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Andreï Guelassimov

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Message par Barcarole le Dim 29 Oct - 18:29

Andreï Guelassimov
Né en 1966

Andreï Guelassimov Guelas10

Andreï Valerievitch Guelassimov, né le 7 octobre 1966 à Irkoutsk, est un auteur russe de littérature engagée.

Après des études de lettres à l'Université d'Irkoutsk et à l'Université de Moscou (thèse sur Oscar Wilde), il suit des cours de mise en scène à l'Institut d'études théâtrales de Moscou. Puis il enseigne la littérature anglo-américaine à l'Université de Moscou, devient scénariste pour quelques fictions de télévision, avant de se consacrer entièrement à la littérature.

Andreï Guelassimov a remporté le prix du meilleur scénario lors de la 21e édition du Festival du cinéma russe à Honfleur pour le film La Soif de Dmitri Tiourine, 2013.


Bibliographie traduite en français

· 2001 – Fox Mulder a une tête de cochon, paru en 2005 aux éditions Actes Sud.
· 2002 – La Soif, paru en 2004 aux éditions Actes Sud.
· 2003 – Rachel, paru en 2010 aux éditions Actes Sud.
· 2003 – L'Année du mensonge, paru en 2008 aux éditions Actes Sud (prix Russophonie 2008).
· 2008 – Les Dieux de la steppe, paru en 2016 aux éditions Actes Sud.


Dernière édition par Barcarole le Dim 29 Oct - 18:35, édité 1 fois
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Message par Barcarole le Dim 29 Oct - 18:35

Andreï Guelassimov Soif10
La Soif

La Soif est un très beau roman sur un jeune garçon ordinaire, Kostia (Constantin), qui revient de son service militaire en Tchétchénie où cette guerre fait des ravages. Au retour, il passe son temps à boire de la vodka et sombre dans l’alcoolisme jusqu’à l’écroulement, pour oublier ce qu’il a enduré, pour essayer de survivre, reconstruire sa vie au risque de mourir. Parce que Kostia est revenu mutilé et brûlé au visage. Il va devoir vivre avec son nouveau physique défiguré qui effraie les enfants.

Le char russe a été attaqué par des snipers, il a explosé. Les camarades de Kostia l’ont cru mort mais l’un d’entre eux a pu le sortir de justesse. Et puis on passe du présent au passé et vice versa, les deux se fondant, comme dans la tête de Kostia :

« – On approche des ruines ! cria-t-il dans l’émetteur. Vous m’entendez ? Putain, vous roupillez là-bas, ou quoi ? On approche. Couvrez-nous s’il y a un problème. Il reste deux cents mètres… Cent cinquante… Cent… Tout a l’air normal.. Il semble qu’il n’y ait personne ici… Il reste cinquante mètres… On est presque passés… Tout est calme… Quoi ? Non, tout est normal, je vous dis… Tout baigne…
La déflagration fut telle qu’elle me souleva et que  je me retrouvai debout sur mes pieds avant de retomber immédiatement. Le choc fit résonner ma tête comme l’intérieur d’une cloche. Devant mes yeux il y avait une bouteille vide. Et une autre encore à côté. Je les touchai de la main et elles s’entrechoquèrent. C’était agréable d’être couché par terre. Le sol était frais. J’appuyai ma joue sur le lino et fermai les yeux. Surtout ne pas bouger… »

Quand il était adolescent, son directeur d’école, un gros buveur de vodka, qui avait vu ses dessins et repéré son talent, le convoquait souvent pour lui apprendre comment dessiner, mais surtout comment voir, appréhender le regard. Regarder par la fenêtre, savoir observer comment les enfants jouent dehors, comment ils se meuvent, détailler les gestes... Kostia n’a pas oublié son enseignement. Et le dessin sera une grâce qui lui permettra de s’en sortir.

Ses trois amis sont aussi rentrés à Moscou mais l’un d’entre eux s’avère introuvable. Ils partent à sa recherche. Kostia va alors devoir revoir son père qui a fondé une nouvelle famille et se réconcilier, faire la connaissance de ses tout jeunes frère et sœur, des petits enfants : et c’est grâce au dessin qu’il partage avec eux que renaît l’espoir de vivre.

C’est un très beau roman, plutôt en retenue, sensible aussi, avec des retours vers le passé, et sur les ravages de la guerre mais avec une distance savamment dosée, car écrit par un écrivain russe engagé et qui donne de la beauté à ce roman.

mots-clés : #addiction #contemporain #guerre
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Message par Bédoulène le Dim 29 Oct - 18:40

bien tentant, merci Barcarole

pour ma part j'ai lu l'année du mensonge il y a quelques années (Une écriture dynamique, des dialogues. l'auteur aborde rapidement, les problèmes de la Russie dans les années 90 : le krach financier, la mafia, l'alcoolisme, la prositution, l'homosexualité ....
Dans ce récit tout le monde ment. Mais c'est aussi l'histoire d'amour, celui d'un jeune homme passionné par Audrey Hepburn qu'il retrouve dans une jeune fille ; jeune fille apprentie artiste de théatre dont tombe également amoureux l'"initiateur" du jeune homme.)


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Message par Barcarole le Dim 29 Oct - 18:40

Et ça t'avait plu L'Année du mensonge ?
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Message par Bédoulène le Dim 29 Oct - 18:55

oui mais c'est un peu loin pour en dire plus

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Message par Hanta le Dim 29 Oct - 20:20

J'avais lu l'année du mensonge, j'avais bien aimé jusqu'à la fin que je n'avais pas comprise. Marrant d'ailleurs c'est ce besoin d'éclaircissement qui m'avait fait connaître parfumdelivres.
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Message par tom léo le Dim 29 Oct - 22:06

La soif


Originale: Жажда (Russe, 2002)

CONTENU :
Un jeune bidasse russe, Konstantin/Kostia, revient de son service militaire en Tchétchénie le visage monstrueusement brûlé après l'attaque de son tank par les boeiviki. Pour oublier, Kostia, dont le visage terrorise les enfants, se met à boire comme seuls les Russes savent le faire... à mort. Il suit en cela l'enseignement d'un ancien professeur d’école qui lui a appris deux choses : boire de la vodka sans simagrées et ouvrir ses yeux au monde pour mieux le peindre. Avec deux de ses camarades, Pacha et Guéna, il part à la recherche de Serioja, le quatrième rescapé de l'équipage de tankistes qu'ils formaient en Tchétchénie. Dans leur périple à travers les villes russes, leurs gares, leurs rues, leurs faunes, Kostia mettra en pratique la seconde leçon essentielle de son maître : apprendre à voir, donc à dessiner, donc à vivre. (Source : amazone et moi…)

REMARQUES:
C’est Kostia lui-même qui est le narrateur. Il gagne bien sa vie dans le batiment de luxe. En lui nous découvrons un de ces jeunes soldats innocents, partis en Tchétchénie, et revenu complètement défiguré. Cela change le regard du monde sur nous, et celui de nous sur le monde… On parle encore d’une autre façon du regard : celui du peintre. Il faut s’exercer à voir et observer bien ! Enseignement de son prof – bien avant l’engagement militaire - qui lui a montré aussi l’inaltérable soif de boissons fortes. Au début du livre nous le trouvons après un travail terminé, se retirant pour un temps dans son appartement avec une multitude de bouteilles de Vodka… Il est tiré de son délire par ses amis pour qu’on puisse se mettre en recherche de leur ami manquant, qui les avait tirés du tank en flammes. C’est un « Road-Story » qui se développe dans ces jours passés ensemble, dans le partage des boissons, mais aussi des souvenirs de la guerre et des amis disparus. Et Kostia ne cesse de dessiner.

« La soif » - bien sûr dans le sens concret : celui de la boisson (et on pourrait rappeler la précaution dont parle traversay pour l’autre livre !). Mais aussi dans un sens plus symbolique : la lutte contre cette sécheresse intérieure, le sentiment d’absurdité ou de l’éternel : Pourquoi moi ? C’est aussi le désir d’être vu et perçu autrement, normalement.

On aura peut-être la peine à comprendre pourquoi un tel livre peut être un vrai événement en Russie, marquée par ce conflit absurde en Tchétchénie. Ici on parle de ces jeunes soldats, aussi victimes dans leur propre société : on n’aimerait pas les regarder. L’auteur parle de tout ce qui a été perdu par ces gens…

Est-ce que ces jours, passés avec les amis, vont faire retourner Kostia de l’isolement vers l’autre, de l’ironie vers la reconnaissance, de la peur vers l’acceptation ?

J’étais convaincu de ce roman court, mais dense. Je remarque maintenant avec satisfaction qu’il y a déjà alors d’autres livres disponibles de lui, dont on dit qu’il est à coté de Pélévine un des plus grands auteurs contemporains russes….

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