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Colum McCann

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Message par simla le Sam 30 Sep - 23:49

Colum McCann
né le 28 février 1965

Colum McCann Mccann10

Il est né le 28 février 1965 dans la banlieue de Dublin. Sean, son père, était journaliste pour un journal le groupe de presse Irish Press. Sa mère était femme au foyer. Il a deux frères, Sean et Ronan, et deux sœurs, Siobhan et Oonagh. Son père, un ancien joueur de football professionnel au Charlton Athletic de Londres, était également éditeur, éveillant un goût pour les livres chez le jeune Colum.

Colum McCann étudie à Sint Brigid's National School à Foxrock, pas très loin du lieu de naissance de Samuel Beckett. Puis, à 12 ans, il rejoint Clonkeen College, une école catholique de Deansgrange.

Après des études de journalisme au St Joseph's College de Dublin, la seule formation, à l'époque, pour devenir reporter en Irlande, il travaille comme rédacteur au Evening Herald, puis devient correspondant junior pour l'Evening Press de Dublin dans les années 1980. Il a déjà fait ses premières armes en recevant le prix du jeune journaliste de l'année pour des articles sur le sort des femmes battues de Dublin.

À l'âge de 21 ans, il décide de se rendre aux États-Unis. Il parcourt ainsi 20 000 kilomètres à travers l'Amérique, multipliant les petits boulots. Il décide ensuite de partir vivre au Japon, avant de revenir aux États-Unis, à New York, où il vit aujourd'hui.

Il commence à écrire des romans en 1995 et accède à la notoriété avec Et que le vaste monde poursuive sa course folle (Let The Great World Spin, 2009) primé à de nombreuses occasions.
Il enseigne l'écriture créative au Hunter College de l'Université de la Ville de New York et à l'European Graduate School.

Ses ouvrages, traduits en 26 langues, ont été en partie publiés dans des revues, notamment dans The New Yorker, The Atlantic Monthly et GQ. Ses contributions sont aussi parues dans des journaux, tels que The Irish Times, Die Zeit, La Repubblica, Paris Match, The New York Times, The Guardian et The Independent.

wikipedia.org

Bibliographie en français :

Romans
- Songdogs (1995) - Le Chant du coyote
- This Side of Brightness (1998) - Les Saisons de la nuit
- Dancer (2003) - Danseur
- Zoli (2006) - Zoli
- Let The Great World Spin (2009) - Et que le vaste monde poursuive sa course folle /  National Book Award 2009 et prix du Meilleur livre de l'année (magazine Lire)
- TransAtlantic (2013) - Transatlantic
- Thirteen Ways of Looking (2015) - Treize façons de voir

Nouvelles
- Fishing the Sloe-Black River (1994) - La Rivière de l'exil
- Everything in This Country Must (2000) - Ailleurs, en ce pays
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Message par simla le Dim 1 Oct - 0:51

Colum McCann 8108_609915

Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Voici un roman absolument magnifique.

L'histoire se déroule à New-York. 7 août 1974. Un funambule s'élance sur une corde tendue entre les Twin Towers "110 étages plus haut, parfaitement immobile, une miniature dans le ciel nuageux".

Un événement extraordinaire dans la vie de personnages ordinaires, aux destins entrecroisés...Corrigan un jeune prêtre irlandais à la recherche de Dieu, qui oeuvre au milieu des prostituées Tillie, Jazzlyn et des paumés de toutes sortes. Des mères de soldats disparus au Vietnam qui se réunissent pour partager leur douleur, toute une série de personnages qui s'expriment tout à tour dans ce roman polyphonique, superbement construit.

Ciaran, le frère aîné de Corrigan le rejoint:

"J'étais dans le South Bronx depuis une semaine. Il faisait si humide, certains soirs, qu'on devait fermer la porte à coups d'épaule. Depuis le dixième étage, les gamins jetaient des postes de télé sur les vigiles qui patrouillaient en bas. Attention : airmail ! Les flics arrivaient avec leurs matraques.  Des coups de feu sur le toit. Un type à la radio chantait que la révolution sourdait dans les ghettos. Des pyromanes incendiaient les rues. Cette ville mangeait dans des assiettes sales. Les mains dans ses poubelles. Il fallait que j'en sorte, chercher un job, me dégoter une piaule, rejoindre un groupe de théâtre, peut-être travailler pour un journal. Il y avait des annonces dans les gratuits pour des barmen et des serveurs, mais je n'avais aucune envie de filer ce coton-là, au milieu d'irlandais en casquette. J'ai déniché une place de démarcheur par téléphone, mais il m'aurait fallu une ligne exclusivement pour ça, et impossible de faire venir un technicien dans cette cité : je ne m'attendais pas à cette Amérique-là."



Excellent,  poignant, émouvant, j'ai adoré.

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Message par Tristram le Ven 8 Juin - 2:12

Je découvre ce fil à l'occasion de l'émission sur l'auteur ici, qui me laisse quand même dubitatif avec sa prétention à écrire des "Lettres à un jeune auteur" dans la foulée de Rainer Maria Rilke, en plus ancien journaliste et professeur de creative writing _ mais évidemment, il va sur la PAL, seul moyen de juger sur pièce...

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par kashmir le Mar 9 Avr - 21:14

Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Colum McCann Mccann10


7 août 1974, un funambule s'élance entre les Twin Towers, se jouant du vide. De cette apparition fugace, Colum McCann déroule le panorama d'un New York en pleine ébullition : grandes dames de Park Avenue, prostituées épuisées, curés égarés, junkies en cavale, mères pleurant la " sale guerre ". Une ronde de personnages dont les voix s'entremêlent comme autant de fils tendus sur la course du monde.

Roman à plusieurs voix comme je les affectionne. Destins qui vont, contre toute attente, se croiser.

Colum McCann nous donne encore, dans ce livre, à être charmé par son talent de conteur. Car il en faut un pour nous promener dans les New-York des Seventies, et nous immerger dans la pauvreté des quartiers défavorisés de cette métropole.
On chemine aux côtés de destins, on se prend d'affection pour certains personnages, plus que pour d'autres et on ne peut arrêter sa lecture avant de savoir quelle sera la destinée de chacun.
Ce roman n'a pas été sans me rappeler un autre du même auteur : Les saisons de la nuit.

Colum McCann sait se faire la voix des oubliés de l'Amérique prospère, celle qui a tout ce dont elle a besoin. Pauvres, niés, méprisés mais qui savent garder une forme de dignité et l'espoir dans le coeur.



un beau moment de lecture !
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Message par topocl le Mer 10 Avr - 7:38

Je n’arrive pas à savoir si je l'ai lu Colum McCann 2042282828 ...

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Message par Bédoulène le Mer 10 Avr - 8:23

merci kashmir, pas lu mais j'aime bien cet auteur !

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Message par Tristram le Jeu 11 Avr - 1:03

Et que le vaste monde poursuive sa course folle

Colum McCann Mccann10

Le titre original, Let the Great World Spin, a un sens légèrement différent, et cet extrait lui fait peut-être référence :
« Mais c’était des ronds les uns dans les autres. Et quand tu tournes en rond, frangin, le monde a beau être grand, il rapetisse forcément quand tu creuses ton sillon. »
Cependant, Colum McCann précise dans ses remerciements finaux :
« Le titre de ce roman "Et que le vaste monde poursuive sa course folle vers d’infinis changements" est emprunté au poème Locksley Hall d’Alfred Lord Tennyson [… »
Il y remercie le personnel de son éditeur français, Belfond, ce qui laisse entendre que le titre donné à son livre en français ne lui a pas été imposé à mauvais escient. Bref, je me demande comment ce roman a pu passer d’une langue à une autre avec un titre d’abord fermé puis ouvert.
Colum McCann avertit également dans cette postface que seule la performance du funambule (1974) n’est pas fictive dans son roman.

J’apprécie beaucoup l’épigraphe :
« Les vies que nous pourrions vivre, les gens que nous ne connaîtrons jamais et qui n’existerons pas, tout ça est partout. C’est le monde. »
Aleksandar Hemon, The Lazarus Project

En prélude du livre 1, le spectacle matinal d’un funambule entre les Twin Towers du World Trade Centre (110 étages, soit à 412 mètres du sol).
Chaque chapitre suivant raconte une histoire :
Ciaran est un jeune Irlandais que fascine par son cadet, John Corrigan, prêtre ouvrier, une sorte de saint tourné par les humbles, en perpétuel conflit avec Dieu, en Irlande puis à New York (Bronx) ‒ toute la suite se passe aux USA.
Claire, mère d’un jeune soldat tué au Vietnam reçoit d’autres mères dans le même cas (son fils était programmeur et travaillait à dénombrer de façon fiable les pertes humaines américaines).
« Harcelé par les journalistes, les chaînes de télé, Johnson réclamait des informations valables. Envoyer un homme sur la lune, il pouvait faire, pas compter les housses mortuaires. Mettre des satellites en orbite, OK, pas fabriquer le bon nombre de croix pour le cimetière. Alors la crème des informaticiens. Des fanas de grosses machines. Une formation express et, la boule à zéro, vous servez votre patrie. "Gloire à toi, mon pays, roi de la technologie." Les meilleurs seulement avaient été retenus. Des gars de Stanford, du MIT, de l’université de l’Utah, de Davis. Et ses copains de Palo Alto, ceux de l’Arpanet, qui travaillaient pour le rêve. Harnachés, expédiés. Tous blancs. Il y avait d’autres programmes que le sien ‒ pour quantifier le sucre, l’huile, les munitions, les cigarettes, les boîtes de corned-beef, mais Joshua partait compter les morts. »
Blaine et Lara, le couple de junkies impliqués dans l’accident de la route mortel pour John et une jeune prostituée, Jazzlyn, que ce dernier aidait : lui reforme un projet fumeux de désintoxication et de création picturale, elle se rapproche de l’entourage des victimes.
Livre 2 : la préparation de l’exploit du funambule.
« La lumière renvoyée par les vitres, sa propre image dans les fenêtres, un jeu de miroirs jusqu’en bas. Il levait une jambe au-dessus du vide, trempait un pied en l’air, faisait le poirier au bord. »
Un gamin photographie des tags dans le métro.
De jeunes programmeurs militaires se délassent en interrogeant via une ligne téléphonique piratée les spectateurs du funambule.
Tillie, la mère de Jazzlyn, raconte son existence de putain noire avec beaucoup de drôlerie : l’infortune sans limite, et une certaine joie.
Une photo est insérée, une vue du funambule sur son fil entre les buildings, tandis qu’un avion de ligne passe au-dessus.
Livre 3 : bref retour au funambule.
Le père du jeune programmeur tué au Vietnam est le juge devant lequel comparaissent Tillie et Jazzlyn ; la mère est condamnée à une peine de prison, la fille est relaxée (et va périr dans l’accident avec John).
John et une jeune infirmière latino s’étaient épris l’un de l’autre, et elle se souvient de leur première nuit, une semaine avant sa mort.
Gloria, la Noire qui participa à la réunion chez Claire, raconte à son tour sa vie, jusqu’à ce qu’elle recueille les deux enfants de Jazzlyn.
Livre 4 : 2006, l’image du funambule, dont la performance eut lieu le jour du décès de John et Jazzlin, est retrouvée par une des filles de Jazzlyn.
« Un homme là-haut dans les airs, tandis que l’avion s’engouffre, semble-t-il, dans un angle de la tour. Un petit bout de passé au croisement d’un plus grand. Comme si le funambule, en quelque sorte, avait anticipé l’avenir. L’intrusion du temps et de l’histoire. La collision des histoires. »
Le style, parfois épuré jusqu’à ne laisser que les ligaments, est d’une remarquable puissance de rendu, représentation comme expression ; il y a beaucoup de documentation et d’observation derrière.
La plupart des personnages dépeints sont splendides, tels que John, Claire, Tillie, ou encore le funambule.
J’ai été frappé que la réaction des gens dans la rue soit surtout de parier sur la chute du funambule ‒ mais l’équilibrisme a-t-il un sens hors du risque de tomber ?
« Le silence est brisé, et les idées prennent forme dans les esprits, comme l’eau épouse celle d’un pichet. »

(Ça te ramentoit quelque chose, Topocl ?)


Mots-clés : #discrimination #justice #romanchoral #social

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Message par topocl le Jeu 11 Avr - 7:45

Ouais, ça me remonte que j'ai dû le commencer et pas le finir Rolling Eyes ...

« Les vies que nous pourrions vivre, les gens que nous ne connaîtrons jamais et qui n’existerons pas, tout ça est partout. C’est le monde. »
Aleksandar Hemon, The Lazarus Project
Ca rappelle une bixerie récente.

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Message par kashmir le Dim 12 Mai - 18:59

Danseur :

Colum McCann Danseu10

Des forêts de l'Oural aux clubs de l'underground new-yorkais en passant par Leningrad et les hauts lieux de la jet-set internationale, un roman flamboyant porté par une écriture âpre et riche où se dessine une somptueuse histoire d'amour, d'art et d'exil.

En 1944, dans un hôpital soviétique, Rudik, six ans, danse pour son premier public : aucun des soldats mutilés n'oubliera cet instant éblouissant... Dès lors, ce fils de paysan sait. Il sait qu'il ne reculera devant rien : mentir à sa mère, braver la colère du père, endurer brimades et humiliations. Pour danser comme il le doit, il ira jusqu'à s'exiler à jamais.
Travailleur acharné, obsédé de beauté et de perfection, Rudik fascinera tous ceux qui croiseront sa route, leur offrant le sentiment d'avoir côtoyé un ange ou un démon, un vrai génie, un monstre de sexe et d'excès.

Une icône du xxe siècle : Noureïev.
Présentation de l'éditeur.

Il y a longtemps que je voulais lire ce livre : un récit sur un personnage hors du commun et un écrivain qui sait nous emporter.
Je remettais et ces derniers temps, comme on me parlait beaucoup de l'URSS du xxième siècle, je me suis dis que c'était le moment !

Et j'ai fait une très belle lecture.

Fascinée par la vie de Noureiev , l'écriture de Colum McCann m'a littéralement captivée.
Ce petit garçon qui, par la danse, va connaître une vie exceptionnelle, vie qui le consumera et dans laquelle il se jette avec toute la fougue des premières découvertes...

Mais la richesse de ce roman tient également aux personnages secondaires que Colum McCann nous fait vivre avec force détails.
J'ai particulièrement aimé la famille D'Anna, la première professeur de Rudik - son mari, relégué, lui lit de la poésie chaque soir drunken avant qu'elle ne s'endorme - et cheminer auprès d'eux au fil des pages m'a donné envie de mieux connaître ce pays dont on me parlait depuis un moment et m'a mis un autre livre dans les mains...

C'est cela une belle lecture : celle qui a le pouvoir d'en susciter une autre !

Merci Monsieur McCann pour l'émotion.



Colum McCann Nourei10



Mots-clés : #amour #biographie
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