Chamaco_VilaMatas

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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Jean Rolin

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    Re: Jean Rolin

    Message par animal le Sam 31 Déc 2016 - 17:24

    héhé. moi je dois toujours refaire une tentative un de ces quatre avec L'explosion de la durite. Ormuz ne m'avait pas charmé (et ce n'était pas dans le commentaire de lecture que j'avais casé une sorte de belle allégorie à base de 505) :



    Ormuz

    Un condensé de la lecture :" Ah. Mouais... Voyons ? Hmmmm.... Bon."

    Suivons un non narrateur en repérages dans l'extrême foutoir du détroit d'Ormuz : pétrole, navires de guerre, pêcheurs, fossés économiques, chaleur, tensions politiques, déchets plastiques, oiseaux, police, 4x4, et plus si affinités.

    Et une figure vaguement mytho romanesque de baroudeur en guise de carotte : Wax, peut-être ancien commando ou ancien on ne sait quoi, peut-être parti pour traverser le détroit à la nage, peut-être espion, peut-être pas.

    Balade détaillée mais en surface, succession d'observation ou de "faits", un temps on croit qu'un panorama alternatif, pas forcément surprenant, mais une saveur un peu malade de l'air du temps peut prendre corps. En fait à la longue je n'ai pas réussi à ne pas ranger le texte dans ce même panorama du truc dans l'air du temps sur le ton du constat désabusé qui asticote un petit peu ses images toutes faites et réconfortantes.

    Le système des courts chapitre et de la phrase à tiroir systématique laisse la lecture facile à défaut de la rendre palpitante, la surcharge d'anecdote rendant le résultat anecdotique.

    Mais anecdotique exotique et puis on aime pas les flics mais on se complet bien dans cette promenade militarisée on est proche mais on profite de circonstances exceptionnelles, surtout à ce tarif là ça peut être partout ou nulle part ça ne change rien.

    Ça pourrait être le but ? Pourquoi pas.

    Je reconnais aussi que je ne me suis pas motivé en écoutant une interview-présentation aux 2/3 du parcours...


    Mais il y a tellement mieux ailleurs. (Iain Sinclair par exemple, moins de genre, plus d'écriture, plus de détermination ?)

    Pas irrémédiablement rebuté mais pas convaincu le panda !

    (message recyclé jusqu'à l'illustration).


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    Re: Jean Rolin

    Message par bix_229 le Sam 31 Déc 2016 - 17:29



    Joséphine

    Les histoires d'amour finissent mal et Jean Rolin ne l'ignorait pas...Mais mal à ce point...
    Il a aimé Joséphine et Joséphine l'a aimé. Et puis elle est morte. A 32 ans.

    Rolin égrène les souvenirs de ces deux années-là qu'ils ont vécues ensemble.
    Des souvenirs immédiats de douleur extrême et qui n'ont de signification réelle que pour lui.
    Les gestes de Joséphine, ses habitudes. Son corps, sa façon de bouger, de dormir. De danser. D'être si fragile et si jeune.
    Les disputes et les divergences. Les différences profondes.
    Les querelles qu'on prolongeait mélodramatiquement. Pour mieux jouir des réconciliations.
    Les moments de bonheur fou où il se sentait à sa grande surprise un "imbécile heureux".

    Comment et pourquoi Rolin a-t-il choisi finalement de les raconter, de les publier ces souvenirs ?
    Alors qu' il n'ignore rien du voyeurisme qu'il va susciter.
    Ou de la complaisance à s'exposer ainsi par les mots.

    A-t-il envisagé de mettre les choses au clair ? De raviver encore les blessures vives ? D'enfoncer les mots comme des clous dans sa chair et dans sa tete ?
    Pour tenter de faire son deuil ?

    En se répétant : Je me souviens encore je me souviens. Et puis : plus jamais plus jamais.

    Je l'ignore, mais il a fait ce saut dans le vide. Nous avons tous une Joséphine en nous que nous n' oublions pas.
    si
    "Dans le petit carnet à couverture bleue - sur laquelle elle avait collé deux décalcomanies d' abeilles
    jaune et noir - Joséphine, sous la date du mardi 28 avril 1992, a écrit ceci :

    "Il est obligé au fond, il fuit toutes les possibilités de se retrouver face à face avec la folie (...)
    C' est extremement douloureux d' etre enfermé en soi-meme, ça fait mal au coeur, c' est dur (...)
    Je peux définir l' amour : l' amour c' est la possibilité de se dissimuler dans un etre, d' oublier qu' on
    existe (...)
    Je deviendrai normale pour garder son corps. Je garderai son corps. Il ne le perdra jamais tout à

    fait complètement. J' en prendrai soin. Je crois que je peux y arriver, je peux me fixer ça comme objectif."

    "Je ne sais pas au juste pourquoi je reproduis ces notes, convaincu que le déchirement qu' elles me
    causent, nul ne peut s' en faire la moindre idée.
    Et je les reproduis pourtnt comme si quelqu' un qui ne l' a pas connue, qui ne l' a pas perdue, pouvait en les lisant etre transi d' amour pour Joséphine au point de vouloir comme elle "oublier qu' il existe."

    P. 63

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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Sam 31 Déc 2016 - 17:34

    Vous voulez du Joséphine? en voilà!

    Joséphine




     
    C'est l’histoire de Joséphine, une femme que Jean Rolin a aimée. Aimée à la folie, le terme est rarement moins galvaudé. Avec laquelle il s'est déchiré, avec laquelle il a partagé des moments de bonheur, certains étincelants, d'autres d'un caractère  si ordinaire que cela le surprend lui-même. Puis qui est morte, l'abandonnant à  la tristesse, et aux remords...
    Une femme qui ressemble aux espaces de désolation qu'aime Jean Rolin, avec ses tourments sombres, ses réminiscences dérangeantes, ses fulgurances, sa solitude...

    En fait non, ce n'est pas une histoire. Ce sont des souvenirs sauvés, ce qui reste, après.

    C'est d'une sincérité à la fois totalement impudique dans la description de cet amour,  de cet homme qui se dévoile  dans ses humeurs et ses faiblesses, et totalement délicate dans l'esquisse  de cette femme fragile et courageuse, à la fois offerte et inaccessible.
    Un beau texte, douloureux, tragique, férocement  intime .

    (commentaire récupéré)


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    Re: Jean Rolin

    Message par animal le Sam 31 Déc 2016 - 18:07

    ah. j'ai retrouvé mon ânerie sur Ormuz : un livre qu'on pourrait laisser négligemment trainer sur la plage arrière d'une 505 brûlée par le soleil.

    c'était un début de compliment. bonne résolution anticipée je tâcherai de ne pas attendre 2025 pour faire une autre tentative. cat


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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Lun 2 Jan 2017 - 9:25

    Zones
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    J’ai fait une balade parisienne pleine de charme avec Jean Rolin, cachée dans une de ses poches à côté de son carnet de notes. Une balade sans histoire, juste pour le plaisir de se balader, et de raconter.

       « voyage » dont le premier principe consiste à réduire graduellement mes échanges avec le monde extérieur, à transformer mon métabolisme, un peu à la manière d'un animal errant entrant en hibernation, de façon à dilater le temps et l'espace dont je dispose sinon pour ne rien faire, du moins pour ne rien entreprendre de plus précis, de mieux défini, que rêvasser, lire, marcher sans but, observer à la dérobée, me tenir à l'écart, attendre, voir venir .


    Jean Rolin décide donc de déambuler dans les rues de Paris et de ses lisières, d’ « y dormir dans des lits de hasard mous et grinçant », d’y traîner de bus en métro, de parc en terrain vague, d’avenue en abord de boulevard périphérique, d'observer, d'écouter, et de nous faire son petit rapport quotidien. Avec son oeil à lui, ses élans de tendresse pour un trimardeur qui protège deux vieilles dames, un barman triste qui ressemble à Samy Davis, un SDF qui prend garde à ne dormir que dans des draps blancs. Son attention pour les humbles, les pauvres, les atypiques. Sa litanie de noms de rues, de cabines téléphoniques, de centres commerciaux tagués, de bars minables, de lampadaires qui s'allument avec la nuit. Et son humour plus que jamais, son humour  élégant et courtois.


      A la nuit tombée, il est étrange d'entendre (car on ne les voit pas) de jeunes basketteurs s'acharner dans l'obscurité sur leur balle, ponctuant cet exercice de cris sourds assez inquiétants : en fait, pour le décadent que je suis, il est difficile d'admettre que le sport - en particulier le sport qui met aux prises deux équipes - soient nécessairement un facteur d’adoucissement des mœurs et de fraternisation universelle. La réalité ne m’a pas toujours donné tort.

    (commentaire récupéré)


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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Lun 2 Jan 2017 - 9:26

    DINARD Essai d’autobiographie immobilière avec la photographe Kate Barry




    Eh bien, vous allez être étonnés, j'ai adoré… C'est un tout petit livre, pas épais, un très joli objet des éditions de La table ronde. 63 pages tout compris. Du beau papier, une belle police bleue, une mise en page non justifiée. Entre deux pages de texte est intercalée une demi page moins haute, imprimée recto-verso de photos sans marge de Kate Barry, ex-compagne de Rolin. De sublimes photos, souvent décadrées, d'un Dinard déshabité, mélancolique,  tout en camaïeu de gris, avec une prédilection pour les escaliers, les chemins. Les ciels, toujours gris, sont le plus souvent exclus. C'est une sublime promenade dans un lieu de rêverie triste loin des touristes.



    Le texte, eh bien… C'est du Jean Rolin, qui nous parle de balade dans une ville, de rue en rue, de maisons et en immeuble. Dinard est le lieu de sa naissance, de son enfance auprès de sa grand-mère, lieu qu’il a toujours aimé et où il a toujours tenté de revenir. Cela ramène des souvenirs d'enfance, des images de choux au fond du jardin, de mimosa mis à l'abri du gel, de neige que la vague vient frôler. Cela parle de toutes ces choses sans importance qui sont si importantes, et comme dit Jean Rolin :

       
    (d'ailleurs tout le monde s’en fout, il faut bien le reconnaître).

    …Si ce n'est qu'il y a ce ton, ces digressions, cette façon de raconter unique, cette poésie de la mélancolie, cet humour triste.

    Quelques photos de Kate Barry

     


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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Jeu 5 Jan 2017 - 11:35

    Campagnes



    Bon, ça n‘est pas le meilleur Rolin.
    Il faut dire que je n’ai jamais rien compris à ces guerres en ex-Yougoslavie.

     
     Ils avaient l’air heureux, sinon vraiment de bonne humeur : c’était le début de la guerre, il faisait beau, les pertes étaient encore limitées de part et d’autre, et tout neuf le plaisir de porter des armes et de s’en servir pour imposer sa loi, terroriser les civils, abuser des filles, enfin jouir gratuitement de toutes ces choses si longues et si coûteuses à se procurer en temps de paix, quand il faut travailler, et encore, pour les obtenir.

    Eh bien, ce n’est pas ce livre qui va m’aider. Ce n’est pas le genre de Rolin de perdre son temps en explications et autres choses rationnelles. Ce sont, comme toujours, des choses vues. Des déambulations, des considérations, des chiens errants, des rencontres (mais pas Britney Spears). Les déambulations sont un peu plus musclées : jeep, obus, miliciens. Les rencontres sont toujours aussi éphémères, chaleureuses, dérisoires ou terrorisantes, souvent alcoolisées, sous l’œil acerbe et tendre à la fois de Jean Rolin. On ne sait jamais très bien ce qu’il fait là (et l’épilogue semble vouloir dire que lui non plus).

     
    Il me semblait avoir aimé ce quartier, autrefois, quand j’étais marin – ce qui n’ a jamais été -, mais j’ai dû me tromper (je suis très enclin à  l’erreur).

    Ca fait un peu fatras, il y a quand même de belles pages, et des traits d’humour désabusé.

    (commentaire récupéré)


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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Jeu 5 Jan 2017 - 11:36

    Spécial animal :
    L'explosion de la durite



    Je me suis régalée à accompagner Jean Rolin de Paris à Matiba, Congo, où sous prétexte de convoyer une Audi vieillissante (celle dont la durite explose) il s'amuse à nous noyer sous les combats internes des diverses factions politiques. Relisant la Recherche, se remémorant Joseph Conrad ou WG Sebald,
    rêvant d'être pris pour un agent des services secrets, il nous emmène dans des aventures aussi statiques que prenantes tout au long de trois semaines en cargo. C'est un récit de voyage élégant et plein d'humour, un autoportrait goguenard, où il considère l' Afrique post-coloniale d'un œil à la fois tendre et sans concession.

    (commentaire récupéré)


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    Re: Jean Rolin

    Message par animal le Jeu 5 Jan 2017 - 12:25

    il y avait donc déjà un filon agent secret ? Suspect

    huhuhu...


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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Dim 8 Jan 2017 - 10:07

    Les Evénements




    La France, notre France d'aujourd'hui, est dévastée par une guerre civile. Un vague cessez-le-feu a été prononcé, mais malgré les forces d'intervention internationale, diverses factions  s'affrontent, terrorisent les populations, jouent au petit chef. Un narrateur, qui emprunte beaucoup à Jean Rolin, mais qui n'est pas lui puisqu'il conduit une voiture, nous relate un road movie désabusé dans ce pays furieux et dévasté, de Paris à Marseille en passant par Clermont-Ferrand, avec pour vague excuse la recherche d'un hypothétique fils inconnu. Quelques chapitres à la troisième personne  nous offrent un point de vue extérieur, telle une voix off dans les films de la Nouvelle Vague.

    C'est très rolinien. Comme toujours, il ne faut pas craindre les tours et détours des  départementales , la laideur des zones commerciales, les chiens errants qui trainent. À ce détail près que cette fois, les McDonald's sont pillés, les habitants évacués, les façades déchirés par des impacts de balles, la terreur rôde. Mais si l'on devine le voyageur meurtri par ce spectacle, il n'est pas près de l'avouer, nonchalant, fataliste devant l'horreur, quasi indifférent.

    Et puis tout au long du chemin, de magnifiques échappées sur la nature, des lumières, des couleurs, le froissement d'animaux qui passent, rappellent la vie qui ne demande qu'à rependre.

    Rolin reste à distance : au final, au-delà de la fulgurance de l'instant, l'action l'indiffère. On n'a aucune maîtrise sur rien, la compréhension est floue, le doute total.  Il est l' élément central du récit tout en restant un élément totalement négligeable auquel arrivent quelques aventures, quelques rencontres, il faut bien que la vie continue.


       
    Mais comment savoir ?
       Et d’ailleurs quelle importance ?


    L'élégance est dans l’enchaînement harmonieux de ses phrases à tiroirs, la capacité à évoquer le détail, à conserver l'ironie. L'humour affleure sous le drame (l'Acropole est une boîte de nuit enterrée, Rolin adore les Pailles d'or). L'absurde est roi.


       À la sortie d'Etampes dans la direction de Sermaises, une partie délaissée de la chaussée forme sur le côté de la départementale 721 une sorte de bras mort, ou de méandre coupé, séparé de la route par une banquette herbue plantée de quelques arbres. Dans des circonstances normales, ce bras mort est utilisé de loin en loin comme parking, le plus souvent par des chauffeurs-routiers désireux de se reposer. Le 16 août 2013, par exemple, au début de l'après-midi, on y remarquait un poids-lourd immobilisé, moteur coupé, dont le chauffeur était probablement en train de faire la sieste. En bordure de ce parking, là où il confine aux surfaces cultivées, on notait aussi la présence d'un cadavres de martinet, celui-ci comme momifié, mais encore aisément reconnaissable à la forme en faucille de ses ailes noires. A la suite d'un printemps exceptionnellement pluvieux, cette année-là, et donc peu propice à la chasse au vol des insectes, hirondelles et martinets avaient été nombreux à mourir de faim. Non loin de l'oiseau mort gisait une chaussure de sport dépareillée, dont il s'avérait, quand on la soumettait à un examen attentif, qu'elle était presque neuve, et en parfait état, comme si ça séparation d'avec le pied qu'elle avait dû chausser résultait d'un accident plutôt que d'un geste délibéré (car nul n'envisage à la légère de se séparer d'une chaussure de sport presque neuve).

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    Re: Jean Rolin

    Message par topocl le Sam 14 Jan 2017 - 9:51

    Savannah




    C'est le récit d'un  homme - Jean Rolin  - qui ne sait dire autrement son chagrin après la mort de sa compagne ( Kate Barry), qu'en  mettant scrupuleusement ses pas dans les traces qu'ils laissèrent 7 ans plus tôt lors d'un voyage à Savannah , à la recherche d'indices de la vie de Flannery O'Connor (écrivain que je n'ai jamais lue). Il n'est pas du genre à pleurer, Jean Rolin, il est du genre à marcher.
    On l'imagine fort bien le soir dans son motel (leur motel), visionnant et revisionnant ces curieux films qu'elle faisait, où elle s’appesantissait sur les pas plus que sur les visages, sur les reflets dans les flaques, sur des paysages qu'ils partageaient « les terrains vagues et les friches portuaires » (lui), « les lieux indécis, mouvants » (elle). Les rencontres d'aujourd'hui interpénètrent celles d'hier : voyageurs, taxis, hommes errants.




    La maison natale de Flannery O'Connor

    Doucement dans ce portrait plein d' amour et d'admirative humilité, se dessine une ébauche de Kate, sa fragilité, sa mouvance, sa bienveillance, son humour. Mais n'ayez crainte, Jean Rolin ne va pas tomber dans le people, s'il veut laisser une trace à travers ce livre, et par lui peut-être tenter de se sauver de la tristesse, il préserve soigneusement leur intimité : « ça nous regarde ». Kate reste un mystère pour nous, pour Jean Rolin aussi sans doute.

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