Sebastian Barry

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Sebastian Barry

Message par topocl le Lun 5 Déc - 9:53

Sebastian Barry
Né en 1955



Sebastian Barry, né le 5 juillet 1955 à Dublin, est un écrivain irlandais.

Il est l'auteur de pièces de théâtre (Boss Grady's Boys, The Steward of Christendom, Hinterland), de romans (Macker's Garden, The Engine of Owl-Light, The Whereabouts of Eneas McNulty...) et de poèmes, publiés depuis le début des années 1980.

Barry a véritablement atteint la notoriété en 2005, avec le roman A Long Long Way, histoire de soldats irlandais engagés dans le premier conflit mondial, sélectionné pour le Man Booker Prize for Fiction.

La consécration est venue en 2008 avec The Secret Scripture (Le Testament caché) qui a pour protagoniste une centenaire enfermée depuis sa jeunesse dans un asile pour avoir « fauté ». Ce livre a été lauréat du James Tait Black Prize for fiction et du Prix Costa 2008.

Souvent inspirées par des histoires de sa propre famille, les œuvres de Barry ont pour thèmes le mensonge, ou plutôt la vérité telle qu'elle est interprétée par chacun, la mémoire et les secrets familiaux. Leur décor est pour la plupart celui de l'Irlande au moment de son indépendance (1910-1930).

Œuvres traduites en français

Le Régisseur de la chrétienté, 1996
Les Tribulations d'Eneas McNulty, 1999
Annie Dunne, 2005,
Un long long chemin, 2006
Les Fistons, 2006
Le Testament caché, 2009
Du côté de Canaan, 2012
L’Homme provisoire, 2014

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Re: Sebastian Barry

Message par topocl le Lun 5 Déc - 9:55

Du côté de Canaan



Ce roman m'a assez profondément émue.
C'est le destin d'une femme du XXe siècle, ces femmes qui, au fil des décennies, ont vu partir leurs frères, leurs époux, leurs enfants, chacun sa guerre, et les ont vus ne pas rentrer, ou rentrer, si mal en point… Lilly raconte cela, à sa façon douce et grave. Bill, le dernier de ces hommes qui lui ont apporté tant de joie, mais qui n'ont, finalement, su lui dire que ces mots « je suis désolé », vient de mourir. A 89 ans, la détermination qui l’a menée sa vie durant, lui a fait aimer la vie malgré les deuils et les trahisons, l’abandonne pour finir, et elle décide de mettre fin à ses jours. Sans tragédie, comme la dernière chose à mener à bien, et pas avant d’avoir écrit son histoire.

Je sais que j'aime Dieu, car j'aime le monde qu'Il a créé. Mon péché est de ne pas vouloir m'y attarder sans Bill. Je ne pense pas que ce soit le diable qui a introduit le péché en moi. Je suis une intruse dans le festin de la vie, je mange la nourriture et je bois les boissons qui lui étaient destinées.

Elle écrit cette histoire pendant 17 jours, au cours desquels ses proches et amis viennent humblement, délicatement, lui apporter leur soutien. L'histoire  d'une femme ordinaire, petite Irlandaise choyée mais pugnace, ayant fui la guerre civile de son pays natal, pour les  États-Unis, « du côté de Canaan », l’ une « parmi les millions d'histoires d'Amérique emportées par le vent, aussi innombrables que les étoiles. ». La seule personnalité de cette femme simple, sérieuse, obstinée est déjà en soi un régal (on pense à Brooklyn de Colm Toibin).
Dans la 3e partie, des révélations se font, et on monte d'un cran dans l'intensité dramatique, son destin paraît bien singulier, sobrement pathétique.

Oui, j’ai bien trouvé de la douceur dans sa  façon de voir le monde, d’aimer les gens, d’apprécier son bonheur simple, de remplir les devoirs qu’elle se donne.



(commentaire rapatrié)


Dernière édition par topocl le Mer 14 Déc - 18:05, édité 1 fois

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Re: Sebastian Barry

Message par topocl le Lun 5 Déc - 9:56

Les tribulations de Eneas McNulty



Comme le monde est obscur et meurtri et profond.

Eneas McNulty est un Irlandais né avec le siècle, « un coeur ordinaire sans exigences fabuleuses ». Alors qu’il aspire au calme du foyer, sa vie va cependant être marquée d'un bout à l'autre de l’empreinte des combats de l'Irlande pour son indépendance. Parce que rêvant d'aventure, à l'âge de 16 ans, il s'embarque sur un bateau anglais, et sera donc désormais considéré comme traître, traqué, pourchassé au fil des décennies, par ceux-là mêmes qui furent les héros de son enfance, porteur d'une « peur pire que celle d'un enfant,(…) et plus noire que du goudron ». Il ne s'accordera  que quelques rares escales dans le bungalow irlandais de son Papa et de sa Maman, renoncera à l'idée même de la douceur d'une femme, et parcourra un monde de désolation…

Il repense un peu à sa vie et à l'endroit où il est né, et se demande s’il en a fait somme toute un tel gâchis ? N'a-t-il pas simplement vécu la vie qui lui était échue, sans avoir à choisir son camp davantage qu'un mulot lorsque la charrue de Dieu s’abat pour écraser son nid ?

Décidé à choisir le seul camp de son cœur pur, aspirant à un bonheur simple, Eneas McNulty est poursuivi par la tragédie de l'Histoire. La haine de ses poursuivants s’oppose à son humble fidélité. C'est un héros d'une touchante humanité, un homme bon pourrait-on dire, pris dans les mailles absurdes de l'absolutisme politique. On le suit donc dans un roman d'aventures teintées d'horreur et de mélancolie, marqué au coin de l’intolérance et de l'histoire. La prose de Sébastien Barry, d'une beauté souvent étrange,révèle une poésie à la fois sauvage et tendre, etsouffle sur cette  histoire tragique, haletante,  pour lui donner une ampleur à la fois solennelle et naïve.

À noter qu'on croise ici Roseanne, qui sera un des personnages-phares de Le testament caché que Sébastien Barry écrira dix ans plus tard.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #aventure #historique

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Re: Sebastian Barry

Message par Avadoro le Jeu 21 Juin - 10:35



Des jours sans fin

Sebastian Barry suit la trace de Thomas McNulty, jeune adolescent irlandais parcourant une Amérique à la fois démesurée, fascinante et destructrice. Son amitié amoureuse avec son compagnon d'aventures John Cole offre une stabilité affective et les rencontres effectuées sur leur chemin, reflets d'une fragilité du roman, semble esquisser la perspective d'un apaisement.

La beauté du roman se révèle à travers ce contraste permanent entre une dimension humaniste épurée et la violence sourde, terrifiante d'une histoire en marche. Des guerres indiennes lors de l'avancée vers l'Ouest à la guerre de Sécession, la vie apparait nouée à un traumatisme existentiel invisible et pourtant omniprésent. Mais même la brutalité dévastatrice des combats ne peut effacer les promesses d'un avenir éclatant, qui se révèle dans l'écriture par une expression lyrique et passionnée, et une attention omniprésente à l'autre, jusque dans ses souffrances et ses blessures.


mots-clés : #aventure #historique #initiatique #violence
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Re: Sebastian Barry

Message par Bédoulène le Jeu 21 Juin - 11:27

merci Avadoro, à la lecture de ton commentaire et de ceux de topocl, je vais m'intéresser à cet auteur.

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Re: Sebastian Barry

Message par topocl le Jeu 21 Juin - 12:51

Ah, chouette, on continue avec les Mc Nulty !

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Re: Sebastian Barry

Message par Bédoulène le Jeu 21 Juin - 13:46

donc plus tard à lire dans ma pal "Des jours sans fin" et "l'homme provisoire"

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