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Jean-Jacques Rousseau

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Message par Ana le Jeu 29 Mar - 15:45

Jean-Jacques Rousseau
(1712-1778)

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Jean-Jacques Rousseau est un écrivain, philosophe et musicien genevois d'expression française, né à Genève en 1712 et décédé à Ermenoville en 1778.
Il est l'un des plus illustres philosophes du siècle des Lumières, bien que son œuvre philosophique et son tempérament l'ont souvent opposé au rationalisme des Lumières et à quelques-uns de ses éminents représentants.

Ses écrits ont influencé l'esprit révolutionnaire français. Il est célèbre pour ses travaux sur l'homme, la société et sur l'éducation ("Émile, ou De l'éducation", 1762). La philosophie politique de Rousseau se situe dans la perspective dite contractualiste des philosophes britanniques du XVIIe siècle et XVIIIe siècle ("Du Contrat social", 1762), et son fameux "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes" (1755) se conçoit comme un dialogue avec l'œuvre de Thomas Hobbes.

Outre son œuvre philosophique, Rousseau a écrit un roman épistolaire, "Julie ou la Nouvelle Héloïse" (1761) et des livres autobiographiques : "Les Confessions" (rédigées entre 1765 et 1770, publiées à titre posthume en 1782 et 1789) et "Les Rêveries du promeneur solitaire" (écrites en 1776-1778, publiées en 1782).

Jean-Jacques Rousseau meurt d'une crise d'apoplexie. En octobre 1793, au cours d'une cérémonie grandiose, ses cendres sont transférées au Panthéon. Jean-Jacques Rousseau devient officiellement l'une des gloires de la nation française.
source : Babelio

Bibliographie :

- 1742 : Projet concernant de nouveaux signes pour la musique.
- 1743 : Dissertation sur la musique moderne.
- 1750 : Discours sur les sciences et les arts.
- 1751 : Discours sur la vertu du héros.
- 1752 : Le Devin du village
- 1752 : Narcisse ou l’Amant de lui-même
- 1755 : Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.
- 1755 : Économie politique.
- 1756 : Examen de deux principes avancés par M. Rameau.
- 1756 : Jugement sur la Polysynodie — Première publication en 1782)345
- 1756-1758 : Jugement du Projet de paix perpétuelle de Monsieur l'Abbé de Saint-Pierre
- 1758 : Lettres morales — Écrites entre 1757 et 1758, publication posthume en 1888346.
- 1758 : Lettre sur la providence.
- 1758 : Lettre à D'Alembert sur les spectacles.
- 1761 : Julie ou la Nouvelle Héloïse.
- 1762 : Le Lévite d'Éphraïm .
- 1762 : Émile ou De l'éducation — Dans lequel est inclus La Profession de foi du vicaire savoyard au livre IV.
- 1762 : Du contrat social.
- 1764 : Lettres écrites de la montagne.
- 1764 : Lettres sur la législation de la Corse.
- 1771 : Considérations sur le gouvernement de Pologne.
- 1771 : Pygmalion.
- 1781 : Essai sur l'origine des langues — Posthume.
- 1765 : Projet de constitution pour la Corse — Posthume.
- 1767 : Dictionnaire de musique — Écrit à partir 1755, il paraît à Paris en 1767.
- 1770 : Les Confessions — Écrites de 1765 à 1770, publication posthume en 1782-1789.
- 1777 : Rousseau juge de Jean-Jacques — Posthume.
- 1778 : Les Rêveries du promeneur solitaire — Écrites en 1776, publication posthume.
- 1781 : Émile et Sophie, ou les Solitaires — Publication posthume en 1781, suite inachevée de l'Émile.




Bonjour à tous,

Ayant un moment devant moi et l'envie de vous faire partager un sujet qui me tient à coeur, je me décide à ouvrir une conversation sur Jean-Jacques Rousseau. A vrai dire, il est la raison de mon inscription sur ce site.
Je serai ravie d'échanger à son propos, de lui attirer d'autres lecteurs, de le critiquer aussi dans les longueurs. Et, si possible, de rencontrer d'autres rousseauistes.

A bientôt !
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Message par bix_229 le Jeu 29 Mar - 16:27

Je n' ai pas le début des Confessions en tete, mais c' est quelque chose du genre : "Si je ne vaux pas mieux que les autres, au moins je suis autre". Il y a chez Rousseau cet orgueil affiché et qui prouve qu' il avait conscience de sa valeur et de son originalité. Il était aussi ombrageux, et c' est la limite de sa sensibilié qu' on aime chez lui, mais qui lui faisait voir des ennemis un peu partout et qui pouvait aller jusqu' à la paranoia.

Je dis cela sans l' ombre d' une critique, mais au contraire, parce que je crois comprendre Rousseau bien au delà des apparences. Je veux dire que l' hyper sensibilité que je ressens m' amène parfois aussi à imaginer des choses qui ne sont pas forcément vraies mais que ma sensibilité rend possibles sinon vraisemblables.

Il y a des zones d' ombre qui subsistent ches Rousseau, notamment l' histoire des enfants et sans doute bien d' autres. Et qui souvent sont dues au fait que Rousseau n' ose pas aller trop loin dans les aveux de crainte qu' ils ne soient exploités par ses "ennemis". Il est possible que ses accès de panoia lui aient fait inventer des faits ou les omettre...La volonté d'etre sincère était chez lui radicale et en meme temps, il était empeché constamment de l' etre tout à fait... Ce qui a fait de lui un etre contradictoire.

Bref, pas simple de connaitre Jean-Jacques. Mais je le répète, le livre de Starobinslki,La Trensparence ou l' obstacle m' a beacoup appris et fait comprendre qui il était. Et qui m' a amené à l' aimer malgré...
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Message par Ana le Jeu 29 Mar - 17:03

Ah ! Les Confessions. C'est toujours par là que l'on fait commencer les élèves. C'est donc par là que j'ai voulu commencer de moi-même, sans me rendre compte que c'était la fin d'une vie d'oeuvres à connaître au préalable, avant les tourments de la personne, qui ne me semble jamais être ceux d'une personnalité qu'il prendrait. Même aux instants où ils ne ressemblent pas encore à celui qu'on connaîtra (je pense soudainement à des moments particuliers de l'enfance, fort pardonnables et prouvant peu comme la pomme voulu volée chez le graveur Ducommin, ou bien le ruban dérobé et réfuté éhontément), Rousseau m'apparaît toujours comme ce qu'il a voulu être : sincère et vrai.
Même dans le douloureux épisode des enfants (épisode douloureux tant pour lui, agissant automatiquement et sans réfléchir, dira-t-il, que pour nous qui l'aimons et imaginons bien les instances de la mère Levasseur sur les gémissements de la fille). La seule chose pour laquelle il fut impardonnable à mon sens et l'une des raisons, je crois, qui a motivé l'écriture des Confessions suite au Sentiment des citoyens.

Je me souviens bien du jour où je l'ai pris en rayon : le tome 1, dans une grande librairie. Je me suis dit, qu'il avait raison (et un peu mauvais caractère) à ce moment-là : "Que chacun d'eux découvre à son tour son coeur au pied de ton trône avec la même sincérité; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là (en italique)."
Je ne le connaissais pas. J'étais surprise et enchantée d'une telle affirmation. Ma curiosité était déjà bien avivée.
Je n'ai pas retenu grand chose de ma première lecture (surtout passée la deuxième partie), contrairement à celle de l'Emile qui m'a définitivement attachée à lui, qui me l'a fait citer au sein de conversations littéraires, pour apprendre à se connaître (souvent en dernier d'ailleurs, comme un souvenir ancré).
Oui, c'est de l'orgueil : un orgueil justificateur et trempé d'un caractère fort, malgré sa douceur. Comme il l'a dit dans ses Dialogues : il est d'un tempérament vif, à la fois colérique et s'attendrissant fortement.

Je vous rejoins dans l'hypersensibilité qui peut être un poids au quotidien (dans mon cas). A force d'imaginer ce qui pourrait être, on se leurre facilement soi-même en mettant toute notre créance en une fiction. Lui, il a su ou cru pouvoir s'en sortir avec, la sublimant plus tard dans les plantes, arbres et fleurs. Il est vrai qu'on peut se perdre dans la contemplation d'une seule si l'on en a le temps, s'il n'y a aucun bruit alentour. Un bon moyen pour se canaliser.

Serait-il contradictoire parce que toute chose peut être critiquée justement, et pris sous deux versants pour être mieux comprise ?
Rousseau serait-il sujet à une trop forte curiosité sensitive ?

Peut-être trouverai-je quelques éclaircissements chez Starobinski. Demain, je cours l'emprunter.
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Message par Ana le Jeu 29 Mar - 17:05

Qui a mis la description très complète tout en haut ?
Quelle excellente idée !
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Message par Tristram le Jeu 29 Mar - 17:23

Que chacun d'eux découvre à son tour son coeur au pied de ton trône avec la même sincérité; et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose : je fus meilleur que cet homme-là
C'est un peu la paille et la poutre de la parabole dans l'Évangile selon Matthieu, mais en plus egocentré ?
J'aurais bien aimé citer Rousseau, mais il s'agit de souvenirs scolaires, du primaire en prime je crois : je revois la couverture du livre d'extraits choisis dans Les Rêveries du promeneur solitaire, c'est dire s'il m'avait laissé dubitatif (mais il en reste assez pour évoquer la place de la marche dans la réflexion et dans l'écriture, discussion qu'on a amorcée quelque part sur le forum il y a peu).
Pour citer quand même :  
« : car c'est moy que je peins. Mes defauts s'y liront au vif, et ma forme naïfve, autant que la reverence publique me l'a permis. Que si j'eusse este entre ces nations qu'on dict vivre encore sous la douce liberte des premieres loix de nature, je t'asseure que je m'y fusse tres-volontiers peint tout entier, et tout nud. Ainsi, lecteur, je suis moy-mesmes la matiere de mon livre : ce n'est pas raison que tu employes ton loisir en un subject si frivole et si vain. »
Michel de Montaigne, « Essais », Livre premier, « Au lecteur »
Des "confessions" que Jean-Jacques avait sans doute lues ?

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Message par Arturo le Jeu 29 Mar - 17:27

Eh bien, quelle entrée en matière !
Bienvenue sur le forum Ana, et merci de nous communiquer ta passion pour l'oeuvre de Rousseau.
J'ai beaucoup de ses ouvrages dans mes bibliothèques, mais je n'ai lu que Les rêveries du promeneur solitaire, pour l'instant.

Tu es intéressée par le XVIIIème siècle en général, ou c'est juste Rousseau ?
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Message par Ana le Jeu 29 Mar - 18:10

Je vais essayer de répondre dans l'ordre.

M'accordant du temps libre, je viens de finir de relire la première promenade. Il y est justement question de Montaigne, que Rousseau a effectivement lu et qu'il cite souvent, en bien.
Or, une fois (impossible de me rappeler où), il affirme que Montaigne s'est peint de biais dans ses Essais, alors que son but a lui était de se présenter, non seulement de face (d'où cette impression parlante qu'il nous parle), mais avant tout intus et in cute (intérieurement et sous la peau).
Pourtant, je trouve cette affirmation aussi sincère que celle de Montaigne, qui comme vous le dites, souhaite se peindre nu et être la "matière de son livre".
On reste quand même dans l'apparence et dans le palpable solide là.

Par ailleurs, les quelques passages qui me reviennent de Montaigne le présentent lui, évidemment à travers son amitié fusionnelle avec la Boétie, mais le tout ponctué d'autres hommes célèbres (Cicéron, Démocrite je crois... Les cannibales...) dont le titre même n'invite pas à se pencher sur soi et ne conforte pas le lecteur dans cette optique (contrairement à son passage sur la solitude). Enfin, pour revenir à Rousseau dans l'Emile :

"Voulez-vous prendre une idée de l’éducation publique, lisez la République de Platon. Ce n’est point un ouvrage de politique, comme le pensent ceux qui ne jugent des livres que par leurs titres : c’est le plus beau traité d’éducation qu’on ait jamais fait."

Tout espoir de m'y remettre est permis !
Mais, avec Montaigne, je n'ai pas eu l'occasion d'apprendre à connaître un homme, mais une multitude qui embrouille un peu. Pardon si je partage mon expérience pour l'avoir lu mais sans le connaître vraiment bien...

Pour ce qui est de la comparaison "phrase de Rousseau/parabole", oui, en bien plus égocentré même. C'est le but de Rousseau qui transpire ici à mon sens. Pourtant, cette parabole invite à se remettre en question (comme toutes les paroles de Jésus d'ailleurs qui, sans modération, invitent à se bonifier au plus haut point), avec encore l'espoir de toucher un très grand nombre de contemporains et suivants (vite retombé dès la première rêverie...).

Je vais faire en sorte de trouver l'endroit du forum qui traite de l'écriture en marche. Merci !

Pour ce qui est de mes lectures, oui je lis d'autres auteurs du XVIIIe. Récemment, j'ai emprunté un recueil de contes immoraux, assez graveleux, très anticléricaux pour certains mais dont l'un m'a bien fait rire. J'essaierai de l'insérer quelque part sur ce forum si je le retrouve. Ce n'est pas, ce qu'on pourrait dire, une lecture habituelle !

Sinon, je lis un peu de Chénier, de Jean-Baptiste Rousseau (pour ce qui est des poètes). Marie-Joseph Chénier a d'ailleurs écrit une oeuvre musicale pour la panthéonisation de Rousseau (que je n'ai plus sous la main. Ces moments-là sont récurrents et toujours quelques peu enrageants).

Sinon, les classiques : Voltaire : Zadig, l'Ingénu, Micromégas et Zaïre sont pour l'instant mes préférés. Je recherche la Henriade partout sans la trouver. Petit désespoir !

Niveau théâtre, c'est Marivaux qui a tendance à l'emporter sur Beaumarchais, même si je le fréquente assez peu (je me souviens que l'Ile des esclaves m'avait drôlement plu).

Oh, mais bien sûr : Bernardin de Saint Pierre (Paul et Virginie : une lecture beaucoup moins édulcorée suite à la lecture de deux études fort intéressantes : une biographie intellectuelle de Bernardin de Saint Pierre et Bernardin de Saint Pierre et l'océan indien, que je recommande seulement après avoir lu au moins Paul et Virginie.).

Je lis aussi Diderot, même s'il me refroidit plus, surtout pour cette citation " Les hommes ne seront pas libres tant que le dernier roi ne sera pas étranglé avec les tripes du dernier prêtre ". Quitte à y aller dans l'anticléricalisme, je préfère encore savoir le curé hurlant au bout d'une fourche dans Jacques le Fataliste (qui d'ailleurs passe de mieux en mieux).
Cet été, je compte bien me procurer le Paradoxe du comédien.

Je crois m'être (encore une fois) beaucoup dilué dans mon élan. Je vais relire le tout et insérer des espaces propices à le lecture.

Merci à vous tous et bonne fin de journée.
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Message par Ana le Jeu 29 Mar - 18:25

J'en rajoute (excuse pour mon oubli), mais voici ce que Rousseau pense exactement de Montaigne. C'est à la première rêverie :

"Je fais la même entreprise que Montaigne, mais avec un but tout contraire au sien : car il n'écrivait ses essais que pour les autres, et je n'écris mes rêveries que pour moi".
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Message par bix_229 le Jeu 29 Mar - 18:56

Tu es très diserte, Ana !
Tu nous rafraichit la mémoire !
Tu lis aussi le XVII anglais : Defoe, Swift, Sterne ?
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Message par Tristram le Jeu 29 Mar - 19:22

Quand même pas mal prétentieux de la part de Rousseau, dans une publication de ses "rêveries" !
Montaigne s'expose pas mal, mais surtout ses réflexions, ses lectures, dans un épanchement digressif qui personnellement me réjouit !
Voltaire, Diderot, de bons souvenirs de lecture (et des fils à créer) !
« Rien ne dissemble plus de lui que lui-même. »
Denis Diderot, « Le Neveu de Rameau »

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Message par Arturo le Jeu 29 Mar - 20:01

Merci pour ta réponse détaillée.
Si je l'ai posée, elle n'était pas innocente. Car pour ma part, je dois avouer quelques difficultés et parfois réticences avec les auteurs du XVIIIème. Du coup je me demande ce qui peut attirer.
Je me suis rarement senti en phase, à part avec Laclos et Les liaisons dangereuses, que j'ai trouvé époustouflant.
J'ai quasiment tout lu des deux tomes en pléiade du théâtre du XVIIIème mais je préfère de loin les grands dramaturges du XVIIème, ou encore les Romantiques du XIXème. Mais j'ai beaucoup aimé Zaïre aussi. Et j'aime Marivaux également.
Mais globalement, je me sens très loin de ce siècle. Alors que je peux me sentir très proche de certains auteurs antiques, ou de Montaigne.
J'ai récemment lu Le diable amoureux, de Cazotte, avec un peu cette sensation d'être à distance de cette écriture, et de ce côté un peu précieux, badinage.
Reste Sade, qui éclate au milieu de tout ce paysage.
Les autres écrits libertins, type Crébillon fils, ou autres, je trouve ça assez vite lassant personnellement. (mais ce n'est pas spécifique au siècle, Les exploits du jeune don juan, d'Apollinaire, m'avait fait marrer sur les premières pages puis profondément ennuyé).
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Message par Hanta le Jeu 29 Mar - 20:11

Il y a deux Rousseau, le Rousseau écrivain et le philosophe politique.
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Message par bix_229 le Jeu 29 Mar - 20:55

Sans compter l' hiomme !
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Message par Tristram le Ven 30 Mar - 1:10

@Arturo a écrit:Je me suis rarement senti en phase, à part avec Laclos et Les liaisons dangereuses, que j'ai trouvé époustouflant.
Itou : ces dialogues épistolaires m'ont semblé constituer le summum de la langue française (à confirmer par une relecture).
Sade m'a un peu ennuyé, mais je n'ai pas tout lu ; il faudrait que je m'y remette...

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Message par Quasimodo le Ven 30 Mar - 2:09

Je ne suis pas un fervent du XVIIIe, mais voilà qui donne envie de s'y replonger !

J'aime Marivaux, j'ai aimé Beaumarchais (qui mérite relecture).
Mais les vers de Voltaire m'ont paru assomants à l'abord... Je n'irais pas spontanément lire La Henriade, ni ses tragédies.
La rencontre ne s'est pas faite avec Diderot, bien que j'y trouve du grain à moudre. Prévost, ça a coincé. Vivant Denon ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Et comme toi Arturo, Crébillon ne me tente pas beaucoup, quoique dans ma PAL...
Ca fait beaucoup d'échecs, mais je crois que je préfère la littérature étrangère (pour le siècle du moins).

@Ana, c'est Marie-Joseph Chénier que tu aimes ? Pas André ? (là pour le coup, c'est une de mes très belles découvertes de l'année)

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Message par Ana le Ven 30 Mar - 15:38

Bonjour,

Oui, j'aime aussi le XVIIe : Defoe, bien sûr (seulement Robinson Crusoé pour le moment). Evidemment, j'adore son théâtre (Molière plus que Racine et Racine plus que Corneille). Il est toujours agréable de lire ou de visionner une bonne comédie, et celles de Molière sont presque toutes trouvables en vidéo, sur Internet.
Je vais me renseigner sur Swift et Sterne, si on me les recommande !

C'est dans ces moments, où je parle littérature, que je me rends compte que j'aime les auteurs francophones, que je me tourne vers eux plus facilement, non pas par chauvinisme, mais poussée par ce sentiment de proximité. Il m'attire vraiment dans mon choix de livres. J'aime notre langue, sans être insensible aux autres.

Montaigne s'expose-t-il dans tous ses essais ? Je les ai en ma possession depuis plusieurs, dans une traduction qui date un peu. Je n'ai pas eu le courage de tous les lire, mais j'aimerais mieux le connaître et savoir par quel bout le prendre. Peut-être devrais-je emprunter quelque version réduite, ici ou là ?

Et puis, peut-être que l'orgueil de Rousseau est "juste" une conscience accrue de sa valeur et de sa différence (je crois sincèrement qu'elle existe) par rapport à ses contemporains et récents prédécesseurs ? La question se posera toujours, tant il est ardu de sonder un homme, surtout un homme mort (et immortel). Surtout lui.

La citation du Neveu de Rameau me rappelle le fait que Diderot affirmait ne pas se reconnaître dans un portrait, tant il était changeant. Il ne se laissait pas saisir, contrairement à Rousseau qui se donne du mieux possible.

Oh Laclos ! Je lisais dimanche dernier son discours, puis son traité sur l'éducation des femmes. Sa plume découlait de celle de Rousseau, tout en le dépassant. Modelé sur une lecture approfondie du Second discours (sur le plan de la forme et du fonds) et de l'Emile (fonds et dépassement du livre V), son discours me semblait répétitif au début par rapport à Rousseau, mais à vite pris le pas sur les conceptions de l'auteur en affirmant la figure de la femme sauvage à partir de la puberté. J'étais même sûre d'y retrouver l'épisode du bain de Virginie et de l'éveil des sens. Je ne m'étais pas trompée et me suis mise à mieux aimer Laclos, en penseur accompli sous l'égide d'influences.
Pour ce qui est des Liaisons dangereuses, je regrette que le filtre universitaire soit passé par là. Je regrette d'avoir vu une adaptation cinématographique avant de lire le livre, même si ce dernier m'a quand même époustouflée. Les études littéraires ont cela d'affligeant qu'elles formatent certaines oeuvres magnifiques en entités à étudier. Les étudiants s'en éloignent, sensiblement parlant, à force de les rabâcher comme des objets d'analyse. C'est ce qui m'est arrivé pour les Liaisons : on nous les a ressorti pendant la moitié de l'année. Pourtant, je ne m'étonne pas d'avoir eu envie de travailler dessus de mon plein gré.

@Arturo a écrit:Mais globalement, je me sens très loin de ce siècle. Alors que je peux me sentir très proche de certains auteurs antiques, ou de Montaigne.

C'est un peu l'inverse pour moi...

Ah ! j'aime voir le Diable amoureux présent ici : ce pauvre diable d'Alvare aurait bien dû se contenter d'une merveilleuse femelle épagneule. Or, jeune et insouciant, il le dit lui même :
"J'étais ému jusqu'au fond du coeur et j'oubliais presque que j'étais le créateur du charme qui me ravissait"

Il me fait de la peine sans m'en faire. Comme beaucoup, il avait besoin d'une rude leçon de vie. Le lecteur peut se sentir plus adulte en lisant cette oeuvre. Se sentir grandir. D'où l'effet de distance, sans doute, tant avec le personnage qu'avec le style d'écriture adopté.
Je me souviens que son amour d'emblée effréné par les actes de Soberino m'avait perturbé. Etre charmé à ce point par une sorte de magie, c'est extraordinaire et fait de lui un personnage remarquable et atypique.

Oh Sade me répugne ! Il n'aura droit à aucun coin de ma bibliothèque. J'aime trop Rousseau pour adhérer à ses principes fallacieux, à son écriture dégoulinante d'ordures (même si l'écriture peut être prenante et très bien ficelée).
J'aime trop Rousseau pour placer ce Serpent à la droite de son nom.

Rousseau homme, écrivain, philosophe, politique... Il brise à mon sens toutes les catégories tant il est unique, critique et sensible à l'extrême.

Oui, Quasimodo, je trouve aussi que Beaumarchais mériterait une plus large audience. Quand j'aurais le temps.
La lecture est un défi qu'on relève sans s'en rendre compte. je la ressens comme source de bonheur, sentiment d'unicité dans ma génération peu lettrée, mais aussi comme réservoir à dilemmes impatients. Une citation, tirée de l'Emile, me fera comprendre :

Livre IV a écrit:Mes meubles seroient simples comme mes goûts ; je n’aurois galerie ni bibliothèque, surtout si, j’aimois la lecture & que je me connusse en tableaux. Je saurois alors que de telles collections ne sont jamais complètes, & que le défaut de ce qui leur manque donne plus de chagrin que de n’avoir rien. En ceci l’abondance fait la misère : il n’y a, pas un faiseur de collections qui ne l’ait éprouvé.

Pour Prévost aussi ça a coincé, comme pour le Mondain de Voltaire. Par contre, son Poème sur le désastre de Lisbonne est assez prenant et a donné une jolie répartie (quelque peu tirée par les cheveux) de Rousseau. Voltaire lui avait envoyé son poème, et ce dernier lui a répondu par une lettre bien sentie, en faveur de la Providence divine et de l'optimisme, prenant ainsi le total contrepied du poème. Or, il est allé dire que s'il y avait eu autant de victimes, c'était dû à la hauteur et à l'agencement des bâtiments d'habitation au coeur de la ville, donc à cause de l'urbanisation et de l'inégale répartition des habitants (entre ville et campagne je suppose). Je dois avouer que là, l'argument fait un peu mal, même s'il se revendique toujours d'une même recherche de vérité sincère.

Pour ce qui est des frères Chénier, je me souviens davantage de Marie-Joseph pour sa contribution à la panthéonisation que pour ses poèmes. J'ai donc davantage lu André, même si le style poétique de l'époque, tout en longueur et qui raconte, ne me ramène aucun vers en tête.

Niveau poésie, je préfère de loin le XIXe, et surtout Verlaine.

Belle journée à tous !



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Jean-Jacques Rousseau Empty Re: Jean-Jacques Rousseau

Message par bix_229 le Ven 30 Mar - 15:42

Motivée, motivée !
ça fait plaisir !
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Message par Tristram le Ven 30 Mar - 16:24

En ce qui concerne Montaigne, à défaut de le lire intégralement, il est fort possible de le déguster à petites doses, comme un recueil de poésie. Le seul problème, c'est qu'on doit à chaque fois se reconnecter à son cheminement, sa langue, et c'est un peu rebutant. Il fait partie des auteurs qui demandent un certain effort, mais je ne crois pas qu'on puisse le regretter. Les extraits sont un pis-aller, mais mieux que ne pas l'aborder. Une grande part de son charme (à mes yeux), c'est qu'il s'égare sans complexe bien loin du sujet qu'il s'est donné (voir le titre du chapitre), qu'il creuse ce qui lui vient à l'esprit, n'hésite pas à développer une verrue qui l'intéresse, erre et butine d'une citation à l'autre, sans s'imposer une structure, qui serait moins "honnête" dans le rendu de ses réflexions.
Personnellement, je me régale avec les auteurs qui n'évitent jamais une digression, n'en finissent pas de commencer ou d'en finir (Diderot, Sterne, Rabelais, Delteil, Gadda, Joyce, Beckett, Nefzaoui, Thevet, Casanova, ad libitum) :
« Je me suis un peu extravagué de mon desseing : mais, parce que ce conte est rare et inusité, j'en seray excusé ; [… »

« Je ne sçay si je seray repris d'avoir fait ce conte, car on dit volluntiers que tout conte fait de soy n'est pas bon ; mais je me suis esgaré ce coup, encore que dans ce livre j'en aye fait plusieurs de moy-mesme en toutes façons, mais je tais le nom. »

« J'ay fait cette digression puisque le subget en estoit venu à propos. »

« Je me fusse passé (ce dira quelcun) d'avoir fait ceste digression : [… »

« On pourra reprocher que je m'extravague souvant ; mais aussi il m'est aisé à pardonner, puisque je ne sçay nul art de bien escrire. »

« Il est tantost, si me semble, de faire fin, ou jamais non. »

Brantôme, « Les dames galantes »

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par ArenSor le Ven 30 Mar - 21:15

Ana, un lieu qui doit t'être cher Very Happy

La statue de Jean-Jacques
Jean-Jacques Rousseau Er_0010

Le lac
Jean-Jacques Rousseau Er_0111

L'île aux peupliers avec le cénotaphe
Jean-Jacques Rousseau Er_0210

Le temple de la philosophie
Jean-Jacques Rousseau Er_0310

Le sépulchre
Jean-Jacques Rousseau Er_0410

"Nous fées et gentilles nayades / établissons icy notre séjour..."
Jean-Jacques Rousseau Er_0510

La "cabane" dans le Désert
Jean-Jacques Rousseau Er_0610
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Message par Ana le Sam 31 Mar - 8:31

Oh Arensor, merci pour ces images uniques ! Tu m'as remplie de joie pour la journée.
Nombre de lieux où j'aimerais me rendre (ceux où il a marché...).

Je n'ai pas encore eu cette chance...

La statue de Rousseau est-elle sur l'île des Peupliers ?
Tes photos ont-elles toutes été prises là-bas ?

Je ne connaissais pas l'existence des trois derniers lieux.

Tant de beauté, de sérénité sous ce ciel clair, avec Jean-Jacques. Le coeur m'en bat.
Ana
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