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Max Frisch

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Message par Tristram le Mar 31 Oct - 12:09

Max Frisch
(1911/1991)

Max Frisch Frisch10

Max Frisch (Zurich, 15 mai 1911 - 4 avril 1991) est un écrivain et architecte suisse alémanique.
Membre du Groupe Olten, il est considéré comme faisant partie des écrivains les plus importants de la littérature de langue allemande de l'après-guerre. Dans son œuvre, Frisch a particulièrement prêté attention aux problématiques d'identité personnelle, de morale et d'engagement politique. L'ironie est une caractéristique significative de ses publications d'après guerre.

Max Rudolf Frisch est né le 15 mai 1911 à Zurich. Son père est architecte et sa mère femme au foyer. Il a un frère et une soeur, issus d'un premier mariage de leur père. En 1930, il commence des études en germanistique à l'université de Zurich mais doit les abandonner pour raisons financières après la mort de son père en 1933. Il travaille alors en tant que correspondant pour le journal Neue Zürcher Zeitung. Entre 1934 et 1936, il entreprend différents voyages à travers l'Europe de l'Est et du Sud-Est et se rend pour la première fois en Allemagne en 1935. Son premier livre, Jürg Reinhart: Eine sommerliche Schicksalsfahrt est publié en 1934.
De 1936 à 1941, il étudie l'architecture à l'École polytechnique fédérale de Zurich. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il devient canonnier dans l'armée suisse et reste en service jusqu'en 1945 pour un total de 650 jours.

Son premier projet architectural se concrétise en 1942, lorsqu'il gagne la mise au concours pour la construction d'une piscine publique située au centre de Zurich, le Letzigraben, aujourd'hui rebaptisée Max-Frisch-Bad. Il ouvre alors son propre bureau d'architecte. La piscine, finalement construite en 1949, est la seule construction de taille toujours existante réalisée par Max Frisch et elle a aujourd'hui le statut de monument historique. La même année, Frisch épouse Gertrud Constanze von Meyenburg et a avec elle deux filles et un fils : Ursula en 1943, Charlotte en 1949 et Hans Peter en 1944.

En 1947, il fait la connaissance de Bertolt Brecht et Friedrich Dürrenmatt à Zurich qui ont une influence sur sa production littéraire. En 1951, il reçoit une bourse de la fondation Rockefeller et passe une année aux États-Unis. En 1954, il se sépare de sa famille.
Dans les années 1950, Frisch abandonne son activité d'architecte pour se consacrer entièrement à l'écriture. De 1958 à 1963, il entretient une liaison avec la poétesse Ingeborg Bachmann. Il divorce en 1959 et déménage en 1960 à Rome où il vit jusqu'en 1965. En 1962, alors âgé de 51 ans, il rencontre Marianne Oellers, une étudiante de 23 ans avec laquelle il vivra et qu'il épousera en 1968. Ce second mariage durera jusqu'en 1979. Lors d'un séjour aux États-Unis en 1974, il fait la connaissance de l'américaine Alice Locke-Carey.
Dans le cadre du Scandale des Fiches en 1990, il apprend qu'il a été espionné par les autorités suisses tout comme de nombreux autres citoyens du pays.
Le 4 avril 1991, Max Frisch meurt des suites d'un cancer dans son appartement de Zurich.

Inspirée par Brecht et l'existentialisme, son œuvre, qui épouse des techniques diverses dont celle du journal intime, fait souvent appel à l'ironie, au burlesque ou au registre tragi-comique et comporte des éléments autobiographiques. Ses pièces de théâtre et ses romans traitent de certains thèmes clés, liés à la crise intime et fonctionnelle des sociétés modernes : le conflit entre identité personnelle, communautaire et sociale, la question du double et de l'altérité, l'influence du hasard et du destin, l'errance géographique et existentielle, le rôle de la nature et du mythe, la relation imparfaite entre les sexes, la vie ratée ou encore la confiance et la trahison.
(source : wikipedia)

Oeuvres traduites en français

1943 - J'adore ce qui me brûle
1946 - Santa Cruz
1947 - La Grande Muraille
1950 - Journal 1946 - 1949
1953 - Don Juan, ou L'Amour de la géométrie
1954 - Stiller
1957 - Homo Faber
1958 - Monsieur Bonhomme et les Incendiaires
1961 - Andorra
1963 - Le Comte Öderland
1964 - Le Désert des miroirs
1968 - Biographie : Un jeu
1971 - Guillaume Tell pour les Ecoles
1972 - Journal 1966 - 1971
1974 - Livret de service
1975 - Montauk
1978 - Triptyque
1979 - L'Homme apparaît au Quaternaire
1982 - Barbe-Bleue
1989 - Suisse sans armée ? Un palabre
2009 - Questionnaires
2013 - Esquisses pour un troisième journal
2014 - Guillaume Tell pour les écoles
2017 - Le Public comme partenaire





Homo faber Un rapport, de Max Frisch

Max Frisch Homo_f10

Rapport donc d’un ingénieur rationnel-pragmatique-type (d’où le titre), monde moderne des statistiques et du hasard confronté à celui du destin et de la fatalité remontant à la mythologie antique : il se retrouvera en pleine tragédie grecque. Technicien reconnu et sûr de lui, grand voyageur et assez détaché des relations humaines, en fait peu relationnel et encore moins sentimental, à la limite suffisant et ironique, désabusé voire cynique, le narrateur retrouve accidentellement son seul ami, perdu de vue, après qu’il se soit pendu dans la jungle guatémaltèque, puis il quitte une femme pour fortuitement en rencontrer une autre qu’il accompagne partie retrouver sa mère en Grèce, cette dernière se révélant être son premier amour : dramatique concours de circonstances, qui finalement décident pour lui.

« Je ne puis éprouver des sentiments à longueur de journée. Être seul est ce qui me convient le mieux, car je ne tiens pas à rendre une femme malheureuse, et, les femmes, c’est ce qu’elles cherchent, être malheureuses. »

Ce « rapport » donne une excellente impression de compte-rendu d’une histoire réelle.
Il est sans doute moins facile pour une lectrice de s’identifier à ce personnage axial, progressivement étreint dans un faisceau de coïncidences (à son insu, son ancienne amie n'a pas avorté comme prévu), mais le destin des femmes dont il ruine l'existence engage l'empathie de tous les lecteurs.
Peut-être est-ce l’alcool, qui me paraît plus abondamment ingurgité par ce narrateur qu’il ne le reconnaisse (et bien que torturé par son estomac tel un Prométhée), l’œuvre de Malcolm Lowry m’est venue à l’esprit. Cette illustration de l’esprit technique qui désacralise la vie, le temps, la mort avant d’être rattrapé me semble renvoyer à Ellul.
Une particularité significative : Faber filme régulièrement au cours de ses pérégrinations (ouvrage de 1957 : depuis il a fait école), et le visionnement de ce qu’il a enregistré sera poignant.

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par animal le Mar 31 Oct - 17:59

on n'a pas un fil Max Frisch ?

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Message par ArenSor le Mar 31 Oct - 19:46

@animal a écrit:on n'a pas un fil Max Frisch ?

Effectivement, je pense que Max Frisch mériterait un fil Very Happy

" L'histoire de Walter c'est comment un homo faber se transforme en homo sapiens. Walter est une sorte d'être bionique qui se méfie de tout ce qui est vivant : mares stagnantes ou pullulent têtards et microbes, instinct effréné de la reproduction, surpopulation... Walter s'intéresse aux turbines et aux rasoirs électriques. Mais voilà, la vie et son corollaire, la mort, va venir le rattraper à la cinquantaine. Celle-ci est omniprésente : accident d'avion, plus de courant électrique pour se raser, oiseaux charognards, pendaison... La vie également, sous la forme d'une jeune fille qu'il séduit, qui l'a séduit, mais sans coup de foudre, ni sans réticences. Walter préfère le Campari (il n'est pas le seul !) aux chef-d’œuvres de l'art italien. Peu à peu, insidieusement tout bascule ; on se retrouve à divaguer la nuit dans la campagne corinthienne en jouant sur des métaphores et en assistant éblouis au lever du soleil sur le golfe ; plus tard, on connait des moments de contemplation de pur bonheur en observant les cireurs de chaussures et les jeunes filles de La Havane (Chamaco, il y a vraiment dans ce livre, des pages très très belles sur Cuba). De Metropolis on se retrouve dans Eschyle et Euripide, et sans le vouloir vraiment, Walter, a pleinement réussi sa métamorphose ! Il a vécu pleinement, intensément.
(message récupéré).
Encore un livre dont je dois la découverte à Shanidar. Un jour probablement j'arriverai à me réjouir, mais pour le moment c'est la douleur qui remonte Max Frisch 2441072346
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Message par Chamaco le Mar 31 Oct - 19:55

Merci Arensor Very Happy
c'est toute une atmosphère aux vibrations en diapason avec la température, de la brise marine, du vent dans les champs de canne à sucre...
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Message par Arturo le Sam 15 Déc - 14:36

@Tristram a écrit:
Peut-être est-ce l’alcool, qui me paraît plus abondamment ingurgité par ce narrateur qu’il ne le reconnaisse (et bien que torturé par son estomac tel un Prométhée), l’œuvre de Malcolm Lowry m’est venue à l’esprit. Cette illustration de l’esprit technique qui désacralise la vie, le temps, la mort avant d’être rattrapé me semble renvoyer à Ellul.

Je suis en train de lire Homo Faber, et j'ai aussi très vite songé à Lowry, et son volcan. Le Mexique aussi a sa part dans le rapprochement.

Une réflexion qui a retenu mon attention :
(...) mais je n'ai envie d'en parler, et dis simplement que les sculptures et autres choses semblables ne sont autres (à mes yeux) que les ancêtres du robot. Les primitifs ont cherché à annuler la mort en copiant le corps humain, nous, en remplaçant le corps humain. Technique au lieu de mystique !
Plutôt bien vu, non ?
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