Michel Laroche

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Michel Laroche

Message par colimasson le Mar 13 Mar - 15:16

Michel Laroche
Né en 1943


Michel Laroche, à l'état civil Philippe Laroche (né en 1943), est un évêque, écrivain et théologien orthodoxe français. Il est le métropolite de Paris et de toute la France de l'Église orthodoxe non canonique d'Ukraine (Patriarcat de Kiev).
Michel Laroche est né le 26 mars 1943 à Neuilly-sur-Seine en France. Il est ordonné prêtre le 1er novembre 1969 par l’évêque Jean Kovalevsky. Il est un temps rattaché au mouvement vieux-calendariste. En 1996, il est fait moine puis archimandrite dans le patriarcat de Kiev et sacré évêque de Lyon le 12 mai de la même année par Evloghios de Milan. Reçu et élevé comme Métropolite de Paris ayant juridiction sur toute la France par le Saint Synode du Patriarcat de Kiev présidé par sa sainteté le patriarche Philarète de Kiev en 19983 (confirmé en 20144 et 20155). Le métropolite Michel Laroche n'est pas membre de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France.
De 1966 à 1974 il fait des études théologiques à Institut de Théologie Orthodoxe français Saint Denys (reconnu par l’Académie de Paris) . En 1969, il est bachelier en Théologie puis en 1988 il devient doctorant en Théologie.

Oeuvres :

Théotokos, Marie Mère de Dieu dans la spiritualité Orthodoxe. Éditions Sisteron, 1981.
Une seule chair, L'aventure mystique du couple. Éditions Nouvelle Cité, Paris, 1984
La vie en Son Nom, La prière du nom de Jésus et ses méthodes spirituelles, 1992
Sur la terre comme au Ciel, La vie spirituelle au quotidien, 1985.
Seconde Naissance, De l'homme de l'angoisse à l'homme de la Résurrection, 1986
Mon fils est Né au Ciel, Méditation d'un prêtre orthodoxe sur la mort de son fils, 1993
Secondes Noces, 1996.
Être à deux ou les traversées du couple, 2000.
La papauté orthodoxe, Les origines historiques du papisme du Patriarcat de Constantinople et sa guerre ecclésiologique avec le Patriarcat de Moscou, 2004.
La voie du Silence dans la tradition des Pères du désert, 2010
Les Racines Chrétiennes de l'Europe. Les antinomies et les synergies de l'État et de l'Église de 313 ( édite de Milan) à 1054, 2014
La voie mystique de l'angoisse. Dans la pensée des Pères du désert, 2015.
Un première autocéphalie ukrainienne (1924). Éditions Patriarcat de Kiev, 2015 (en ukrainien)
Sainte Anne de Kiev reine de France, 2016
Une jurisprudence ecclésilologique du Patriarcat Œcuménique en 1924 - Le rapt par le patriarcat de Moscou de la Métropole de Kiev (1686 .(en ukrainien), 2017.
Petit Lexique pour comprendre l'Orthodoxie, 2017

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Laroche

--------------------------------------------------------------------------------------------------------

On avait commencé à en parler sur le fil de nos lectures de février... j'ai donc lu

La voie mystique de l'angoisse de Michel Laroche




Ce que Michel Laroche veut nous faire comprendre avec son livre, c’est que l’angoisse n’est pas un sentiment inopportun que l’on doit refouler, occulter, dissimuler ou bâillonner, comme nous le conseillent tous ces connards de l’optimisme dans un monde qui n’a pourtant rien d’enthousiasmant. Je ne vais pas vous refaire le topo sur ces livres de développement personnel dans lesquels des crétins des Alpes nous disent qu’il suffit de ne plus penser à son angoisse pour que le ciel nous bénisse et nous envoie tout l’amour, la joie et le bonheur dont nous rêvons depuis notre première gorgée d’air sur terre. Mais l’angoisse n’aime pas être piétinée. On peut essayer de lui bousiller la gueule et elle se tiendra peut-être tranquille dans son coin, l’espace de quelques heures, mais quand elle aura repris des forces, elle viendra nous exploser à la face avec encore plus de haine qu’avant. Que foutre donc de notre angoisse si on ne peut pas la buter une fois pour toutes ? Michel Laroche nous dit qu’il faut l’écouter et aller au bout de ce qu’elle veut nous dire. Je sais pas vous mais moi, ça me fait penser à Carl Gustav Jung qui préconisait de même de laisser son âme se mettre à l’écoute des numina, de tous ces signes mystérieux dont on ne sait jamais s’ils viennent du ciel jusqu’à nous ou s’ils ne font traverser notre âme de sa partie la plus silencieuse à la plus discursive.

« Je voudrais montrer que cette forme d’angoisse non seulement n’est pas le signe d’une maladie psychique, mais qu’elle est, au contraire, la manifestation la plus concrète de l’évolution positive qui est en train de s’opérer dans l’individu. »

Ah ouais ? Carrément ? Michel Laroche nous dit que l’angoisse, non seulement n’est pas à rejeter dans la déchetterie de notre âme, mais encore doit être bénie pour le changement qu’elle annonce. L’angoisse serait ainsi le signe « de cette contradiction fondamentale et pourtant nécessaire entre la distance que doit prendre le chrétien par rapport au monde (il n’est pas de ce monde) et l’assumassion de celui-ci, comme le Christ assume sa Croix. »

Ah ouais, merde, j’ai oublié de vous dire que Michel Laroche est métropolite dans l’Eglise orthodoxe, je sais pas trop ce que ça veut dire mais c’est sans doute qu’il exerce une fonction de haute importance et qu’il s’y connaît en histoires religieuses. J’osais pas trop vous le dire dès le début de ma petite note parce que j’avais peur que tout le monde se casse en courant alors qu’en fait, on peut très bien lire ce bouquin qu’on soit agnostique, athée ou croyant. Après tout, l’angoisse, tout le monde la connaît.

N’avez-vous pas remarqué qu’à chaque fois que vous sentez l’angoisse monter en vous, vous essayez de la rationaliser en invoquant maintes causes extérieures ? Bon, ça peut être vrai, le monde peut être salaud avec nous, mais l’angoisse ne se situe-t-elle pas ailleurs, n’est-elle pas simplement cette sensation de déchirement qui torture quiconque se trouve à la croisée des chemins et n’arrive pas à se décider ? Pour Michel Laroche, cette croisée sépare le chemin de la vie pour le monde, avec tout ce que ça implique de putasserie, de corruption, de conformisme et d’illusion, et le chemin de la vie pour le Soi, avec tout ce que ça implique de solitude, de folie, de détermination et d’intégrité. Forcément, dit comme ça, le deuxième chemin fait bien plus envie. Mais il faut avoir des couilles pour le suivre. Et quand on ne les a pas, qu’on tortille du cul pour se trouver des bonnes excuses pour ne pas l’emprunter, alors l’angoisse nous submerge, manifestation de notre lâcheté et perfidie nous rendant toujours plus lâche.

« Déchiffrer le programme que Dieu a inscrit en nous, c’est accepter cette nouvelle naissance, ce silence sur soi, à l’opposé de toutes les affirmations du monde qui prônent justement une connaissance de soi, mais utilisent bien entendu les critères idéologiques et philosophiques de ce monde. »

Fuck le monde ! Pour Michel Laroche, c’est ça le christianisme, c’est encore plus punk que les punks à roulettes qui achètent leurs cds à la fnac. Et après ça, il nous donne bien sûr des exemples en nous racontant des histoires, celles des Pères du Désert de l’Eglise Orthodoxe. C’est sûr que c’est ciblé comme exemples mais enfin, la qualité ne se trouve pas dans la généralité, même si celle-ci en est une. L’angoisse, dans la religion, ça s’appelle plus souvent l’acédie et, dans sa forme atténuée, la déréliction. L’acédie, c’est de ne plus sentir la présence de Dieu et d’être plongé dans un temps enférique, où chaque seconde devient interminable. La déréliction, c’est la même chose, sauf que le temps ne semble pas forcément douloureusement long. La différence est subtile. Or, l’absence de Dieu, n’est-ce pas justement ce qui caractérise la condition de la plupart des hommes de notre époque ? On a souvent dit que c’est génial, notre société est laïque depuis plus d’un siècle, on s’en bat les couilles de Dieu ! Oui mais laïcité ne signifie pas forcément effacement de Dieu. Or, c’est ce qui s’est produit et on se retrouve là comme des cons, avec plus aucun refuge pour venir niaiser notre tristesse quand elle surgit. Michel Laroche nous suggère de nous verser dans la prière du Christ pour retrouver la présence de Dieu. Ce n’est qu’une suggestion, ne jouez pas les offensés : on ne peut pas demander à un métropolite de l’Eglise orthodoxe de nous recommander un concert de heavy metal pour aller au bout de notre angoisse existentielle. Moi je sais bien que la prière du Christ ne me fera pas tomber en extase du dépassement de l’angoisse, soit que je sois trop paresseuse pour me plonger dedans, soit que je sois possédée par le temps enférique de notre époque, soit que j’aspire à autre chose, alors je me cogne un peu à une impasse avec cette suggestion de pure orthodoxie qui, si elle produit des miracles parmi les métropolites, reste sans doute de bien faible efficience pour le commun des mortels. Il suffit peut-être simplement de trouver un espace de méditation en soi, loin du monde, et peu importe la forme que cet espace revêt.

« Ainsi, devenir stupide ou fou pour le monde est indispensable pour recevoir la sagesse de Dieu. Je ne sais pas encore si ceux qui lisent ces pages en comprennent toutes les conséquences. »
avatar
colimasson

Messages : 532
Date d'inscription : 24/11/2017
Age : 27
Localisation : Lyon

Voir le profil de l'utilisateur http://colimasson.blogspot.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Michel Laroche

Message par colimasson le Ven 16 Mar - 9:15

Merci Bédoulène pour la création du fil.
Comme je suis en train de lire Jung et la gnose de Françiose Bonardel en ce moment, je me disais que la teneur des propos de Michel Laroche dans La voie mystique de l'angoisse me semblait bien imprégnée de gnosticisme aussi...
avatar
colimasson

Messages : 532
Date d'inscription : 24/11/2017
Age : 27
Localisation : Lyon

Voir le profil de l'utilisateur http://colimasson.blogspot.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Michel Laroche

Message par Bédoulène le Ven 16 Mar - 9:22

merci à toi du complément Coli !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 8684
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 73
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Michel Laroche

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Documents et essais :: Spiritualité et religions

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum