Walker Percy

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Walker Percy

Message par tom léo le Mar 25 Juil 2017 - 22:25

Walker Percy
1916 - 1990



* 28 Mai 1916 à Birmingham, Alabama; † 10. Mai 1990 in Covington, Louisiane, était un écrivain des Etats-Unis. Il descendait d’une ancienne famille distinguée du Sud. Il fut hanté par les morts violentes dans la famille : un grand-père se suicida avant sa naissance et de même, plus tard, son père. La famille déménagea vers Athens/Géorgie. Puis après la mort dans un accident de sa mère, il grandit avec ses deux frères auprès d’un oncle célibataire à Greenville, Mississippi. Il étudia d’abord la chimie, suivi par la médecine (Psychologie et Pathologie) à l’université de Columbia, New York. En 1942, à la suite d’une autopsie pratiquée, il tomba gravement malade de la tuberculose. Pendant son séjour prolongé en sanatorium dans l’Etat de New York, il s’est confronté avec Søren Kierkegaard, Dostoïevski, Sartre et autres philosophes et découvrait la foi catholique. Il s’est converti vers 1947 et décida de ne plus s’exercer comme médecin, mais de devenir écrivain et de se dédier à l’exploration et la pathologie de l’âme humaine. Il commença donc avec un œuvre à la fois littéraire et d’essais sur la sémiotique et l’existentialisme. Il se maria en 1946 et s’installa en 1950 en Louisiane où il resta jusqu’à sa mort à la suite d’un cancer de la prostate.

Bon article, très centré sur l’aspect « sudiste » de son œuvre : http://www.universalis.fr/encyclopedie/UN91042/PERCY_W.htm

Bibliographie en français :

Romans
Le cinéphile /The Moviegoer, 1961
Le dernier gentleman/The Last Gentleman 1966
L’amour parmi les ruines/Love in the Ruins: The Adventures of a Bad Catholic at a Time Near the End of the World, 1971
Lancelot/Lancelot. New York: Farrar, Straus, 1977
Les signes de l’Apocalypse/The Second Coming, 1980
Le syndrome de Thanatos/The Thanatos Syndrome, 1987

Essais, Non-Fiction
Bourbon, 1982.
The City of the Dead, 1985.
Conversations with Walker Percy, 1985.
The Correspondence of Shelby Foote and Walker Percy, 1996.
Diagnosing the Modern Malaise, 1985.
Going Back to Georgia, 1978.
How to Be an American Novelist in Spite of Being Southern and Catholic, 1984.
Lost in the Cosmos: The Last Self-Help Book, 1983.
The Message in the Bottle: How Queer Man Is, How Queer Language Is, and What One Has to Do with the Other, 1975.
More Conversations with Walker Percyi, 1993.
Novel-Writing in an Apocalyptic Time, 1986.
Questions They Never Asked Me, 1979.
Signposts in a Strange Land, 1991.
State of the Novel: Dying Art or New Science, 1988.
A Thief of Peirce: The Letters of Kenneth Laine Ketner and Walker Percy, 1995.




C’est pour dire déjà, que la découverte de cet auteur fut une vraie joie pour moi ! Il y avait une alliance d’humour, de profondeur, de simplicité qui me charmait énormément. Quand j’ai appris plus tard que cet écrivain s’était converti, je me suis dit : Eh bien, là, la foi n’a pas de tout empêché une bonne écriture ! Il s’est révélé très fin psychologue de l’être humain et si j’ai cité son souhait de devenir un « pathologiste de l’âme et de l’invisible » il se rapproche à mon avis de ses « amis » écrivains qui l’ont précédé d’un siècle.
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Re: Walker Percy

Message par tom léo le Mar 25 Juil 2017 - 22:30



Le cinéphile

Originale: The Moviegoer (anglais, USA, 1960),

CONTENU:
Portrait de Jack „Binx“ Bolling dans la Nouvelle Orléans vers la fin des années cinquante. Il oscille entre un ennui profond, les galanteries superficielles avec ses secrétaires, des voitures, le cinéma ET un désir authentique de libération. Autour de son trentième anniversaire, ensemble avec sa cousine fragile et psychiquement marqué, il se met en route…  

REMARQUES :
Ceci était mon premier Walker Percy, et cela sur recommandation exprès d’une amie du Sud des États-Unis, professeur de littérature à l’Université. J’étais plus qu’impressionné. On ne remarque pas que ce livre fut écrit il y a près de 50 ans : il y a quelque chose de très actuel dans ce livre, d’intemporel, dans sa description de l’homme « ennuyé » qui cherche au même moment la libération, la rédemption. L’auteur peint une vie aussi bien superficielle que marquée par « the search », la recherche, la quête. Ceci est vrai pour Binx qu’aussi bien pour sa cousine Kate. Tous les deux sont marqués par les blessures du passé : l’un par la guerre, l’autre par un accident et la perte du fiancé. Quels pages admirables sur l’homme qui cherche et n’est pas encore arrivé. Dans la description d’une proximité immédiate entre la chute possible ET la grâce, la rédemption, on trouve chez Walker Percy des grands sujets de la littérature du Sud des États-Unis, mais aussi – j’aimerais bien lire quelque chose de ce ressenti ! – d’un Dostoïevski, Tchekhov, Kierkegaard qui à leur tour avaient influencé fortement l’œuvre de l’écrivain. Cette proximité de la chute possible et la grâce ! A la fin du livre il y a un moment ou on pourrait vraiment croire que tout va basculer dans le néant… Et puis ? Une certaine « rédemption », salut. Ah, c’est splendide. 

Maintenant j’ai parlé surtout de l’« Aliénation » spirituelle, mais mon ami américaine m’a mis le doigt dessus que ce livre, plus que nous le voyons peut-être de l’Europe, parle aussi de l’aliénation culturelle/historique pour notre héros, Binx. Je ne comprends pas encore tous les éléments pour le deuxième versant de cette aliénation, n’étant pas du Sud. Mais sur un autre plan, cette remarque me semblait très juste : le cadre historique, culturel n’est pas seulement un pur élément extérieur, dont le changement n’influence pas sur l’identité de l’homme. Non, la personne est fortement imprégnée, marquée par les éléments de son environnement. (Justement aujourd’hui, c’est le defi dans les societés mixtes et changeantes rapidement que l’homme ne perd pas en chemin ce qui le constitue. On peut rire si l’identité est fixée sur des signes « extérieurs », mais l’homme est fait ainsi.)

Je voudrais partager une remarque du traducteur vers l’Allemand, Peter Handke : «Je ne voudrais pas taire une fantaisie qui devenait de plus en plus fort et chaud au cours du travail de traduction : que le « cinéphile » est de nouveau un héros comme il paraissait à peine possible après L’étranger de Camus, et pas seulement un héros, mais un saint. » („Trotzdem will ich eine Phantasie nicht verschweigen, die im Lauf der Übersetzungsarbeit immer stärker und wärmer wurde: daß der Moviegoer wieder ein Held ist, wie er nach Camus' Fremdem kaum mehr möglich schien; und nicht nur ein Held, sondern ein Heiliger.")

Un chef d’oeuvre et un délice!
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Re: Walker Percy

Message par animal le Mar 25 Juil 2017 - 23:18

Noté !

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Re: Walker Percy

Message par Bédoulène le Mer 26 Juil 2017 - 7:40

merci Tom Léo !

pour ton commentaire et nous faire découvrir des auteurs !

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Re: Walker Percy

Message par Baleine le Mer 26 Juil 2017 - 8:38

Ca a l'air super intéressant, je note le titre. Merci !
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Re: Walker Percy

Message par animal le Dim 27 Aoû 2017 - 13:51



Le cinéphile

Aïe. Comment parler de ce livre qui frôle le journal intime tout en se révélant élusif ou évasif. Binx, comme les gens l'appellent, ça marche pour lui avec son bon petit boulot, une famille qui a des sous, ses routines et la ville de la Nouvelle Orléans qu'il habite de façon à conserver de la distance, de ne pas se retrouver contraint à vivre au cœur obligatoire des choses. Il est en quelque sorte très décidé et en quête (pour reprendre le vocabulaire même du livre) ou en attente d'un événement ou d'une compréhension particulière.

On comprend vite qu'il a fait la guerre (2ème ou Corée ?) et a été blessé. Et l'évidence est que dans la famille nombreux sont ceux à avoir fait la guerre. Le drame, la blessure à l'origine de sa possible rupture d'avec le monde se trouve aussi comme l'a dit tom leo chez sa cousine qui a perdu son futur mari dans un accident de voiture.

Autre personnage important la tante qui régente la vie de la famille et guide les uns et les autres en entretenant l'élévation d'une vie 'typée Vieux Sud' dans laquelle langueur et tradition ne vont pas sans action.

Une forme de conformité qui n'est pas sans avoir son poids et qui se parallélise avec le cinéma présent par intermittence. Par intermittence seulement pour des ressemblances de personnes croisées avec des acteurs ou pour des situations ou des attitudes. J'ai vu dans cette cinéphilie la réponse partielle à l'attente, un rituel réconfortant délivrant des images qui éclairent sur la façon de de devoir se comporter. Même si ça n'était que pour des détails ce serait déjà important.

Il y aussi des passages plus étranges encore avec la virée en MG avec la secrétaire, le court séjour dans le bayou ou l'aller-retour à Chicago, en variation de la personnalité très sensorielle du livre.

Tout ça pour dire ou arriver aux questions spirituelles effectivement présentes. Je ne m'aventurerai pas aussi loin que la chute et la rédemption mais il y a bien un sentiment de libération dans le geste conscient et volontaire puisse-t-il aller dans le bon sens et surtout s'intéresser à l'essentiel plutôt qu'être intéressé.

Mais vous ne trouverez pas de paroles définitives ou de recettes, pas plus pour ça que pour la science d'ailleurs ou que pour les fractures de puzzles familiaux. Il faut accepter ces zones d'ombres et ses attentes irrésolues (de lecteur) de même que tous les manques de repères cinématographique (je me pose la question de passage qui seraient des échos de scènes de cinéma ?) et culturels de "mentalité" américaine.

Un roman riche et prenant, particulier, qui m'a surpris par la place laissée à l'environnement, à la ville, au ressenti de la vie dans le lieu.

Belle découverte grâce à tom léo (une de plus).

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Re: Walker Percy

Message par églantine le Dim 27 Aoû 2017 - 19:58

Eh bien il ne tardera pas à atterrir dans ma PAL celui-là .
Je l'avais déjà noté , ça ne fait que confirmer .

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Re: Walker Percy

Message par animal le Mar 5 Sep 2017 - 22:06

Extraits :

C'est la raison pour laquelle j'ai peu de goût pour les voitures et je préfère prendre les transports en commun. Si j'étais chrétien, je ferais un pèlerinage à pied, car c'est la meilleure façon de voyager. Mais les filles n'aiment pas ça. Ma petite MG rouge, cependant, fait exception. C'est en fait un véhicule médiocre qui n'a d'autre vertu que celle d'être hermétique au malaise. Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que nous avons connu, Marcia et moi, dès que nous nous sommes trouvés lancés à toute allure sur la route dans ce scarabée brillant. Nous nous sommes regardés ébahis : le malaise avait disparu. Nous étions assis dans l'air lourd de l'été, entre ciel et terre. Le bruit était assourdissant, le vent une tempête. De l'avant, les grains du bitume se précipitaient vers nous comme des montagnes.

Ma mère ouvre le sac, en sort un couteau de scout avec lequel elle sépare les crevettes congelées. Elle taille des cubes roses réguliers et les dépose avec la lame le long du garde-fou, s'arrêtent de temps à autre pour se frotter le nez et se racler la gorge avec la musique familière. Pour être sûre d'avoir assez de place, elle va jusqu'à l'extrémité du ponton, renverse le bras pour prendre la mesure et lance avec un balancement circulaire, bras tendu, un mouvement qui, malgré les innombrables répétitions, se termine avec un poignet cassé à un angle et un manque d'aisance très féminin. Le moulinet chante et le plomb vole haut et loin avec sa crevette tournoyante avant de tomber dans l'eau claire comme l'éther, presque sans bruit. Ma mère reste immobile pendant une seconde, tendant l'oreille comme si elle essayait d'apprendre ce que les poissons pensent de la chose, et puis elle ramène la ligne lentement avec, de temps en temps, un petit appel sec de la canne.

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Re: Walker Percy

Message par églantine le Mar 5 Sep 2017 - 22:50

ça me plait tout cela . Je me sens chez moi dans cette écriture , c'est bizarre .
Merci Animal !

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Re: Walker Percy

Message par tom léo le Mer 13 Sep 2017 - 22:04



L’amour parmi les ruines


(anglais/USA: Love in the ruins, 1971)

CONTENU:
La Louisiane dans le Sud des E.-U., 1983. Dr Thomas More, un descendant du saint anglais, médecin névrotique et alcoolique, qui se désigne lui-même comme « mauvais catholique », vit avec trois belles femmes dans la petite ville de Paradise, où il attend la fin du monde. More pense pouvoir arrêté, soigner les souffrances de l’âme de ses contemporains par son invention du « lapsomètre ». A travers lui il peut mesurer le degré d’aliénation dans différentes zones du cerveau et prendre de l’influence en changeant l’apport d’énergie. Mais comment rendre accessible à tous son invention ? C’est en ce moment d’incertitude et de doutes qu’apparaît la figure d’Immelmann, Méphisto moderne, tentateur dans les habits d’un ami et conseiller.
(à partir de la description de l’éditeur allemand, Suhrkamp)

REMARQUES:
Ecrit au début des années 70, Percy situe le roman dans un contexte de tensions et difficultés sociales, raciales, politiques et religieuses dans le Sud profond des E.-U. Son « héro » est de nature loufoque, typique peut-être pour l’œuvre de Percy : derrière les apparences d’un certain échec, d’une pauvreté, d’un état perdu, nous allons trouver un homme en recherche. Dans toutes sa culpabilité et aussi dans l’absence de remord, il se confesse « mauvais chrétien et homme », et pourtant nous reste l’impression d’un homme honnête et saint à sa façon. Dans ce sens là il s’agit bien de nouveau d’un œuvre existentielle qu’on ne va pas lire pour l’abondance d’actions, mais pour certaines réflexions et surtout dialogues profonds et splendides.

Quel beau titre, n'est-ce pas, qui donne une idée des "opposants" que Percy fait se recontrer?!

J’ai lu ce roman en allemand, donc je ne peux rien dire sur la traduction française. La langue est certainement assez drôle, voir innovatrice ou, disons, spéciale. Ici et là, au moins en allemand, j’avais l’impression que la traduction butait sur certains passages…. Ce qui ne change en rien l’impression générale positive !

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