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Georg Büchner

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Message par Dreep le Ven 8 Sep - 21:20

Georg Büchner
(1813-1837)

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Georg Büchner (Goddelau, 17 octobre 1813 – Zurich, 19 février 1837) est un écrivain, dramaturge, révolutionnaire, médecin et scientifique allemand. Malgré la taille modeste de son œuvre — essentiellement trois pièces de théâtre, une nouvelle et un tract —, il est devenu tardivement l'une des figures marquantes de la littérature allemande du xixe siècle, surtout grâce à ses drames La Mort de Danton et Woyzeck.

Aîné d'une fratrie de six enfants, Karl Georg Büchner est le fils de Louise Caroline Reuss et d'Ernst Büchner, un ancien médecin de l'armée naopléonnienne devenu par la suite un industriel renommé, inventeur d'outils scientifiques.
Büchner est élevé dans un monde de sciences, de culture et d'art. À partir de 1821, sa mère se charge de son instruction : elle lui enseigne la lecture, les lettres, le calcul, l'initie aux grands textes religieux  et à l'histoire des peuples de la Terre. À 10 ans, Georg dévore les ouvrages de Schiller. Il s'intéresse aux sciences, et apprend plusieurs langues (anglais, français, italien).

Büchner entreprend des études de médecine à l'université de Strasbourg, où il entre en contact avec des groupes d'opposition républicains. Logé chez le pasteur protestant Johann Jakob Jäglé, il se fiance avec sa fille Wilhelmine en 1832.
En 1833, il s’installe à Giessen pour terminer ses études, et participe à l’agitation politique qui a saisi le sud de l’Allemagne après le Hambacher Fest, manifestation du 27 mai 1832 pour l’unité nationale s’opposant aux régimes despotiques en place dans la plupart des 39 États germaniques.
En 1834, Büchner, influencé par Auguste Blanqui et Saint-Simon, co-fonde une association secrète révolutionnaire : la Société des droits de l'Homme, défandant des idées socialistes. La même année, il entreprend avec le pasteur Weidig, figure de proue de l'opposition en Hesse, la rédaction d'un tract révolutionnaire. Intitulé Le Messager hessois, ce tract est destiné à susciter le soulèvement des populations paysannes, avec le mot d’ordre : « Friede den Hütten, Krieg den Palästen ! » (« Paix aux chaumières, guerre aux palais ! »)

À partir d'octobre 1834, Büchner travaille à la rédaction d'un drame, La Mort de Danton. Il écrit également de nombreux articles polémiques et satiriques, publiés dans Le Messager hessois, qui lui vaudront les foudres des autorités et de la censure. Le pasteur Weidig est arrêté, torturé et meurt emprisonné. Mis sous mandat d'arrêt pour trahison, Büchner s'enfuit à Strasbourg sous le nom de Jacques Lutzius.
Contraint de se tenir tranquille, il se concentre sur l'écriture. En moins de deux mois, il termine La mort de Danton, traduit deux pièces de Victor Hugo (Marie Tudor et Lucrèce Borgia), et rédige la nouvelle Lenz. En parallèle, Büchner poursuit ses recherches scientifiques. Il obtient un doctorat de l'université de Zurich, et déménage dans cette ville pour devenir professeur adjoint à l'université de médecine.

En février 1837, Georg Büchner tombe gravement malade. Atteint, du typhus, il revoit sa fiancée Wilhelmine Jäglé une dernière fois et meurt, le 19 février, à l'âge de 23 ans.
Son frère Ludwig recueille ses écrits et les fait publier avec une introduction et une biographie, en 1850, chez Sauerländer à Francfort.
source : Wikipédia

Bibliographie :

1834 : Le Messager hessois (Der Hessische Landbote), pamphlet, avec Friedrich Ludwig Weidig
1835 : La Mort de Danton (Dantons Tod), théâtre
1835 : Lenz, nouvelle
1836 : Léonce et Léna (Leonce und Lena), comédie satirique
1837 : Woyzeck, pièce de théâtre (inachevée)


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Lenz


Georg Büchner avait environ vingt-deux ans quand il a écrit cette ébauche, on ne sait pas s'il aurait continué, s'il n'était pas mort deux ans plus tard à peine. Le texte frappe immédiatement par son âpreté ; il fait froid, la fatigue et la désolation laissent place à la folie. Lenz se ronge de culpabilité, tout devient insurmontable, et cette torpeur est remarquablement décrite au sein d'une nature oppressante.

"Lenz lui répondit, agressif : «Partir d'ici, partir ? Chez lui ? Devenir fou là-bas ? Tu sais bien que je ne peux tenir nulle part ailleurs que par ici, dans cette région. Si je ne pouvais monter parfois sur une montagne, si je ne pouvais pas contempler toute la région, puis redescendre ici, traverser le jardin et aller regarder la fenêtre de la maison, je deviendrais fou, fou ! Laissez-moi tranquille ! Rien qu'un peu de tranquillité, maintenant que je suis un peu bien enfin ! Partir ? Je ne comprends pas, tout est foutu avec ces deux syllabes. »"


mots-clés : #biographie #pathologie
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Message par ArenSor le Sam 9 Sep - 18:37

Encore un auteur que je dois lire. J'avais vu au théâtre "La Mort de Danton", pièce qui m'avait très impressionné.
Merci Dreep Very Happy
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Message par bix_229 le Sam 9 Sep - 19:09

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LENZ

Un texte unique même si inachevé... Un accès de fièvre où, comme dans Aurélia de Nerval, on a l'impression que la pensée se trouble, et que la folie est proche...
Un texte elliptique où tout est suggéré, merveilleusement clair dans le chaos ambiant...

Un grand souvenir !

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Message par Quasimodo le Sam 9 Sep - 20:15

Pour moi aussi ! Et j'aimerais beaucoup relire Woyzeck (et le réentendre ?)

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Entre les deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d'appeler une mouche : "Madame".
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Message par animal le Dim 10 Sep - 20:54

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Lenz

Dans la présentation (édition Vagabonde) par le traducteur qui explique son choix de traduction de coller de près au texte et à ce qui peut y sembler morcelé, brusque, composite. Nous avons aussi après le texte lui même une présentation de son histoire puis Herr L. qui est le récit de cette histoire par l'un des principaux protagoniste (Oberlin). A souligner que Lenz est en version bilingue (et pourrait bien faire regretter de ne pouvoir vraiment lire en allemand).


« Le 20 janvier Lenz traversa la montagne. » Au sein même de la nature, la menace couve déjà… Itinéraire d’un homme qui s’éloigne, poète aux nerfs saccagés. Sur ce chemin ponctué de rencontres et d’affrontements, nul apaisement ne peut plus être éprouvé. Reste le vertige d’un homme en lutte contre la désagrégation de son esprit…

Une évocation vivante d'une nature au pouvoir immense sur ce voyageur particulier puis une agonie distante mais intense au près du pasteur Oberlin et de sa famille. Entre la folie, une quête de refuge et d'apaisement qui se perd entre la terre et Dieu, une trouble relation aux gens. Le récit d'une perte de soi autant que de l'esprit.

Un texte rapide, comme saccadé, qui fait ressentir une infinie fatigue et souffrance de l'esprit sans pourtant forcer l'identification. Les formes sont floues, lointaines et l'horizon sous la coupe de la lumière, du relief et de la lune. L'apaisement, le réconfort trouvé par Lenz auprès de Oberlin ne sont pas si simple, le rapport de dépendance n'est pas si évident. On pourrait au moins parler de méfiance.

On retrouve les obscurités de l'atmosphère de Woyzeck, l'agitation, le trouble, l'angoisse et une affection qui joue les montagnes russes. Il y a une espèce de douceur qui n'est pas morbide dans cet hommage qui relie et transfigure un moment de la vie de Lenz. Il ne faut pas trop en dire et tout au bout de la lecture il est de toute façon bien difficile de dire ce qu'elle a arrêté en nous ou bien si elle n'a justement pas laissé une porte mal fermée.

Un texte troublant.

L'extrait qui suit est un des plus long mouvement de pensée exprimé je crois. Pour en orienter la lecture, c'est Lenz qui parle, il faut parler d'une volonté de retour à une sensation physique et du danger probable à ne pas mettre de barrières (ou de mur(s)) entre soi et le monde.

Ce sont les êtres les plus prosaïques sous le soleil, mais la veine du sentiment est la même chez presque tous les êtres, seule est plus ou mois épaisse l'enveloppe à travers laquelle elle doit faire irruption. Il suffit pour cela d'avoir des yeux et des oreilles. Hier, comme je montais de la vallée, j'ai vu deux filles assises sur une pierre ; l'une soulevait sa chevelure et la nouait, l'autre l'aidait ; et sa chevelure d'or pendait, son visage sombre et pâle et pourtant si jeune, et le costume noir, et l'autre s'occupait d'elle avec tant de soins. Les plus beaux tableaux, les plus intenses de la vieille école allemande en donnent à peine une idée. On aimerait parfois être une tête de Méduse pour pouvoir transformer un tel groupe en pierre, et appeler les gens. Elles se levèrent, le beau groupe était détruit, mais comme elles descendaient entre les rochers, c'était de nouveau une autre image. Les plus belles images, réunissant les tons les plus intenses, se dissolvent. Une seule chose reste, une infinie beauté qui émerge d'une forme pour devenir une autre, éternellement effeuillée, changée ; on ne peut certes pas toujours la retenir et la mettre dans les musées ni la fixer dans les notes, appeler jeunes et vieux, et laisser radoter là-dessus et s'extasier les petits garçons et les vieillards. Il faut aimer l'humanité pour pénétrer dans l'être particulier de chacun, pour ça personne ne peut être ni trop peu de chose, ni trop laid, et c'est alors qu'on peut les comprendre ; un visage insignifiant fait une impression plus profonde que la simple sensation du beau, et on peut laisser les formes sortir d'elles-mêmes sans copier quelque chose du monde extérieur, où aucune vie, aucun muscle, aucun pouls ne bat et ne se gonfle.

Il y a beaucoup de croisements et d'intersections dans ce texte et une impression singulière.

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Message par animal le Dim 10 Sep - 20:58

Woyzeck j'ai beaucoup apprécié le film de Herzog et aussi celui de János Szász mais je ne suis pas sûr que l'intensité criminogène de la lecture y soit aussi intense. Shocked

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