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Octave Mirbeau

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Message par églantine le Jeu 12 Oct - 20:21

Octave Mirbeau
Né à Trévières en 1848
Mort à : Paris en 1917


Octave Mirbeau Avt_oc10

    Octave Mirbeau (1848-1917) est un écrivain et un journaliste français.

Octave Mirbeau a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun.

Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un romancier novateur, qui a contribué à l'évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde.

Mais, après sa mort, il a traversé pendant un demi-siècle une période de purgatoire : il était visiblement trop dérangeant pour l'establishment, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social.

Littérairement incorrect, il était inclassable, il faisait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étendait à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles ; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarnait une figure d'intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l'expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. 

Bibliographie

Romans
1886 :  Le Calvaire Relu et corrigé
1888 :  L’Abbé Jules
1890 : Sébastien Roch
1892-1893 : Dans le ciel
1899 : Le Jardin des supplices
1900 :  Le Journal d’une femme de chambre
1901 : Les Vingt et un Jours d’un neurasthénique
1907 :  La 628-E8 T
1907 : La Mort de Balzac
1913 : Dingo

Posthume
1920 : Un gentilhomme
La table d’hôte
La chambre close
Un joyeux drille !
Précocité
En promenade
Pauvre voisin
Clotilde et moi

Théâtre
Théâtre I : Vieux ménage (1909)  ; Les affaires sont les affaires (1903)  ; L’Épidémie (1898)
Théâtre II : Interview (1904) ; Le Portefeuille (1902)  ; Les Mauvais Bergers (1897) ; Scrupules (1902)
Théâtre III : Le Foyer, en collaboration avec Thadée Natanson (1908) ; Les Amants (1901)

Recueil posthume
2006 : Dialogues tristes (Recueillis en volume en 2006, les Dialogues tristes comportent vingt-cinq dialogues publiés dans L'Écho de Paris entre septembre 1890 et août 1892) :

Contes
1885 :  
Lettres de ma chaumière
Ma Chaumière
Le Tripot aux champs
Le Père Nicolas
La Bonne
La Mort du Chien
La Justice de Paix
Les Eaux Muettes
Le Petit Mendiant
Le Crapaud
La Mort du père Dugué
Un Poète local
Veuve
L’Enfant
La Chasse
La Table d’Hôte
La Guerre et l’Homme
Agronomie
Histoire de ma Lampe
La Tête coupée
Le Duel de Pescaire et de Cassaire
Paysages d’Automne
1894 : Contes de ma chaumière
1905 : Dans l’antichambre (Histoire d’une Minute)

Textes de critique
Maîtres modernes. La salon de 1885, Baschet, 1885
Un homme sensible, 1919, et Le petit gardeur de vaches, 1922
Chez l'Illustre écrivain , Flammarion (1919).
Des artistes, Flammarion, 2 volumes (1922-1924).
Gens de théâtre, Flammarion (1924).
Les Écrivains , Flammarion, 2 volumes (1925-1926).
Notes sur l’art, L'Échoppe (1989).
Sur la statue de Zola, L'Échoppe (1989).
Combats esthétiques, Séguier, 2 volumes (1993).
Premières chroniques esthétiques, Presses de l'Université d'Angers - Société Octave Mirbeau (1996).
Chroniques musicales, Séguier-Archimbaud (2001).
Combats littéraires, L'Âge d’Homme (2006).

Textes politiques et sociaux
La Grève des électeurs (1902 ; rééditions récentes en 1995, 2002, 2007, 2009 et 2011).
Les Grimaces et quelques autres chroniques, Flammarion (1928).
Combats politiques, Séguier (1990).
Combats pour l’enfant, Ivan Davy (1990).
L'Affaire Dreyfus, Séguier (1991).
Lettres de l'Inde, L'Échoppe (1991).
Paris déshabillé, L'Échoppe (1991).
Petits poèmes parisiens, À l'écart (1994).
L’Amour de la femme vénale, Indigo-Côté femmes (1994).
Chroniques du Diable, Presses Universitaires de Besançon (1995).
Chroniques ariégeoises, L'Agasse (1998).
Dreyfusard !, André Versaille (2009).
Interpellations, Le Passager clandestin, (2011).
Beauté des fleurs, pourriture et loi du meurtre, Éditions Plume de Carotte, Toulouse (juin 2017).

Correspondance
Correspondance avec Auguste Rodin, Le Lérot (1988).
Lettres à Alfred Bansard des Bois, 1862-1874, Le Limon (1989).
Correspondance avec Claude Monet, Le Lérot (1990).
Correspondance avec Camille Pissarro, Le Lérot (1990).
Correspondance avec Jean-François Raffaëlli, Le Lérot (1993).
Correspondance avec Jean Grave, Au Fourneau (1994).
Correspondance avec Jules Huret, Le Lérot (2009).
Correspondance générale, 3 volumes parus, éd. L’Âge d’Homme, (2003-2009), réalisée par Pierre Michel.

Bon vous l'aurez compris , il n'a pas chômé Octave .  Razz
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Message par Dreep le Ven 13 Oct - 14:13

Octave Mirbeau Les-2110

Les vingt-et-un jours d'un neurasthénique

Un livre qui rappelle la générosité d’un Jérôme K. Jérôme sur les subtiles impressions d’un échange avec l’auteur. Octave Mirbeau lui, nous déploie sur un ton à la fois blasé et pince-sans-rire, une foire. Foire aux vanités, cirques de personnages plus fous les uns que les autres, souvent monstrueux, des fourbes, des assassins, des brutes cyniques sans vergogne. Si parfois il donne à ses récits des teintes un peu tendancieuses, avec un coup de mou de courte durée dans deuxième moitié, c’est globalement des tonalités délicieuses, le tout servi par une somptueuse plume… alors, on balance un peu. Ce narrateur est en proie à une neurasthénie cependant qu’il provoque des ivresses de rire et par moments de beautés. Ces montagnes affreusement lassantes qui deviennent pour lui la promesse d’une tranquillité mortuaire…

Octave Mirbeau a écrit:Autour de l’île, les basses sont poissonneuses, et abondent en congres et en homards. Petits, malingres, les hommes, à mufle de marsouin, pêchent. Quelquefois, ils vont vendre leur poisson à Audierne et à Douarnenez. Mais, la plupart du temps, ils l’échangent avec des steamers anglais contre du tabac et de l’eau-de-vie. Lorsque, par les trop grosses mers, ils se voient forcés de rester à terre, ils se saoulent. Ivresses souvent terribles et qui, sans raison, arrachent des poches les couteaux. Les femmes, en plus de semences et des récoltes dont elles ont la charge, et qui se font, comme elles peuvent, à la grâce de la nature, travaillent aux filets. Lentes, longues et pâles, de persistantes consanguinités les ont affinés jusqu’à les rendre jolies, mais de cette joliesse morbide que donne la chlorose. Les teints nacrés, les teints de fleurs étiolées, qui révèlent les pâleurs du sang et les décompositions séreuses, n’y sont point rares.
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Message par églantine le Mer 18 Oct - 11:51

Les 21 jours d'un neurasthénique

Octave Mirbeau Les-2110

Fin XIX siècle .
Il était de bon ton d'aller prendre les eaux à cette époque dès lors qu'on se sentait une petit "coup de mou" et qu'on appartenait à un certain milieu . Aujourd'hui on fait des stages de jeûne , on paye cher d'ailleurs pour ne pas manger , Mirbeau en aurait fait choux gras ....
La montagne , magique pour certains , n'est pas celle que rencontre le protagoniste de l'histoire qui , déprimé par ces paysages oppressant, se tourne vers ses congénères pour meubler le temps en "pipeletages ", prétexte pour l'auteur à dresser un portrait des moeurs de son époque sous un angle féroce et jubilatoire .
Ainsi ,au fil de narrations de situations cocasses , sur le ton de l'outrance et de la fable , c'est tout un système que Mirbeau épingle avec force jubilation pour découvrir la face cachée de cette si lisse et bien-pensante société . Par le prisme grossissant de la caricature des plus caustiques , c'est tout un système qu'il dénonce ; personne n'est épargné . Honorables politiciens , Justice inattaquable , église et petit bon dieu , belle administration droite et au service du peuple : que nenni , la crasse et la sale vermine se logent partout sous cette belle façade qui vole en éclats sous la plume caustique de l'auteur . Et vénalité , corruption , populisme , bêtise humaine apparaissent , plus noires , plus salaces , plus pourries , plus "déguelis déguelis voilà l'évêque qui vomit"que l'entendement humain peut accepter d'imaginer .
Parce que cet ouvrage est issu d'un regroupement de textes écrits dans la presse de l'époque, la structure de l'ouvrage pourra paraître bancale , artificielle . Les enchaînements d'un chapitre à l'autre apparaissent un peu forcés : Néanmoins ça n'enlève à mon avis rien à la qualité de l'oeuvre , on contraire , ça confère à l'ensemble une sorte de sautillement dynamisant et aère le texte , : On rit beaucoup de cette grosse farce en multiples scénettes désopilantes bien que souvent atroces ....Rire jaune . Car force est de constater que rien n a changé .
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Message par Bédoulène le Jeu 19 Oct - 7:31

merci à vous deux, ces commentaires me donnent envie de découvrir cet auteur (j'ai le journal d'une femme de chambre et Sébastien Roch dans ma pal) mais je note aussi le livre commenté

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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