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Charles-Albert Cingria

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Message par Bédoulène le Sam 6 Jan - 15:44

Charles-Albert Cingria
(1883/1954)

Charles-Albert Cingria Avt_ch11

Charles-Albert Cingria (Genève, 10 février 1883-Genève, 1er août 1954) est un écrivain et musicien suisse.
La famille de son père Albert Cingria était originaire de Raguse (aujourd'hui Dubrovnik) et vivait à Constantinople, et sa mère Caroline Stryjenska (1846-1913), née à Carouge (Genève), était une peintre d'origine franco-polonaise. Son frère aîné Alexandre Cingria(1879-1945) était peintre, verrier, mosaïste, décorateur et écrivain.
Charles-Albert Cingria fait des études secondaires (inachevées) à Saint-Maurice et à Engelberg. Il étudie ensuite la musique à Genève et à Rome. Entre 1902 et 1909, il voyage en Suisse, en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Afrique, en Turquie, avant de s'établir à Paris en 1915. La Seconde Guerre mondiale l’oblige à retourner en Suisse. Après un passage à Lausanne et à Genève, il s’établit à Fribourg où il trouve une misérable chambre de bonne.
Pendant son séjour en Suisse, Cingria sillonne le pays à vélo. Il survit en publiant dans diverses revues de la presse locale et en donnant des conférences. En 1944, il retourne en France. Par la suite, il vit tantôt à Paris et à Aix-en-Provence, tantôt en Suisse. En 1954, il est rapatrié d’urgence à Genève, où il meurt d’une cirrhose le 1er août, jour de la fête nationale suisse.
Les fonds de manuscrits de Cingria sont conservés à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne et au Centre de recherches sur les lettres romandes de l'Université de Lausanne.

Bibliographie :

Cliquer ici pour accéder à la bibliographie de cet écrivain prolifique:
Monographies
• À propos de la langue espéranto dite langue universelle, Genève : La Voile latine, 1906.
• Lurçat ou La peinture avec des phares, "Amsterdam : aux Éditions Bladzvranckx, 1927
• Les autobiographies de Brunon Pomposo, Lausanne : Cahiers vaudois : Lettres de Lausanne, 1928
• Lausanne : L'Âge d'Homme, 1997.
• Pendeloques alpestres, Lausanne : Mermod, 1929
• Carouge : Zoé, 2001
• Le Seize juillet, Lausanne : Mermod, 1929
• La civilisation de Saint-Gall, Lausanne : Payot, 1929
• Les Limbes, Paris : J. Bucher, 1930
• Le canal exutoire, Lausanne : Mermod, 1931
• Impressions d'un passant à Lausanne, Lausanne : Mermod, 1932
• Pétrarque, Lausanne : Payot, 1932
• Lausanne : L'Âge d'Homme, 1992.
• L'eau de la dixième milliaire (pages sur Rome), Lausanne : Mermod, 1932
• Le Comte des formes, Paris : "Les Amis de C.A. Cingria" : Librairie des Trois Magots, 1939
• Stalactites, Lausanne : La Guilde du Livre, 1941
• Enveloppes : texte de Ch.-A. Cingria, Lausanne : A. Gonin, juillet 1943
• Lausanne : Mermod, 1946
• Le parcours du haut Rhône ou La julienne et l'ail sauvage, Fribourg : Egloff Librairie de l'Université, 1944
• Sion : VP, 1997
• Florides helvètes, Porrentruy : Aux Portes de France, 1944
• Le Camp de César, Lausanne : Au Lys rouge, 1945
• Musiques de Fribourg, Fribourg : Belles-Lettres, 1945
• Le Bey de Pergame suivi de Le canal exutoire, Lausanne : Mermod
• La reine Berthe et sa famille (906-1002), Genève ; Paris : Éditions des Trois Collines, 1947
• Lausanne : L'Âge d'Homme, 1992.
• Le Novellino : les cent nouvelles antiques ou le livre du beau parler gentil trad., présenté et enrichi de gloses par Charles-Albert Cingria, Paris : Club des Libraires de France, 1955
• La Grande Ourse, Paris : Gallimard, 2000
• Dans Corona nova no 1 (2001), Munich : Saur, 2001
• Géographie vraie, Fontfroide-le-Haut : Fata Morgana, 2003

Ouvrages collectifs
• Les pénates d'argile : essai de littérature romande, Genève : Eggimann, 1904
• Pour ou contre Ramuz, numéro spécial des Cahiers de la Quinzaine, 1926
• Grandeur de Paul Claudel, n° sp. de la N.R.F. , 1936
• Hommage à Ramuz, Lausanne : Porchet, 1938
• Hommage à Max Jacob, n° sp. d'Aguedal, 1939
• Stravinsky, n° sp. de la Revue musicale, 1939
• Hommage à la Suisse n° sp. de Confluences, 1942
• Auberjonois, n° sp. de Formes et Couleurs, 1942
• Les musiciens célèbres, Genève : Mazenod, 1946
• Présence de Ramuz, Lausanne : Guilde du Livre, 1951

Anthologies
• Charles-Albert Cingria : choix de citations, gloses, notules et prétextes, Genève : Cailler, 1955
• Le canal exutoire. Suivi de La fourmi rouge et de Ce pays qui est une vallée, Lausanne : Bibliothèque romande, 1973
• La fourmi rouge et autres textes, Lausanne : L'Âge d'Homme, 1978
• Florides helvètes et autres textes, Lausanne : L'Âge d'Homme, 1983
• Ibid., 1997
• Le carnet du chat sauvage suivi de Xénia et de Pendeloques alpestres, Paris : Le Nouveau Commerce, 1992
• Fontfroide-le-Haut : Fata Morgana, 2001
• Portraits, Lausanne : L'Âge d'Homme, 1994
• Propos animaliers, Lausanne : L'Âge d'Homme, 1994
• Anthologie, Bordeaux : L'Escampette, 1995
• Lettre au vérificateur des eaux : chroniques, Paris : La Différence, 1995

Correspondances
• Correspondance générale, Lausanne : L'Âge d'Homme, 1975-1980, 5 vol.
• Correspondances retrouvées, Lausanne : L'Âge d'Homme, 2001, 2 vol.


Dernière édition par Bédoulène le Sam 6 Jan - 16:24, édité 2 fois

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Message par Bédoulène le Sam 6 Jan - 15:56

Charles-Albert Cingria Produc10



Bois sec Bois vert

C’est  une première intrusion dans l’univers de cet auteur. J’ai donc été surprise par l’écriture dans sa forme, la composition et l' enchaînement des phrases, mais une fois apprivoisée j’ai pu en goûter la richesse.

Plusieurs récits, nouvelles et études dans ce livre qui aborde des sujets  divers, du banal buvard au palais.

L’auteur  s’intéresse  où porte sa vue dans ses flâneries, à pieds ou en vélo, dans un simple village ou dans une grande ville comme Rome ce qui nous vaut de belles  descriptions , les leçons de l’Histoire, des réflexions sur les arts.

Si l’ensemble est d’une belle facture, j’ai tout particulièrement aimé « Lou sordel » ( troubadour lombard du XIIIe siècle d'expression occitane).

Le suivre c’est visiter l’Histoire et surtout lire des poèmes écrits en « provençal » (Le mot provençal sert aussi, particulièrement jusqu’au milieu du XXe siècle12, à désigner l’ensemble de la langue d’oc), si l’auteur en pose la traduction française j’ai apprécié qu’il s’oblige à montrer la langue originelle, seule langue dont disposait à l’époque les troubadours.

Bois sec bois vert
: un retour au domicile après longue absence (guerre) se rapproprier les lieux, le temps et la vie. Que s’est-il passé en son absence ? le progrès ! Là il y a matière à critiquer les pays civilisés « soi-disant » actuels où  l’on ne construit plus de cheminée ; « mais c’est le progrès à rebours » !  Mais lui veut son feu !

« Celles (les fascines) que j’ai discernées chez l’Auvergnat de ma rue flambent trop vite. Aussi faut-il les tempérer avec du bois vert, dont je ne manque pas, m’étant, comme tant d’autres laissé duper pour une quantité assez grande. Celui-là craque, crache, pète, lance de longs furieux fils de vapeur, et c’est bien amusant, des matinées entières à contempler cette lutte du mouillé et du sec où le sec q quelquefois la victoire. »

Alors,

« si l’on ne trouve pas surnaturel l’ordinaire, à quoi bon poursuivre ? »

Le camp de César : des voleurs sympathiques « Je reconnais un des voleurs. La pensée me vient de le féliciter, surtout de le réconforter (j’ai bien compris pourquoi il a plié bagage si vite). Une industrie pareille et tant de grâce, tant de fulminante souplesse et aussi tant d’éloquence mériteraient mieux que l’obligation de s’enfuir aux moindres indices signes avant-coureurs de la force publique. »

Mais ce qui m’a le plus impressionnée c’est « le comte des formes » (le magistrat des eaux le plus puissant à Constantinople)

« Les « eaux » qui furent ici le début de tout comme elles l’avaient été de la terre, furent au nombre de huit. »

A travers l’Histoire l’auteur nous conte les tribulations de l’obélisque de Théodose, puis de celles du Latran qui se dresse à Rome. Sa curiosité le pousse à regarder de l’extérieur aux nombreuses fenêtres. Mais surtout il montre le caractère Romain des choses, de l’architecture, voire des roseaux. Tout dans Rome est continuité. Tout tient de la race Romaine (à prendre comme un pédigree)

« L’emploi de Rome par Rome –c’est simpliste à dire – s’acquiert par le séjour, difficilement par des considérations et des livres. »

-------------------------------

L’auteur est curieux de tout ce qu’est la vie ;  il laisse voir ses ressentis, explique souvent ses choix et  attitudes ; ses mots exhalent de la poésie.

Il  reproche parfois aux passants de ne pas « voir » ce qui s’offre à leur vue.

Si l’écriture est châtiée l’auteur ne s’en raconte pas, il est dans le vif, le vrai, le surprenant.

Ce fut une lecture qui m’a demandé de l’attention, mais elle le méritait. Malgré  (ou à cause de) mon très modeste commentaire  je vous engage à le lire.

Merci à Jack de me l’avoir proposée dans la chaine de l’hiver.

Extraits :

Eau de vie : On leur pèsera, comme à nous, cette eau ainsi nommée parce que réellement y assiste et participe le principe de la vie, mais non plus, comme à nous, on ne leur permettra pas d’entrer. Les verres seulement, contestablement propres, pourtant de cristal, seront posés sur la fenêtre, et l’argent recueilli disparaîtra de même… »

« Enfin il y a les évènements. Les moindres, en apparence, étant les plus significatifs. Il n’y a qu’à se promener, C’est ça qu’on trouve. Jamais soixante larynx dans une vitrine qui voudraient démontrer que l’espèce ne serait que le résultat par imperceptible d’une lente poussée aveugle. »

« L’archéologie aussi est historique au sens du recommencement humain « Les très grandes civilisations ont toujours eu pour le moins cinq ou six renaissances de différents styles, et leur mélange. C’est excitant ce mélange.


mots-clés : #creationartistique #historique #nature #nouvelle

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Message par Tristram le Sam 6 Jan - 18:55

Oui, de belles choses dites, à bâtons rompus, dans ce Bois sec Bois vert

« Vous comprenez que sur cette terre seuls les êtres qui ont un intérêt vénal ou flattant leur vanité publient leurs découvertes. D'autres se taisent. De là cette conviction que j'ai toujours eue que la littérature est un art de fourmis. »
« Recensement »

« (la conversation vit de parenthèses, lâche le plus éblouissant esprit de notre époque qui était Max Jacob). »
« Le camp de César »

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Bédoulène le Sam 6 Jan - 19:06

merci de m'avoir lu Tristram

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Message par églantine le Sam 6 Jan - 19:32

ça pourrait être une forme de flânerie littéraire , pour picorer de ci de là , dans le caprice du moment alors ...
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Message par ArenSor le Sam 6 Jan - 20:20

Livre qui m'est tombé des mains, très rapidement Charles-Albert Cingria 1038959943 Probalement pas le bon moment. Vous me donnez l'envie d'y revenir Very Happy
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Message par bix_229 le Sam 6 Jan - 21:01

Charles-Albert Cingria Cingri10

Extrait des Cahiers Vaudois. Cingria est à gauche, Ramuz est à droite.
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Message par animal le Sam 6 Jan - 21:19

@ArenSor a écrit:Livre qui m'est tombé des mains, très rapidement Charles-Albert Cingria 1038959943 Probablement pas le bon moment. Vous me donnez l'envie d'y revenir Very Happy
C'est du consistant il faut dire, je ne range pas Bois sec, bois vert dans les lectures faciles, entre l'érudition puissante et un goût affirmé pour la narration par chemins de traverses, il faut être en forme. Ca m'avait scotché après l'effort et j'ai certainement pas tout compris !

Récup ?

Charles-Albert Cingria 41w62g10

Bois sec, bois vert

recueil de... nouvelles paru dans la collection l'Imaginaire Gallimard.

Que se cache-t-il derrière ces bruits étranges qui entourent cette lecture, qu'est ce qui peut bien se cacher derrière les mots et les phrases de celui qui écrit devant la lune avant le passage des éboueurs dieux ?
Ah ! c'est toi, promeneuse ! Je m'en doutais, mais maintenant que tu as dû t'élever un peu et que je vois que tu n'as point de cou, aucun doute ne subsiste dans mon esprit. Merci de cette aimable visite. Je devrais t'offrir quelque chose. Si j'avais un liquide qui s'évapore et t'agrée, je le ferais tout de suite. Mais vois-tu, je n'ai que des pierres, des pommes, des plumes. Les pierres sont des aérolithes (je craindrais de te rendre un cadeau et de t'offenser); les pommes, c'est pour les engloutir ; les plumes, c'est pour graisser mes portes. Te parler alors ? Je le fais, mais pas dans l'espoir d'obtenir une réponse. Tu as l'air d'avoir envie de dire - ta croûte blanche en furie en témoigne - mais tu es pressée, tu montes, la persienne t'entame. Adieu. Ça a été bien court.
L'heure devrait sonner. Aux trois horloges : celle de la mairie, celle de l'église, celle du Sénat, les trois légèrement l'une après l'autre. C'est la montre qui est sur la table qui me fait penser cela. (Quelque chose craque dans les profondes charpentes plâtrées, qui doit n'être probablement rien.) J'ai du la remonter alors qu'elle était arrêtée, ce qu'on ne doit jamais faire avant de la porter à son oreille et d'écouter.
C'est peut-être l'aube alors cette seconde blancheur. Bientôt le sol frémira : on entendra les concierges trainant sur les trottoirs les lourdes caisses à ordures. C'est le premier bruit. Ensuite les frémissants camions des Kabyles qui les enlèvent, aidés par les enfants de Saint-Ouen qui croient que les Kabyles sont des dieux.

forcément beaucoup de choses. resterai à savoir ce qu'on entend par ce forcément... toujours est-il que plusieurs choses apparaissent rapidement. La facilité effrayante de la lecture d'une écriture pourtant franchement dense et très fuyante. Pas dans le sens où l'auteur s'esquive, ça tient du solide, présence physique qui se remarque dans les attitudes, dans le sens où elle est toujours déjà ailleurs... et souvent elle se moque, s'en moque. On suit sans trop comprendre alors que surgisse de tentaculaires monuments d'érudition joyeuse (moyen-âge, antiquité, langue,... ) et que l'immarcescible  floraison de la langue joue de la génération spontanée... Un coup on est plongé dans le sens, un coup on est dehors... toujours on est dans le texte. Attrapés dans un vrai plaisir et de fausses facilités.

déjà pas mal, vraiment pas négligeable, remarquable même... et pire, car l'espèce de principe Cingria est de partir sur autre chose, l'air de ne pas y toucher on est encore dans une autre histoire, d'autres considérations, on s'en va, l'air de rien... tout en étant encore un peu là. Clou du spectacle Le comte des formes... Rome, la ville, visite en plusieurs dimensions simultanées. On commence à comprendre. C'est magnifique, en un sens, en plus d'une sauvage beauté formelle. Et c'est bien ça, il y a des écritures fantaisistes, faciles... comme un chien urbanisé teint en bleu... et il y a ce genre de phénomène, de spécimen en liberté qui suit les lois d'un ordre naturel, qu'on va entrevoir peut-être au repos dans toute sa puissance sans question (voyez le gros félin couché dont on ne sait s'il ne se tend pas déjà pour se relever).

Si tout ça ne vainc pas après coup, vous aurez pu succomber à l'autre couleur du principe. Une géographie de la découverte et de la présence, on arrive, on découvre, ou redécouvre... on chemine à pieds, à bicyclette ou en train... entre Orléans et Roanne ou en région parisienne (forêt façon forêt de Fontainebleau... ), on y est déjà et pourtant pas encore, on est imprégné du lieu... et tout se conjugue à l'occasion dans des situations déraisonnées. Bazar, presque. Pour avoir une idée, un gout, au moins un sentiment (de presque souvenirs) de certains des lieux, mais plusieurs,  c'est saisissant, vous sortez dehors ensuite et vous êtes en alerte. Le rapport singulier qu'il entretient au lieu est très fort et très subtil, très intéressant. Et quelle envie de lire autre chose puis de relire pour voir plus loin dans cet édifice loin d'être bancal...  

C'est vraiment un auteur impressionnant !

un autre extrait :
On voit : rue du Rosier. On lit : Restaurant en lettres de mauvais jaune de tristes chameaux se sauvant en arrière. Une étoile est la plus fine de l'éternité. Le passé fond. Ah ce que nous chantions : sicut plantatio rosae in Jericho. Nous étions frais comme l'aurore, frisés comme des papiers de manches à gigot.
L'homme coninue :
"Je sais bien... Oh, je sais très bien... Vous êtes tous très forts... je vous remercie quand même... Je vous dit merde... L'enseignement c'est l'enseignement... Oui c'est oui..."
C'est devant le Temple des Billettes. Tous ceux qui ont été par là savent qu'il y a un banc. C'est là qu'il est assis, et il lance de grands gestes là où il n'y a rien.
Une femme et un vieillard traversent la rue. Ils tiennent à peine. Leurs enfants, princiers - le respect de l'ivresse et dès cet instant une initiative, improvisent ce miracle : la tenue -marchent à distance calculée. Ils tiennent des clés qui sonnent et qui brillent.
Si les autres s'arrêtent (c'est quelques fois très long), eux aussi s'arrêtent, sans discontinuer de parler de choses à eux qui ne sont nullement du désespoir de leurs parents mais de toute la vie, dans un français alerte et correct.
Plus la nuit avance, plus il fait lourd, plus on se sent éteint comme si d'immenses bêtes feutrées voulaient progressivement vous ôter le sang et vous tuer.
On veut fuir. On appréhende le moment de le faire. Et puis fuir, c'est abandonner cette chose précieuse et douce et fine plus que tout ce qui est précieux et doux et fin au monde qu'est Paris à ce moment énorme. Cependant mourir, la nuque plantée dans un tesson d'eau minérale tandis que la Vierge aux voiles sorbétiques vous aspire, n'est pas encore ce qu'il faut.
Je sais une gare. J'ai l'heure précise d'un train : un but : retirer ma belle bicyclette bleue laissée en consigne en banlieue.
Eh oui, tout à coup, l'idée de grands frais qui s'amoncellent m'irrite. Béni soit Adonaï qui a mis dans le cœur de l'homme la colère de ses intérêts  qui le fait vivre.
Je pars. Je dors un peu. J'arrive.

et un lien pour un article qui parle de ce style appliqué et très travaillé derrière des apparences très libérées : Se perdre sans s'égarer

c'est beaucoup trop... mou cet aperçu, ces petites impressions à chaud, pour son contenu si particulier surtout... pour le style et l'effet je vais me contenter de dire qu'on ne lit pas, à ma connaissance, tous les jours et avec ce propos réellement intéressant, interpellant, des livres qui ont cette énergie, qui développent et partagent à ce point un plaisir du texte.

j'en voudrais presque à bix de ne pas l'avoir hurlé sur tous les toits plus fort qu'il faut le lire le Cingria Charles-Albert Cingria 1798711736

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Message par Nadine le Sam 6 Jan - 22:11

Bah Bédoulène, ton commentaire est très riche au contraire ! Il donne envie d'y plonger à cause du foisonnement, merci à toi et à ton commanditaire !
Encore un livre que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam !
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Message par églantine le Sam 6 Jan - 22:16

@Nadine a écrit:Bah Bédoulène, ton commentaire est très riche au contraire ! Il donne envie d'y plonger à cause du foisonnement, merci à toi et à ton commanditaire !
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Message par églantine le Sam 6 Jan - 22:20

@animal a écrit:

et un lien pour un article qui parle de ce style appliqué et très travaillé derrière des apparences très libérées : Se perdre sans s'égarer


Panda , le lien est mort , quel dommage craboudin ! Charles-Albert Cingria 486671555
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Message par animal le Sam 6 Jan - 22:33

Et je ne trouve pas d'archive en ligne... Charles-Albert Cingria 575154626

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Message par bix_229 le Dim 7 Jan - 0:36

Tu as le don d' assimiler, et de relever tous les défis, Bédou.
Bravo !
Surtout dans le cas d' un texte hors norme et pas facile.
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Message par Aventin le Dim 7 Jan - 7:22

Bravo et merci Bédoulène !

L'arpenteur-pédaleur gyrovagant appuie sa bicyclette contre les fascines et hop ! c'est l'embarquement.
La narine frémit et se dresse, le visage écarquille tel un hérisson devant un rond-point.
Là, l'anecdote-écheveau se glisse, par effraction semble-t-il, et d'un bord de canal, d'un pré, naissent impromptu et d'une grande prodigalité des riens en majesté séculaire, et des pans historiés d'une sorte d'antiquaille savante et anecdotique.
Nager entre les roseaux en insufflant les insondables amers, la flaque de boue est Orénoque, le vif-argent d'une fleurette entr'aperçue science héraldique...

Profession dérouteur, cette sorte d'anti-GPS qu'est Cingria vibrionne aux longues suites d'adjectifs, aux mots désuets si ce n'est révolus, au style léger à concurrencer un éveil de libellule puis, subito, gras et onctueux comme une digestion de chanoine rabelaisien entre tierce et sexte. Comme je ne sais quel superlatif employer à son propos, on va faire simple et dire merci pour ce grand bonheur de lecture.

A l'instar des copains, je boise le fil avec mon commentaire de Parfum, du 15 août 2015 (même la date est cingrienne):
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Bois sec, bois vert

Charles-Albert Cingria Avt_ch10

Quelques difficulté à entrer dans ce livre, déroutant.

Un style digressif et peu familier -original au point que je peine à trouver une analogie-, un certain onirisme léger, poétique et situationnel, ces nouvelles constituent un bel embarquement.

On sent beaucoup de liberté - il suffit de quelques roseaux, un sentier boueux, ou encore un coin de rue ordinaire, et c'est parti pour un dépaysement total.
Oui, à notre porte !
Là, Cingria travaille beaucoup les (pourtant, a priori, rares) endroits où endogène et exogène se rencontrent, se fondent et se mêlent. Comme il écrit eu "je", l'endogène a sa centralité.

Sa langue a une fausse bonhomie (je marque "fausse" faute de mieux, en fait c'est fait à dessein, remarquablement), une apparence basique dans laquelle vient se ficher une tournure, une syntaxe, un mot rare, de façon sporadique une expression. Surpris, un peu narquois, on relit d'un coup d'œil. Un contrepoint. Puis, dans la narration, un contrepied.

Très doué pour amener le regard, Cingria, et pour ménager ses effets. Son air-de-rien, sa tendresse écarquillée d'auteur y concourent.

Observateur fin et précis, je vais jusqu'à méticuleux (par exemple des étoiles, de la campagne, d'un chaland, d'une place, d'un café, et que dire de Rome ?), on a l'impression d'être devant un prestidigitateur qui nous dit "suivez bien ma main droite..." tout en se demandant bien où va pouvoir nous entraîner sa main gauche (on ne devine jamais).

Je peux imaginer que ses coqs-à-l'âne, sempiternelles digressions maniérées, son art savant de se perdre en méandres puissent rebuter des lecteurs, peut-être nombreux.
Surtout bien sûr si vous aimez les travaux de plume linéaires, quitte à ce qu'ils soient un peu convenus, mais qui vous prennent, vous portent et vous déposent sans coup férir.

Avec Cingria il faut, parfois, un tout petit peu se cramponner, comme lorsqu'on aborde une terre mal connue, à cause de toute cette singularité.
Tranquillisons-nous, ça vaut le coup, au reste il y a toujours un point de départ et un point d'arrivée. Cingria invite au lâcher-prise, on grimpe sur un vélo douteux, on boit un alcool fort dans un petit verre, on contemple un couple ou un personnage, et, tout à coup, avec ce peu, on navigue dans les étoiles, ou bien on effectue une plongée par devers siècles dans l'Histoire.
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Message par Tristram le Dim 7 Jan - 10:55

A vous lire, me reprend l'envie de digresser dans ces bois vert et sec...

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Message par Bédoulène le Dim 7 Jan - 11:04

merci Animal et Aventin pour vos compléments essentiels !

Vous l'avez compris c'était une lecture ardue pour moi, mais je l'ai goûtée avec plaisir et contente au final d' avoir persister car saisir l'écriture s'imposait pour cette lecture.

merci à vous tous

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Message par kashmir le Dim 7 Jan - 14:39

Tu as su restituer le plaisir de ta lecture dans ton commentaire, Bédoulène ... Charles-Albert Cingria 1304972969 Merci à toi du partage.
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Message par Bédoulène le Dim 7 Jan - 14:51

merci Kashmir

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Message par Arturo le Dim 7 Jan - 18:01

Merci pour le fil, Bédou. Encore un auteur à découvrir pour moi.
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Message par animal le Dim 7 Jan - 21:05

Extraits que j'aime beaucoup :

   Voici enfin la Loire, car ce n'est pas comme un lac ou une mer. De loin on ne voit rien et, même tout près. Pour avoir une certitude, il faut savoir qu'une chaussée sur quoi passe la route en tient les bords. Il faut donc monter - changer de vitesse si l'on est en automobile. On voit luire l'eau volumineusement.
   C'est curieux comme un grand fleuve, même dans les lieux les plus sauvages, fait toujours une animation en quelque sorte citadine. Oui, et ces bancs et ce gravier. Est-ce qu'une ville, au fait - disons Briare - ne serait pas dans ces parages. Ces gens qu'on voit, ainsi égrenés, drôlement courbés, qu'est-ce qu'ils font ? C'est disséminé et cruel. L'on dirait une frise d'un linoléum onaniste dans une chambre froide. Ce sont des groupes et peut-être une action, mais avec une distance entre eux - ce petit chien roux, cette dame, cet affreux vélocipédiste - qui fait penser à l'accablement du billard. Heureusement qu'il y a des incidentes. Des journaux envolés d'un banc trainent, rasent le sol à plat entièrement dépliés avec une grande vitesse, puis, juste où il faudrait, s'arrêtent, parent, se préparent, gesticulent, se démantibulent, virent, assènent. On dirait des pantalons sans corps qui feraient une joute. Mais l'un subitement se sauve, se dresse, enjambe le parapet puis s'envole et plane pour aller s'étendre avec délice sur l'eau le ventre renversé, juste au milieu de la Loire.
   Il restera là indéfiniment, car le courant est très faible et, même s'il avance, le remous des piles le maintiendra à cet endroit.

L'imminence d'une ville est indéniable. Ce pont fabuleux que je vois ne partirait pas de la campagne. Rien, pourtant. Le lieu, malgré ces bancs, reste acide, agreste, paludéen. Le sable mêlé de boue ocre est bien plus fort que ces velléités. Enfin, dans les contre-bas, c'est bucolique. On sent cela. Ou bien, si l'on veut, c'est bucolique et banlieue à fois. Mais banlieue de quoi ? Certains ouvrages, en effet, certains contreforts et une puissante odeur de goudron. Une chèvre, maternellement assise sur les minces degrés d'un fol escalier de fonte froide semble lire une plaque où se détaillent les mérites des noms les plus éminents du Génie. Deslandes, de Boissanges Vincent, Placq, Malézieux, Bertin, Poulet et Morel de la Noé, Eiffel, Daydé, Pillé. 1889-1894. C'est là que ça commence, et là qu'un ton est requis pour célébrer sur un registre digne les fastes de l'architecture de fonte froide. Le passage cruciforme de deux eaux qui se surmontent : l'une ocre dans son immense lent lit capricieux naturellement incliné vers ses bouches, l'autre mince et suspendue, boueuse davantage, prodige d'une canalisation continuatrice d'une entreprise cardinalice. Richelieu creuse : Eiffel paraphrase. Les armes corporatives de Roanne sont de houille fixe, luisante. Des ramiers piaillent en multitude. Deux chalands sifflent pour réclamer le passage. C'est sur nos têtes - moi et ces chèvres. Un manuel qu'on achète qui est comme ceux qu'on a dans le Nord pour savoir les marées apprend que pour qu'il n'y ait pas d'embouteillage il a été prévu que le trafic s'effectuerait de Nevers à Nemours de trois heures à six heures et de neuf heures à midi; et que de quinze heures à dix-neuf  s'effectuerait le trajet en sens adverse. Mais pour qu'il en fût ainsi en toute saison, le canal devait être éclairé. L'électricité paraissait indiquée. Non parce que c'est une nouveauté : parce qu'elle était pratique. Il s'agissait, au-dessus d'un fleuve très large, d'avoir une lumière fixe non susceptible de vaciller. L'éclairage au gaz semblait onéreux, si l'on comptait dans les deux cas le total des charges. L'éclairage électrique présentait l'avantage d'être indépendant des municipalités riveraines. Il restait entièrement dans les mains de l'administration du canal. De fait, entre le plan d'eau du nouveau bief et celui de l'ancienne branche, une chute de 7m. 94 était disponible. Donc au moyen d'une force motrice importante, l'éclairage électrique était assuré par deux turbines débitant, l'une et l'autre, en pleine marche, 190 litres, soit, ensemble, 380 par seconde. Cependant il y a un style de l'électricité. A l'origine, de même que les wagons ne firent que reproduire une ou plusieurs berlines collées ensemble, l'électricité plus ou moins continua dans ses lampadaires les formes qu'avait inspirées le gaz. Donc sur l'étendue de 1.391 mètres qui séparent les rives, non moins de 104 lampadaires témoins d'une laïque époque de piaffantes joueuses de croquet se dispensent à droite et à gauche dans un air cru dont c'est le premier contact avec l'histoire. Mais il n'y en a pas si l'on se refait originel. Le berger en chape amère qui traîne n'a considération que de l'utilité.

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