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Henry Miller

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Message par Arturo le Ven 18 Aoû - 12:47

Henry Miller
(1891-1980)


essai - Henry Miller 99043111

Henry Miller est né le 26 décembre 1891 à Yorkville (New York, Etats-Unis).

Il y a (presque) une légende de Henry Miller comme il y en a une d'Ernest Hemingway ou de Francis Scott Fitzgerald; mais, à la différence des précédentes, la sienne ne tient pas à ce qu'on lit l'homme dans l'oeuvre: ce serait plutôt le contraire, tellement ses deux Tropiques, tant par les difficultés qu'il eut à les publier en pays de langue anglaise que par le succès de scandale qui suivit leur publication (en France dans les années trente, aux Etats-Unis dans les années soixante), ont contribué à entretenir la réputation "pornographique" de l'auteur.

Or non seulement celui-ci n'a pas toujours mené la vie parisienne "dissolue" qu'il décrit dans ses livres, mais surtout il a continué d'écrire, et même abondamment, des oeuvres très différentes des deux premières. Si on ajoute à ce décalage l'extraordinaire vitalité de l'homme (qui, quoique octogénaire, poursuivait sereinement une "seconde carrière" de peintre) et, surtout, le fait qu'aux Etats-Unis, lorsque la publication des Tropiques y fut enfin autorisée, Henry Miller semble être passé directement du rôle d'écrivain maudit à celui de prophète, on aura idée de la figure qu'il devint dans l'univers américain. On peut dire que, de Big Sur, il a en quelque sorte présidé à l'extraordinaire mouvement d'idées qu'a connu la Californie dans les années soixante.
cliquer ici pour plus de détails:
Pourtant, Henry Miller est un enfant de Brooklyn: "Le reste des Etats-Unis n'existe pas pour moi, sauf comme idée, ou comme histoire, ou comme littérature", écrivait-il dans Printemps noir.

Brooklyn est en quelque sorte le lieu géométrique de ses errances européennes et de sa retraite californienne. Il alla d'abord au City College de New York, mais, après deux mois, il se mit à travailler, et ce jusqu'en 1930, date à laquelle, après un premier séjour d'un an en 1928, il gagna la France. En 1932, il enseigna l'anglais au lycée Carnot de Dijon: voir les pages mémorables qu'il consacre à cette expérience dans le Tropique du Cancer. Sa description de la ville y est digne de Balzac. Mais il vécut surtout à Paris, censément employé par une maison d'édition américaine — et ce jusqu'à la veille de la guerre: c'est la "grande époque" de la vie d'Henry Miller. Il visite alors la Grèce, où il est reçu par Lawrence Durrell à Corfou, avant de rentrer à New York en 1940.

À cette date, il a publié, outre les deux Tropique du Cancer (Paris, 1934) et Tropique du Capricorne (Paris, 1938), Aller-Retour New York en 1935, Printemps noir (1936), Max et les Phagocytes (1938) et L'Oeil cosmologique (1939). Or non seulement ces livres, hormis les deux derniers, n'étaient toujours pas autorisés aux Etats-Unis (où ils paraîtront seulement, comme les Tropiques, après 1960), mais l'auteur se trouva, une fois installé à Beverly Glen, en Californie (1942), dans un tel dénuement qu'il dut publier un appel au secours dans The New Republic. C'est alors qu'un ami lui proposa d'aller habiter une petite maison à Big Sur, près du splendide mont Carmel, sur la côte entre San Francisco et Los Angeles. C'est ce qu'il fit jusqu'à ce que, vieillissant, il préférât la sécurité d'une maison très bourgeoise à Los Angeles.

Après 1940, Henry Miller publia un livre inspiré par son séjour en Grèce, Le Colosse de Maroussi (1941) et un autre, non moins remarquable que percutant, où il raconte son retour aux Etats-Unis: c'est le célèbre Cauchemar climatisé (1945), auquel il devait donner une suite sous le titre Souvenirs, souvenirs (1947). Ces volumes-là furent publiés aux Etats-Unis, généralement par la nouvelle maison d'édition "New Directions" (qui publiera aussi Antonin Artaud, Samuel Beckett, Céline, Jean Genet, etc). Puis ce fut le court et beau Sourire au pied de l'échelle (1948), écrit "pour Fernand Léger", et qui est une émouvante réflexion sur le destin de l'artiste en clown, et Les Livres de ma vie (1952) — peut-être avec le premier Cancer, le Cauchemar et le Sourire, le meilleur Miller.

À cette date, cependant, il avait commencé son plus ambitieux projet, une trilogie, dont paraissent d'abord, à Paris, chez Olympia Press, Sexus (1949), puis Plexus (1953); le troisième tome, Nexus, ne paraîtra (toujours à Paris) qu'en 1960, et les trois volumes portent le titre général de La Crucifixion en rose. Malheureusement, ce n'est pas quand il est le plus ambitieux qu'Henry Miller est le meilleur: à preuve, par exemple, le verbiage mythico-métaphysique de son Hamlet (1941-43, traduction Corrêa, 1956), écrit en collaboration avec Michael Fraenkel. On peut même pousser le paradoxe jusqu'à dire que c'est quand il "écrit" le moins qu'il écrit le mieux. Quand il est mû par la passion, que ce soit celle des femmes, des amis ou des livres, ou encore la colère que lui inspire le spectacle de la côte Est à son retour, alors son style charrie le lecteur dans une sorte d'ivresse qui rend tout son sens primitif au mot enthousiasme.

Autrement dit, tout comme il y a évidemment du viveur rabelaisien chez Miller, il y a aussi du vaticinateur forcené, à la Céline. Dans certains livres, en effet, il est, semble-t-il, tout autre chose qu'un écrivain: une sorte de prêtre laïc. C'est d'ailleurs ce qui le rapprocha sur le tard de John Cowper Powys, avec qui il échangea une correspondance.

Après Plexus, Henry Miller publiera toujours davantage de "non-fiction": souvenirs, essais, réflexions. Ainsi, Jours tranquilles à Clichy (Paris, 1956) — manuscrit retrouvé après quinze ans; Le Temps des assassins (New York, 1956) — livre consacré à Rimbaud et écrit après l'échec d'un projet de traduction d'Une saison en enfer; Big Sur et les oranges de Jérôme Bosch (New York, 1957), qui reprend Un diable au paradis (1956); Peindre c'est aimer à nouveau (1960); Immobile comme l'oiseau-mouche (1962). Ce dernier livre contient un important essai sur Henry David Thoreau qui est sans doute, avec D. H. Lawrence, l'écrivain qui a le plus influencé Henry Miller.

Mais, en quantité au moins, la partie la plus considérable de l'opus millerien risque d'être sa correspondance. Ont déjà paru: L'Art et le scandale (Londres, 1959), qui contient surtout des échanges avec ses amis Perlès et Durrell; Une correspondance privée (1963) entre Miller et Durrell; et ses Lettres à Anaïs Nin (1965).

De la figure et de l'oeuvre — indissociables puisqu'il s'agit constamment d'une sorte d'autobiographie --, on peut retenir la double ligne que constituent la révolte permanente contre les hypocrisies, au premier desquelles figure évidemment le puritanisme en matière de sexualité, et l'anarchisme libertaire et pacifiste: à ces deux titres, nul doute qu'Henry Miller est apparu, pendant un quart de siècle (du début de la guerre de Corée jusqu'à la fin de celle du Viêt-nam), comme un chef de file, une sorte de maître spirituel, pour les jeunes révoltés des deux côtes.

Peut-être, à une heure où les Etats-Unis s'assagissent de façon inquiétante, son influence est-elle moindre; il a aussi été "récupéré" par l'Establishment. Il n'en reste pas moins vrai que son investissement dans la littérature et la façon dont, à l'opposé de l'esthétisme, il a toujours revendiqué pour elle un rôle, finalement romantique, de guide de la vraie vie, font de lui une manière de pape: témoin l'extravagant ouvrage que lui a consacré Norman Mailer.
Henry Miller est mort le 7 juin 1980 à Pacific Palisade (Californie, Etats-Unis), à l'âge de 89 ans.

source La république des Lettres

Oeuvres :

Romans, nouvelles, textes courts
Clipped Wings (1922, inédit).
Moloch: or, This Gentile World (1928),publié en  1998 en français .
Tropique du Cancer (1934), Page 1
Aller-Retour New York (1935).
Printemps noir (1936) (Black Spring)
Max et les Phagocytes (1938)
L'Argent, son évolution (1938)
Tropique du Capricorne (1939)
L'Œil du cosmos (1939)
Le Colosse de Maroussi (1941)
La Sagesse du cœur (1941)
Dimanche après la guerre (1944)
Varda, le Constructeur (1944)
La Grande misère de l'artiste aux États-Unis (1944)
Qu'allez-vous faire pour Alf (1944) .
Reflets d'un passé fervent (1944)
Le Cauchemar climatisé (1945) .
L'Obscénité et la Loi de la réflexion (1945)
Maurizius pour toujours (1946)
Souvenirs, souvenirs (1947)
Le Sourire au pied de l'échelle (1948) .
Courtes histoires américaines (1948)
Sexus (1949)
Plexus (1952)
Amours sans importance (1955)
Jours tranquilles à Clichy (1956)
Un diable au paradis (1956) , Page 2
Hamlet (1956)
Lire au cabinet (1957)
Big Sur et les Oranges de Jérôme Bosch (1957)
Le Carnet rouge (1959)
Nexus (1960)
Peindre c'est aimer à nouveau (1960)
Water Color, Drawings and his Essay, the Angel is my Watermark ! (1962)
Reste immobile comme un colibri (1962)
Transit (1963).
Ma vie et moi (1971).
Virage à 80° (1973)
Le livre des amis (1976)
J'suis pas plus con qu'un autre (Éditions Alain Stanké, 1977).
Jours tranquilles à Brooklyn (1978)
The Theatre & Other Pieces (1979).
Nexus 2 (140p.) (2004)
Crazy Cock ( 1991)
Opus Pistorum (1941)
L'Œil qui voyage (2005)
Aquarelles (1999).

Essais
Le Monde du Sexe (1940) : Page 3
Blaise Cendrars (1951)
Rimbaud (1952)
Les Livres de ma vie (1952)
Le Temps des assassins (1956)
Art et Outrage : Essais Tome 1 (1959)
L'Oiseau mouche : Essais Tome 2 (1997)
Entretiens de Paris avec Georges Belmont (1970). Entretiens radiophoniques.
Correspondance privée avec Lawrence Durrell (1963)
Le Monde de D.H. Lawrence. (1986)
Correspondance privée avec Wallace Fowlie (1975)
Correspondance avec Blaise Cendrars (1995)
Réunion à Barcelone (1959)
Correspondance avec Lawrence Durrell 1935-1980 (2004)
Correspondance privée avec John Cowper Powys (1994)
Flash-back, entretiens de Pacific Palisades (1976)
Lettres à Anaïs Nin (1967)
Lettres d'amour à Brenda Vénus (1991)
Lettres à Emil (1991)

MAJ de l'index le 03/02/2019


Dernière édition par Armor le Lun 15 Juil - 13:39, édité 2 fois (Raison : màj 3/2/2019)
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Message par Arturo le Ven 18 Aoû - 12:49

J'ai encore quelques bouquins de Miller dans ma PAL, j'ai lu ses deux tropiques, et Lire aux cabinets (contextuel et drôle).

Tropique du Cancer :

essai - Henry Miller Tropiq10

Il a souvent été qualifié d'obscène, violent, cru... Bon, peut-être, car je ressors de Céline et Calaferte, je n'ai pas été tellement de cet avis. Bon, il faut le replacer également dans le contexte du début des années 1930, m'enfin y a eu d'autres auteurs avant lui bien davantage dans ces standards, Sade par exemple.
J'ai trouvé le style de Miller plutôt agréable et fluide, le roman se lit bien, toutefois peut-être qu'une centaine de pages en moins n'aurait pas été plus mal, car il tourne quand même bien en rond, à nous conter ses histoires et celles de ses potes qui vont aux putes à Paris.
Cela dit, il y a de l'humour, et des répliques cinglantes, ainsi que des réflexions intéressantes, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Quelques extraits (pour contredire ce que je viens d'avancer):

Il vaut mieux garder l'Amérique ainsi, toujours à l'arrière-plan, une sorte de gravure carte postale, que l'on regarde dans ses moments de faiblesse. Comme ça, on imagine qu'elle est toujours là, à vous attendre, inchangée, intacte, vaste espace patriotique avec des vaches, des moutons et des hommes au coeur tendre, prêts à enculer tout ce qui se présente, homme, femme ou bête! ça n'existe pas, l'Amérique! C'est un nom qu'on donne à une idée abstraite...


Paris est comme une prostituée. De loin, elle vous paraît ravissante, vous n'avez de cesse que vous la teniez dans vos bras. Au bout de cinq minutes, vous vous sentez vide, dégoûté de vous-même. Vous avez l'impression d'avoir été roulé.


Il veut aller à la Coupole. Il veut d'abord faire un petit tour de promenade autour des maisons.
"Mais il flotte, Joe!
- Je sais, mais qu'est-ce que ça peut foutre! Il faut que je fasse ma promenade hygiénique. Il faut que je m'expulse la merde des tripes." Quand il dit ça, j'ai l'impression que le monde entier est enroulé là, dans son ventre, et qu'il y pourrit.

(rapatrié)
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Message par bix_229 le Ven 18 Aoû - 16:31

J' ai lu quelque part que Miller avait une nature féminine et que c' était pour cela
qu' il aimait tellement les femmes.

En fait, il aimait à  peu près tout, les voyages, les recontres, les amis, les discussions, le bon vin, le ping pong, Paris et bien entendu, les livres.
A ce propos, j' ai apprécié Les Livres de ma vie, témoignage d' un autodidacte
passionné, dilettante, et quand meme plutot bien informé.

On peut y trouver des choix à son usage personnel.
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Message par Tristram le Sam 19 Aoû - 1:39

Voici donc quelques extraits pris dans Les livres de ma vie :

« La littérature, dans toutes ses branches, n’est qu’un ensemble d’idées de seconde main. »

« Un livre vit grâce à la recommandation passionnée qu’en fait un lecteur à un autre. »

« Les hommes du Moyen Age, en dépit de toutes les difficultés que l’on imagine, communiquaient entre eux, et se rendaient visite. Le monde cultivé formait à cette époque une immense toile dont les fils étaient durables et conducteurs d’électricité. »

« Et, si en ouvrant l’un de mes auteurs préférés, je rencontre par hasard dans son livre une citation d’un autre de mes favoris, alors ma joie ne connaît plus de bornes. […]
Une des raisons qui m’empêchent d’écrire d’abondance à propos de ces auteurs favoris, c’est d’abord que je ne puis me retenir de les citer, et puisqu’ils ont si profondément imprégné chacune de mes fibres que, dès l’instant où je commence à parler d’eux, je reprends leur langage. Ce n’est pas que j’aie honte de "plagier" les maîtres ; je crains plutôt de ne jamais pouvoir retrouver ma voix propre. »

La phrase en gras ferait bien au frontispice du forum, non ? Admin, modos et autres autorités compétentes (i.e. tous les membres), qu'en pensez-vous ?

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Message par Nadine le Sam 19 Aoû - 2:27

j'ai adoré lire Miller, après avoir adoré J.Fante, parce que sa scansion est totalement dynamique, au delà de la crudité de ses propos,
la testostérone atteint chez lui le vrai summum de la libido , au sens premier du terme : "le goût de vivre".
Pas moyen, à le lire, d'être réfractaire à ses "propos masculinistes" (je parle en femme lectrice) car : l'énergie, très américaine, puis enfin très Millerienne qui s'en dégagent, ne cessent d'inspirer, en moi, la Belle Foi du Présent, de l'enthousiasme.

Chiant, réjouissant, vivant.
j'aime énormément Henry Miller.

Je vous recommande un de ses  livres quasi-asexués (un des rares qu'il ait écrit ?): Un diable au Paradis

Si vrai.
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Message par Tristram le Sam 19 Aoû - 2:34

J'ai lu Un diable au Paradis il y a bien longtemps (même pas une citation sur PC), et pourtant je garde un souvenir assez vif de ce personnage à la fois méprisable et humainement rendu.

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Sam 19 Aoû - 7:03

J'apprécie beaucoup Henry Miller pour son goût et sa passion pour la lecture. Toutefois, je pense reconnaître une incompatibilité de fond entre lui et moi lorsqu'il parle de son admiration pour Blaise Cendrars. Tout autant j'apprécie les deux hommes, j'ai fini par reconnaître que la nature de leurs plumes fait en sorte de rendre ma lecture un peu plus laborieuse. Mais je pense être dû pour des essais supplémentaires si je dois me fier à la fiche d'introduction plus haut...
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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 7:58

@Tristram a écrit:



« Un livre vit grâce à la recommandation passionnée qu’en fait un lecteur à un autre. »


La phrase en gras ferait bien au frontispice du forum, non ? Admin, modos et autres autorités compétentes (i.e. tous les membres), qu'en pensez-vous ?

Je plussoie !
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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 8:02

@Nadine a écrit:
Pas moyen, à le lire, d'être réfractaire à ses "propos masculinistes" (je parle en femme lectrice) car : l'énergie, très américaine, puis enfin très Millerienne qui s'en dégagent, ne cessent d'inspirer, en moi, la Belle Foi du Présent, de l'enthousiasme.

T'as des auteurs qui a contrario t'ont rebutée pour leurs "propos masculinistes" ?

(merci pour vos avis sur le(s) fil(s)).
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Message par Nadine le Sam 19 Aoû - 9:15

Of oui, sans doute, Arturo.
Où l'adresse trop masculine me laissait peu intéressée, trop peu concernée ou agacée, réifiée, oui, évidemment. Je ne me souviens pas trop de noms, là, mais oui.Trop ga-gars, comme on dit trop fifille.
Masculiniste, j'ai dis ça sans peser, hein, si il y a un sens precis à ce mot, je l'ignore.


Dernière édition par Nadine le Sam 19 Aoû - 9:21, édité 1 fois
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Message par Nadine le Sam 19 Aoû - 9:20

(Arturo, Philippe Roth, par exemple, je crois, je l'ai lu , un livre offert par un grand ami à moi, et j 'ai pas accroché ça me saoulait, un peu pour ça : ça me concernait pas, ça se passait pas sur la même planète que moi son trip, ça me laissais assez réfractaire. je ne me rappelle pas du titre lu dommage car je vois que vous êtes nombreux à l'avoir apprécié cet auteur)
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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 10:09

Il n'y avait pas de reproche dans mon message, juste de la curiosité. Je peux largement comprendre que certains auteurs rebutent les lectrices pour leur propos. Une amie par exemple m'avait dit que Bukowski c'était "trop" pour elle. Donc à doses homéopathiques uniquement.
Ce qui peut déranger c'est le rapport à la femme-objet j'imagine, mais je l'ai rarement ressenti ainsi, à part peut-être chez un auteur comme Beigbeder (que je trouve médiocre). Ce qui m'attire c'est avant tout la liberté de ton, le côté désenchanté, à l'état brut. L'attraction aux femmes, l'obsession passionnelle, ça attire aussi comme thème.
J'aurais pensé que tu allais me sortir Montherlant, je ne sais pas pourquoi.
Roth ... C'est sans doute l'auteur que j'ai le plus lu, j'ai lu sa trentaine d'ouvrages. Dommage que tu ne te souviennes pas du titre, j'aurais pu me faire une idée, car il a été un peu inégal dans sa production.
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Message par animal le Sam 19 Aoû - 10:15

Même en étant un bonhomme Roth peut laisser froid pour ça, même si l'obsession est un thème qui peut intéresser. Jamais lu Miller, un Tropique pour commencer c'est raisonnable ?

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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 10:32

@animal a écrit:Même en étant un bonhomme Roth peut laisser froid pour ça, même si l'obsession est un thème qui peut intéresser. Jamais lu Miller, un Tropique pour commencer c'est raisonnable ?

Mmmh je ne pense pas que ce soit un auteur pour toi. Tropique du Cancer ça semble une bonne entrée pour se faire une idée, oui.
J'envisage de lire Le colosse de Maroussi dans les prochains mois, histoire de me faire un autre aperçu.

Et t'en penses quoi de la citation relevée par Tristram, au-dessus ?
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Message par animal le Sam 19 Aoû - 10:33

J'ai noté ça dans un coin. cat

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Message par Nadine le Sam 19 Aoû - 11:06

Moi je te conseillerais Un diable au paradis, Animal, ou son essai sur Rimbaud.
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Message par Tristram le Sam 19 Aoû - 13:23

Tu devrais aller pour le premier tropique, Animal (même si c'est pas pour le Panda ?!). Comme l'a bien fait entendre Nadine, sa logorrhée et sa joie de vivre vous transportent enthousiasmé, on ne risque pas l'ennui (et il y a aussi La crucifixion en rose, si tu accroches comme prévu).

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Message par animal le Sam 19 Aoû - 15:40

Un piège se referme sur un panda.

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Message par Tristram le Sam 19 Aoû - 15:47

Fait comme un Panda !
C'est un auteur qui a beaucoup compté pour moi, et j'espère que tu ne regretteras pas sa lecture ! Tu nous diras...

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Message par Arturo le Mer 6 Déc - 10:08

@Nadine a écrit:
Je vous recommande un de ses  livres quasi-asexués (un des rares qu'il ait écrit ?): Un diable au Paradis

Si vrai.
Si vrai.

@Tristram a écrit:J'ai lu Un diable au Paradis il y a bien longtemps (même pas une citation sur PC), et pourtant je garde un souvenir assez vif de ce personnage à la fois méprisable et humainement rendu.

Tu parles de Téricaud, l'ami que Miller héberge ?


J'en suis rendu à lire Un diable au paradis. C'est vrai que ça change de ses productions "masculinistes", comme dit Nadine.
C'est toujours agréable à lire.
La fluidité de sa plume, et ce "parler vrai", sans filtre, font partie de ses caractéristiques.

J'ai horreur des gens qui se croient obligés de tout passer au filtre du seul langage qu'ils connaissent, que ce soit l'astrologie,
la religion, le yoga, la politique ou n'importe quoi. Une seule chose m'intrigue, dans notre univers, une seule chose me montre clairement que c'est un univers divin, c'est qu'il se prête si aisément à toutes les interprétations et à n'importe laquelle. Tout ce que nous en disons est à la fois exact et inexact. Il contient nos vérités et nos erreurs. Et quoi que nous en pensions, nos pensées ne l'altèrent en rien ...
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Localisation : Par-delà le bien et le mal

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