Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Rick Bass

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Message par tom léo le Mer 5 Sep - 21:45

Merveilleux écrivain dont il me reste heureusement encore quelques titres à découvrir. Mais "La vie des pierres" avec "L'ermite", ces deux recueils m'ont spécialement touchés!
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Message par bix_229 le Lun 22 Oct - 19:36

nature - Rick Bass - Page 3 Bm_64210

Le Livre de Yaak. - Gallmeister/Totem

"En écrivant ceci, je tremble. Je tremble parce que c'est l'hiver dans la cabane où j'écris. Je tremble parce que je m'apprête à révéler sans pudeur et sans rien dissimuler, les chers secrets de ma vallée, les lieux et les choses que je connais, qui m'ont été confiés par elle - la vallée de Yaak...
Ce livre est autre chose [qu'un roman]. C'est un livre source, un manuel, une arme du coeur... Ma vallée est en feu, elle est en flammes. Voilà plus de vingt ans qu'elle se consume. Ces récits, ce plaidoyer pour son salut... C'est tout ce que je sais faire."


Ainsi commence Le Livre de Yaak.
On connait l'histoire de Rick Bass. Natif du Mississippi, scientifique de formation, il se tourna vers d' autres horizons, littéraire et topographique.
Il tomba littéralement amoureux de la Vallée de Yaak dans le Montana, et décida de s'y fixer avec femme et enfants. Un des derniers espaces vierges des Etats Unis. Pendant les deux premières années, il se contenta d'y vivre, s'imprégnant des espaces, d'une solitude assumée.
Une centaine d' habitants à son arrivée, mais une quantité d'animaux sauvages dont quelques grizzlis.

Tous les récits contenus dans le livre mettent en valeur la beauté de ce lieu qui sait se régénérer naturellement à condition d'être respecté, comme le respectèrent les Indiens qui y vivaient et lui donnèrent son nom.
Comme la poignée de marginaux et d'originaux qui quittèrent la civilisation urbaine sans regrets.

Bass avait l'esprit critique, il se rendit compte que son paradis était menacé et qu'il était en train de se réduire comme peau de chagrin.
Les forestiers se livraient à des coupes à blanc qui balafraient la foret sans lui permettre de cicatriser ses blessures. Et puis, il était question de multiplier les routes pour rendre l'espace "aimable" et touristique. Au grand dam de la faune et de sa tranquillité.
Alors, en toute conscience, il décida de se battre pour la protection du site, multipliant les pétitions, les réunions, allant jusqu'à se rendre à Washington.
Le livre date de 1996 et Bass, qui vit dans la vallée depuis Vingt ans, est encore fondamentalement optimiste.
Mais dans l'épilogue qu'il rédige près de dix ans plus tard, il commence à désespérer.
Certes, il n'est plus seul, mais le but n'est pas encore atteint et il se demande s'il le sera jamais.

"La forêt a besoin de vastes étendues sauvages -une succession d'espaces protégés à perpétuité, qu'advienne l'enfer ou le déluge, la guerre ou la paix, la fin du monde ou son commencement. Un abri où se réfugier quand les choses vont mal, quand le reste du monde part en fumée.
Nous commençons tout juste à apprendre des choses nouvelles, ici dans l'Ouest. Nous apprenons chaque jour ces choses que savaient les hommes avant nous, et les civilisations antiques et que nous avons oubliées.
... La moindre brise peut être porteuse de mauvais présages. Nous nous rappelons une loi naturelle : le prix à payer sera lourd."


Ce qu'écrit Bass depuis des années est beau et nécessaire. Son message est celui de tous les écrivains et citoyens conscients, de l'Ouest des Etats Unis ou non. On sait clairement que l'enjeu dépasse largement les Etats-Unis et que notre survie passera par la sauvegarde de notre environnement.
De sa constance et de sa beauté.

nature - Rick Bass - Page 3 Yaak10
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Message par Tristram le Ven 23 Nov - 19:25

Là où se trouvait la mer

nature - Rick Bass - Page 3 Lze_oz10


Contrairement à ce que rapporte la notice Wikipédia de l’auteur, ce livre n’est pas un recueil de nouvelles, mais un roman !
Le Vieux Dudley est un géologue pétrolier qui a fait fortune, pervers et tyrannique mentor subjuguant de jeunes géologues qu’il domine en les exploitant jusqu’à l’épuisement (comme ses faucons) : ce sont Matthew, amant de sa fille Mel depuis vingt ans, et Wallis, qu’il envoie au début de l’hiver dans la petite vallée retirée du Montana où Mel étudie les loups, pour y trouver le gisement de pétrole jamais découvert jusque là. Hiverner ainsi perturbe Wallis, qui ne peut se livrer à sa passion, plonger sous la terre, car celle-ci est illisible, ensevelie sous la neige.
Etant fort sensible au regard géologique dans l’observation des paysages, ainsi qu’à la notion du temps qui en découle, cette approche explique en partie pourquoi ce livre a été pour moi un véritable page-turner (oui Topocl, je devance ta question, j’ai beaucoup aimé ce bouquin).
Ce très long roman (600 pages en petits caractères, commodément aéré en paragraphes séparés par une ou trois lignes) est aussi fort dense en péripéties et observations diverses ; il y a nombre d’impressionnantes scènes, de chasse, etc., des images fortes comme le mur de Matthew, le trappeur immergé, le fumoir de la cabane, le jeu du coyote. Les personnages sont vigoureusement campés, hors du commun, comme le fabricant de cercueils par exemple.
L’histoire c’est justement celle des rapports de quelques personnes de cette communauté isolée (ceux déjà cités plus Helen qui éleva Matthew, Amy et son fils Colter), où le goût de l’effort (gratuit) est prégnant, dans une sorte d’héroïsme bon enfant ; alternent de nombreuses images, âpres et belles, de la nature qui s’impose à eux.
« "‒ Tu ne peux pas apporter ça ici avec toi, dit Artie. Tu ne peux rien apporter avec toi. Tout est nouveau, par ici, il faut tout recommencer." »

« …] il réfléchissait à la différence qui existe entre être seul et être solitaire. C’était comme lorsqu’on part à pied pour un voyage, se disait-il, et qu’on traverse un paysage varié. On ne fait que marcher plus avant. Après un moment, le paysage change. Après un autre long moment, il y a probablement un autre changement. Mais on continue à marcher. Quand se fait sentir la paix de la solitude, on marque une pause ; quand cela redevient une sorte d’esseulement, après un temps, on se relève et on repart. »
L’ensemble est chronologiquement articulé, qui s’écoule de l’hiver au printemps, puis viennent l’été et l’automne, au début d’un nouvel hiver (saison qui prend beaucoup de place).
De petites incohérences gâchent un peu le récit, c’est dommage.
Une part d’irrationnel est sensible dans le récit, au-delà des invraisemblances ‒ peut-être cette pensée superstitieuse qui semble inséparable de l’homme dans la nature sauvage.
Il y a une sorte de parallèle entre les démarches de Mel et Wallis (quand la première ne porte pas le second Smile), pistage à l’envers des loups, étude des indices géologiques, qui toutes deux conduisent à des cartes pour figurer les structures des déplacements à découvrir.
« C’était la même chose, là où Wallis allait pour ses cartes : la surface, la peau du monde, n’était pas différente des profondeurs. Il avait toujours su cela de manière intuitive. Mais c’était une source d’émerveillement et de peur, que de se rendre compte que la forêt de Mel, à la surface, était semblable à ses champs de pétrole souterrains à lui.
Il soupçonnait même que les similarités ne s’arrêtaient pas là ; que si l’on étirait suffisamment l’échelle du temps ‒ une autre expansion ‒ toutes les choses, à un point ou à un autre ‒ les loups et les humains, les forêts et les montagnes, les morts et les vivants ‒, devenaient semblables et que c’était seulement dans la compression des choses ‒ dans le moment précis ‒ qu’il paraissait y avoir le moindre frémissement significatif d’individualité.
Il comprenait comment de telles perceptions pouvaient amener quelqu’un à mépriser, voire à craindre, l’avenir. La paix et la beauté qui pouvaient exister dans le moment précis seraient toujours en danger ‒ danger d’être atténuées, attirées vers le néant par l’assimilation du futur, ou bien d’être comprimées dans le passé, massées et concentrées en un seul bloc gris d’oubli. »
De larges extraits d’un journal de Dudley adolescent (ses débuts de psychopathe libidineux) sont reproduits en italiques, sorte de cours (et panégyrique) de géologie et recherche pétrolière, aussi une ode au progrès industriel, puis une reprise de l’évolution (d’un point de vue finaliste) qui m’ont paru en grande partie inutiles, et qui me laissent largement dubitatif.
Je rappelle juste l’influence autobiographique (géologie, Montana).
J’ai pensé à John Fowles (?), et surtout à Jim Harrison (sans oublier, de par le contexte, Construire un feu, entr’autres de London, encore Indian Creeks de Pete Fromm, et Dans les forêts de Sibérie, de Tesson).

« Pendant un moment, Wallis appréhenda l’ensemble avec une grande clarté, comme lorsqu’une brusque rafale de vent amène de nouvelles odeurs ‒ comme une soudaine compréhension, là où, avant, il n’y avait même pas eu de question. Il vit comment les longs moments endormis de la vie peuvent reposer en de calmes étirements ou remous, que nous persistons à considérer comme des moments sereins et paisibles ‒ rien de plus que de lents passages du temps ‒, alors qu’ils ne sont en fait que des replis profonds préparant les vagues, les poursuites soudaines et frénétiques ‒ la montée des désirs. Il vit comment, au cours de la chasse, tout a sa place ‒ combien ces éléments qui auparavant semblaient tous dénués de sens se lançaient maintenant dans le feu de l’action : combien chaque élément, chaque atome a du sens ‒ combien tout cela correspond au désir parfait de la nature, ce moment vers lequel tend toute attente, qui n’est jamais vraiment de l’attente. »

« "Qu’est-ce qu’il y a ?" demanda-t-il.
Mais elle se contenta de poser un doigt sur ses lèvres, tout en continuant à écouter et en regardant Wallis comme si elle voulait vraiment qu’il entende ; enfin, il perçut quelque chose. Il dut se pencher davantage, et il entendit alors une sorte de bruit de fond qu’il percevait en fait déjà depuis un moment, mais auquel il n’avait pas prêté attention. Il s’agissait d’une sorte de bourdonnement.
"C’est là qu’il vient dormir chaque année, annonça Mel à Wallis, qui crut un instant qu’elle parlait encore de Matthew. C’est un vieil ours noir, ajouta-t-elle. Il doit bien peser deux cent cinquante kilos, maintenant. C’est son ruisseau, ça. Il s’installe là, sous l’avancée rocheuse, chaque année en novembre, et il laisse la neige le recouvrir, dit-elle en montrant un petit trou dans le monticule de neige. Il ne respire qu’une fois par minute, à peu près. Là, tout de suite, son sang est à zéro. Mais son souffle est toujours chaud. C’est ça qui fait fondre la neige et qui fait les trous pour qu’il puisse respirer. »

« "C’est Amy, dit Danny. Et son fils, Colter. Son mari, Zeke, est mort au printemps dernier. Il est passé à travers la glace. C’était un trappeur. On peut encore le voir, là-bas", ajouta-t-il, et Danny crut d’abord que Danny voulait dire qu’on voyait le père dans la ressemblance du fils. "Il n’est qu’à six mètres sous la glace, reprit Danny, qui parlait doucement, malgré le bruit du bar. L’eau est claire comme du gin, froide comme la mort. Il n’a pas changé, il est exactement comme le jour où il est tombé. Il a les bras levés comme ça, dit Danny ‒ en montrant à Wallis, comme s’il signalait une touche au football. Et ses cheveux flottent toujours dans le courant, aussi noirs que ceux de celui-là ‒ il désigna Colter ‒ sauf qu’ils sont plus longs. Ils ont continué à pousser après sa mort." »

« Il y avait du sang partout, un sang encore rouge vif.
La piste tracée dans la neige était rouge de sang, comme si quelqu’un l’avait parcourue en courant, avec des seaux de peinture qui perdaient un peu de leur contenu à chacune de ses enjambées ; ils virent aussi que tous les troncs d’arbres étaient éclaboussés de rouge vif. Il y avait des cratères dans la neige, là où l’orignal avait titubé et était tombé, avant d’arriver à se relever pour aller plus loin : même si quiconque pouvant lire les traces comprenait combien c’était inutile et voyait que l’orignal n’avait jamais eu le moindre espoir d’arriver à un point situé au-delà de l’endroit où les corbeaux appelaient.
Il y avait du sang partout. Les buissons d’aunes étaient rouge vif, là où l’orignal s’était effondré, pris de panique ‒ il avait traîné son corps affaibli dans les broussailles, peignant le paysage dans sa reptation. Avec les loups qui le tenaient, qui le déchiraient. »

« Elle leur parlait des phrases que les plantes et les animaux écrivaient sur la terre, ainsi que de leur écriture invisible dans le ciel ‒ la façon dont les corbeaux suivaient les loups qui suivaient le daim qui suivait les premiers signes de verdure au bord des congères, au printemps ; elle leur expliquait la façon dont la transcription était ensuite inversée, entre une marée de sang doucement attirée par le mouvement des étoiles et de la lune : comment les loups se retrouvaient avec les graines prises dans leur fourrure, tout comme les ours, quand ils venaient manger dans ces îlots de verdure, ou qu’ils dévoraient les restes de chair encore accrochés aux squelettes des daims ‒ des daims morts gisant le long des pistes des loups, comme des carcasses de saumon sur une grève ‒ comment, alors, les graines se dispersaient du fait des allées et venues des ours, des loups et des corbeaux, comme si un harmonieux filet ou un plan ordonné avait été lancé sur la surface irrégulière de la confusion.
Il y avait une disparité, disait¬-elle, une confusion similaire dans nos âmes, ainsi qu’un chagrin dans notre sang, qui naissait alors que les étoiles ordonnaient encore ces mouvements et ces rythmes, mais que ces ordres ne pouvaient déjà plus être exécutés, à cause de trop nombreux obstacles : des barrages, des autoroutes, des villes ; quand la plupart des personnages principaux du plan avaient disparu, ou se retrouvaient en nombres si réduits qu’ils en étaient devenus insignifiants. »

« Les jeunes proies naissaient la première semaine de juin. Les prédateurs avaient eu leurs petits plus tôt ‒ les loups, les coyotes et même les chouettes donnaient naissance en avril, et les ours, de gentils omnivores pour la majeure partie d’entre eux, sortaient en rampant de la terre avec leurs oursons en avril ‒ si bien qu’en juin, quand le reste du monde serait né ‒ les petits des daims, des cerfs et des orignaux ‒, les jeunes prédateurs seraient prêts et les attendraient. Seuls les caribous, qui mettaient bas sur les hauteurs les plus élevées et les plus enneigées, étaient à l’abri ; mais en contrebas, c’était le carnage.
Les faons étaient les principales victimes. Pendant une semaine ou deux, les bois retentissaient de leurs glapissements et de leurs plaintes, tandis que les pumas, les ours, les coyotes et les loups les attrapaient et les dévoraient avant même qu’ils n’aient vécu un seul jour. Les déjections des prédateurs souillaient leurs litières, et on pouvait y retrouver les petits sabots noirs révélateurs, pas plus longs que l’ongle d’un pouce ‒ c’était l’unique chose qui, chez les faons, ne pouvait être digérée ; ces faons étaient pour les jeunes prédateurs ce que les épanouissements de couleur étaient aux humains fatigués par l’hiver : une poussée d’énergie qui leur faisait franchir l’obstacle et les faisait avancer. »

« Le plan consistait à tuer un grand mâle dans les hauteurs ‒ là où les mâles étaient partis s’isoler ‒, puis de l’empaqueter et de le descendre par morceaux ‒ quatre voyages, chargés de soixante-dix kilos chacun, plus les bois et la peau. Ils allaient aussi tuer un grand daim en partant, près du fond de la vallée, pour ne pas avoir à le porter trop longtemps au retour. Ils essayeraient aussi d’accumuler le plus grand nombre possible de grouses, mais ils devraient les tuer silencieusement, à jets de pierre, ou en les attrapant à mains nues ; ils ne pouvaient prendre le risque d’effrayer les cerfs en tirant des coups de feu. Ils attraperaient les grouses à collerette dans les premiers bois de pin et les autres dans les enchevêtrements des cèdres, pour finir avec les énormes grouses bleues sur les crêtes enneigées.
Plus tard dans la saison, Mel pourrait tuer un autre daim, s’ils pensaient avoir besoin de plus de viande. »

« Ils le regardèrent un moment nager en cercles, seule sa tête et les pointes de ses andouillers dépassaient de l’eau. Il s’étranglait avec son sang et crachait de grosses gerbes rouges à chaque quinte, qu’il ravalait à chaque inspiration. La balle avait manqué l’artère, mais elle avait touché une veine. Son museau était un masque rouge de sang.
Le daim leur lançait des regards furieux tout en nageant ; comme un roi sanglant et farouche, il les défiait. Matthew leva de nouveau sa carabine, il attendit que le daim se tourne vers eux et s’approche encore un peu.
Le daim continuait à nager vers eux en les regardant, il gardait la tête haute, alors qu’il se noyait dans son sang. Matthew tira à hauteur du cou, qu’il brisa, cette fois ; le daim cessa immédiatement de nager. Les andouillers s’enfoncèrent dans l’eau. »


mots-clés : #nature

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Message par topocl le Ven 23 Nov - 20:05

@Tristram a écrit:Là où se trouvait la mer


Contrairement à ce que rapporte la notice Wikipédia de l’auteur, ce livre n’est pas un recueil de nouvelles, mais un roman !

Quelle bonne nouvelle (sans jeu de mot)!!
@Tristram a écrit:
J’ai pensé à John Fowles (?), et surtout à Jim Harrison (sans oublier, de par le contexte, Construire un feu, entr’autres de London, encore Indian Creeks de Pete Fromm, et Dans les forêts de Sibérie, de Tesson).

Encore mieux!

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Message par bix_229 le Ven 23 Nov - 20:11

C'est quand meme mieux quand un auteur ne fait pas -trop- penser à un
autre.
Evidemment tous lés écrivains de nature américains ont des thèmes et une
inspiration communs, mais il est bon qu' ils affirment leur différence et
qu' on la sente.
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Message par Tristram le Ven 23 Nov - 20:24

Il y a quand même des ramentevances d'autres lectures quand on est dans un livre ; pas forcément des apparentages, quoiqu'il y ait souvent des filiations.
C’est parce que ma mémoire défaille, mais a minima le bruit de canonnade de la débâcle m'a renvoyé à Tesson, la chasse au gros dans la neige à Fromm, sans plus. Ça s'arrête là, d'ailleurs le livre de Bass est beaucoup plus "fort" dans le traitement, c'est aussi celui qui s'écarte le plus de l'histoire vraie.
Sinon, par exemple, c'est également un roman d'apprentissage (celui de Wallis _ et du lecteur), mais les comparaisons seraient vite vaines.

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Message par animal le Mar 23 Juil - 21:16

nature - Rick Bass - Page 3 410jam10

Sur la route et en cuisine avec mes héros

quatrième de couverture a écrit:Rick Bass a quitté sa vallée sauvage du Montana afin de rendre visite à ses mentors, disséminés à travers les États-Unis et l'Europe, pour leur cuisiner un repas raffiné, en guise de remerciement, car ces héros lui ont appris non seulement à écrire, mais aussi à vivre. C'est parfois un dernier hommage puisque le pèlerin ne reverra pas certains d'entre eux, ainsi Denis Johnson, John Berger ou Peter Matthiessen, disparus peu après.


Sur la route et en cuisine est un exercice d'admiration, une succession de portraits intimistes et d'épisodes drôles, truculents, voire hilarants : une dinde explose chez Thomas McGuane, des chiens de prairie pestiférés hantent un camping par une nuit d'orage, Rick Bass remarque des traces de sang à l'aéroport de Londres, Joyce Carol Oates s'offusque d'être photographiée, certains dîners se transforment en d'inénarrables fiascos.

Hum, il y aurait eu le choix entre la liste exhaustive des noms, de larges extraits avec ou sans élan, des anecdotes de seconde main et... quelques impressions. Heureusement pour la découverte, dommage pour le reste c'est la deuxième option que je retiens.

Autant le dire tout de suite j'en attendais plus. Plus d'émerveillement ? plus sur les oeuvres de ces auteurs/personnages ? Une écriture un petit peu plus développée ? Je ne sais pas.

Ceci dit Rick Bass conserve tout son capital sympathie et cette idée de s'inviter chez ses mentors, comme il les appelle, pour leur préparer des repas de compet', si possible en incluant de la viande chassée par ses soins, en est une manifestation inspirante.

Tout comme choisir de se faire accompagner si possible par la génération suivante fait partie du plan. Les tribulations d'un Rick Bass qui se remet difficilement de son divorce et écume les kilomètres c'est amusant et met l'eau à la bouche. C'est aussi le regard de l'écrivain sur sa vie, son écriture, son parcours et "sa" nature et un peu plus loin un petit panorama, quelques liens entrevus, sur la littérature américaine. Malgré tout. Pour la rubrique people alternative c'est pas mal non plus.

Pas une grande révélation mais agréable et plutôt inspirant. L'impression qu'il lui manque un petit truc à ce pauvre Rick en plein tournant et résolu à aller de l'avant.


Mots-clés : #amitié #autobiographie #creationartistique #ecriture #nature #peinture #universdulivre

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Message par Tristram le Mar 23 Juil - 21:48

Dommage pour les extraits, j'en mettrai un peu si jamais je le lis !

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Message par Bédoulène le Mer 24 Juil - 7:35

dire que je n'ai lu que Winter ! promis à moi-même d'y revenir !

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Message par Tristram le Ven 8 Nov - 13:23

Winter

nature - Rick Bass - Page 3 Images54

Journal de l’installation de Rick et sa compagne Elisabeth dans la vallée du Yaak River, Montana, juste avant l’hiver où ils vont, loin de toute société humaine, écrire et peindre ; le titre original, Winter, Notes from Montana, est juste (et ce livre n’est pas un essai, plutôt un récit).
« L’opinion générale, unanime même, est que l’hiver va être féroce : les cerfs sont déjà laineux, la barbe des hommes pousse plus vite, les vieux le sentent venir dans leurs os et dans leur cœur ; la nuit, les étoiles flamboient et faiblissent, les arbres se découpent en plus sombre contre le ciel. En rentrant du Dirty Shame, tard hier soir, j’ai vu des lièvres qui étaient déjà devenus complètement blancs. Ils ont misé leur vie sur le fait, ou l’intuition, que l’hiver va être précoce, et rude.
De gigantesques lièvres blancs et dodus, comme des magiciens, des lièvres aussi gros que des félins de bonne taille, se cachent dans l’obscurité des bois, attendant la neige salvatrice. Leur évolution s’est prolongée pendant tous ces milliers d’années, pendant des dizaines de milliers d’années : les benêts ont été éliminés il y a déjà bien longtemps, les lièvres du genre je-ne-sais-plus-où-j’en-suis, je-deviens-blanc-sans-savoir-pourquoi ; ceux qui viraient au blanc alors que la neige n’était absolument pas en route, ou bien ceux qui changeaient trop tôt, ne trouvaient pas de cachette, et finissaient donc par être rapidement dévorés, par être la proie des loups, coyotes, faucons, chouettes, lynx, pumas, et j’en passe. Et aussi les lièvres qui restaient bruns, ceux qui ne devinaient pas l’approche d’un rude hiver et ne s’y préparaient pas : à la trappe, pareillement. »
La façon dont il se débat avec sa conscience écologique est intéressante (ici, suite à des considérations sur les méfaits du chauffage au bois ‒ couper du bois étant la grosse activité avant d’hiverner) :
« "Dé-bile", s’écrieront les enfants des siècles à venir. […] Moi d’abord, voilà ce que j’ai l’impression de dire. C’est mon tour et, le vôtre, il ne viendra peut-être jamais. »
Beaucoup d’extraits que j’ai notés ont déjà été cités (notamment par Topocl), mais en voici deux "originaux", sur les moyens de communication :
« Le téléphone ne nous manque ni à l’un ni à l’autre.
Figurez-vous que j’ai découvert, pour ma plus grande allégresse, qu’on n’en a pas besoin. Quand vous ne rappelez pas les gens, et même quand les gens n’appellent pas, ça n’a aucune importance. On vous écrit. Même si la chose paraît importante, que l’on a vraiment besoin de vous joindre – ce qui devrait être l’unique raison d’appeler quelqu’un –, il ne se passe rien. On vous attend. »

« Quand nous voulons parler à quelqu’un, nous allons jusque chez lui ou chez elle, nous entrons, nous nous installons et nous y passons l’après-midi, et même parfois la soirée. Quand nous avons besoin de silence, nous restons chez nous. Mais nous avons toujours la radio branchée, nous écoutons toujours le silence, au cas où l’un d’entre nous aurait un pépin. »

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