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Kafû Nagai

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Message par Chamaco le Ven 21 Juil - 18:07

Kafū Nagai 
1879-1959

Kafû Nagai Kafa_n10

Kafu Nagai est un écrivain et auteur de nouvelles né à Tokyo,  fils d’un poète réalisant ses œuvres en Chinois, lui même se consacra aux poèmes en Chinois puis plus tard intégra une université de Langues étrangères pour étudier le Chinois. En cette période le Japon (1898-1912) connut le guerre sino-russe, et une guerre avec la Corèe. Pendant ses études Kafû fréquenta les lieux de plaisir avec assiduité, ceci nourrira son œuvre. Il voyagea beaucoup notamment aux USA et en France où il apprit le français.

Ses romans et nouvelles traduits en français :

Scènes d'été, (Natsu sugata)
Le Bambou nain, (Okame zasa, 1920)
Chronique d'une saison des pluies (Tsuyu no atosaki, 1931)
Voitures de nuit, nouvelles, (Yoru no kuruma)
Une histoire singulière à l'est du fleuve, (Bokutō kitan, 1937)
Du côté des saules et des fleurs, (Udekurabe)
Interminablement la pluie, précédé de deux autres récits, (Ame shôshô, Asase, Hanabi)
La Sumida, (Sumidagawa, 1909)
Le Jardin des pivoines par Nagai Kafû, suivi de cinq récits d'écrivains japonais contemporains
Les Yôkan, nouvelle, (Yôkan)


Dernière édition par Chamaco le Ven 21 Juil - 18:42, édité 3 fois
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Message par Chamaco le Ven 21 Juil - 18:26

Le choix de cet auteur et son livre "le Bambou Nain procèdent d'une rubrique "la chaine de lecture 2017" et de Armor que je remercie de cette découverte que de moi même il y a peu de chance... J'ai été surpris (car ignare en cette culture, puis enthousiasmé)

Le Bambou Nain

Kafû Nagai Captur12


Les geishas appartiennent au « monde des fleurs et des saules »
Selon la geisha Mineko Iwasaki les geishas appartiennent au « monde des fleurs et des saules » , fleur par sa delicatesse, saule par sa force et sa souplesse. Il existait et peut être existe t'il toujours des écoles de geishas pour leur enseigner les arts, la conversation, le chant etc...Celles de Kyoto étaient les plus côtées, celles de Kafû (de Tokyo donc) paraissent à la lecture du livre plus rustiques, moins élégantes, mais lorsque l’on en a pas fréquenté à quoi se référer.. ?
D’où la nécessité de chercher dans sa mémoire à l’aide de ce que wiki nous fait découvrir, dans notre civilisation européenne un mot pourrait se rapprocher de Geisha celui de Tanagra (issu de la découverte en grèce de petites statuelttes de femmes représentant des danseuses, des femmes voilées, suggérant un culte à Artémis)
Un bar américain à Paris portait fin des années 70 le nom « petit Tanagra », à cette époque héritage des troupes d’occupation américaines d’après guerre  ce type de commerce faisait florès à Paris et en Allemagne, Dans ces bars les « demoiselles » se dédiaient à « accompagner » ces messieurs dans leur passe-temps alcoolisé, elles les écoutaient et épongeaient leurs chagrins.
En fait hormis le fait qu’elles ne jouaient pas de musique, ne chantaient pas et ne portaient pas de kimonos nous n’étions pas loin de ces images décrites par Kafû. Dans les pays et aux periodes de misère ce type de divertissement de tous temps et en tous lieux permettait de survivre. Le Japon était plus raffiné, mes lectures m’ont permis de savoir qu’aux temps anciens les premières geishas étaient des hommes déguisés en femmes, de proches cousins de nos bouffons en quelque sorte. (à suivre)


Kafû Nagai 1024px10


(en construction)

mots-clés : #traditions


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Message par Armor le Ven 21 Juil - 18:56

@Chamaco a écrit:
Le choix de cet auteur et son livre "le Bambou Nain procèdent d'une rubrique "la chaine de lecture 2017" et de Armor que je remercie de cette découverte que de moi même il y a peu de chance... J'ai été surpris (car ignare en cette culture, puis enthousiasmé)

Voilà qui fait plaisir à lire. J'avais envie de te faire découvrir la littérature asiatique, sans savoir évidemment si cela te conviendrait. J'attends ton commentaire avec impatience ! (et sérénité, désormais. Very Happy )
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Message par bix_229 le Ven 21 Juil - 18:59

Kafû Nagai Kafu_210

Nagai Kafu : Voitures de nuit. - 10/18

Tokyo dans les années 30, c' est le décor de toutes les nouvelles de ce recueil. Tokyo et ses quartiers de plaisir que Kafu fréquenta toute sa vie.

Kafu nous promène dans ces quartiers qu'il connait parfaitement, mais que le lecteur français a un peu de mal à suivre.
En tout cas, à la lecture, on sent parfaitement que ce qu'il nous décrit, est le fruit de ses connaissances et de ses observations personnelles. Le Japon et Tokyo en particulier, se relèvent du grand tremblement de terre de 1923. Les quartiers en question sont partiellement en ruines, et c'est dans ces ruines que vivent de très pauvres gens et notamment des pauvres filles, des pauvres femmes, qui ne deviennent geishas, serveuses ou prostituées que par nécéssité, contrairement à d'autres époques.

Ce n'est pas un hasard non plus si ceux qui les aident ou les exploitent sont des gens riches, des politiques, des commerçants ou des intellectuels. Le lecteur d'aujourd'hui peut penser que ces femmes sont bien soumises, mais c'est parce que leur position dans la société est dramatique. Et d'ailleurs Kafu ne les juge ni ne les condamne en tant que catégorie sociale. Il montre simplement comment, chacune à sa manière, fait face à une situation qui leur est imposée.

Outre cette misère, Kafu nous montre aussi le profonde mutation du Japon à Tokyo.
L'occidentalisation est visible partout. Les vêtements des hommes (surtout les riches) et des femmes s'occidentalisent, les bars, les restaurants, les établissements de nuit portent des noms européens.

Kafu nous parle de ces filles et de ces femmes dans leurs occupations quotidiennes, de leurs intrigues amoureuses, leurs espoirs, leur attente, leur amertume. Il le fait avec compréhension et sympathie. Celles d' un homme proche d'elles. En homme intègre aussi. En écrivain indépendant, qui a refusé après la guerre de 40, d'adhérer à l'Union des écrivains japonais, plutot fascisante.

Ce texte n'est pas dépourvu de poésie, mais j'ai l'impression que cette poésie a été un peu gommée par le traducteur français, que l'éditeur René Sieffert a gardé pour sa connaissance du Japon de l'époque, de la langue aussi et enfin parce qu'il parle et écrit un français des années 30, époque où ont été écrites ces nouvelles.

Autre remarque, cette édition manque de notes en bas de page. Attention, je ne suis pas pour les éditions érudites où le texte est noyé sous les notes envahissantes ! Comme dans La Sumida.

Dans mon souvenir, il me semble avoir préféré d'autres oeuvres de Kafu… Peut-être Interminablement la pluie, Une histoire singulière à l'Est du fleuve, Le Bambou nain... ??

Rapatrié


mots-clés : #nouvelle
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Message par Chamaco le Ven 21 Juil - 23:16

Kafû commença sa carrière en devenant le disciple d’un écrivain célèbre à l’époque, cette experience dû lui servir pour décrire les relations de maître à disciple à l’image de son héros Uzaki. A l’époque de Kafû la société japonaise est en pleine mutation, ces periodes sont prolifiques pour les écrivains, Kafû vivant entre l’ère  Edo et l’Ere Meiji  et ayant connu les deux semble aux dires des critiques en avoir subi les influences de même que l’apport de la littérature française qu’il a connu lors de son sejour en France, nos auteurs tres sociaux du XIX° siècle l’influencèrent., ses descriptions misérabilistes en semblent baignées. Cela l'aide à jeter un regard critique, souvent ironique sur la société de son époque.
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Message par Chamaco le Sam 22 Juil - 15:28

Fragment de lettre d'une geisha se plaignant d'une séparation :

" Il m"est infiniment triste de constater que vous en êtes venu à détester la vile geisha que je suis, mais nul n'y peut rien. Vous avez maintenant une jolie épouse. J'ai vu les photos de votre bonheur dans les journaux. Que puis je dire, moi qui suis une geisha, sinon ma tristesse. Je n'ai nullement l'intention de faire quoi que ce soit, je vous demande seulement de venir comme autrefois."
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Message par tom léo le Mer 10 Juil - 10:31

Kafû Nagai Captur12

Le Bambou nain

Originale : Okame zasa (Japanisch, 1920)

Texte de couverture-Picquier a écrit:Un peintre raté et opportuniste, un antiquaire véreux, la famille suspecte d'un ancien gouverneur de province, le fils débauché d'un peintre illustre, tels sont les personnages de ce célèbre roman de Kafû. Galerie de portraits surprenants, peinture satirique et féroce d'une nouvelle société bourgeoise oublieuse des valeurs traditionnelles de l'ancien Japon que Kafû voyait s'éteindre devant lui.

REMARQUES :
Cela commence bien avec un peintre raté, disciple et quasi « intendant » d’un maître-peintre qui, lui, a plutôt d’autres problèmes d’ordre menagère. Il y a spécialement son fils qui essaie de tirer profit de tout, et passe le plus clair de son temps dans les maisons des Geishas.

Malgré la délicatesse qu’utilise Kafû ici en ne décrivant pas vraiment ce qui s’y passe, mais en le faisant savoir quand même, on ne peut pas s’aider à voir qu’il s’agit ici pas tellement de la grande et pure tradition des Geishas extrêmement cultivées, sorte de passe-temps à haut niveau, mais dans le contexte décrit plutôt d’entraîneuses : à boire et consommer plus, à passer le plus de temps dans une maison indiquée, de s’attacher à une telle ou telle, bref : de prostituées. Donc, c’est vraiment bien plus rustique et rudimentaire que des maisons très distinguées. Par ailleurs Kafû ne se  lasse pas à décrire l’état de misère des ces maisons, voir de ces femmes. Quartier que le premier protagoniste aurait apparemment hâte de quitter pour se retrouver ailleurs (tout en sentant les attractions « dangéreuses »…). Mais les attachements, et les devoirs envers les employeurs sont bien plus forts !

L’auteur change habilement d’un protagoniste vers un autre, en presque faisant oublier la porte d’entrée de l’histoire. Et puis on se retrouve ici, puis là...: on saute, et la portée de l'histoire, des "champs touchés" s'élargit.

Aussi bien de coté de la jeune épouse de Kan (et des épouses en générale) comme aussi des Geishas, on ne peut s’empêcher de les voir sous le joug d’un machisme et du pouvoir des traditions masculines et de l’argent. Est-ce que l’auteur se rend compte de ce qu’il décrit ? En ce cas-là c’est une description sans concessions d’un univers perverti par l’argent et les obsessions.  Et dans ce sens-là une critique. Mais elle est aussi faiblesse personnelle, quand on pense que Kafû lui-même est dans cet univers là, personnellement, emprisonné.

Néanmoins, à coté de cette lecture soi-disant « sévère », on peut aussi lire la satire, voir la comédie. Car le destin de notre héros est somme toute assez grotesque et drôle, vue la fin (que je vais pas divulguer).

Je ne suis pas entièrement convaincu, mais cela se laisse lire !
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Message par Armor le Mer 10 Juil - 12:10

On ne se rejoindra pas sur cet auteur, tant pis ! Wink

En effet, Kafû est ambivalent. Il voit disparaître sous ses yeux un mode un mode de vie traditionnel et raffiné auquel il était fortement attaché, et ses écrits se ressentent de cette nostalgie.

Toute sa vie, Kafû ne cessa de fréquenter le monde des saules et des fleurs et d'en célébrer les beautés, même fugitives... Mais il était pleinement conscient des aspects les plus sordides de ce mode de vie alors en pleine déliquescence. Marqué par le courant naturaliste français, c'est d'une plume sans concession qu'il nous décrit ce que cache l'apparence éthérée des geisha...
Personnellement, je trouve que c'est ce constant mélange entre critique et idéalisation, lucidité et fascination, qui rend l'oeuvre de Kafû unique et très intéressante.

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Message par tom léo le Mer 10 Juil - 16:15

Mon jugement final peut paraître autre ou plus sévère que ton enthousiasme, mais moi, je te réjoinds dans la plupart de cette analyse quand même. Peut-être me suis-je mal exprimé? Mais perso, même en admirant l'ambiguîté etc, je ne peux pas ne pas "juger" ce monde, défaut personnel..., je l'avoue.
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Message par Armor le Mer 10 Juil - 18:15

Rassure-toi, je pense qu'il est presque impossible de ne pas juger et bondir devant le sort réservé à ces femmes !

Le monde des geisha est très ambivalent par nature. Il y a les côtés traditionnels et artistiques, d'un raffinement extrême, qui sont fascinants. (Autrefois, il fallait 10 ans d'apprentissage avant de devenir une geisha confirmée ; certaines étaient de véritables artistes, danseuses ou musiciennes réputées.)
Puis, à côté, il y a tout le reste : la dette à rembourser, la perte de la virginité mise aux enchères, les protecteurs à honorer, et plus tard, dans un dévoiement de cette fonction, la prostitution pure et simple dans certains cas.
J'ai lu récemment Ma vie de geisha, de Yuki Inoué. Elle-même, bien que geisha recherchée et musicienne accomplie, a dû se prostituer dans les années 30-40, sur les ordres de sa patronne le plus souvent. Une chose qui aurait été impensable précédemment. Normalement, les geisha n'avaient d'intimité forcée qu'avec leur danna (leur protecteur), celui qui subvenait à leurs besoins. (Ce qui, on est bien d'accord, est déjà trop). Si elles avaient d'autres relations, elles se devaient de le cacher, car leur réputation aurait été irrémédiablement entachée.

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