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LC Austerlitz de Sebald

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Message par Bédoulène le Lun 29 Jan - 8:41

Cliniou et moi-même commençons ce livre de Sebald ; ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus.

LC Austerlitz de Sebald 41vfk610


Dernière édition par Bédoulène le Lun 29 Jan - 8:49, édité 1 fois

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Message par Bédoulène le Lun 29 Jan - 8:47

pour vous appâter :

Les quelques premières pages m'amènent à rechercher le tableau cité et décrit par le narrateur :

Anvers par Lucas Van Valckerborch

LC Austerlitz de Sebald Anvers10

et comme Austerlitz commente l'architecture de la gare d'Anvers

LC Austerlitz de Sebald Gare-a10

je poursuis l' entretien entre le narrateur et le fameux Austerlitz justement rencontré dans la salle des pas perdus de la gare d'Anvers, ville qui a plongé, à son arrivée, le narrateur dans un certain malaise.

à suivre

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Message par tom léo le Lun 29 Jan - 9:37

C'est plus que tentatnt de me joindre à votre LC..., car ce livre m'a bouleversé à la première lecture. Complexe, riche, actuel, historique - immense. Mais malheureusement je n'ai pas les moyens de m'y coller sérieusement actuellement?

Bonne lecture! Je vous envie.
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Message par Bédoulène le Lun 29 Jan - 9:59

merci Tom Léo ! tu pourras intervenir à tout moment !

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Message par Dreep le Lun 29 Jan - 10:41

Un livre magnifique, génial, oui. Pourtant, ce n'est pas le meilleur.
Peut-être que Sebald y joue un peu trop la corde du mélo, dans la deuxième partie. Avec notamment une scène de retrouvailles avec une nourrice (si je me souviens ?) qui est difficile à croire.
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Message par Bédoulène le Lun 29 Jan - 20:39

pour le moment je suis les différentes rencontres entre les deux hommes, en Belgique, puis la rencontre 20 ans où Austerlitz parle de son enfance.

mais j'ai bien aimé, sa réflexion à propos de la Gare : Austerlitz se demandait pour sa part "combien d'ouvriers périrent, lors de la manufacture de tels miroirs, de malignes et funestes affections à la suite de l'inhalation des vapeurs de mercure et de cyanide."

description de tous les symboles présents dans l'architecture de la gare, qui reflètent la colonisation, le Capital, et le Temps avec la grande horloge.

Le malaise du narrateur à Anvers est visible par  la vision qu'il a du Fort de Breendonk : large dos d'un monstre, couverte par endroits d'abcès ouverts ; cette forteresse était le pur produit monolithique de la laideur et de la violence aveugle

Austerlitz a argumenté sur l'inutilité des forts que l'on construisait de plus en plus grands mais qui étaient détruits à chaque époque par des "armes" de plus en plus puissantes.

J' ai le sentiment qu'il n'aime pas la "forfanterie" des monuments.

Cliniou où es tu ?

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Message par Quasimodo le Lun 29 Jan - 20:53

Bonne lecture Bédoulène !!

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Message par animal le Lun 29 Jan - 21:25

ça m'aurait tenté mais je suis pour quelques semaines encore avec les Jéromine (et je n'ai pas ce Sebald là de côté mais j'en ai un je crois).

je vais devoir me contenter de vous lire avec intérêt. LC Austerlitz de Sebald 1123869720

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Message par Cliniou le Lun 29 Jan - 21:29

« Cliniou, où es-tu? »
.....J’arrive, Bédoulène !
Comme une dératée, le cartable mal fermé, quelques copies sans doute échappées, quelques points bonus perdus, je ne sais pas, je n’ai pas le temps car Bédoulène m’attend.
Je saute dans le train mais comme nos trains sont tellement en retard que souvent le dernier rattrape le premier , eh bien donc je suis arrivée en retard en gare d’Anvers.
50 premières pages. Au pas de charge.
D’abord, j’ai retourné le livre plusieurs fois pensant m’être trompée : le début se déroule en Belgique, Anvers, son zoo, sa gare....Tiens? Surprise! On a tous des souvenirs là-bas.
Pour le moment, j’ignore où l’auteur veut nous mener, si ce n’est à Antwerpen. Je suis les propos d’Austerlitz sans trop savoir à quoi cela va me servir.
J’ai fort apprécié l’image que tu soulèves Bédoulène avec les ouvriers. J’ai aussi aimé l’effraiement de la saccade de l’aiguille de l’horloge; aussi dans le fort de Breendonk tout ce qui sombre dans l’oubli chaque fois qu’une vie s’éteint.

Alors, je m’installe sur un banc dans la salle des pas perdus pour quelques pages.
Demain, je ne dois pas oublier que l’objet de mes questions d’examen ne doit pas porter sur la coupole en verre de la gare.
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Message par Bédoulène le Mar 30 Jan - 13:28

Suite

ah oui comme tu me le rappelles "l’effraiement de la saccade de l’aiguille de l’horloge" ce qui marche avec les arrivées et départs dans les gares, moment de bonheur ou de douleur.

Je reviens sur le passage de la visite du Fort et le rappel des tortures faites aux internés pendant la guerre et notamment la présence de Jean Améry.

De belles images également sur "l'ancien Mont de la Potence - le Palais - à Bruxelles, la "petite histoire du monument".

Eh oui où nous emmène l'auteur ?

je le suis car ses rencontres avec Austerlitz sont des moments suspendus dans le temps, les réflexions d'Austerlitz sont essentielles dans l'approche du personnage, énigmatique pour le moment.

Rencontre fortuite, 20 ans après au Great Eastern Hotel, avec Austerlitz où le narrateur reçoit une demande de sa part : lui prêter une "oreille attentive" ; Austerlitz se raconte, il a passé son enfance au foyer du couple Elias, le prédicateur calviniste qui lui inculque la religion.
La vie est très austère évidemment, l'enfant en grandissant se rendra compte qu’une des fenêtres de sa chambre est murée de l'intérieur ; la femme Gwendolyn est triste, les rapports avec Austerlitz sont tout en retenue.

S'en suit l'évocation de sa scolarité dans un établissement privé. On imagine le ressenti de l'enfant qui trouve une certaine liberté dans l'institution scolaire, par rapport à l'ambiance de la maison .
On suppose à l'attitude de la femme qu'un secret douloureux n'y est pas étranger (pièce vide par exemple où Austerlitz trouve la femme en pleurs); comme en écho à la chape de plomb ressentie pendant la visite du Fort .

A retenir aussi les sermons qui remplissent d’effroi les fidèles, car presque toujours portés par la punition divine.

Un très sensible passage alors que l'enfant découvre, dans la bible galloise destinée aux enfants, la représentation d'un camp d'hébreux : il s’imagine  vivant dans un tel camp. Le berceau de Moïse sur les eaux et la traversée du désert du Sinaï (qu'il retrouve dans certains des paysages) , tous les sentiments qui le submergent, la vision de sa mère et de son père, parfois, le confirme dans l’impression que dans le foyer d’Elias il n’est pas « dans sa maison »

L’auteur rend très justement l’atmosphère sombre de la vie d’Austerlitz dans ce village de Bala, tout y contribue :   la confidence d’Elias du village de son enfance englouti, les dons du cordonnier qui dialogue avec les disparus, les visions d’Austerlitz.

A la mort du prédicateur, alors qu'il a 15 ans, Austerlitz qui portait à cette époque le nom de Dafydd Elias apprend sa véritable identité : Jacques Austerlitz

A suivre

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Message par Bédoulène le Mar 30 Jan - 18:57

un point important de la lecture, il faut aimer  la contemplation, les descriptions nombreuses, précises : monuments, objets, paysages, oiseaux....

quelques photos illustrent des paysages, des monuments, même des personnages ce qui donne au lecteur l'impression qu'il lit une biographie.

Revenons à l'Institut où Austerlitz poursuit ses études grâce au Professeur Hilary qui d'ailleurs le soutiendra, s'occupera de la succession d'Elias et de la naturalisation d'Austerlitz, il lui offrira en cadeau souvenir : 3 feuilles de saule de l'île Ste-Hélène et 1 usnée détachée le 31 juillet 1830 de la dalle recouvrant le tombeau  du Maréchal Ney.

En second cycle Austerlitz se lie d'amitié avec son factotum Gerald Fitzpatrick ; ce qui est mal vu des autres pensionnaires. Austerlitz sera reçu par la famille de Gerald - moments heureux -

Austerlitz s'intéresse à la photographie mais pas de sujets humains car il trouve cela inconvenant.

(les clichés dont la photo est dans le livre m'ont fait penser à ceux d'Animal et de topocl) Smile

Si les réflexions d'Austerlitz sont souvent étonnantes, elles sont tout autant  pertinentes

Cliniou ne trouves-tu pas que c'est aussi une histoire sur l'identité ?

à suivre (demain pas beaucoup de temps, (journée de Mamy) peut-être un peu le soir si je ne m'endors pas)

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Message par Cliniou le Mer 31 Jan - 18:23

Oui, la quête de son identité.

Austerlitz dans sa narration relate bien toutes les questions qu'ils se posaient enfant: il a toujours eu l'impression d'avoir eu une autre vie, une autre histoire, ailleurs.
Petit, il croit voir les fantômes et il passe du temps avec le cordonnier Evan qui a la réputation de voir les esprits.
J'aime l'image qu'un défunt est plus petit que lorsqu'il était vivant car l'expérience de la mort l'a fait rétrécir.
Austerlitz essaie à partir d'un rêve de trouver la réalité, il a l'impression qu'un jumeau invisible marche à ses côtés, il soupsonne que les histoires bibliques se rapportent à lui. Austerlitz cherche déjà.
Ensuite vient le drame de la maladie de sa mère nourricière, Gwendolyn. Elle dépérit à vue d'oeil, tant et si bien que son père adoptif Elias le place dans un internat. Ce qui aurait pu sembler difficile pour un jeune enfant sera vécu par Austerlitz comme un soulagement. Gwendolyn meurt. Et Austerlitz dira cette belle phrase:

" Elias ne s'est jamais remis du décès de sa femme. L'affliction n'est pas le terme exact pour désigner l'état où il avait sombré depuis qu'elle agonisait. Je vois d'aujourd'hui, alors qu'à l'époque, à l'âge de 13 ans, je ne pouvais le comprendre, que le malheur accumulé en lui avait détruit sa foi au moment même où il en avait le plus besoin."

C'est une dure réalité, bien réelle de tout temps, la perte, l'absence de celui qu'on aime.
Elias sera interné peu de temps après et ne reconnaîtra même plus Austerlitz lors de ses visites.
Un an après, Dafydd Elias apprendra par son directeur d'école qu'il s'appelait de son vrai nom Jacques Austerlitz. On continuera à l'appeler par son faux nom au sein de l'école mais il devra absolument noter son vrai nom sur ses feuilles d'examen. De ce jour, il n'aura de cesse d'essayer de savoir d'où il vient exactement.

On suit donc Austerlitz dans sa scolarité: deux rencontres importantes, l'une avec Hilary, son professeur d'histoire qui deviendra son mentor (et j'en connais quelques uns dont le prof d'histoire est devenu le mentor....) d'autant qu'il donnera un cours mémorable sur la bataille d'Austerlitz (et dont notre Jacques en resortira grandi et fier car il porte le même nom) et l'autre avec Gérald Fitzpatrick, un réel ami (le premier, le seul ? )
C'est à ce moment-là qu'Austerlitz fait ses premiers pas dans la photographie: impressionné par la forme et l'accomplissement des choses telle la ligne élancée de la rampe d'un escalier, etc...et non par les personnes. Il est intéressant de voir que l'auteur a relevé le côté magique du développement en chambre noire:

"Ce qui m'a constamment fasciné dans le travail photographique, c'est l'instant où l'onvoit apparaître sur le papier exposé, sorties du néant pour ainsi dire, les ombres de la réalité, exactement comme les souvenirs qui surgissent aussi en nous au milieu de la nuit et, dès qu'on veut les retenir, s'assombrissent soudain et nous échappent, à l'instar d'une épreuve laissée trop longtemps dans le bain de développement."

On retrouve à nouveau le rêve dans la réalité, le souvenir et le côté imprenable, impalpable du rêve/réalité.

Arrive ensuite l'épisode du souvenir du pigeon voyageur en vol lié à la mort de son ami Gérald......à suivre car je ne sais pas où il veut en venir pour le moment.

Après une bonne centaine de page: je suis un peu dérangée par l'absence de chapitre. Difficile pour moi d'arrêter au milieu d'une page (je n'aime pas ça).
D'autre part, comme le soulève Bédoulène, beaucoup de descriptions. Mais cela ne me dérange pas, on peut visualiser certaines choses, par contre les énumérations prolixes m'énervent.
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Message par Bédoulène le Mer 31 Jan - 23:57

ah ! moi j'ai aimé toutes les description sur les papillons et le passage sur les mites m' a presque émue ! Smile

alors qu'Austerlitz poursuit ses études d'art sur l'architecture à Paris, Gerald deviendra pilote (sa passion pour les pigeons l'a conduit à étudier leur vol)

Austerlitz dit que la perte de son ami Gerald a déclenché sa propre perte et le début de son enfermement. Après avoir fait au narrateur ses premières confidences, il l'assure qu'il le recontactera plus tard.

Ce n'est que plusieurs mois plus tard qu'une simple carte portant un lieu et une date fixera un nouveau rendez-vous entre les deux hommes.

Austerlitz souhaiterait un Temps qui ne soit pas révolu, que l’on puisse revenir en arrière. Certainement parce qu’il veut connaître ce qu’il y a dans son passé, le présent il le connait mais il sent que son avenir est dépendant aussi de son passé.

Austerlitz à son retour de Paris enseignera pendant 30 ans en Angleterre.. Il confie au narrateur ne plus arriver à écrire, il a peur d’écrire. Il a bien essayé de constituer un volume de ses études diverses car ses connaissances sont éclectiques, mais trouvant son écriture sans style, « amphigourique »  et des mots d’un usage incorrect alors un jour il rassemble toutes ses pages et les enterre .

« Je me suis senti soulagé du poids de ma vie mais je n’ai pas tardé à m’ apercevoir que les ombres de nouveau se posaient sur moi »

Il n’a plus de vie sociale, il se renferme de plus en plus, se rend compte qu’il est isolé et qu’il l’a toujours été que ce soit parmi les Gallois, les Anglais ou les Français.

Pour échapper à la torture des insomnies, il marche toutes les nuits dans Londres et se retrouve souvent à la Street station, lieu qui était très sombre et sinistre avant sa rénovation. Austerlitz apprend que sur l’emplacement du bâtiment principal de la gare et du Great Eastern Hotel se dressait le Prieuré de l’ordre de Sainte-Marie de Béthléem, également  un hospice d’aliénés et autres nécessiteux. Il imagine les cellules des pensionnaires, les champs où le linge est mis à sécher.

Une belle métaphore que celle des réseaux ferrés : « …dont les tracés ressemblaient aux faisceaux de muscles et de tendons sur les planches d’un atlas  d’anatomie »

Austerlitz l’a dit, il réagit toujours à l’improvisation aussi un jour suit-il un balayeur de la gare, se retrouve dans une salle d’attente pour dames, desaffectée .  Est-ce des visions ou des hallucinations ? il voit des personnages qu’il identifie comme des prisonniers, s’élèvent des escaliers, plusieurs niveaux, et tout en haut de la végétation, des oiseaux, de l’emprisonnement il passe à la libération.

Doit-on voir cette ascension comme l’accès à la connaissance ? je le pense car ensuite Austerlitz voit un couple : un femme avec un chapeau et un pasteur  et sur le banc un jeune enfant avec un sac à dos !

Austerlitz comprend que c’est lui l’enfant et que c’est de cette gare qu’ il est arrivé en Angleterre. Il est arrivé au début de la guerre.

Donc  son intérêt pour les gares se comprend, son inconscient le guidait.

A suivre

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Message par Bédoulène le Ven 2 Fév - 20:43

j'ai fait une pause aujourd'hui et demain super occupée je reprendrai dès que je peux ; tu as fini toi Cliniou ?

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Message par Cliniou le Ven 2 Fév - 20:43

Fin de semaine chargée.
Je tente d’avancer ce soir, j’écris demain.
Fini? Non, loin de là, tu es en avance Wink
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Message par Bédoulène le Sam 3 Fév - 13:54

bon j'ai dit que j'aimais bien les descriptions, c'est vrai que beaucoup de passages sur les monuments, les papillons, les mites m'ont plu, mais je rejoins Cliniou pour certains passages, notamment le séjour à Marienbad, long et les digressions, notamment celle sur Casanova, ou sur le physique de personnage, qui n'apporte rien.

Les rêves d'Austerlitz sont autant de visions sur son passé, ce n'est qu'au fur et à mesure qu'il rencontre ses images dans la réalité qu' il comprend. Austerlitz avoue au narrateur qu'il n'a rien su de la guerre et des horreurs qui s'y rattachaient, il ne lisait aucun journaux, écoutait très peu la radio ; il s'immunisait contre ce qu'il ignorait et qu'il soupçonnait comme les raisons de son impossibilité à s'exprimer. Il continuait ses errances nocturnes et souffrait toujours d'hallucinations, s'enfonce dans l'isolement et le renfermement. Puis finalement lors d'une rare sortie, dans un magasin de livres dont la propriétaire deviendra une connaissance acceptable, il entend à la radio le témoignage d'une femme qui raconte qu'enfant elle a été envoyée en Angleterre par ses parents au début de la guerre en 1939 ; en effet a eu lieu un transport d'enfant en provenance de plusieurs villes européennes. Ce convoi avait traversé l'Allemagne et la Hollande et qu'elle voyait par la fenêtre tourner les ailes des moulins à vent. Quand elle ajoute que le train avait été acheminé par un transbordeur à Hoek, Austerlitz retrouve ses rêves. Il est sur à présent qu'il fut passager de ce convoi.
Austerlitz part en Tchécoslovaquie se renseigner auprès des archives de la Karmelitska, il aura l'adresse d'une femme nommée Agata Austerlitzova il s'y rend et a la chance de trouver dans cette maison une Dame âgée (Vera)qui était la voisine d'Agata, son amie et qui reconnait en lui l'enfant dont elle s'occupait alors qu'elle était étudiante.  
Austerlitz saura par elle, le passé qui se réveillera par visions, jusqu'à son départ dans le train, départ où l'accompagnait Agata et Vera, son père lui étant déjà parti en France, mais jamais la famille ne sera réunie.
Austerlitz visitera Terezin, puis Marienbad qu'il a déjà connu, puis rentre en Angleterre.

Un soir d'hiver 1997 le narrateur passera la nuit chez Austerlitz car les confidences ont duré, pendant lesquelles Austerlitz raconte que son père Maximilian lui s'était rendu compte, dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir de la nature du nazisme, toute la propagande l'affectait particulièrement, ainsi que l'arrivée en Tchécoslovaquie des premiers exilés d'Autriche.
Toutes les restrictions qui ne permettaient plus à Agata de vivre normalement la conduire à envoyer "Jacquot" en Angleterre par le convoi d'enfants. Elle même fut arrêtée, envoyée au ghetto de Térezin.............la suite est imaginable.

Lors de son séjour à Prague Vera a montré une photo, un enfant déguisé en page, à Austerlitz lui disant que c'était lui. Il ne ressent rien à cette vue.
Une réflexion d'Austerlitz : "à un quelconque moment dans le passé j'ai commis une erreur et je me retrouve maintenant dans une vie qui n'est pas la bonne" une explication sur le fait que d'après lui le Temps n'existe pas ? quand il dit qu'il n'existe pas je comprends qu'il n' existe pas dans la forme, la dimension que nous lui prêtons (? !)

me fait imaginer que peut-être Austerlitz avait un frère qui est décédé, ce qui expliquerait son impression qu'un enfant marche à ses côtés.

D'autre part, le foyer des Elias m'intrigue toujours : la fenêtre murée, la pièce vide et le fait qu' à la mort de Gwendolyne Austerlitz ait dit qu'à force de douleurs le prédicateur avait perdu la foi. Que s'est-il passé dans ce foyer ?? la fenêtre murée évoque un drame !

à suivre

Cliniou ?

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Message par Cliniou le Sam 3 Fév - 15:41

Me voilà. Je n'ai pas avancé comme je le voulais mais ce n'est pas grave. Demain, je pars à Dinan, ce n'est pas moi qui conduit donc je vais bien me rattraper.

Alors, oui, trop de descriptions qui alourdissent parfois la lecture. Déjà que la forme est particulière: pas de guillemets pour les différents intervenants ou "narrateurs". Pas de chapitres. Tout à la suite. Donc parfois fatiguant, mais les nombreuses énumérations qui souvent n'apportent rien, ses digressions, cela m'ennuie. Ne dit-on pas que dans un bon roman, ce qui est important ce sont les bonnes coupures....

Bon, mis à part cela.

Pour le temps, je suis d'accord avec lui sur le fait qu'il n'existe pas, nous avons mesuré selon nos conventions quelque chose pour nos propres repères, ça aurait pu en être d'autres, il y a aussi les autres dimensions, etc.... Vu les nombreuses questions existentielles d'Austerlitz, celle du temps devait arriver. D'autant qu'il a un problème avec le passé, son passé inconnu dont son subconscient force le souvenir et c'est le temps qui passe qui finira par lui donner les (toutes? une partie?) réponses à ses questions.

Comme Bédoulène, l'écriture semble si précise dans la mise en place de certains éléments du début que l'on se pose des questions par la suite. En effet, pourquoi ce détail de fenêtre murée.....on verra si on a une réponse sinon il faudra chercher du côté des parallèles que son état d'esprit a pu faire entre des images et des explications dans son monde imaginaire (r^ve, fantômes....)

J'attache beaucoup d'importance à la forme d'une oeuvre, à sa respiration et j'ai beaucoup de respect pour un auteur. Donc, je vais toujours jusqu'au bout quelques puissent mes difficultés à m'adapter: ça fait partie du jeu. J'estime qu'il serait trop facile d'être passif. Nous avons notre part à jouer pour permettre à l'oeuvre de prendre forme et existence. Le bilan vient après tout le parcours.
Donc, et je ne veux pas ici devnir un nouveau Sebald dans mes longueurs, donc dis-je, j'ai eu un gros passage à vide de 40 pages où je e demandais comment j'allais faire pour aller jusqu'au bout. C'est le moment où Austerlitz explique qu'il perd progressivement la faculté d'écrire, victime d'une sorte de torpeur qui l'empêche de formuler une idée ou d'en être satisfait. Ensuite, ce phénomène touche la lecture. Et durant ses insomnies, ne pouvant ni écrire ni lire, il arpente les rues de Londres. Tout ce passage est long, lourd, on soupire comme Austerlitz finalement. Jusqu'à ce qu'il pénètre dans une salle cachée dans une station de la gare. Et c'est le déclic pour lui et pour le rythme du roman aussi (à ce moment-là du roman ! ) et pour nous aussi.
Pour le coup, je trouve que le choix de la forme opaque où le lecteur a difficile à y voir clair s'adapte au propos de l'obscurité du rejet, de l'abandon, etc...et surtout permet (la forme opaque donc) de transposer sur le lecteur le malaise d'Austerlitz (je suis gentille, car je trouve sincèrement certains passages beaucoup trop longs)

Mes petits relevés:
Lorsqu'il réfléchit sur le temps:
"Les morts n'étaient-ils pas hors du temps? Les mourants? Les malades alités chez eux ou dans les hôpitaux? Et non seulement eux, car il suffisait d'avoir son content de malheur personnel pour déjà être coupé de tout passé et de tout avenir."

De la perte de l'écrit:
"....et quelle sécurité n'ai-je point ressentie, devant mon bureau dans la maison envahie par la nuit, à ne voir pour ainsi dire, sous la lumière de la lampe, que la pointe du crayon courant d'elle-même en absolue fidélité après son ombre,...."

Sa recherche de sa réalité dans ses souvenirs, ses rêves ou ses hallucinations:

"C'est ce genre de souvenir qui me venaient dans la ladies Wainting room désaffectée de la Liverpool Street Station, des souvenirs derrière lesquels, et dans lesquels, se cachaient des choses encore plus anciennes, toujours imbriquées les unes dans les autres, proliférant exactement comme les voûtes labyrinthiques que je croyais distinguer dans la lumière grise et poussièreuse, à l'infini."

Voilà ma maigre contribution pour aujourd'hui. Je re viendrai demain soir ou lundi. Le hic, c'est que j'écrirai depuis mon téléphone portable..... affraid
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Message par Bédoulène le Sam 3 Fév - 15:57

Tu as le temps Cliniou profites de ton voyage !Smile

(je serais incapable de lire en roulant, je suis mlade si je quitte la route des yeux ! )

nous avons le même ressenti jusque là !

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Message par Cliniou le Dim 4 Fév - 21:39

Roman terminé .
On peut dire que la suite évolue comme précédemment: des descriptions nourrissant le rythme dans l’avancée de l’histoire et d’autres qui alourdissent au contraire.
La constante reste le fait de retrouver ses origines , son passé et son seul outil sera les images qui entrent en synchronisation avec les souvenirs enfouis en lui  et lèvent parfois le voile sur l’obscurité.
J’ai été surprise par le fait qu’il ne parle qu’une seule fois (p 180), et de façon non développée contrairement à ce qu’il est capable de faire, de la mémoire olfactive qui,il me semble, est plus « forte » chez un petit, ou du moins se fixe plus tôt que l’image.

Plus que percevoir, on ressent nettement le mal être d’Austerlitz qui finalement minera sa vie. Tout est relaté en retenue, avec beaucoup de pudeur.

Je n’ai pas eu l’impression de lire un roman mais plus une narration, un témoignage; et tout dans la structure tend à s’éloigner du roman.

Conclusion: Sebald est un auteur très sensible et aussi très romantique dans sa manière. C’est un très beau texte, mais pour avoir lu beaucoup de textes sur la Shoah, celui-ci ne m’a pas touchée comme les autres et l’absence de respiration dans le texte a fait place à un ennui inconnu jusqu’alors dans ce sujet pour ma part.
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Message par Bédoulène le Lun 5 Fév - 13:49

merci Cliniou d'avoir partagé cette lecture avec moi.

ton commentaire dont je partage une partie et c'est certain que ce texte n'a pas le même impact que les témoignages sur la shoah, néanmoins on peut pener que d'autres enfants ont pu subir, réellement, le même sort et le même douloureux destin.

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