ArenSor_T_Williams

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Tennessee Williams, Parle moi comme la pluie et laisse moi écouter

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    Donald Antrim

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    topocl

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    Donald Antrim

    Message par topocl le Lun 17 Juil - 9:10


    Donald Antrim
    Né en 1958



    Donald Antrim est un écrivain totalement original, y compris parmi les auteurs postmodernistes. Avec La Vie d'après, publié en France en 2008, il rompt avec la veine fantastique et passe à l'autobiographie. Donald Antrim contribue par ailleurs fréquemment à la rubrique "Fiction" du New Yorker.  

    Œuvres en français

    Romans
       Votez Robinson, 2000 ( Elect Mr. Robinson for a Better World, 1993)
       Les Cent frères, 2003 (The Hundred Brothers, 1997)
       Le Vérificateur, 2003 ( The Verificationist, 2000)
       La Vie d'après, 2008 ( The Afterlife: A Memoir, 2006)

    Source éditeur


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    topocl

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    Re: Donald Antrim

    Message par topocl le Lun 17 Juil - 20:33

    La Vie d'après.




    Donald Arnim écrit cinq ans après le décès de sa mère, une femme originale, puis fantasque puis sévèrement alcoolique. qui a autant souffert qu'elle a fait souffrir son entourage. Qui a terrorisé ses enfants étant petits, s'en est sans doute souvent mal occupée, mais parfois bien, et a su leur inculquer un amour particulier, une fidélité qui les a tenus toute sa vie proches d'elle dans leur éloignement, et au moment de sa mort. Donald Arnim  rapporte, au fil de sa mémoire des faits éparts, raconte l'histoire de personnes qui ont marqué son enfance et son adolescence (un oncle, un ami de passage, un grand-père), sans doute en recherche d’adultes référents, et qui ne trouvait le plus souvent que des losers. Mais des losers qui ont compté.

    Ce livre est un hommage à une mère défaillante mais aimée, une mère souffrante aussi, sans chronologie, sans direction fixe, par témoignages au coup par coup dont certains pourraient faire des nouvelles.
    Donald Antrim ne recherche pas la cohérence mais cherche à laisser une trace, un hommage à cette mère qui sur son lit de mort lui a demandé de lui dédier un livre. Un livre si ancré dans la réalité de l'auteur, enfant puis adulte, qu'il ne me revient pas de le juger mais juste de dire qu'il m'a touchée.


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    Re: Donald Antrim

    Message par églantine le Lun 17 Juil - 22:37

    @topocl a écrit: mais cherche à laisser une trace, un hommage à cette mère qui sur son lit de mort lui a demandé de lui dédier un livre. Un livre si ancré dans la réalité de l'auteur, enfant puis adulte, qu'il ne me revient pas de le juger mais juste de dire qu'il m'a touchée.

    Ah oui quand même ....ça peut aller jusque là ....
    ..............
    Eh bien . affraid


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    Et, de nouveau, elle se sentit seule en présence de sa vieille antagoniste, la vie.
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    Re: Donald Antrim

    Message par topocl le Mar 18 Juil - 8:03

    Je crois qu'il faut comprendre "dédier" dans le sens de la dédicace. Elle n'a pas forcément demandé un livre sur elle.


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    Re: Donald Antrim

    Message par bix_229 le Mar 18 Juil - 18:52



    LA VIE D'APRES

    Moi aussi ce livre m'a ému et même beaucoup.
    L'une des qualités de ce livre est sa sincérité. Cela ne suffirait pas pour en faire un livre excellent.
    Mais Antrim parvient à lui donner une autre dimension parce que, il le dit dès le début, l'histoire de sa mère, c'est aussi depuis le début, la sienne.
    Ils se sont identifié l'un à l' autre dans une relation d' attraction réciproque.

    Le mouvement du livre est un flux de souvenirs achronologique, progressant plutôt par associations. Au gré des intermittences de la mémoire.  
    Ce livre est un hommage à la mère. Une mère, de plus en plus poussée vers l' alcoolisme et le tabac par une pulsion d' autodestruction irréversible.
    Et c'est grâce à l' amour obsessionnel qu'il a pour elle qu'il parvient à comprendre pourquoi il n'a jamais pu s'en déprendre.
    Mais aussi à deviner et justifier sa démarche à elle. A lui rendre justice.
    A le lire, on a l'impression de cheminer ensemble, le narrateur et le lecteur.
    On est saisi par cette volonté d'honnêteté scrupuleuse, qui tente de ne pas laisser de zone d'ombre.
    Pour aller vers l'essentiel, la compréhension, une compréhension qui ne laisse place enfin qu'à l'affection qui fut toujours réciproque entre eux.
    Au delà des mots, en dépit des mots.

    Quel beau portrait !

    "Ma mère m'a dit  que mon père n'était pas avec elle quand elle me mit au monde. Elle était seule, hormis ses parents.
    Parce que je pleurais, sa mère entra dans la chambre, et, je ne sais pas, m'attrapa pour m'emporter ailleurs, à l'écart de ma mère.
    Elle n'a pas pu serrer dans ses bras le nouveau-né que j'étais, parce que sa propre mère nous a séparés.
    "Nous n' avons pas pu créer un lien" m'expliqua t-elle quans je fus adulte, en ajoutant que, d' après elle, si mon père avait été présent à ma naissance, il aurait pu intervenir et empêcher sa mère de m'arracher à ses bras."
    P. 172

    "La vie de nos parents avant notre naissance se déroule dans une espèce de royaume mythique, le règne de l'imaginaire, et le pouvoir qu'ont nos père et mère de façonner et d'interpréter notre vie, de nous dire qui nous sommes, même à l'âge adulte, dépend  de notre aptitude à comprendre que, dans la mesure où ils ont habité une époque mythique et où leur existence est la cause de la nôtre, ils restent pour nous immortels et omniscients, exatement comme au temps où nous étions trop jeunes pour survivre sans eux.
    En me parlant d'un clivage survenu entre nous à ma naissance, ma mère m'explique
    que pour moi elle ne mourra  jamais." 
    P. 173





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    Re: Donald Antrim

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