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Giorgio Manganelli

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Message par églantine le Mer 13 Sep - 19:41

Giorgio Manganelli
(Milan, 1922 - Rome, 1990 )

Giorgio Manganelli Avt2_m10

Giorgio Manganelli s'est installé à Rome, et a travaillé comme journaliste au Corriere della sera.
Il a traduit l'œuvre complète d'Edgar Poe en italien, et des œuvres de T.S. Eliot.

Manganelli s'impose rapidement avec Hilarotragoedia (1964), après s'être engagé au sein du mouvement littéraire Groupe 63.

Ses essais littéraires, tel la Littérature comme mensonge (1967), et sa vaste production narrative expérimentale – Nouveau Commentaire (1969), Aux dieux ultérieurs (1972), Sconclusione (1976), Centurie (1979), De l'enfer (1985), Laboriose inezie (1986) et Encomio del tiranno (1990) –, reçurent le même accueil, très favorable.

Auteur de nombreux ouvrages à la prose élaborée et complexe, qui oscille entre le récit visionnaire et la dissertation, Manganelli a déclaré dans La letteratura come menzogna (1967) que la tâche de la littérature est de transformer la réalité en mensonge, en scandale et en mystification, il en résulte un pur jeu de formes à travers lesquelles l'écriture devient contestation. Dans les œuvres de Manganelli la parodie et le sarcasme se manifestent dans des formes littéraires sophistiquées et funambulesques.
Ses nombreuses interviews ont été rassemblées en 2001 par Roberto Deidier, sous le titre La penombra mentale. Son œuvre poétique a été publiée chez Crocetti en 2006 sous le titre Poesie par les soins et avec un commentaire de Daniele Piccini.
Écrivain éclectique et génial, il a laissé une multitude d'écrits journalistiques, composés dans des styles les plus divers tel l'Almanach de l'orphelin samnite, ainsi que des essais : Chine et autres orients (1974) et Pinocchio : un livre parallèle (1977).        


Œuvres en français

Itinéraire indien
Le crime paie, mais c'est pas évident
Aux dieux ultérieurs
Angoisses de style
Discours de l'ombre et du blason ou Du lecteur et de l'écrivain considérés comme déments
Éloge du tyran
Pinocchio : un livre parallèle
Italies excentriques
Voyage en Afrique
Vie de Samuel Johnson
La nuit
Amour
Dall'inferno
La littérature comme mensonge
A et B
Le marécage définitif
Le bruit subtil de la prose
Chine et autres orients
Centurie, avec un prologue de Italo Calvino, traduit par Jean-Baptiste Para, Éditions Cent Pages, Grenoble, 2015
Hilarotragœdia, traduit par Christophe Mileschi, Zones sensibles, Bruxelles, 2017
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Message par Dreep le Ven 15 Sep - 15:23

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Centurie

Les cent "romans fleuves" de Manganelli sont contenus dans un très bel ouvrage édité chez Cent pages (il en fait 216, c'est écrit au dos parce que les pages ne sont pas numérotés à l'intérieur) avec le texte écrit sur la page de droite, avec une pousse de chiffres en lettres qui partant du haut de la page s'écoule pour rejoindre le bas de la page de gauche. Cent textes qui se déplient en perspective, faits de surfaces que l'on contourne pour observer les formes géométriques ainsi fabriquées... perspectives infinis formant in fine un corps. Le corps dans son humaine solitude, intranquille et désamouré, s'enfonçant les ongles dans la chaire pour sentir la réalité, tandis qu'au dehors elle est un carnage ; il rêve de fées et de fantômes, se demande si être mort depuis une minute ou l'être depuis cent millions d'années fait une différence... Les romans de Manganelli donnent une impression de flottement, d'une grande tendresse ; imaginez un Borges possédé par l'esprit de Gogol.

Giorgio Manganelli a écrit:Un écrivain écrit un livre sur un écrivain qui écrit deux livres, l'un et l'autre sur un autre écrivain, dont l'un écrit parce qu'il aime la vérité, l'autre parce qu'elle lui est indifférente. De la plume de ces deux écrivains sortent au total vingt-deux livres où l'on parle de vingt-deux écrivains dont certains mentent sans le savoir, certains mentent en le sachant, certains cherchent la vérité en sachant ne pouvoir la trouver, certains croient l'avoir trouvée, d'autres encore croyaient l'avoir trouvée mais commencent à en douter. Les vingt-deux écrivains produisent au total trois cent quarante-quatre livres où l'on parle de cinq cent neuf écrivains, étant donné qu'en plus d'un livre un écrivain épouse une femme écrivain, et ont entre trois et six enfants, tous écrivains [...]

Allez, allez, il faut le lire, hein. Lisez-le Very Happy
Je le conseille chaudement.

mots-clés : #creationartistique
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Message par bix_229 le Ven 15 Sep - 15:47

Mais je l' ai lu, Dreep ! Et apprécié.
Mais ça fait tellement longtemps...
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Message par Dreep le Ven 15 Sep - 18:41

Ouais mais toi, t'as tout lu Giorgio Manganelli 1390083676

Y a une traduction inédite qui sort en Octobre
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Message par Barcarole le Ven 30 Mar - 18:03

Voyage en Afrique

Giorgio Manganelli Bm_cvt14


Ce très beau récit de Giorgio Manganelli est difficilement réductible à un simple résumé ! Riche et non dénué de poésie, il nous parle des représentations de l’Afrique forgées par le Blanc, l’Européen, de ces poncifs qui viendraient comme entacher cette terre, j’allais dire cette réalité africaine, mais ce serait encore là une représentation de Blanc !

C’est dans l'East Africa,  l’Afrique d’Addis-Abeba jusqu’à Nairobi, et du Kenya à Zanzibar que Manganelli nous emmène.

Le voyageur européen parcourt l’Afrique en emportant  un système d’images européennes, de souvenirs élaborés culturellement, de morceaux d’idées ; plus encore, il emporte avec soi quantité d’exigences, d’allusions européennes.

Enfermé dans le coin étroit de sa vie, ne connaissant pas les voitures et moins encore les avions, le Noir ne sait pas que son monde est « beau », cette notion lui serait incompréhensible. Il vit une vie pénible, risquée, pauvre, menacée de maladies, en un lieu plein de dieux et de démons difficiles à concilier.

Entre louanges et lucidité froide, Manganelli nous parle de sortes de territoires sans lieux, non tracés, bruts, des terres sans rues, des pistes qui s’effacent, où la moindre grande route, comme venue de nulle part, vient balafrer cette terre.

L’Afrique n’a pas de paysage, parce que le paysage a été inventé comme consolation pour l’homme devenu citadin.

L’Afrique est protéiforme, belle, sublime et laide aussi, remplie d'aberrations, l'empreinte des grosses pattes des Blancs :

Le bidonville de Nairobi, la publicité des compagnies aériennes destinée à des hommes qui sont pieds nus ? L’invitation à passer Pâques à Rome ou à Madrid, adressée aux habitants de pays où le revenu annuel moyen est de soixante-dix dollars ? Est-ce une gigantesque et insolente tromperie ?

L’Afrique ne peut devenir une nation, dit encore Manganelli :

Elle est [Nairobi], « la ville » africaine, cela lui imposera la tâche de s’interroger sur la qualité et les modalités du destin d’une « nation ». Il est inévitable de mettre entre guillemets ce dernier mot, délicieusement européen, car aucun État africain, du moins dans cette partie de l’Afrique, n’est ou ne peut devenir une nation.

Enfin, mais c'est dans son propos introductif, il nous rappelle aussi, avec sa belle écriture, que le retour du voyageur est rude, voire douloureux, marquant, car :

« Une ville est faite de maisons et de rues ; elle s’étend obstinément pour effacer toute trace de “terre” ; celle-ci, qu’il s’agisse de la planète ou de l’humus est dessous, cachée comme une honte archaïque de l’Europe, ou symboliquement ensevelie. »

Un très bon moment, ce qu'il dit résonne, fait écho ! - je reviendrai vers Manganelli.
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Message par bix_229 le Ven 30 Mar - 18:43

Centurie, un exemple de micro nouvelles réussies.
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