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Roberto Saviano

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Message par Tristram le Mar 5 Sep - 1:32

Roberto Saviano
Né en 1979

Roberto Saviano Robert10

Roberto Saviano, né le 22 septembre 1979 à Naples, est un écrivain et journaliste italien. Il s'est rendu célèbre pour avoir décrit précisément les milieux mafieux dans ses écrits et articles, en particulier dans son œuvre Gomorra (2006).

Publié en mars 2006, Gomorra explore la domination du crime organisé sur la Campagnie et la ville de Naples, sur fond de guerres entre clans rivaux et trafics en tout genre (contrefaçon, armes, drogue et déchets toxiques). Le livre est aussi une profonde enquête sociologique sur la population napolitaine vivant au cœur des milieux mafieux. Saviano y révèle également l'étendue des activités de la Camorra en Espagne. Dans une interview au quotidien espagnol El País, Roberto Saviano explique que Nuvoletta, Michele Zaza et d'autres membres de la Camorra recyclent massivement leurs gains illicites dans l'industrie touristique andalouse, acquérant ainsi hôtels, restaurants et night-clubs.
Saviano affirme par ailleurs que la Camorra aurait pris le contrôle des importations en Europe de cocaïne colombienne par des filières installées à Madrid et Barcelone.

En raison de l'immense succès dans son pays et à l'étranger de son livre, Roberto Saviano, victime de menaces de mort, vit sous protection policière permanente depuis octobre 2006. Il est considéré comme un héros national par nombre de ses contemporains, notamment son compatriote Umberto Eco.

Gomorra, traduit dans 42 pays, a été vendu à plus de quatre millions d'exemplaires à travers le monde, et a été adapté au cinéma et à la télévision.
source : Wikipédia

Ouvrages traduits en français :

Romans
Gomorra : Dans l'empire de la camorra (Gomorra. Viaggio nell'impero economico e nel sogno di dominio della camorra)
La Beauté et l'Enfer  (La bellezza e l'inferno)
Extra pure : Voyage dans l'économie de la cocaïne(Zero Zero Zero : Viaggio nell'inferno della coca)

Nouvelles
Le Contraire de la mort : Scènes de la vie napolitaine (Il contrario della morte)
Le combat continue : Résister à la mafia et à la corruption (Vieni via con me)





Gomorra (Dans l'empire de la Camorra)

Roberto Saviano Gomorr10

Il me semblait avoir été incité à cette lecture sur le forum, mais je n’y ai pas retrouvé trace de ce bouquin…
Gallimard a écrit:Gomorra explore Naples et la Campanie dominées par la criminalité organisée, sur fond de guerres entre clans rivaux et de trafics en tout genre : contrefaçon, armes, drogue et déchets toxiques. C'est ainsi que le Système, comme le désignent ses affiliés, accroît ses profits, conforte sa toute-puissance et se pose en avant-garde criminelle de l'économie mondialisée. Mais c'est aussi l'histoire intime de Roberto Saviano, qui est né sur ces terres et a choisi l'écriture pour mener son combat contre la camorra.

"Je ne voulais pas écrire un essai classique ni une simple fiction, explique-t-il, je me suis donc inspiré du genre "nonfiction novel'' de Truman Capote. J'ai utilisé la liberté et l'indiscipline du roman, en les croisant avec la rigueur des statistiques, des archives, des analyses sociologiques. Sous cet angle, la littérature cesse d'être une fuite de la réalité, comme elle l'a souvent été pour beaucoup d'écrivains du sud de l'Italie, et devient l'instrument le plus à même de raconter un univers qui est devant les yeux de tous, tout en restant apparemment insaisissable."
(article/ interview dans Le Monde)

Ce n’est pas le style, parfois artificiel, qui fait le mérite de ce grand reportage/ dossier/ témoignage, mais le compte-rendu global et l’analyse qu’il contient.

« N’importe où ailleurs, la main-d’œuvre aurait coûté très cher. Ici, il n’y a pas de travail, pas d’autre solution que d’émigrer, ce qui garantit des salaires bas, très bas. Il n’y a pas de mystère, inutile de faire appel à la sociologie de la misère, à la métaphysique du ghetto. » [sur le choix d’une zone déshéritée pour s’implanter par la camorra]

« Être au cœur de l’action, au centre du pouvoir. Tout utiliser comme un simple moyen et n’avoir que soi pour fin. Ceux qui prétendent que c’est immoral, qu’il ne peut y avoir d’existence humaine sans éthique, que l’économie doit avoir des limites et obéir à des règles, ceux-là n’ont pas réussi à comprendre le pouvoir, ils ont été vaincus par le marché. L’éthique est le frein des perdants, la protection des vaincus, la justification morale de ceux qui n’ont pas su tout miser et tout rafler. »

« Ce ne sont pas les camorristes qui choisissent les affaires, mais les affaires qui choisissent les camorristes. La logique de l'entreprenariat criminel et la vision des parrains sont empreintes d'un ultralibéralisme radical. Les règles sont dictées et imposées par les affaires, par l'obligation de faire du profit et de vaincre la concurrence. Le reste ne compte pas. Le reste n'existe pas. Le pouvoir absolu de vie ou de mort, lancer un produit, conquérir des parts de marché, investir dans des secteurs de pointe : tout a un prix, finir en prison ou mourir. Détenir le pouvoir, dix ans, un an, une heure, peu importe la durée : mais vivre, commander pour de bon, voilà ce qui compte. Vaincre dans l'arène du marché et pouvoir fixer le soleil [... »

« Telle est la nouvelle puissance de l’économie. Dominer coûte que coûte. Le pouvoir avant tout. La victoire économique plus précieuse que la vie. N’importe quelle vie, y compris la sienne. »

Ce qui m’a frappé, c’est la similitude du processus de développement des « groupes » maffieux et « non-maffieux » dans la grande dialectique commerciale généralisée. Même croissance opportuniste mais « naturelle » (dictée par le marché), même intérêt final, mais aussi identique penchant pour la discrétion sur les opérations, semblable désintérêt du vulgum pecus et de l’éthique en dehors d’un cadre relationnel restreint (famille, clan, village ‒ les orbes progressives de la xénophobie), rapport contraint avec les lois et réglementations ; et mêmes modèles d’entreprise, d’organisation et de gestion. Avec, nolens volens, leur interpénétration plus ou moins inextricable. Le « Système », au libéralisme absolu, auto-régulé, n’obéit qu’aux seules règles économiques : stratégie et intransigeance, pragmatisme et renom, compétition/ concurrence, expansion mondialisée, investissements, monopoles, alliances, entre création, domination et survie d’un empire. La seule différence entre la mafia et les autres formes d’industrie semble n’être qu’une question de degrés dans la violence et l’illégalité.

Plus anecdotique, moins plombant (encore que), il apparaît que les nouvelles générations de parrains (terme qui a remplacé celui de compare à cause du film de Coppola) sont très influencées par le grand écran (par ailleurs à la base du « charisme » des mafieux) :

« Ce n’est pas le cinéma qui observe le monde du crime pour s’inspirer des comportements les plus marquants, mais précisément le contraire. […]
L’inspiration cinématographique peut même conditionner certains choix techniques, comme la façon de tenir une arme ou de tirer. Un jour, un vétéran de la police scientifique de Naples m’a raconté que les tueurs de la camorra imitaient les personnages des films :
"Depuis Tarantino, ces gars-là savent plus tirer comme il faut ! Ils tirent plus avec le canon droit, mais tiennent toujours leur arme inclinée, presque à plat. Ils tirent comme dans les films, le pistolet de travers, c’est un désastre : ils touchent le bas ventre, l’aine et les jambes, ils blessent grièvement mais sans tuer. Et donc ils sont obligés d’achever la victime d’une balle dans la nuque. Un fleuve de sang inutile, une barbarie complètement superflue qui n’a rien à voir avec l’exécution." »

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Message par animal le Mar 5 Sep - 7:14

La mafia comme l'entreprise ça me fait penser au Outrage de Kitano.

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Message par Arturo le Mar 5 Sep - 10:50

tu avais vu le film, tiré du bouquin ?
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Message par animal le Mar 5 Sep - 12:52

(moi non en tout cas).

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Message par Tristram le Mar 5 Sep - 13:02

Je n'ai pas vu les deux films non plus _ mais ce ne sont pas des documentaires...

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Message par tom léo le Lun 12 Fév - 17:44

Roberto Saviano Jpg_sa10

Le contraire de la mort


Deux nouvelles
Original: Il contrario della morte/L’anello (Italienisch, 2007)

CONTENU:
Le contraire de la mort
Là d’où vient Marie, la plupart des hommes portent une plaquette métallique autour du cou, avec leurs noms, la date et le lieu de la naissance. C’est ce qu’il faut dans le Sud d’Italie bien pauvre, pour être identifié lors de leurs engagements dans l’Afghanistan en guerre. Car dans cette région, les hommes ont seulement la chance de participer au crime organisé ou d’aller au militaire. Comme Gaetano, le fiancé de Marie, qui part en guerre pour pouvoir payer le mariage et la maison commune. Et qui ne revient pas. Alors Marie change la robe de marié contre le noir du deuil et du désespoir.

L’anneau
Première visite d’une fille du Nord dans le Sud de l’auteur. Comment la protéger contre les regards, les attaques des prédateurs? Lui enfiler une bague sans autre explication ! Plus tard cette femme, devenue journaliste, est encore d’un autre monde : est-ce qu’elle va jamais comprendre que naître et mourir ici signifie des fois, d’avoir été tout simplement au mauvais endroit au mauvais moment ? Et deux jeunes hommes innocents meurent…

IMPRESSIONS:
Si Gommorha avait été un roman documentaire, alors ces "scènes de la vie napolitaine" sont aussi ancrées dans la réalité, dans la vie dans le Sud de l’Italie de l’auteur.
Dans la première histoire (récit? reportage?) c’est un jeune couple au centre. Il semble qu’il n’y ait pas d’alternative pour gagner sa vie : soit la Camorra, soit le militaire… Gaetano va laisser veuve une fille de dix-sept ans…
Est-ce qu’ils étaient – et ce Leitmotiv revient dans le deuxième récit – tout simplement au mauvais endroit qui les met devant de telles décisions, de telles choix ? Où est la marge de manœuvre, on se le demande ! Et alors on comprendra qu’il faudra pas forcement aller dans l’Afghanistan pour trouver la guerre en Europe.

Bien sûr on pourra classer ce livre presque comme un récit, un œuvre de non-fiction. C’est un vrai témoignage de la vie sous la menace dans certaines parties de l’Italie que l’auteur connaît.
Sa langue, son style ajoute à ce récit amer une note de poésie noire, de prose magnifique.

A lire !

mots-clés : #viequotidienne #violence
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