Friedrich Nietzsche

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Friedrich Nietzsche

Message par Arturo le Ven 4 Aoû - 15:54

Friedrich Nietzsche
(1844 - 1900)




Nietzsche par Munch

Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe et poète allemand né le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, et mort le 25 août 1900 à Weimar, en Allemagne.

L'œuvre de Nietzsche est essentiellement une généalogie critique de la culture occidentale moderne et de l'ensemble de ses valeurs morales (issues de l'interprétation chrétienne du monde), politiques (la démocratie, l'égalitarisme), philosophiques (le platonisme , mais surtout le socratisme, et toutes les formes de dualisme métaphysique) et religieuses (le christianisme et le bouddhisme). Cette critique procède d'un projet de dévaluer ces valeurs et d'en instituer de nouvelles dépassant le ressentiment et la volonté de néant qui ont dominé l'histoire de l'Europe sous l'influence du christianisme ; ceci notamment par l'affirmation d'un Éternel Retour du même et par le dépassement de l'humanité et l'avènement du surhomme. L'exposé de ses idées prend dans l'ensemble une forme aphoristique ou poétique.

Peu reconnu de son vivant, son influence a été et demeure importante sur la philosophie contemporaine de tendance continentale, notamment l'existentialisme et la philosophie postmoderne ; mais Nietzsche a également suscité ces dernières années l'intérêt de philosophes analytiques, ou de langue anglaise, qui en soutiennent une lecture naturaliste remettant en cause une appropriation par la philosophie continentale jugée problématique.

source wikipédia

Liste des œuvres principales


La Naissance de la tragédie (Die Geburt der Tragödie) (1871 - janvier 1872)
Vérité et mensonge au sens extra-moral (Über Wahrheit und Lüge im außermoralischen Sinn) (1873)
Considérations inactuelles (Unzeitgemässe Betrachtungen) (1873 - 1876)
I David Strauss, sectateur et écrivain (David Strauß, der Bekenner und der Schriftsteller) (1873)
II De l'utilité et de l'inconvénient des études historiques pour la vie (Vom Nutzen und Nachteil der Historie für das Leben) (1874)
III Schopenhauer éducateur (Schopenhauer als Erzieher) (1874)
IV Richard Wagner à Bayreuth (Richard Wagner in Bayreuth) (1876)
Humain, trop humain (Menschliches, Allzumenschliches)
I. (1878)
II. Opinions et sentences mêlées (Vermischte Meinungen und Sprüche) (1879) ; Le Voyageur et son ombre (Der Wanderer und sein Schatten) (1880)
Aurore (Morgenröte) (1881)
Le Gai Savoir (Die fröhliche Wissenschaft) (1882 et 1887)
Ainsi parla [ou parlait] Zarathoustra (Also sprach Zarathustra), (1885)
Par-delà bien et mal (Jenseits von Gut und Böse) (1886)
Généalogie de la morale (Zur Genealogie der Moral) (1887)
Le Cas Wagner (Der Fall Wagner) (1888)
Crépuscule des idoles (Götzen-Dämmerung) (1888, publié en janvier 1889)
Nietzsche contre Wagner (Nietzsche contra Wagner) (publié en février 1889)
L'Antéchrist (Der Antichrist) (1888, publié en novembre 1894)
Ecce homo (1888, publié en avril 1908)

Compilations des cahiers de Nietzsche
Fragments posthumes (1854 - 1889). Publication scientifiquement fiable des cahiers par ordre chronologique éditée par G. Colli et M. Montinari.
La Volonté de puissance (Der Wille zur Macht. Versuch einer Umwertung aller Werte, La Volonté de puissance. Essai d'inversion de toutes les valeurs.) est un projet de livre que Friedrich Nietzsche, a abandonné à la fin de l'année 1888. Les livres publiés sous le titre de La Volonté de puissance sont des compilations des fragments posthumes de Nietzsche présentées comme son œuvre principale, mais considérées aujourd'hui comme des falsifications opérées par sa sœur.
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Re: Friedrich Nietzsche

Message par Arturo le Ven 4 Aoû - 15:59

Pourquoi un fil sur Nietzsche alors que je n'ai rien lu de lui depuis des mois ? Parce qu'il me reste encore quelques textes de lui à découvrir, et qu'un beau forum sans Nietzschounet, ça fait pas sérieux ! Et que ça manque cruellement de philosophes torturés par ici. Pour la peine je rapatrie mon commentaire d'Ainsi parlait Zarathoustra :

Ainsi parlait Zarathoustra (1883-85):


Au-delà de l'apport et de la performance philosophique, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte. Il est d'une grande richesse stylistique, on peut sans doute le trouver pompeux, ou grandiloquent, un peu à l'image de Zarathousra finalement, mais certains passages sont remplis d'une poésie certaine.
Ce qui est difficile, c'est que Nietzsche semble ne parler que par codes, par métaphores, par "paraboles" comme le clame Zarathoustra. Pour le béotien que je suis, heureusement qu'internet et les analyses existent pour éclairer ma lanterne. Je vais tâcher de vous livrer ce qui ressort pour moi, et ce qui me donne envie de lire toutes les autres oeuvres de cet homme.
Déjà, c'est une philosophie originale, qui semble à la fois inaccessible et géniale. Comme ce concept de "la mort de Dieu", ou celui de "l'éternel retour", mais je vais y revenir.
Et puis, Nietzsche est inspirant. Un auteur qui n'a pas eu peur d'aller à contre-courant, envers et contre tous.

Zarathoustra, est un ermite, un illuminé si l'on veut, qui ne descend de sa montagne que pour nous éclairer. Mais il renonce rapidement à se frotter à la plèbe, les hommes semblent le répugner par leur bassesse. Nietzsche est-il un philosophe élitiste ?

Nietzsche a écrit:
Maintenant encore les grandes âmes trouveront devant eux l’existence libre. Il reste bien des endroits pour ceux qui sont solitaires ou à deux, des endroits où souffle l’odeur des mers silencieuses.
Une vie libre reste ouverte aux grandes âmes. En vérité, celui qui possède peu est d’autant moins possédé : bénie soit la petite pauvreté.
Là où finit l’État, là seulement commence l’homme qui n’est pas superflu : là commence le chant de la nécessité, la mélodie unique, la nulle autre pareille.
Là où finit l’État, — regardez donc, mes frères ! Ne voyez-vous pas l’arc-en-ciel et le pont du Surhumain ?
Ainsi parlait Zarathoustra.

L'Homme se doit d'évoluer, et tendre vers le "surhumain". Un concept qui fait tiquer, surtout au vu de la suite de l'Histoire. La récupération de cette théorie par les nazis, etc. On ne peut s'empêcher de songer à un eugénisme en comprenant ce concept. Mais je crois que la clef est de comprendre la base de la réflexion de Nietzsche. Celle de la "mort de Dieu", la science a vaincu le concept de Dieu, et l'on se retrouve face au néant. Afin de ne pas verser dans le nihilisme, dans le pessimisme inéluctable comme Schopenhauer, Nietzsche voit un rayon de lumière. Il faut se transcender. Non seulement, accepter ce destin absurde, mais en être heureux.


Nietzsche a écrit:
Et ainsi presque tous croient avoir quelque part à la vertu ; et tous veulent pour le moins s’y connaître en « bien » et en « mal ».
Mais Zarathoustra n’est pas venu pour dire à tous ces menteurs et à ces insensés : « Que savez-vous de la vertu ? Que pourriez-vous savoir de la vertu ? » —
Il est venu, mes amis, pour que vous vous fatiguiez des vieilles paroles que vous avez apprises des menteurs et des insensés :
pour que vous vous fatiguiez des mots « récompense », « représailles », « punition », « vengeance dans la justice » —
pour que vous vous fatiguiez de dire « une action est bonne, parce qu’elle est désintéressée ».
Hélas, mes amis ! Que votre « moi » soit dans l’action, ce que la mère est dans l’enfant : que ceci soit votre parole de vertu !

Il faut dépasser ce monde, cet héritage judéo-chrétien. "Briser ces vieilles tables" dira-t-il, autrement dit la morale. Dépasser le concept de bien et de mal. Il faut vivre dangereusement, sans tenir compte des lois.

Nietzsche a écrit:
Je leur ai enseigné toutes mes pensées et toutes mes aspirations : à réunir et à joindre tout ce qui chez l’homme n’est que fragment et énigme et lugubre hasard, —
— en poète, en devineur d’énigmes, en rédempteur du hasard, je leur ai appris à être créateurs de l’avenir et à sauver, en créant, tout ce qui fut.
Sauver le passé dans l’homme et transformer tout « ce qui était » jusqu’à ce que la volonté dise : « Mais c’est ainsi que je voulais que ce fût ! C’est ainsi que je le voudrai — »

Mais la transcendance n'est-elle pas avant tout dans l'art, dans la création ?

Nietzsche a écrit:
La volonté délivre : car la volonté est créatrice ; c’est là ce que j’enseigne. Et ce n’est que pour créer qu’il vous faut apprendre !

Nietzsche entame et clôt sa quatrième et dernière partie, avec cette idée, celle de l'oeuvre :

Nietzsche a écrit:
Ô Zarathoustra, dirent-ils, cherches-tu des yeux ton bonheur ? — Qu’importe le bonheur, répondit-il, il y a longtemps que je n’aspire plus au bonheur, j’aspire à mon œuvre.
Nietzsche a écrit:
Ma passion et ma compassion — qu’importent d’elles ? Est-ce que je recherche le bonheur ? Je recherche mon œuvre !

Parle-t-il de la sienne à venir, à travers ce qu'il vient d'ébaucher dans sa prosopopée, ou cette oeuvre représente les concepts qu'il vient d'avancer ?

La mort de Dieu :

Nietzsche a écrit:
Cependant — il fallut qu’il mourût : il voyait avec des yeux qui voyaient tout, — il voyait les profondeurs et les abîmes de l’homme, toutes ses hontes et ses laideurs cachées.

Nietzsche a écrit:
Sa pitié ne connaissait pas de pudeur : il fouillait les replis les plus immondes de mon être. Il fallut que mourût ce curieux, entre tous les curieux, cet indiscret, ce miséricordieux.
Il me voyait sans cesse moi ; il fallut me venger d’un pareil témoin — si non cesser de vivre moi-même.
Le Dieu qui voyait tout, même l’homme : ce Dieu devait mourir ! L’homme ne supporte pas qu’un pareil témoin vive. »

Nietzsche, un philosophe qui rend méchant ?

Nietzsche a écrit:
« L’homme est méchant » — ainsi parlaient pour ma consolation tous les plus sages. Hélas ! si c’était encore vrai aujourd’hui ! Car le mal est la meilleure force de l’homme.
« L’homme doit devenir meilleur et plus méchant » — c’est ce que j’enseigne, moi. Le plus grand mal est nécessaire pour le plus grand bien du Surhumain.

Je m'interroge pas mal sur "l'éternel retour". Pour Nietzsche, afin de ne sombrer dans le nihilisme, il imagine alors (ou reprend l'idée de Schopenhauer) que le temps formerait une boucle, qui se répéterait à l'infini. Autrement dit, cela servirait de garde-fou face à nos actes. Est-on prêt à revivre à l'infini une même action ?
Le concept paraît saugrenu, est-ce seulement une illusion, un moyen pour lui de ne pas s'effondrer dans le pessimisme ?


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Re: Friedrich Nietzsche

Message par bix_229 le Ven 4 Aoû - 16:05

Tu as tout à fait raison, Arturo !


Mon chien. - J' ai donné un nom à ma souffrance : je l' appelle "chien"... Elle est aussi fidèle, aussi importune, impudente et distrayante et avisée que tout autre chien... je peux l' apostropher sur un ton tyrannique et passer
sur elle mes humeurs : comme d' autres sur leurs valets et leurs femmes.

Le Gai savoir

Juste une petite citation pour montrer que Nietzsche est souvent concret, imagé et poétique.

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Re: Friedrich Nietzsche

Message par Tristram le Ven 4 Aoû - 17:14

Et d'actualité...

« Loisirs et oisiveté. ̶ Il y a une sauvagerie parfaitement peau-rougesque, particulière au sang indien [sic], dans la façon dont les Américains aspirent à l’or ; et leur frénésie de travail – le vrai vice du nouveau monde – commence déjà à ensauvager la vieille Europe en y décimant d’étrange sorte la pensée. On a maintenant honte du repos ; on éprouverait presque un remords à méditer. On pense montre en main, tout de même qu’on déjeune, un œil sur le courrier de la Bourse ; on vit constamment comme le monsieur qui a peur de "rater" quelque chose. "Mieux vaut agir que ne rien faire", voilà encore un de ces principes chargés à balle qui risquent de porter le coup de grâce à toute culture supérieure, à toute suprématie du goût. Cette frénésie de travail sonne le glas de toute forme ; pis, elle enterre le sentiment même de cette forme, le sens mélodique du mouvement ; on devient aveugle et sourd à toutes les harmonies. […] Car la vie, devenue chasse au gain, oblige l’esprit à s’épuiser sans trêve au jeu de dissimuler, de duper, ou de prévenir l’adversaire ; la véritable vertu consiste maintenant à faire une chose plus vite qu’un autre. »
Friedrich Wilhelm Nietzsche, « Le Gai savoir », Livre IV, 329

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Re: Friedrich Nietzsche

Message par Arturo le Ven 4 Aoû - 17:27

En effet, et il rejoint ici les penseurs Russell, ou Lafargue, sur les bienfaits de l'oisiveté. Voilà pourquoi je l'aime Fredo. Twisted Evil

J'ai d'ailleurs lu le Gai savoir il y a quelques mois. Merci de me rappeler cette lecture.

(et en voyant le fil créé par Hanta sur Kierkegaard, je m'aperçois que j'ai posté au mauvais endroit ce fil sur Nietzsche - si quelqu'un peut le déplacer ..., même si on peut avouer qu'il est un bien meilleur littérateur que beaucoup d'écrivains silent )

Edit : le modérateur est plus rapide que l'éclair sur ce forum ! Shocked
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Re: Friedrich Nietzsche

Message par bix_229 le Ven 4 Aoû - 17:41


Frédéric Pajak



Vladimyr Lukash




Luyse

Frédo a suscité de tout temps d' innombrables commentaires et aussi des portraits et caricatures.
Il faut dire qu' il s' y prétait plutot bien !
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