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Jean-Pierre Martinet

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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 10:22

Jean-Pierre Martinet
(1944-1993)


Jean-Pierre Martinet  Avt_je10

Jean-Pierre Martinet, né à Libourne (Gironde) en 1944 et mort à Libourne en 1993, à 49 ans, est un écrivain français.

Il est l'auteur de romans et de nouvelles caractérisés par une noirceur absolue et un profond pessimisme. Écrits à la fin des Trente Glorieuses, ses romans présentent la face cachée du miracle économique, l'avachissement moral et les névroses d'un petit peuple déboussolé et désespéré par les mutations de la société.

Il admirait Henri Calet et était l'ami d'Yves Martin avec qui il partageait la passion du cinéma, Martinet ayant lui-même été assistant-réalisateur à l'ORTF avant d'abandonner le cinéma pour la littérature. Il était aussi l'ami de l'écrivain, critique et éditeur, Alfred Eibel.

Son père, professeur d'espagnol, meurt très tôt, laissant une veuve avec trois enfants dont deux arriérés mentaux et elle-même à la marge de la folie : elle écumait les cafés de Libourne, armée d'un pistolet en bois, en criant « Hauts les mains ». Jean-Pierre Martinet craignait lui-même les attaques de mystérieux oiseaux au bec d'acier.

Dans les années 1970, il publie des textes critiques dans le mensuel Matulu, tout en étant assistant-réalisateur à l'ORTF.

En 1978, après la publication de son roman Jérôme, Martinet quitte son poste à l'ORTF et se réfugie à Tours où il achète un petit kiosque à journaux mais fait faillite. Il affirme alors vouloir définitivement abandonner la littérature, mais il finira par publier deux romans en 1986 (Ceux qui n’en mènent pas large) et 1987 (L’Ombre des forêts).

Tout en continuant d'écrire, les années suivantes sont des années de déchéance lors desquelles Martinet sombre dans l'alcoolisme avant de mourir à 49 ans d'une embolie cérébrale, seul et pauvre.

Dans sa propre notice biographique, il avait noté : « Parti de rien, Martinet a accompli une trajectoire exemplaire : il est arrivé nulle part ». Redécouvert et réédité depuis 2006, Jean-Pierre Martinet, est l'objet de mémoires universitaires en France et en Suisse.

source wikipédia


Œuvres

La Somnolence, 1975
Un apostolat d'A.t'Serstevens
Jérôme, 1978
Ceux qui n’en mènent pas large
L'Ombre des forêts, 1987
Nuits bleues, calmes bières ; suivi de l'Orage
La grande vie, l'Arbre vengeur [archive], 2006
Grand Prix de l'Humour Noir du Spectacle pour son adaptation au théâtre par Denis Lavant.
Nouvelle inédite in Capharnaüm no 1 Eté
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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 10:27

Voilà un fil spécial pour Nadine et Animal ! Jean-Pierre Martinet  3866672782

Dans sa propre notice biographique, il avait noté : « Parti de rien, Martinet a accompli une trajectoire exemplaire : il est arrivé nulle part ».

J'adore ...

Je suis à peu près certain que personne ne l'a lu sur le fofo. Vous voulez de la noirceur, et de la rage ? foncez-y !
A y repenser, il me fait terriblement penser au film de Gaspar Noé, Seul contre tous.

Voilà ce que j'en disais autrefois :

Jean-Pierre Martinet  41k7bs10

Jérôme :

Je commence à caler aux deux-tiers de ce roman au long cours. C'est tout de même un brin indigeste, aucun paragraphe, juste un texte massif, où j'en ressors presque épuisé.
J'étais conquis au début, c'est jouissif, truculent. Puis, j'ai développé une sensation de trop-plein. Je vais le laisser de côté, pour peut-être le terminer un jour.
Je vois les parallèles avec I.Reilly (J.K Toole), j'y ai pensé aussi. L'obèse raté, génial, qui vit toujours chez sa mère, inadapté et en révolte contre tout, et tout le monde.
Mais j'adhère moins. C'est vraiment sombre, et je trouve les personnages et situations trop caricaturaux. A force, il s'enlise.
Ca reste une belle découverte que cet auteur méconnu, et ce roman de l'ombre. (merci coli pour ton prosélytisme)
200 premières pages très convaincantes. Mais attention, à ne pas mettre en toutes les mains ...
C'est tout de même particulier. Un grand cri de révolte interminable, une logorrhée inépuisable. Il use beaucoup de la vulgarité et de la cruauté. Ca a de quoi plomber un lecteur non averti.

La notice de l'éditeur (Finitude) :

Entre détracteurs enragés et admirateurs fascinés, Jérôme est de ces romans qui interdisent la modération. L’histoire est pourtant simple: obsédé par Polly, la jeune fille qu’il croit aimer, Jérôme Bauche se lance dans une quête hallucinée à travers une ville étrange, un peu Paris un peu Saint-Petersbourg. Tel Dante, il s’enfonce irrémédiablement vers l’enfer, et nous y entraîne avec lui. De gré ou de force.
Depuis des années, Jérôme était devenu introuvable (il fut publié pour la première fois aux éditions du Sagittaire en 1978) et on ne parlait plus qu’à voix basse de ce livre monstre, de ce livre dans lequel Jean-Pierre Martinet (1944-1993) rend hommage à ses maîtres, Dostoïevski, Joyce, Gombrowicz ou Céline, de ce livre qui résonne comme un terrifiant éclat de rire.
Aujourd’hui Jérôme est de retour. On va enfin pouvoir le lire, connaître le délicieux frisson du pire. Et choisir son camp.
La présente réédition contient trois courts chapitres inédits qui révèlent une nouvelle fin au roman.
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Message par bix_229 le Sam 19 Aoû - 16:16


"Je suis à peu près certain que personne ne l'a lu sur le fofo."

Détrompe-toi !
Suffisamment noir, rageur et oublié pour l' avoir éprouvé... Jean-Pierre Martinet  3933839410
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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 17:56

J'avais un doute te concernant, ce qui explique le "à peu près".
Tu avais essayé quoi ?

Du coup, j'ai zieuté pour me procurer ses autres bouquins, mais y a pas de prix minis, car jamais édité en poche. Dommage. Je ferai ptet une folie en librairie. Twisted Evil
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Message par Dreep le Sam 19 Aoû - 18:05

J'ai lu Ceux qui n'en mènent pas large il y a quelques temps, mais j'avais été déçu. J'avais trouvé ça insipide.
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Message par Arturo le Sam 19 Aoû - 18:34

Mouarf, je savais que je serais seul contre tous !
Jean-Pierre Martinet  Yarosl10

coli, où es-tu ? Jean-Pierre Martinet  992762890
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Message par églantine le Sam 19 Aoû - 22:39

@Arturo a écrit:
coli, où es-tu ? Jean-Pierre Martinet  992762890
La voile est inutile , tu retrouves ses coms sur Babélio  .
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Message par Marie le Lun 21 Aoû - 17:51

Jean-Pierre Martinet  41b2ca10

La grande vie
Editions l'Arbre vengeur

Désormais inscrite à la bibliographie de J- P  Martinet comme une pièce autonome, mais texte paru en 1979 dans la revue Subjectif, nous dit Eric Dussert dans sa  très belle préface.

En exergue: - A qui appartient la terre autour du Cimetière?  - On la réserve à l'agrandissement du cimetière.  Fritz Lang  Les trois Lumières

En bandeau autour de ce petit livre rouge, il est écrit que l'adaptation théâtrale de Denis Lavant lui a valu le Grand Prix de l'Humour Noir.
Là est peut être mon problème, noir, là oui, mais humour??
Tout au long de cette lecture, je pensais à cette chanson de Brel, Fernand, qui parvient encore à me mettre les larmes aux yeux.



Même si l'histoire n'a rien à voir et que, finalement à la réécouter, ce texte de Brel est presque une bluette à côté de celui de Martinet..

Adolphe Marlaud veut vivre le moins possible pour souffrir le moins possible et  y parvient à peu près. Il habite rue Froisdevaux qu'il ne quitte pratiquement jamais ,sauf pour aller au cinéma. Il travaille à mi-temps dans un magasin d'articles funéraires, où, à part cirer les bottes d'un patron d'une imbécillité hors du commun, il connait de grands émois sexuels devant les jeunes veuves qu'il conseille. Son appartement donne sur le cimetière où est enterré son père ( 1902-1953). Il avait 9 ans quand il est mort, il se serait suicidé? On se demande bien pourquoi, c'était un fonctionnaire modèle qui lui a appris ce qu'était un homme de devoir. Sa mère était partie en fumée à Auschwitz. Je crois savoir qu'il l'avait dénoncée à la Gestapo.Elle le trompait, c'était une putain, un divorce en 1942 avec retour à son nom de jeune fille , Jacob, a rapidement réglé le problème.
Histoire de lui apprendre les bonnes manières.

Adolphe finira cloitré dans son appartement ,ou au cimetière d'en face,  dégommant au fusil, les malheureux chats qui passent sur la tombe de son père.Tiens, les chats me font penser à Brel aussi ( j'ai jamais tué de chats, ou alors y a longtemps...) On devine qu'il ne se contentera peut être pas  de tirer sur des chats.
Entre temps, c'est Madame C. , sa concierge, qui aura réussi à briser cet  équilibre  de volontairement non-existence . Il en fallait peu, mais c'est du lourd..Et là...du noir complet, on tombe dans le vraiment sordide, même si tout se tient, bien sûr.

Que dire...Texte lu et relu.
Et j'étais toujours aussi désemparée pour en parler.
Peut être que dans ce dégoût pour le bonheur préfabriqué , Jean Pierre Martinet ( juste dans ce court texte, c'est bien sûr trop peu pour m'en faire une idée plus juste) a laissé suinter dans chacun de ses mots tant de malheur , son propre malheur, que j'ai été dépassée. Débordée. De compassion  dans la définition même, c'est à dire souffrir avec. J'ai souffert..
J'ai une certaine heu...admiration mêlée d'incompréhension pour ceux qui parviennent à en rire, puisqu'on me parle d'humour noir, il faut de sacrées défenses. Que je n'ai pas.Je vais peut être en rester là avec cet auteur, et pourtant, il m'intéresse.  J'y reviendrai peut être?

Un extrait , pour l'écriture, souvent somptueuse:
La rue Froidevaux était laide comme une salle d'attente de deuxième classe perdue dans quelque banlieue où les trains sont si rares que l'on vient là pour dormir, juste pour dormir, au milieu des papiers gras et des restes de sandwichs au jambon, et des canettes de bière si misérables, si solitaires, dans l'urine, les confettis , les scintillants et le vomi, et la tristesse des chiens qui guettent la mort sur les murs salis par tant de doigts crasseux. Dans cette rue, on avait toujours la sensation d'un froid glacial, même au mois d'août. Les passants avaient des allures de chrysanthèmes tardifs, et novembre s'éternisait. Le lierre s'agrippait désespérément aux murs du cimetière, mais au fond, on sentait bien qu'il n'y croyait pas, et qu'il avait été placé là par les soins d'un décorateur neurasthénique. En été, les tombes reverdissaient , et le mur avançait, imperceptiblement. J'entendais parfois des craquements, la nuit, et cela me donnait d'épouvantables crises d'angoisse. Pauvre imitation de la vie. Comme on se sentait seul dans ce désert. Rue Froide. Avec tout ce que cela évoquait: chambre froide, morgue, cadavres abandonnés , jeune filles à moitié pourries, mauves et vertes et blanches, veaux assassinés à coups de merlin, au petit matin, sous une pluie fine. Comment peut-on porter un nom aussi horrible? Froidevaux! Ah, comme vos rues sont froides, messieurs, et comme on y meurt lentement , à petit feu, à petit pas, de chagrin et d'ennui!Comme le coeur est lourd à porter en vos déserts! On y chemine en exil toute sa vie. Etrange voyage d'hiver.





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Message par Arturo le Jeu 28 Déc - 15:43

C'est un beau commentaire de Marie ci-dessus, sur un texte que je n'ai pas lu.

Je ressors de son premier roman : La somnolence.

Jean-Pierre Martinet  416i2510

Déjà c'était un plaisir de lire un bel objet, que ce livre des éditions Finitude en format broché (ça me change des poches tous pourris). Et un réel plaisir de retrouver la plume, la noirceur de Martinet. Sans concession pour cet auteur de l'ombre.
Bien que, à y réfléchir, ce premier roman est peut-être ce qu'il a écrit de plus lumineux. Il semble y avoir encore quelques lueurs d'espoir, dans toute cette folie. Alors que dans Jérôme, tout est noir, tout est désespoir.
La somnolence, est un réel tour de force littéraire.
De par sa narration, de par son exigence stylistique. On met du temps à comprendre à qui le personnage de Martha s'adresse, à essayer de cerner ses délires, ses hallucinations, sa rage, son humour.
Humour noir bien sûr, au vitriol, le genre qui décape.
A ne pas mettre entre toutes les mains.
Mais une fois qu'on accroche, difficile de le laisser retomber.
Martha est une femme de 76 ans. Mais à ne pas s'y tromper, il semble bien que ce soit la rage de Martinet qui s'incarne dans le personnage de Martha, dans cette femme qui ne connaît aucune limite et qui ne pense qu'à se siffler une autre bouteille de whisky.

Tout ça me donne envie de relire Jérôme. Encore plus exigeant et destructeur. Je pense que La somnolence est une bonne entrée dans l'oeuvre de Martinet.

mots-clés : #addiction #solitude #vieillesse
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Message par colimasson le Ven 29 Déc - 11:39

D'accord avec toi pour le côté moins sombre de la Somnolence qui, pour le coup, après Jérôme, m'avait presque semblé trop léger et respirable. Mais pourquoi pas après tout, quand on sait ce dont Martinet est capable, c'est une trouée de soleil à travers un ciel obscur. Et un grincement de rire en fond sonore, tout au long de la lecture... de quoi mettre mal à l'aise, parce que ça en devient plaisant ce rire lugubre.
Pas lu La grande vie mais ça fait envie.
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Message par Bédoulène le Ven 29 Déc - 15:30

c'est intrigant Coli ce que tu dis !

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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