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Mario Soldati

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Message par Barcarole le Dim 18 Mar - 19:34

Mario Soldati
1906-1999

Mario Soldati Sans-t16

Mario Soldati est un écrivain, réalisateur et scénariste italien, né le 17 novembre 1906 à Turin et décédé le 19 juin 1999 à Tellaro, frazione de Lerici.

Après avoir suivi des études de lettres et d'histoire de l'art, Mario Soldati signe en 1929 un recueil de nouvelles, Salmace. Il part ensuite pour les États-Unis poursuivre des études à l'université de Columbia. De retour en Italie en 1935, il se fait connaître avec un premier roman : America, primo amore. Après quelques tentatives dans le milieu journalistique, il se tourne vers le cinéma.

D'abord assistant, Mario Soldati devient scénariste à partir de 1932. Il s'illustre en travaillant pour de grands réalisateurs italiens comme Mario Camerini (Les hommes, quels mufles, 1932). Il participe ensuite à la mise en scène de films tels que La principessa Tarakanova (Fedor Ozep, 1938). En 1940, il assure la réalisation de son premier long métrage, Dora Nelson. De 1940 à 1962, il réalise près d'une trentaine de films, essentiellement des films d'époque en costumes dont l'intrigue se déroule au XIXe siècle. Piccolo mondo antico/Le mariage de minuit (1941) et Malombra (1942) révèlent un talent de narrateur qui exploite avec subtilité les décors. Dans les années 1950, Soldati s'illustre dans des comédies (OK Néron, 1951), des films de cape et d'épée (L'héritier de Zorro, 1952) et des drames populaires (La donna del fiume, 1955). Mais il excelle avant tout lorsqu'il puise son inspiration dans des sujets empruntés à la littérature : Le miserie del signor Travet (1945) d'après Bersezio, Eugénie Grandet (1946) d'après Balzac ou La marchande d'amour (1953) d'après Moravia. Après 1959, il se consacre exclusivement à la littérature et livre une œuvre largement traduite à travers le monde.

L'œuvre littéraire de Soldati, extrêmement prolifique, couvre tous les domaines, de la poésie au théâtre (Pilato, 1924), en passant par des essais et des romans : La verita sul caso Motta (1941), Fuga in Italia (1947), La confessione (1955)... À partir de 1962, il intervient à la télévision italienne et travaille comme critique cinématographique

Bibliographie

• L’Émeraude (2012)
• L’Épouse américaine (2011)
• L’Incendie (2009)
• Le Train de l’espérance (2008)
• Fuite en Italie (2008)
• Amérique, premier amour (2005)
• Les Lettres de Capri (2003)
• La Vérité sur l’affaire Motta (2003)
• L’Acteur (2002)
• Le Père des orphelins (1999)
• La Confession (1998)
• Le Vrai Silvestri (1998)
• L’Enveloppe orange (1997)
• La Veste verte (1996)
• La Fenêtre (1995)
• L’Architecte (1991)
• Le Festin du Commandeur (1964)


Dernière édition par Barcarole le Dim 18 Mar - 20:06, édité 1 fois
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Message par Barcarole le Dim 18 Mar - 20:02

Mario Soldati Lettre10

Les Lettres de Capri

Mario, dans le roman (Mario Soldati en personne) est scénariste. Son ami Harry cherche du travail et lui demande un service, lui trouver un travail dans le cinéma, et pourquoi pas lui écrire un scénario. Mario est un peu ennuyé car il n’a rien à offrir, et encore moins un scénario à écrire.

Harry lui propose quand même un scénario que Mario reçoit. Surprise ! Harry lui raconte sa vie tumultueuse qu'il lit avec intérêt. C’est donc le récit romanesque de la vie amoureuse d’Aldo (Harry), de sa femme Jane et de sa maîtresse Dorothea. C’est aussi la vie de Jane et de son amant de Capri, don Rafaele.

Chacun se démène pour voir son amant ou sa maîtresse (ils ne savent rien de la double vie de l'autre) et ces vies parallèles avec leurs émotions sont clairement et remarquablement bien décrites. Quand il est avec Dorothea, Aldo culpabilise gentiment et pense à Jane. Quand il est avec Jane, il ne peut la supporter, elle la bigote, et a hâte de retrouver Dorothea.

Car avec la plantureuse Dorothea, c’est l’amour charnel, une femme de mauvaise vie rencontrée un soir dans un bistrot, les rendez-vous pris en cachette, à la va-vite, soit chez elle dans sa modeste habitation, soit dans d’autres lieux trouvés au hasard des possibilités. Avec Dorothea, il fait bon manger, vivre et se prélasser langoureusement.

Jane, sa femme, est menue, fine, parée de belles manières, rien de sensuel ne se dégage d’elle et il n’a pas envie de faire l’amour avec elle, sauf son devoir. Ils s'installent pour vivre dans des pays différents : ils vivent à Paris, aux États-Unis, à Rome, à Naples, vont très souvent Capri chacun de leur côté…

« Lorsque j’étais avec Dorothea, j’étais en adoration devant elle et devant son corps. Je ne pensais jamais au mien, jamais à moi, sinon par intermittence, avec un sentiment d’indignité et presque d’abjection. En revanche, je m’approchais de Jane, dans la tiédeur de notre lit, en ne songeant qu’à moi. Je ne désirais pas son corps, maigre, rose et nerveux, à la peau sèche et chaude, qui n’était pour moi qu’une vibration du mien, un désir abstrait, devenu frisson et chair pendant ces quelques instants nécessaires. »
[…]
« Et pourtant j’aimais Dorothea, même si mon amour pour elle était différent – opposé, à vrai dire. Je l’aimais et la désirais plus qu’aucune autre créature au monde, et je lui étais reconnaissant de m’avoir donné les plus belles heures de ma vie. »
Un jour qu'il était à Capri pour voir Dorothea, il lui avait semblé, mais comment en être sûr, avoir aperçu sa femme Jane. Il a dû rêver. Jane s’était montrée discrète. De Capri, elle avait écrit à son amant don Rafaele des lettres pour qu’il vienne la rejoindre…

Si Aldo culpabilise de critiquer autant Jane, d’avoir des pensées négatives et de rejet qu’il ne lui avoue pas, on peut le comprendre, la culpabilité de Jane est plus profonde encore. Elle donnerait sa vie pour son amant de Capri, elle serait même prête à laisser mourir leur fils pour son amant. Et pourtant elle considère Aldo comme un homme intègre, si parfait et la honte, les repentirs ne sont pas loin…

Aldo apprendra l’existence de l’amant de sa femme. Il jouera un rôle bienveillant, l’aidera à retrouver les « lettres de Capri » adressées à don Rafaele, prête à se damner pour lui.

« – Quand je rencontrais don Rafaele, je sentais une profonde haine monter en moi. Une haine mêlée de rage, car je comprenais que je m’étais livrée à lui inutilement. En le voyant, j’étais harcelée par le remords de m’être souillée dans l’espoir d’un plaisir que je n’avais pas eu. […] Comme la première fois, quand je l’avais attendu sur le petit balcon de la pension d’Anacapri, je comptais jusqu’à neuf. Mais ce calcul était désormais plus absurde !
Soldati décrit si bien les affres de ses personnages, la culpabilité, et le respect que les deux époux se portent l’un l’autre par-delà leurs mensonges respectifs, il fait briller leur humanité, et ce qui est touchant chez ces êtres de Soldati, c'est qu'ils n’ont fait, comme mal, que d’aimer et vouloir vivre à tout prix ces amours impérieux.

Très belle lecture !
NB : ne pas se fier à la couverture un peu kitch !


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Message par Bédoulène le Dim 18 Mar - 20:17

merci Barcarole ! est-ce que ce sont effectivement des lettres ?

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Message par Barcarole le Dim 18 Mar - 20:22

Le roman, ce n'est pas un échange de correspondances ou roman épistolaire.
C'est bien un roman, un vrai, où il est question entre autres choses, de lettres qui ont été envoyées et qui ont disparu de la circulation.
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Message par Bédoulène le Dim 18 Mar - 20:52

merci Barcarole !

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Message par silou le Lun 19 Mar - 23:47

Merci Barcarole pour ta présentation, j'ai aussi un très bon souvenir de cette lecture.
Si tu as l'occasion de voir les films de Soldati comme Le mariage de minuit ou Malombra , ces intrigues baignées dans l'atmosphère des lacs italiens à la fin du 19è en valent la peine.
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Message par Barcarole le Mar 20 Mar - 9:50

Merci silou ! Les lacs italiens, j'en rêve !
Soldati le scénariste, un "classique du cinéma italien" par-dessus le marché, c'est beau !
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Message par bix_229 le Mar 20 Mar - 15:17

Je n' ai pas lu les meilleurs livres de Soldati, qui, semble-t' il était un peu irrégulier.
Je tenterai les Lettres de Capri.
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Message par Barcarole le Mar 20 Mar - 23:22

Quand je pense que j'ai lu les Lettres de Capri parce que tu l'avais conseillé quelque part sur le forum !!! J'ai cru que tu l'avais lu, bix !!!
Eh bien je te le conseille !
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Message par bix_229 le Mar 20 Mar - 23:48

@Barcarole a écrit:Quand je pense que j'ai lu les Lettres de Capri parce que tu l'avais conseillé quelque part sur le forum !!! J'ai cru que tu l'avais lu, bix !!!
Eh bien je te le conseille !
Je suis étonné en effet, parce que je ne conseille pas en général des livres que je n' ai pas lus.
Et à tout prendre, j' aurais plutot suggéré d' autres auteurs que Soldati...
Mais bon ! Sorry !
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