Kenzaburō ŌE

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Kenzaburō ŌE

Message par Arturo le Ven 18 Aoû - 13:35

Kenzaburō Ōe
(né en 1935)




Kenzaburô Ôé est né en 1935 dans l'île de Shikoku au Japon. Il étudie la littérature française et soutient une thèse sur Jean-Paul Sartre. Ses premiers textes paraissent dans les années 1950. En 1958, il reçoit le prix Akutagawa, l'équivalent du prix Goncourt, pour Gibier d'élevage, adapté au cinéma par Nagisa Oshima sous le titre Une bête à nourrir. Seventeen paraît en 1961. Inspirée par l'assassinat du chef de fil du parti socialiste par un militant d'extrême droite de dix-sept ans, cette nouvelle évoque le Japon du début des années 1960 avec la recrudescence de l'ultranationalisme du parti impérial.
En 1964, la naissance de son fils, handicapé, bouleverse sa vie comme son univers romanesque. Il s'inspire de ce drame dans un livre déchirant, Une affaire personnelle, récit des trois jours qui suivent la naissance de cet enfant.
Dans les années 1980, Kenzaburô Ôé s'intéresse à la littérature latino-américaine et séjourne au Mexique où il enseigne à l'université. Il reçoit le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre en 1994.
Écrivain original qui rejette le système des valeurs de la société existante et reflète les interrogations et les inquiétudes de la génération d'après-guerre, Kenzaburô Ôé incarne la crise de conscience d'un pays emporté par la fuite en avant.

source Gallimard


Traductions en français


Un drôle de travail, (Kimyō na shigoto, 1957), également paru sous les titres Une vie de chien (dans Stéphane Nadaud, Les Japons de Kenzaburo Oe) et Un curieux travail (dans Œuvres)
Une bête à nourrir (Shiiku, 1958)
Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants (Memushiri kouchi, 1958)
Ainsi mourut l’adolescent politisé (Seiji syōnen shisu, 1961), également traduit sous le titre Mort d'un jeune militant (dans Œuvres)
Notes de Hiroshima ( 1965) (essais)
Une affaire personnelle (1965)
Dites-nous comment survivre à notre folie (1966) (nouvelles)
Le Jeu du siècle (, 1967)
Le Jeu de la synchronie (1979)
Réveillez-vous, ô jeunes gens du nouvel âge (1983) (nouvelles)
Parfois le cœur de la tortue (1984) (nouvelles)
Une existence tranquille ( 1990) (récit)
M/T et l’Histoire des merveilles de la forêt (1986)
Lettres aux années de nostalgie
Une famille en voie de guérison, (1995), (récit)
Moi, d’un Japon ambigu ( 1995)
Le Faste des morts ( 1963) (nouvelles)
Adieu, mon livre !
Œuvres, Gallimard, coll. « Quarto » (contient : 1957-1963 : Un curieux travail - Le Faste des morts - Gibier d'élevage - Tribu bêlante - Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants - Quelque part ailleurs - - Mort d'un jeune militant. Seventeen, suite et fin ; 1964-1979 : Une affaire personnelle - Notes de Hiroshima - Le Jeu du siècle - Dites-nous comment survivre à notre folie - Le Jour où Il daignera Lui-même essuyer mes larmes ; 1980-2013 : Un «arbre à pluie» intelligent - Une existence tranquille - Moi, d'un Japon ambigu - Un chant du souvenir)
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Arturo

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Re: Kenzaburō ŌE

Message par Arturo le Ven 18 Aoû - 13:38

Pour tout dire, je n'ai lu pour l'instant qu'une nouvelle du Prix Nobel de Littérature, Kenzaburo Oé, mais elle m'avait fait forte impression. Il me faut absolument lire autre chose de ce monsieur.

Gibier d'élevage :



En pleine guerre, un avion américain s'écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir...

Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa langue n'en font pas un étranger on un ennemi, mais une simple bête dont il faut s'occuper.

Un extraordinaire récit classique, une parabole qui dénonce la folie et la bêtise humaines.

Un court récit très bien écrit, avec une plume riche dans la description. Pas tendre avec la vision que se faisaient/font des Japonais sur les Noirs, les êtres très différents physiquement d'eux, sur l'altérité en général.
Sans faire de morale? Mais n'y a-t-il pas une morale sous-jacente derrière tout ceci? Reprochant l'isolationnisme japonais?
Une dénonciation de l'instinct de sauvagerie qui sommeille au plus profond de chacun de nous.
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Arturo

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Re: Kenzaburō ŌE

Message par topocl le Ven 18 Aoû - 13:46

Une existence tranquille



J'ai du mal avec les romans japonais. Mais régulièrement, je re-tente. C'est pourquoi j'ai pris Une existence tranquille,

Et bien,  c'est tout à fait un roman japonais ! C'est à dire  qu'il y a plein de choses intéressantes, mais que je m'y sens un peu à distance, j'y vois un coté figé voire compassé même si pour une fois, les émotions sont extrêmement intenses et à fleur de peau.

Ce livre est un récit en ce  sens qu'il décrit une tranche de vie. Il est très astucieux parce qu'on peut y voir l'autoportrait sans concession de l'auteur, (qui, c'est le moins qu'on puisse dire ne se ménage pas), alors que justement il est le grand absent du livre. En effet il a pris une année sabbatique aux États-Unis, emmenant sa femme et «abandonnant » ses trois enfants jeunes adultes, attitude qui est critiquée par la plupart des protagonistes du livre. Il se décrit  donc alors qu'il n'est pas là, et en même temps, décrit sa famille alors même qu'elle est éclatée, qu'il l'a en quelque sorte reniée. On sent quand même à travers les lignes l'immense amour qu'il voue à chacun et à cette bizarre construction à cinq qu'ils sont arrivés à élaborer, et ce, en dépit de ses caprices de grand homme.

C'est surtout le portrait de Mâ, la fille cadette, une jeune fille naïve, réservée, consciencieuse. C'est elle qui a la charge de ses deux frères, de son aîné handicapé mental léger, souvent déconcertant, joyeux et attentif, compositeur prodige, et de Ô le plus jeune, pragmatique, qui se consacre à ses études. Là, ça se discute pas, c'est le rôle des femmes de s'occuper des hommes : l'épouse suit son mari, la fille s'occupe de ses frères. Ce qui est plus satisfaisant, c'est la relation douce et passionnelle entre Mâ et  son frère handicapé, chacun, bien sûr, enrichissant l'autre.

Le récit est un enchaînement de petits faits quotidiens, de description de personnes, de jours qui passent avec leurs joie et leur peurs, d'événements heureux et malheureux. Mais on y trouve aussi des échanges  intellectuels, une quête de soi, tout cela souvent assez cérébral et cet aspect m'a rebutée. D'autant plus qu'il s'appuie sur l'analyse d’œuvres culturelles que je ne connais pas (William Blake, Céline qui curieusement fascine Mâ par sa tendresse, Stalker de Tarkovski). J'ai beaucoup aimé, face aux élucubrations existentielles du père, l'attitude du vieux couple qui protège les enfants, mi-fou mi-sage, qui, au lieu de se torturer le ciboulot, met en actes ses choix de vie, et tout particulièrement de Mme Shigetô et sa théorie des « personnes de rien du tout ».

Mon sentiment, c'est que je suis née comme une personne de rien du tout, que je vis en conséquence, que je vivrai encore ainsi un certain temps, et puis que je mourrai comme une personne de rien du tout.(...).
Ce que je pense, avec ma tête absolument ordinaire, c'est que tant que je vivrai comme une personne de rien du tout, en veillant à ne m'accorder aucun privilège même le plus insignifiant, je garderai une marge de manœuvre. À partir de là, il suffit qu'à ma façon, je m'efforce de faire pour le mieux. Même si pour moi, « faire pour le mieux », ça n'est rien de plus que prêter une écharpe à une fille fatiguée qui avait froid, comme M. Shigetô a eu la gentillesse de s'en souvenir.
Mais malgré tout, j'ai l'impression que si l'on s'en tient à cette résolution de vivre comme une personne de rien, et bien au moment de mourir on doit pouvoir paisiblement revenir à zéro. Puisqu'il ne s'agit que de passer de presque zéro à zéro.

Comme quoi, même un livre qui ne vous accroche pas trop, c'est bien intéressant !

(commentaire récupéré)

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Re: Kenzaburō ŌE

Message par bix_229 le Ven 18 Aoû - 16:51

L'homme m'a vraiment interessé quand il s'est dressé après Fukushima pour exprimer son indignation contre le gouvernement Japonais et la société exploitante Tepco, qui était censée gérer la centrale nucléaire..

Mais la révolte de Kenzaburo Oé était beaucoup plus anciennne et remontait à Hiroshima et puis, il y avait ce fils, victime innocente de l'irradiation, comme des milliers d'autres japonais de la meme génération.
Au lieu de cacher ce fils, Oé l'intégra à son oeuvre d' une façon ou d'une autre.
Sans ce fait,  son oeuvre aurait été différente.
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Re: Kenzaburō ŌE

Message par Tristram le Sam 19 Aoû - 2:22

Je ne connais guère cet auteur, juste au travers du début de Dites-nous comment survivre à notre folie, recueil qui m'est tombé des mains (pile sur une étagère où je le surveille patiemment), ce qui est exceptionnel chez moi. Je repartirai à l'abordage, peut-être par le biais d'un autre ouvrage.
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Re: Kenzaburō ŌE

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