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Rudyard Kipling

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Message par Aventin le Dim 8 Oct - 8:47

Joseph Rudyard Kipling
Né à Bombay (Indes britanniques) le 30 décembre 1865, mort à Londres (Angleterre), le 18 janvier 1936.

Rudyard Kipling Rudyar10

Biographie a écrit:
Source: Jacques Valette et le site dédié The Kipling Society, lien en fin de message.

Rudyard est le nom du lac du Staffordshire auprès duquel ses parents se sont rencontrés: John Lockwood Kipling, fils d'un ministre du culte wesleyen, est modeleur, dessinateur, peintre et sculpteur, et dirige l'école des Beaux-Arts de Bombay ainsi qu'un service où l'on réceptionne, classe et analyse les sculptures mythologiques du centre de l'Inde, reçues en moulage. Pour l'anecdote c'est lui qui illustre les deux Livres de la Jungle et Kim, pour son écrivain de fils; quant à la mère, Alice Mac Donald épouse Kipling, elle est, elle aussi, fille d'un ministre du culte méthodiste wesleyen, passe pour belle, cultivée, férue de littérature. Deux d'entre ses sœurs épousèrent les peintres Poynter et Burne-Jones, et une troisième donna naissance à Stanley Baldwin, futur Lord Baldwin, qui fut Premier Ministre du Royaume-Uni.

 À l'âge de six ans, Rudyard est envoyé en pension en Angleterre pour recevoir une éducation britannique. Ce qui se traduit par cinq années malheureuses, de persécution, qu'il évoque plus tard dans Stalky et Cie (1899) et dans La lumière qui s'éteint (1891).
Mais, un mois par an, il passe des vacances chez les Burne-Jones, bouffée d'air paradisiaque dans cette demeure où se côtoient nombre d'artistes et d'écrivains, dont William Morris.

Il entre en 1878 à la "Westward Ho !", académie du Devonshire surtout dévolue aux fils d'officiers et qui prépare à l'armée. L'éducation confine au dressage, les mœurs à la brutalité plutôt qu'à la rudesse. Par chance le directeur possède une bibliothèque fournie et repère, puis conseille et encourage les aptitudes de Kipling à l'écriture.

En 1882, il retourne en Inde où, jusqu'en 1889, il se consacre au journalisme, plutôt de base (il n'est pas entré dans la profession par le haut), mais qui culmine avec la promotion au poste de l'un des directeurs du Pioneer d'Allahabad, tout en soumettant quelques nouvelles à la rédaction de la Civil and Military Gazette de Lahore, souvent publiées.

Kipling fait après cette période de longs voyages en Asie et aux États-Unis, où il épouse Caroline Balestier, en 1892.
Il vit pendant une courte période dans le Vermont, puis, en 1903, s'installe définitivement en Angleterre, au somptueux manoir de Burwash.  
Nombre de ses œuvres parviennent à la grande popularité, au point qu'il est l'écrivain de son temps à atteindre le plus gros tirage mondial.
Il est le premier auteur anglais à recevoir le prix Nobel de littérature (1907). Il perd deux fils, l'un en bas-âge, l'autre lors de la guerre de 14-18, et consacre le plus clair de son temps à Burwash, ainsi qu'à quelques conférences et discours.  

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Bibliographie :

  Plain Tales From the Hills, 1888 (Simples contes des collines)
  Soldiers Three, 1888
  In Black and White, 1888
  The Story of the Gadsbys, 1888
  Under the Deodars, 1888)
  The Phantom Rickshaw, 1888
  Wee Willie Winkie, 1888
  The Man Who Would Be King, 1888 (L'Homme qui voulut être roi)
  The Light That Failed, New York, F. M. Lupton, 1890 (La Lumière qui s'éteint)
  Life's Handicap (Les Handicaps de la vie), 1891
  The Naulakka, Leipzig, Heinemann & Balestier, 1892 (avec W. Balestier)
  Many Inventions, 1893
  The Jungle Book, 1894 (Le Livre de la jungle, Paris, Mercure de France, 1899)
  The Second Jungle Book, Londres, MacMillan, 1895
  Captains Courageous: a Story of the Grand Banks, 1897 (Capitaines courageux, une histoire du banc de Terre-Neuve, Paris, Hachette, 1903)
  The Seven Seas, 1896
  The Day's Work, 1898
  A Fleet In Being, 1898
  Stalky and Co, 1899
  From the Sea To Sea, 1899
  Kim, Londres, MacMillan, 1901
  Just So Stories, 1902 (Histoires comme ça)
  The Five Nations, 1903
  Traffics and Discoveries, 1904
  Puck of Pook's Hill, 1906
  Actions and Reactions, 1909
  Rewards and Fairies, 1910
  Songs From Books, 1912
  The Fringes of the Fleet, 1915
  A Diversity of Creatures, 1917
  Land and Sea Tales, 1923
  Debits and Credits, 1926
  Thy Servant a Dog, Told By Boots, 1930
  Limits and Renewals, 1932

(source : Wikipédia)

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Qu'en dire ?

Kipling est considéré comme l'un des plus grands romanciers et nouvellistes anglais. Ses poèmes, moins connus sauf If (Si, en français), toujours mondialement lu et apprécié -davantage pour le contenu, la portée des paroles que pour l'art poétique proprement dit à mon humble avis- se distinguent surtout par sa bonne technique du vers anglais et par l'emploi de l'argot de soldat - parfois tirant sur la chansonnette de chambrée.

Mais bon, quand on se prétend disciple de Longfellow, de Browning et de Swinburne, qu'on arrive après des Gerard Manley Hopkins, des Wordsworth, des William Blake, des Coleridge, des Keats et j'en passe par tombereaux entiers, on attend autre chose d'une plume dotée d'un sens de l'épure exceptionnel et d'une puissance de feu dans la verve imaginaire éprouvée.
Ceci n'est pas mon dernier mot, je continue à fouiller ses poèmes et finirai par trouver quelques prosodies de son cru atteignant à l'inouï.  

En général, ses œuvres comme sa réputation d'écrivain ont pâti de ses opinions politiques; je crois qu'il convient de passer outre ceci, et de se délecter des pages qu'il nous laisse, suivant en ceci des écrivains d'opinions opposées qui ont cru bon de signer des essais élogieux envers Kipling (je pense par exemple à T.S. Eliot en 1941, à Georges Orwell en 1946).


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Le site (en Anglais) de The Kipling Society; digne d'intérêt, fort fourni, inconvénient mineur: pour bien en profiter, il faut s'inscrire.


Dernière édition par Aventin le Dim 8 Oct - 9:15, édité 1 fois
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Message par Aventin le Dim 8 Oct - 8:49

Simples contes de la montagne
NB: Vous le trouverez plus souvent traduit sous le titre Simples contes des collines.
Titre original: Plain Tales from the hills.
25 nouvelles, 1888, 270 pages environ.

Rudyard Kipling Simple10

Les Plain Tales, c'est Kipling en Mowgli de la littérature. L'auteur est inconnu, vient d'ailleurs, et n'ambitionne, à travers ces courtes nouvelles, qu'à consolider un poste de journaliste en Inde. Stupéfaction, le recueil se répand dans l'Empire et est favorablement reçu à Londres.
L'auteur y sera lui-même accueilli à son retour (via la Chine, le Japon et l'Amérique tout de même) en 1890 comme l'un de leur pairs par les auteurs en vogue à l'époque, nommons juste ceux dont les livres sont encore largement lus: Oscar Wilde, Henry James...et le Times salue en lui "un écrivain de tout premier plan".

Pourtant, l'accent est plutôt âpre, l'irrespect frisé, le ton est tranchant, on n'est parfois pas loin de l'insolence. Mais les hardiesses du jeune Kipling n'ont rien d'agressif. L'auteur se veut plus observateur que penseur ou moraliste - il est là pour saisir et croquer.
Et il est là pour s'amuser aussi:
Ne cherchez pas les ouvrages ni les auteurs des citations en exergue de certaines nouvelles, tout ceci est le fruit de son imagination (suivant, en cela, Walter Scott et Edgar Poe, probablement d'autres auteurs aussi).

Pour ma part, j'y goûte beaucoup son génie de l'épure, de la concision, il y a là vraiment un exemple de maturité précoce pour un si jeune auteur. Le fait aussi qu'il ne semble jamais se prendre trop au sérieux, la légèreté se marie bien avec la taille courte de ces nouvelles, cependant signifiantes.

Il suffit de, par exemple (ceci ne se rapporte à aucune nouvelle en particulier) trois déodars, un chameau, un service à thé et c'est tout un lieu et toute une époque qui sont campés:
J'applaudis.

Mots-clés : #colonisation #nouvelle #voyage #xixesiecle


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Message par Tristram le Dim 8 Oct - 13:55

De cet auteur, je pense que ce qui est surtout à lire reste Kim :

« Ainsi dit mon cœur. Il en est en matière de croyances comme en matière de cheval. L'homme sage sait que les chevaux sont bons ‒ qu'il y a à gagner avec tous ; et quant à moi ‒ sauf que je suis un bon sunnite et que je hais les gens de Tirah ‒ je croirais volontiers la même chose de toutes les religions. Maintenant, il va de soi qu'une jument de Kathiawar, fraîche émoulue des sables de son pays, se claquera si on l'emmène à l'ouest du Bengale, de même qu'un étalon de Balkh (et il n'y aurait pas de meilleurs chevaux que ceux de Balkh, s'ils n'étaient pas si lourds du garrot) ne servirait de rien dans les grands déserts du Nord, comparé aux chameaux des neiges que j'ai vus là-haut. Aussi, dis-je en mon cœur : les religions sont comme les chevaux. Chacune a son mérite dans son propre pays. »
Rudyard Kipling, « Kim », VIII

« ‒ Le mal est fait. Une cause s'est trouvée lancée dans le monde, et, vieux ou jeune, malade ou sain, instruit ou non, qui donc peut tenir en bride l'effet de cette cause ? La Roue reste-t-elle en suspens parce que c'est un enfant ‒ ou un ivrogne ‒ qui la fait tourner ? Chela [disciple], ceci est un monde vaste et terrible. »
Rudyard Kipling, « Kim », XI

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par bix_229 le Dim 8 Oct - 15:58

Ses nouvelles de L' Inde sont ce qu' il a écrit de meilleur.
Avec l' Homme qui voulait etre roi.
Kipling était un indécrottable impérialiste, mais aussi un conteur doué.
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