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Louis Calaferte

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Message par Hanta le Jeu 17 Aoû - 15:03

Louis Calaferte
(1928-1994)

Louis Calaferte  6a015410

biographie a écrit:Louis Calaferte est un écrivain français né le 14 juillet 1928 à Turin et mort le 2 mai 1994 à Dijon.
Garçon de courses à treize ans dans une usine de piles électriques de Lyon, puis manœuvre, il part en janvier 1947 pour Paris où il entre comme figurant au Théâtre de l'Odéon. Il écrit alors ses premières pièces. L'une d'elles est jouée en avant-première au Théâtre d'Angers, alors qu'il n'a que vingt ans, et lui vaut une ovation du public. Sous l'égide de son « père en littérature » Joseph Kessel, il publie Requiem des innocents en 1952 chez Julliard, souvenirs romancés d'enfance. Ce premier livre est suivi de Partage des vivants en 1953. Ces deux œuvres de jeunesse seront désavouées par l'écrivain vingt-cinq ans plus tard.

En 1956, il s'installe à Mornant dans les monts du Lyonnais et y écrit Septentrion, ouvrage taxé de pornographie qui fut interdit à la vente et réédité seulement vingt ans plus tard, sous l'égide de Gérard Bourgadier, chez Denoël. Dans ce récit largement autobiographique, Calaferte relate à la première personne les errances d'un apprenti écrivain, ses premières lectures clandestines au cours de son travail d'ouvrier (il se réfugie encore enfant dans les toilettes de l'usine pour y lire avec passion) et ses rencontres avec les femmes, dont la plus importante dans le récit est sans conteste Nora la Hollandaise, figure de l'émancipation féminine et de la réussite sociale. Ce livre subversif est un hymne au désir créateur et à la liberté de l'artiste, dans un contexte social à la fois rigide et fluctuant, celui de l'après-guerre. Calaferte continue de publier régulièrement des récits à l'atmosphère intimiste et sensualiste - parfois onirique, souvent liés au monde de l'enfance - et quelques recueils de poésies.

Dramaturge prolifique, il exploite dans ses pièces le thème de la relation familiale, en usant d'une tonalité drolatique et inquiétante. Selon le metteur en scène Patrick Pelloquet : « les personnages de Louis Calaferte sont davantage des stéréotypes de comportements que des personnages au sens restrictif du terme » évoluant dans un décor en huis clos.

Calaferte trouve un emploi à la radio de Lyon à partir de 1974 et à l'O.R.T.F. Il passe les dernières années de sa vie (1985-1994) près de Dijon, dans le village de Blaisy-Bas, avec son épouse, et leurs animaux de compagnie auxquels ils vouent une profonde affection. Il compte parmi ses amis les plus proches l'écrivain Georges Piroué, le peintre Truphémus, ou encore le metteur en scène Jean-Pierre Miquel. Ses carnets nous offrent le témoignage unique de la vie d'un écrivain volontairement en marge, en même temps que celui d'un créateur en proie à l'angoisse et à la maladie, adorateur de Dieu, des femmes et de la nature. Ils nous renseignent également sur l'autre facette artistique de l'écrivain, passionné de peinture, et sur ses goûts littéraires, qui vont de Stendhal, Paul Léautaud et Marcel Jouhandeau, aux moralistes français et à Franz Kafka. La Mécanique des femmes (1992), qu'il publia moins de deux ans avant sa mort, fut porté à l'écran en 2000 par Jérôme de Missolz et reçut un accueil très mitigé.

Louis Calaferte est décédé le 2 mai 1994 à Dijon.

Son épouse, Guillemette, a continué de faire paraître les écrits inédits de l'écrivain (récits et poésie) et les volumes restants du Théâtre complet et des Carnets (Le Jardin fermé (1994), tome XVI et dernier, est paru en 2010).

Guillemette Calaferte préside aujourd'hui l'association SCarabée, les amis de Louis Calaferte et a confié l'ensemble des manuscrits et des archives littéraires de l'écrivain à la Bibliothèque municipale de Lyon.

Ses Oeuvres :

Spoiler:
Récits
Requiem des innocents, 1952
Partage des vivants, 1953
Septentrion, 1963
No man's land, 1963
Satori, 1968
Rosa mystica
Portrait de l'enfant
Hinterland, 1971
Limitrophe, 1972,
Épisodes de la vie des mantes religieuses
Campagnes, 1979
Ébauche d'un autoportrait, 1983
L'Incarnation, 1987
Promenade dans un parc, 1987
Memento mori, 1988,
La Mécanique des femmes, 1992
C'est la guerre, 1993
Le Monologue, 1996
Le Sang violet de l'améthyste, 1998
Maître Faust, 2000,
Suite villageoise, 2000,
Les Fontaines silencieuses, 2005
Essais
La Vie parallèle, 1974
Les Sables du temps, 1988
Droit de cité, 1992
L'Homme vivant, 1994
Perspectives, illustrations de l'auteur, 1995
Art-Signal, 1996


Carnets
Le Chemin de Sion (1956-1967), Carnets I, 1980
L'Or et le plomb (1968-1973), Carnets II, 1981
Lignes intérieures (1974-1977), Carnets III, 1985,
Le Spectateur immobile (1978-1979), Carnets IV, 1990,
Miroir de Janus (1980-1981), Carnets V, 1993
Rapports (1982), Carnets VI, 1996
Étapes (1983), Carnets VII, 1997
Trajectoires (1984), Carnets VIII, 1999
Écriture (1985-1986), Carnets IX, 2001
Bilan (1987-1988), Carnets X, 2003,
Circonstances (1989), Carnets XI, 2005
Traversée (1990), Carnets XII, 2006
Situation (1991), Carnets XIII, 2007
Direction (1992), Carnets XIV, 2008
Dimensions (1993), Carnets XV, 2009
Le Jardin fermé (1994), Carnets XVI, 2010

suite sur wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Calaferte
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Message par Hanta le Jeu 17 Aoû - 15:04

Septentrion

Louis Calaferte  Sm_59510

Septentrion est un excellentissime récit, plein de vie avec un rythme que j'ai particulièrement aimé. En effet j'ai ressenti une écriture par saccade presque musicale tant le jeu des phrases courtes et des phrases longues est harmonieux. Les descriptions de situations ou de lieux sont riches mais pas exagérées et laissent la part belle aux pensées de l'auteur qui possède un cynisme assez jubilatoire.
Pour ce qui est du côté "hot" du roman je ne l'ai pas trouvé choquant mais comme je le disais quand on a lu Sade on est peu choqué par le reste. Ce qui est surprenant c'est que le rythme du récit varie selon la situation sexuelle décrite. Rapide et saccadé quand la situation s'enflamme ou lascif et lent quand la situation est plus érotique que sexuelle. C'est du moins l'impression que ca m'a laissé et c'est je pense pour cela que cela peut paraître choquant. un sentiment d'intimité s'empare de nous et l'on se pense concerné par la situation à cause du rythme imposé qui nous accompagne.
Le style est magnifique, clair mi-courant-mi familier par endroits, soutenu et presque poétique dans d'autres. Cela fait du bien une telle richesse de vocabulaire.

Un excellent livre qu'il serait dommage de louper.


mots-clés : #autobiographie #sexualité #social
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Message par Arturo le Jeu 17 Aoû - 15:41

J'avais beaucoup apprécié ma lecture de Septentrion, mais je ne le conseillerais pas à tout le monde. Je comprends qu'on puisse avoir une sensation de trop-plein, de surenchère.
J'avais été plutôt déçu par La mécanique des femmes, vaste amalgame porno.
Mais assez intéressé par la poésie de Calaferte, dans les quelques recueils que j'ai pu lire.

Un extrait pour se faire une idée du style :

Calaferte, dans Septentrion a écrit:« La rame s’approche. Fourgon des morts civils. Buée fade. Lavasse. Haleine incolore et désinfectants. Vase jaune des lumières métropolitaines. Retour au troupeau. Ca pue. Ca pue l’homme. La ferraille moderne bringuebale sur ses rails électrisés. Panique du rat civilisé. L’enfer est à l’étage au-dessous. A moins d’un mètre. A quelques marches. L’enfer à chaque carrefour. Dans chaque ruelle. Sous tous les porches. A domicile. Sous le paillasson. La vie qui perd ses étamines comme une vieille folle hystérique et chauve. Vous verrez la vie crucifiée par les couilles. Vous verrez Dieu servir d’épouvantail. Marie la Sainte être enculée par le bizness. Jésus l’Enfant à faire les tasses. La Trinité de pissotière. Vous verrez ça. Vous aurez vu. Ce sera bien tard pour rouspéter. (…) Qu’on m’autorise seulement à ma promenade éjaculatoire qui commence chaque jour dans le métro par la foule abrutie du matin. Visages connus à force d’être rencontrés. Regards mornes. Poches sous les yeux. Odeur légèrement rance nuancée d’une pointe subtile de ce parfum onctueux de la poudre de riz à bon marché. Corps entassés dans les wagons. Avec un peu de chance, une douce érection entretenue jusqu’au bout du parcours au contact d’une femme en bonne position devant soi. Nouvelles du jour. En vrac. Guerres. Séismes. Viols. Attentats fanatiques. Tempêtes. Incendies. Canicules. Meurtres et suicides en chapelets. Que tout saute, bon Dieu, que tout saute de la cave au grenier, cul par-dessus tête, et on n’en parlera plus ! Elections du secrétaire et du vice-président. Les quelques héros coutumiers qui ne sont toujours pas revenus. Krach surprise sur les cotons bruts. Riposte en bourse. Hausse générale. Panique. Famine. Publicité. Photo grand format de la plus belle paire de cuisses du monde gainées dans des bas de filets noirs. Et le vertigineux sourire en forme de large con humide de la lauréate. Qui n’a jamais rêvé d’une pareille bouche, dites-moi ? Dégoulinante de sensualité idiote. Et quelles gueules ont-ils donc les types qui se fourrent ça chaque soir dans leur lit ? Comment faut-il être ? Muscles d’acier ou pine de velours ou bardé de billets de banque, ou quoi ? Qu’arriverait-il, dites-moi, si elle surgissait pour de bon de son journal, bien vivante, fesses et nichons, telle quelle, les reins creusés, pour tomber là, parmi nous, dans le wagon, entre deux stations, et nous présenter gracieusement avec un geste de pure jeune fille son petit sexe moulé dans la coquille du slip, nous priant tous instamment d’en disposer à notre convenance ? Ne serait-ce pas subitement la fin de quelque chose, comme une révélation dans les consciences ? Le ton est donné pour la journée. Ce sera foutre, et histoire de foutre. »
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Message par Tristram le Jeu 17 Aoû - 15:59

On sent l'influence célinienne, non ?

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Message par Arturo le Jeu 17 Aoû - 16:10

Clairement. Il manque les ... What a Face
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Message par Tristram le Jeu 17 Aoû - 16:18

Oui, mais dans le rythme de la rage, il y a comme une filiation...

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Message par Baleine le Jeu 17 Aoû - 23:31

Je suis en train de lire Septentrion. Je dois en être au tiers et ça me plaît plutôt bien. J'ai eu peur au début, puis je me suis faite à ce côté vaguement Bukowski adolescent... j'attends de voir, j'espère que ce n'est pas trop linéaire, que ça ne fatiguera pas. En tous cas, je suis contente que le sujet apparaisse. Je repasserai.
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Message par Arturo le Ven 18 Aoû - 8:40

Moi ça m'avait surtout fait penser à Henry Miller.
Bonne lecture, Baleine ! Smile
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Message par bix_229 le Ven 18 Aoû - 16:22

J' avais apprécié son récit autobiographique C' est la guerre, des souvenirs revisités
à hauteur d' enfant.
Il avait 10 ou 11 ans à cette époque.
Je me suis promis de revenir à Calaferte, mais ce sont des promesses que j' ai faites
à d' autres auteurs, un peu inconsidérment... Louis Calaferte  3933839410
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Message par Aventin le Dim 5 Nov - 7:30

Septentrion

Louis Calaferte  Calafe10
La chaleur, peinture de Louis Calaferte.

Alléché par le commentaire dithyrambique d'Hanta, bien que mis en garde par le bémol émis par Arturo, j'entrais dans ce livre fort en appétit, surtout qu'il porte la signature d'un auteur que je prise, et conforté, au demeurant, par les sopalinades de Philippe Sollers en quatrième de couverture:
Philippe Sollers a écrit:On n'a jamais, je dis bien jamais, écrit quelque chose d'aussi fort, d'aussi cru et violent. Et drôle. Et horrible. Et aussi prophétique [...] Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral.

S'ensuit une logorrhée de 420 pages, j'ai dû me cramponner pour ne pas que le livre me tombe des mains, les 20 dernières pages relevant l'intérêt. C'est, comme souligné plus haut, écrit en sous-style Céline, sans que la contrefaçon puisse jamais être prise pour l'original.
Heureusement l'humour, ou ce que l'on croit pouvoir prendre pour tel, affleure au jusant des imprécations borborygmées.

C'est l'histoire, sans doute à peu près autobiographique, d'un jeune homme dans la dèche, pour qui survivre est devenu vivre aux crochets.
On gratte quelques cocasseries situationnelles, un drolatique de langage argot de çà, de là, le malaise ne venant pas de là ou Calaferte souhaite y amener le lecteur, du moins le lecteur de 2017 en occident, mais bel et bien de sa violence personnelle et de sa misogynie, les deux fort mal dissimulées derrière l'aloi de la misanthropie.
C'est pour pornographie que cet ouvrage, qui prit quatre années à l'auteur pour être écrit, fut censuré pendant une vingtaine d'années (1963-1984), ce qui est la plus grande gloire littéraire pour un livre paru en France dans la seconde moitié du XXème: aujourd'hui ce pourrait être les associations féministes qui seraient susceptibles d'en réclamer la mise à l'index, pour d'autres motifs.

Bref, notre Calaferte n'est, ici, qu'un antipathique modèle réduit, réduit à un sexe, un ventre, un nombril, accessoirement un gosier. Assez entier (selon lui) pour cracher dans les mains tendues que sa peu enviable condition de gigolo ou tapeur et re-tapeur met sur sa route.

Quelques passages sur l'écrivain qui n'a encore rien fait paraître mais ne parvient pas à écrire interrompent les affres lectoraux.

En contrepoint le jeune héros n'a de cesse de clamer sa différence par un procédé très rendez-vous-compte consistant à tartiner son propos de références livresques et artistiques, culturelles (peinture et musique), afin sans doute qu'on ne le prenne pas pour.
Si vous êtes familier des maraudes, ou toute forme de plongée dans la survie urbaine extrême et de mauvaise passe noire (la misère-souffrance, à opposer à la pauvreté-[souvent, ou parfois ?]vertu), alors vous savez combien sont courants les comportements, du fait de l'obsession à ne pouvoir satisfaire les besoins les plus primaires (manger, dormir, être propre, et, dans cas de Calaferte, le sexe) consistant à afficher une différence prenant la forme d'un égo hypertrophié, qui étonne la plupart de nos contemporains, lesquels attendent plutôt (de ce que j'en vois, du moins ?), en l'espèce, une humilité rampante.

Cette extrêmement haute opinion de soi, semblant démesurée et pouvant s'avérer fort nocive, est en fait la nécessaire estime de soi devenue malade. Elle est un puissant moteur pour la survie, permet même, et c'est valable pour Calaferte je crois, de s'en tirer un jour.

Bref pas grand chose de neuf, Calaferte a, certes et nous lui en sommes gré, le bon ton de respecter à la lettre son plan initial, tel que tracé dans un autre ouvrage:
Louis Calaferte a écrit:Il importe de tout dire. Sinon on se trahit soi-même. Si un livre n'est pas le reflet exact de votre malaise, il n'y a plus de vie possible.
Ce à quoi, au siècle qui précède celui de l'auteur, Napoléon Bonaparte (cité par Balzac) oppose qu'"à pouvoir tout dire, on en arrive à tout faire".

Autre petite curiosité, celle entretenue par Calaferte avec la foi. Pas mal de références tartinées, est-ce là aussi afin qu'on ne le prenne pas pour (quelqu'un qui n'aurait pas lu et médité) ?
Toujours est-il que Calaferte saupoudre le bouquin à main lourde, croyant sans doute l'épicer, de ses incessantes adresses à Dieu, parfois violent, implorant, insultant, élucubrant, geignant, ricanant, etc...

Là aussi, il donne dans le plan initial, tel qu'affirmé ailleurs, au soir de sa vie:  
Louis Calaferte a écrit:Les trois grandes affaires de mon existence ont été Dieu, l'esthétisme et les femmes.
En ayant soin de préciser, au sujet de sa foi, de l'immanence et de la transcendance, dans un autre ouvrage encore, qu'il ne s'agit pas de:
Louis Calaferte a écrit:La représentation conventionnelle du Christ en nougat de Montélimar.
Ce dont nul lecteur de Septentrion ne doute !

Arrêtons le message sur deux dernières citations de Calaferte, prises dans encore deux autres livres, mais qui correspondent bien à Septentrion:
Louis Calaferte a écrit:J'habite indolemment la ruine que je suis.
Louis Calaferte a écrit:Il faut que le cœur se brise ou se bronze.



Spoiler:
D'ordinaire je ne commente pas les livres qui m'ont déplu ou déçu, en vertu du principe de savoir-vivre culinaire: "si je n'aime pas ça, ne pas en dégoûter les autres". Celui-ci, resté quelques temps à l'état de brouillon, est une exception, due au fait que je prise vraiment l'auteur, comme dit au début du message, et qu'il y aura, j'espère, d'autres occasions de nourrir avec force "j'aime" le fil.
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Message par Tristram le Dim 5 Nov - 9:29

Entre deux commentaires estimables mais contradictoires, il va falloir se faire sa propre opinion...
Aventin, je pense au contraire que l'effort que tu as fait de parler d'une déconvenue est méritoire _ et utile ! Il n'est peut-être pas nécessaire de s'étendre sur un ouvrage décevant (encore que ce soit éclairant pour soi et les autres), mais il en est d'objectivement médiocres, ratés. J'ai été surpris de voir des assentiments postés suite à mes commentaires parfois critiques (au sens de négatif) : effectivement, si tout livre était bon et intouchable, cela retirerait beaucoup d'intérêt à nos avis !

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Message par Hanta le Dim 5 Nov - 21:09

Il est super ton commentaire aventin. J'ai eu beau aimer ce livre je trouve ta critique très bien rédigée et très intéressante.
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Message par animal le Dim 5 Nov - 21:20

Pas lu Septentrion mais ça ressemble à ce que je redouterais. Ceci dit j'ai plutôt apprécié ce que j'ai lu de Calaferte (Requiem des innocents et Rosa mystica) mais Promenade dans un parc m'avait solidement déçu et je me retrouve dans certaines des observations d'Aventin.

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