re: George Orwell

Message par Arturo le Dim 21 Mai - 21:20

Oui, je me souviens de ton commentaire, Aventin.

J'ai vu Land and Freedom, de Ken Loach. Il s'inspire fortement du récit d'Orwell.
Un beau film, sur cette situation qui a vite tourné à la tragédie.
J'ai beaucoup aimé le discours dans le village, avec le combat des idées. Très bien amené.
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Re: George Orwell

Message par animal le Mar 4 Juil - 12:46

Série d'émissions consacrées à Orwell le midi sur F.Cul cette semaine on dirait. (ce midi ça causait Orwell et Claude Simon).

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Re: George Orwell

Message par Exini le Mar 4 Juil - 19:03

Bonne piqûre de rappel, Animal ! J'avais noté en mars (et finalement oublié...) une série d'émissions "Les chemins de la philosophie" sur Orwell à réécouter : ICI
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Re: George Orwell

Message par Arturo le Mar 4 Juil - 19:26

J'ai écouté les émissions hier et aujourd'hui. Je comptais vous en faire part, mais tu as été plus prompt, animal. Merci Exini pour le rappel (je crois que j'avais écouté, mais pas sûr). C'était intéressant aujourd'hui.
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