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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


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Message par Marie le Mar 29 Aoû - 21:46

le Panda a écrit:C'est amusant et imagé non
Topocl!!!
Le panda lit Kate Atkinson et trouve cela -attends je relis- "amusant et imagé".
Oufti.
C'est pas ma fin du monde, certes, mais... Very Happy
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Message par animal le Mar 29 Aoû - 21:47

ne nous emballons pas, nous n'en sommes qu'à la page 20. clown

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Message par animal le Jeu 31 Aoû - 13:04

ça ping pong moins bien avec un extrait qui ne catalogue pas d'objets mais pour m'amuser je vous repompe un extrait de Lumière virtuelle de William Gibson :

Et voilà qu'il se retrouvait maintenant à Los Angeles, au volant d'un Hussar Hotspur à six roues et à vingt couches de polish appliquées à la main. Le Hussar était en réalité un Land Rover blindé capable de faire du cent quarante sur un direct, à condition d'en trouver un ouvert et d'avoir le temps d'accélérer. Hernandez, son superviseur, disait qu'on ne pouvait pas faire confiance à un Anglais pour fabriquer quelque chose de beaucoup plus grand qu'un chapeau, surtout si on voulait que ça marche quand on en avait besoin. Il disait que Sécur-Intens aurait dû acheter son matériel aux Israéliens ou, à tout le moins, aux Brésiliens, et qu'on n'avait pas besoin d'un Ralph Lauren pour créer un tank.
Rydell n'avait pas d'opinion sur la question. Mais ce boulot de peinture le dépassait vraiment. Ce qu'ils voulaient, sans doute, c'était que les gens pensent à ces gros camions de la Poste, couleur de papier d'emballage, et en même temps au style de décoration que l'on trouvait dans les églises du culte épiscopal. Pas trop de dorures sur le logo. De la retenue, en quelque sorte.
Les gens qui travaillaient au poste de lavage étaient en grande partie des émigrés d'origine mongole, arrivés de fraîche date, qui avaient du mal à trouver de meilleurs emplois. En travaillant, ils fredonnaient d'une drôle de manière, à partir de la gorge, et Rydell aimait bien entendre ça. Il n'arrivait pas à comprendre comment ils faisaient pour produire des bruits pareils. Cela ressemblait au chant d'une grenouille verte, mais avec deux sons en même temps.
Ils étaient maintenant en train d'astiquer les rangées de boutons chromés, au bas du véhicule, qui servaient de support aux grilles anti-émeutes. Le chrome n'était là que pour faire bien. Les camions anti-émeutes, à Knoxville, étaient électrifiés, mais avec un système de ruissellement qui les maintenait mouillés, et ça faisait beaucoup plus mal.
- Signe ici, lui dit le chef d'équipe, un black, peu causant nommé Anderson; il était étudiant en médecine dans la journée, et on avait toujours l'impression qu'il avait deux nuits de sommeil à rattraper.

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Message par animal le Ven 15 Sep - 7:23

Trois heures du mat'.
Se faire un café dans le noir, juste un coup de lampe-torche pour verser l'eau bouillante.
Le rêve matinal enregistré qui s'efface derrière d'autres paupières, panache sombre d'un cargo cubain - qui s'efface avec l'horizon qu'il parcourt sur l'horizon gris de l'esprit.
Trois heures du mat'.
Laisse hier se redisposer autour de toi en images plates et schématiques. Ce que t'as dit, ce qu'elle a dit, pendant que tu la regardais remballer, appeler le taxi.
T'as beau les retourner dans tous les sens, elles recomposent le même circuit imprimé, convergence d'hiéroglyphes vers un même composant central : toi, debout sous la pluie, et qui gueules après le taxi.
La pluie était acide et âcre, couleur de pisse, presque. Le chauffeur t'as traité de connard ; t'as dû en plus payer double tarif. Elle avait trois valises. Derrière son respirateur et ses lunettes, le type avait l'air d'une fourmi. Il est parti sous la pluie en pédalant comme un malade. Elle ne s'est pas retournée.
La dernière vision que tu gardes d'elle, c'est cette fourmi géante, qui t'adresse un geste obscène.

Réveil alternatif en deux étapes ? extrait de Fragments de rose en hologramme de Gibson.

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Message par bix_229 le Ven 15 Sep - 22:18

Ce qui caractérise de façon frappante les frères Rolin, Jean et Olivier, c' est d' abord  une bougeotte irrépressible
qui les expédie aux quatre coins du monde.
On ne les imagine pas au repos.
Meme chez eux, ils voyagent.
Par contre attendre d' eux un honnète récit de voyage, tel qu' on peut l' imaginer est hors de question.
Leurs récits de voyage à eux sont des digressions fantasques autour du voyage ou pas. C' est selon leur humeur.

L' autre caractéristique est leur humour constant -ou presque- qui fait les délices de ceux qui l' apprécient.
Et le désespoir des autres.
Exemple concret, dès le début de Méroé d' Olivier R.

"J' ai été, avant d' etre quoi que ce soit, un fils : ça arrive à tout le monde, mais tout le monde n' en tire
pas les les memes conséquences.
Je ne suis pas sur de comprendre moi-meme ce que je viens d' écrire."


Méroé, p. 11
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Message par Bédoulène le Ven 15 Sep - 23:26

je n'ai pas encore lu Olivier, ça ne saurait tarder, mais Jean oui et ce que j'aime c'est sa manière désinvolte de cacher son empathie ! Et ses digressions me plaisent aussi !

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Message par bix_229 le Lun 9 Oct - 19:42

En 1940, l' écrivain Léon Werth vit en réfugié dans les Vosges.
Il tient un journal qui constitue non seulement sa façon de résister,
mais au delà, un document essentiel pour essayer de comprendre
ce que furent ces années sur lesquelles une chappe de plomb
s' est abattue sur la France.
Il vit en solitaire, mais ne peut s' empecher de noter :

"Depuis trois mois je vivais seul face à la guerre, pas meme face à moi-meme.
Je commence à comprendre que la solitude dissout le "moi", plutot qu' elle ne
le cristallise.
Les premiers jours, elle est héroique, bientot elle n' est plus qu' un faisceau
d' habitudes. Tout s' éloigne du moi et le moi s' éloigne de lui-meme.
Je veux bien qu' à pousser plus loin la solitude on atteigne à un très haut
état de méditation. Mais je me méfie. On a très vite fait d' appeler méditation
le demi-sommeil."


Léon Werth : Déposition, Journal 1940-1944. - Viviane Hamy
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Message par ArenSor le Lun 9 Oct - 20:42

Dans ma PAL depuis de nombreuses années ! Il faut que je m'y lance (+ de 700 pages, tout de même) Very Happy
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Message par animal le Jeu 16 Nov - 22:31

Dans Comme le sable d'Alice Rivaz :
- Il voit tellement tout en rose, disait Mlle Rivier... Avec lui, on dirait vraiment qu'il n'y a qu'à tourner un bouton électrique. C'est fou ce qu'il est plein d'assurance et d'enthousiasme, ce type-là... Un enthousiasme presque sans mesure, portatif...

Je sens que ça va me plaire !

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Message par Quasimodo le Ven 17 Nov - 11:52

J'ai repris un petit passage de Madame Bovary (que j'avais lu sans grand plaisir à 17 ans), celui de l'opéra à Rouen. Et là : merveille ! Pour un peu, je ne me serais pas arrêté. C'est une scène assez importante dans ma vie, puisque c'est grâce à elle que j'ai acheté, quelques années plus tard et sans y rien connaître, mon premier opéra au CD : Lucia di Lammermoor.
J'ai particulièrement goûté le portrait du Pavarotti de l'époque :

Il avait de ces pâleurs splendides qui donne quelque chose de la majesté des arbres aux races ardentes du Midi. Sa taille vigoureuse était prise dans un pourpoint de couleur brune; un petit poignard ciselé lui battait sur la cuisse gauche, et il roulait des regards langoureusement en découvrant ses dents blanches. On disait qu'une princesse polonaise, l'écoutant un soir chanter sur la plage de Biarritz, où il radoubait des chaloupes, en était devenue amoureuse. Elle s'était ruinée à cause de lui. Il l'avait plantée là pour d'autres femmes, et cette célébrité sentimentale ne laissait pas que de servir à sa réputation artistique. Le cabotin diplomate avait même soin de faire toujours glisser dans les réclames une phrase poétique sur la fascination de sa personne et la sensibilité de son âme. Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d'intelligence et plus d'emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador.

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Entre les deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d'appeler une mouche : "Madame".
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Message par bix_229 le Mer 6 Déc - 16:51

13 octobre 1941

Quoi qu' il arrive et meme si la Frane était débarrassée de l' Allemagne
et de Vichy, le peuple ne demandera pas de comptes à ses journaux.
Une civilisation est à créer où la morale moyenne jugera le mensonge,
comme elle juge l' assassinat.

15 octobre 1941

Les lettres de dénonciation pullulent. Les imposteurs ont encore fait,
hier, à la gare, une belle capture, une femme qui transportait six oeufs.
Une moitié de la France moucharde l' autre.
Mais le plus étonnant, c' est que la partie mouchardée ne semble éprouver
ni colère ni dégout, ni indignation envers la partie mouchardante.

5 novembre 1941

Un maonde nazifié... Quoi serait changé ?
Rien, sauf l' essentiel, l' invisible essentiel.
Les ingénieurs feraient des ponts, les médecins des diagnostics.
Je l' ai bien vu à Lyon. Les gens qui ont un  métier "absorbant" ne se
sont pas encore apeçus qu' ils vivaient en plein nazisme.
Et ceux-là et les autres, combien de fois par jour, combien
 de fois par jour, combien de fois par an pensent-ils à la pensée.

Léon Werth  : Déposition, Journal 1940-44

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Message par Pia le Dim 24 Déc - 8:59

L’apprentissage des sports collectifs aux USA n’est pas sans points communs avec les rites d’initiation éviqués plus haut. Le sociologue Mike Messner, qui a consacré de nombreux articles sur ce sujet, a mis en lumière la relation entre l’apprentissage sportif et la Construction de la masculinité. Il raconte comment lui-même, petit garçon de huit ans, pour la première fois sur un terrain de base-ball, se fit rappeler à l’ordre par son père entraineur parce qu’il lançait la balle, “comme une fille”. Réflechissant plus tard à l’angoisse suscitée par le constat paternel et au mal qu’il s’était donné pour trouver le geste adéquatement viril, Messner fit deux constats intéressants. D’abord ce fut la peur affreuse d’être une fille qui servit de moteur à son apprentissage du base-ball. Ensuite il observa que la façon “féminine” de lancer la balle était anatomiquement un mouvement naturel pour le bras, alors que la façon “masculine” ne l’était pas et engendrait à la longue des dégats aux bras et aux épaules. Cette observation conduisit les ligues de base-ball pour enfants à proscrire ces gestes.

XY de l'identité masculine d'Elisabeth Badinter

Elle est maladroite parfois dans son expression mais il y a de bons moments.
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Message par Bédoulène le Dim 24 Déc - 9:17

intéressant cet extrait ! merci Pia

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Message par animal le Dim 2 Déc - 22:13

Remontée de fil avec un extrait repris dans nos archives, un auteur qui n'a pas encore de fil ici mais un extrait pourquoi, pour le rythme, des mots qui sont justes, sa vivacité, en quelques lignes le chemin parcouru est impressionnant... et puis ce qui y fait office de conclusion qui laisse songeur :

Gabriel Josipovici, Moo Pak a écrit:(...)
Il existe un pays quelque part, dit-il, quelque part entre le cynisme et l'idéalisme, qui attend qu'on l'explore. C'est un immense pays. Incroyablement varié et beau. On se réveille et on pense savoir comment y entrer. Et puis on s'assied à son bureau et la route disparaît. On se retrouve avec les vieux clichés. Les vieux échecs. La dignité humaine, dit-il. Voilà ce qu'il nous faut défendre. Mais y a-t-il quelque chose de plus ridicule qu'un homme qui insiste sur sa dignité ? Non, dit-il, nous ne pouvons la défendre qu'en étant ce que nous sommes, en faisant ce que nous avons à faire et qui est en nous. Il faut que le corps soit épuisé, dit-il, si l'esprit livre ce qu'il a en lui à livrer. Il faut parfois marcher jusqu'à l'épuisement, dit-il, et puis se relever, rentrer chez soi, s'asseoir sur sa chaise et se remettre au travail. Naturellement, dit-il, la plupart du temps cela n'a aucun effet, on est assis sur sa chaise et on est tellement fatigué qu'on finit par s'endormir. Mais au moins ainsi on se donne une possibilité, alors que si on reste chez soi toute la journée il n'y a aucune possibilité. Ce parc est le plus agréable de Londres, dit-il quand nous nous assîmes sur la terrasse avec nos cafés. Ce n'est pas le plus beau, Hyde Park est le plus beau. Ce n'est pas le plus varié, Hampstead Heath est le plus varié. Mais c'est le plus agréable, le plus charmant. Malamud a dit que ce n'était qu'au moment de ses tout derniers livres qu'il s'est mis à écrire sur son propre monde, dit-il, jusqu'alors il avait écrit, sans s'en rendre compte, sur le monde de son père. Mais c'est tout naturel. Nous pensons tous à la vie comme étant la vie qu'ont vécu nos parents, parce que nous sommes tous des imitateurs par nature et nous ne voyons pas ce que les autres n'ont pas vu avant nous, même quand nous l'avons directement sous le nez. Alors, dit-il, à la fin de notre vie, si nous avons de la chance, nous disons tout à coup : Ainsi, ceci est ma vie, ma vie à moi, voilà ce qu'elle a été, voilà ce qu'elle est. Mais même cet aperçu doit provenir de nos parents, dit-il, doit provenir du passé. Je pense aux grands parcs dans les villes comme à des lieux appartenant au monde de mes parents, dit-il, ou même à celui de mes grands-parents, le monde de l'Europe d'avant la Première Guerre mondiale. Nous avons l'impression, dit-il, que si nous parvenons à vivre la vie de nos grands-parents, alors, d'une manière étrange, nous vivons vraiment. Ce qui se passe à notre propre époque ne paraît pas réel, pas réellement réel. Nous sentons que nous devrions en laisser la description aux journalistes qui en rendent compte, ce n'est pas ce que nous pensons être essentiel, durable.
(...)

(Et une pensée encore pour Bernard Hoepffner...)

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Message par Nadine le Dim 2 Déc - 22:31

Merci beaucoup, je viens de lire l'extrait et tu as le mot juste, chemin parcouru étonnant entre le premier et le dernier mot, et beaucoup d'inspiration reçue.
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Message par animal le Jeu 24 Jan - 22:33

Nous remplissions nos oisivetés scolaires de films nationaux, allemands et même hongrois, la crème de l'Axe. Le gag de sonoriser un raid aérien avec la chevauchée des Walkyries, dont on parle aujourd'hui comme d'une nouveauté vietnamienne, était utilisée dans une séquence de Stukas en piqué, j'en suis plus que certain !

Guido Ceronetti, Petit enfer de Turin

Plus vache que je ne l'imaginais, savamment indirect mais art de la formule. Étrange lecture qui fait des ponts dans le temps.

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