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Steve Tesich

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Message par topocl le Dim 13 Mai - 16:42

Steve Tesich
( 1942 - 1996 )


amour - Steve Tesich Steve-10


Steve Tesich, né Stojan Tešić (en serbe: Стојан Тешић, prononcé Tesch-itch) le 29 septembre 1942 à Užice, en Yougoslavie (actuelle Serbie) et mort le 1er juillet 1996 à Sydney au Canada, est un scénariste, dramaturge et romancier serbo-américain.

Il est élevé par sa mère et ses sœurs dans sa patrie, tandis que son père, un soldat rebelle qui s’est opposé au régime communiste du maréchal Tito, s’est réfugié en Angleterre. En 1957, la famille émigre aux États-Unis et l’adolescent de 14 ans se retrouve dans l’Indiana, dans la banlieue est de Chicago, ne parlant pas un mot d’anglais. Il apprend rapidement et, après le lycée, obtient une bourse de lutteur à l’université de l'Indiana mais il se reconvertit au cyclisme après avoir découvert ce sport. À l’université, Tesich obtient un master de littérature russe et commence son doctorat à l’université Columbia. Lorsqu’il découvre qu’il est doué pour l’écriture, Tesich abandonne son doctorat pour devenir dramaturge.

Sa famille s’établit dans la partie est de Chicago, dans l’Indiana. Tesich reçoit sa licence (Bachelor of Arts ou BA) de russe en 1965 à l’université de l'Indiana, où il est aussi membre de la fraternité Phi Kappa Psi. Il poursuit ses études en obtenant son master (Master of Arts ou MA) de littérature russe en 1967 à l’université Columbia. Il y écrit également ses premières pièces. Après l’obtention de son diplôme, il travaille dans le quartier de Brooklyn, à New York, en 1968, en tant que travailleur social au Département de la Santé et des Services sociaux.

Il est coureur suppléant dans l’équipe des Phi Kappa Psi, en 1962, lors de la course cycliste Little 500 (ou « Little five »). Son coéquipier, Dave Blase, court 139 des 200 tours et mène son équipe à la victoire, en franchissant la ligne d’arrivée en tête. Ils se lient d’amitié par la suite. Dave Blase est le modèle du personnage principal dans le scénario récompensé en 1979 : La Bande des quatre (Breaking Away).
Son roman Karoo, écrit en anglais, est publié de manière posthume en 1998, deux ans après son décès.

Romans en français

- 1982 :  Summer Crossing - Le roman a été traduit en français sous deux titres :
Rencontre d'été, Presses de la Renaissance, 1984
Price, éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2014
- 1998 : Karoo  - Karoo, éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2012

Source Wikipedia

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Message par topocl le Dim 13 Mai - 16:44

Karoo

amour - Steve Tesich Proxy_41

Un personnage totalement décourageant par sa petitesse et sa lâcheté, qui ne vit que par l'image qu'il donne de lui-même, celle-ci étant sauvée par la quantité d'argent qu'il arrive à dépenser à la journée. Tout ce qu'on peut  trouver de mesquin chez un mâle machiste camouflant sa petitesse et son incapacité à vivre avec les autres  derrière des justifications oiseuses où le paradoxe est roi. Confronté à son ex sûre d'elle-même et de ses vérités, donneuse de leçon souriante et vacharde qui l’enfonce en donnant l’impression d’une compassion extrême, et à un producteur hollywoodien machiavéliquement manipulateur derrière une envahissante façade faussement chaleureuse. Vivant dans un univers à court terme de fric et de plaisir, où quelques personnages plus « normaux » (Laurie, Billy et Leila) lui font effleurer l'idée que la vérité est peut-être ailleurs. Mais, définitivement cet « ailleurs » est inaccessible à Karoo dont le destin est d'être malmené et les ressources de rédemption bien limitées.

Tesich a un talent certain  pour décrire les petites vicissitudes de la vie, ces petites mesquineries et ses grandes aspirations. Sans son humour j’aurais eu du mal à m’intéresser à ce personnage aussi veule que redoutable. Il y a des passages réellement brillants où j’ai souri sur mon livre en me disant « qu'est-ce que c'est bien vu ». Il y a aussi des passages où il tire en longueur , devient trop prévisible : il joue un peu trop de son talent.
J'ai beaucoup aimé les notations sur : comment le héros est vu par les autres (notamment les espionnages conversation restaurant), comment il se plie à l’image que les autres attendent de lui, l'envahissement des banalités dans la conversation dans le seul but de masquer le creux et de noyer le poisson, l'illusion perpétuelle qu'a Karoo qu'il pourrait y arriver, mais finit par retomber dans ses travers habituels.

J'ai moins aimé la fin, où Tesich nous explique doctement  à quel point son livre s'apparente à une tragédie grecque, belle envolée littéraire, mais qui sent trop l 'astuce et l’épate.

Récup 2013

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Message par topocl le Dim 13 Mai - 16:47

Price

amour - Steve Tesich Proxy_42

C'est l'histoire assez éternelle d'un adolescent, Daniel Price, qui, le temps d'un été, va passer à l'âge adulte.
Ça commence plutôt bien, par un combat de lutte perdu, malheureusement, on n'entendra plus parler de lutte pendant tout le récit… On enchaîne avec un trio d'amis,  fort bien campé et sympathique,  mais, malheureusement, il va très rapidement se déliter….
On attaque alors le gros morceau, Price tombe amoureux, d'une fille magnifique, mais fantasque, mystérieuse (encore que le lecteur élucide rapidement le mystère) et qui le mène par le bout du nez, pendant que son père, devenu irascible et pervers, agonise d'un cancer…

Chaque page ou chaque chapitre est plutôt bien mené, vivement, avec des dialogues taillés au cordeau, mais Tesich ne peut s'empêcher de rejouer éternellement ces mêmes scènes : Price va voir cette fille qu'il aime et à laquelle il ne comprend rien, et il revient s'occuper de son père qui l'agresse et le déprécie . C'est assez ennuyeux au final, avec une impression de sur-place, et on a souvent envie de lui dire : Price secoue-toi un peu, ouvre les yeux, prend-toi en main. Il lui manque  de la générosité derrière son désarmant nombrilisme adolescent, à ce jeune homme.

Tout cela est assez regrettable car il y a de bons moments, de bonnes trouvailles et une bonne appréhension de cet espoir désespéré de l'adolescence, de ces difficultés à franchir le pas. C'est donc un assez bon roman, mais très répétitif, où j'aurais aimé éprouver plus de sympathie pour le héros, un roman sans assez de panache pour emporter mon enthousiasme face à ce thème si intemporel qu'il peut vite paraître éculé.

Récup 2014

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Message par bix_229 le Dim 13 Mai - 17:51

amour - Steve Tesich Karoo_10

Karoo


Pour en finir avec une lecture cyclothymique...

J'ai compris dès la moitié du livre que j'avais affaire à un mélo, un concentré de mélo, se faisant et se défaisant sous les yeux d' un lecteur atterré.
Sachant qu' un auteur a le droit d'adopter la manière qu'il a choisi, c'est au lecteur de décider s'il le suit ou non. Or le lecteur -moi, en l'ocurence- a jugé que même si on accepte la logique du mélo, ça peut se discuter.
Et donc, je pouvais prendre du recul, ou adopter l'ironie, ou adhérer. Or j'ai adhéré. Mais malgré moi !

J'ai trouvé que Tesich avait des faiblesses de style et de narration.
Par exemple, le narrateur a un très grave accident dans lequel meurent les êtres qu'il aime. Si on le croit, il les a tués volontairement.
A partir de ce moment, l'auteur a jugé bon de passer de la première à la troisième personne du singulier. Et voilà Karoo devenu objet narratif au lieu d'être le narrateur. Ca n'a d'ailleurs pas d'incidence sur le récit dans la mesure où il n'est question que de Karoo, de son mutisme et de ses divagations après l'accident.

Il pense par exemple, à un scénario qu'il avait imaginé autrefois sans passer à l'acte.
Il s'agissait de revisiter Ulysse, et d'en faire un personnage du futur mais avec les mêmes péripéties ; ou à peu près. Sauf qu'il se rend compte qu'Ulysse, le sien, n'a plus sa place là où il est de retour.
Il reprend son odyssée et part à la rencontre de Dieu. Comme vous l'avez imaginé, Karoo s'identifie à cet Ulysse-là.

"Et donc Ulysse continue à voguer, il suit Dieu, sans aucun espoir de le rattraper un jour, sans espoir d'atteindre cet endroit appelé "le foyer". Il ne sait dans quelle direction il va, mais il sait qu'il n'est pas perdu dans l'univers.
De temps en temps, il prie...
Et il continue de voguer."


J'ai imaginé après avoir terminé le livre que l'auteur avait peut-être  inventé cette fin que pour se rassurer lui-même, vu qu'il est mort juste après avoir achevé son texte.
Mais je n' en sais rien. Et pour avoir lu les commentaires, cette histoire peut être lue -ou pas- et commentée de bien des façons.


Récup.
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Message par tom léo le Sam 18 Aoû - 8:01

Commentaire, impressions plutôt écrits pour ceux qui ont déjà lu le livre !

amour - Steve Tesich 51wlqu10

Karoo


A mon avis derrière un récit d'une apparente simplicité (dans toutes ses détours), se cachent plusieurs niveaux de lectures et de compréhensions possible. Et cela m'était un bonheur d'essayer de voir plus loin que le bout du nez : ces abords possibles vont du récit, roman d'un simple cynique, via l'auto-dérision, via une vraie détresse jusqu'à une possible lecture métaphysique, existentielle d'une recherche et des observations très justes de l'être humain...

Saul est un personnâge qui au même moment vit des choses apparemment loin de notre expérience, et pourtant incarne (sujet qui revient) un homme d'aujourd'hui : séparé, mais pas encore divorcé, tiraillé, fuyant, mais lucide... Et aussi toutes les descriptions sur ces fuites et problèmes : à voir de plus près on reconnaît des motivations de beaucoup de nos contemporains, voir l'absence de vraie motivation et tout simplement … : la fuite. Cela me semble dominer dans ce caractère. Même l'alcool est une recherche éperdue de fuite, de l'oubli.
Ou la fuite de l'intimité. Cela semble presque contraire à ce qu'on dirait de soi et son désir; pourtant n'est-ce pas profondement vrai qu'aujourd'hui, comme Saul, on n'est pas (ou plus) capable de bien nous affronter nous-mêmes dans une certaine solitude ET l'autre dans une vraie intimité (il ne se sent à l'aise que devant un public...)? Karoo va, dans un certain sens, au bout d'une logique qui anime la plupart des gens dans leurs rapports avec les drogues, l'argent, les autres, la liberté, l'espace privé etc. Comment affronter la réalité : de soi-même, des autres (« La simple pensée à faire face à mes soucis me donnait la nausée. ») ? Pendant une large partie du roman Saul est la narrateur de son histoire. Cela ne change que vers la fin dans une narration apparemment plus distancée par un narrateur omniscient.

Constamment on se meut entre un cheminement d'évitements ET une grande lucidité, car ce Karoo  est derrière ces évitements très lucide, capables de se voir dans ses motivations. Et cela n'est pas un titre de gloire, mais constamment ou souvent une vraie source de frustration : Il ne fait pas ce qu'il veut et il fait ce qu'il ne veut pas. Pourtant en racontant dans l'Imparfait et le passé il a alors une distance vers ce qu'il raconte et nous sous-entendons la possibilité d'un vrai changement pour un avenir, soit pour un « aujourd'hui autre ». A voir.

Ici on s'approche sur une possible signification du choix du prénom : Saul. Ce premier nom de l'apôtre est associé avec Paul (vous vous souvenez du jeu de noms que le Père de Saul fait avec son fils?!), figure (dans l'imaginaire universel) de la conversion. Car finalement notre Saul ici aussi attend une redemption, un changement, une conversion. Bien sûr cela ne correspond pas complètement à la vie de Saint Paul, mais on ne peut pas s'empêcher de faire le rapprochement. Dans la réalité biblique et aussi ici, il s'agit pas juste d'une coupure si nette que les tranches de vie avant et après n'ont pas de lien. Non, il y a une forme de dédoublement, voir de coexistence d'une conscience de ce qui est juste au milieu de ce vie presque... ratée. Figure/symbole de conversion – chez le Père et Saul on trouve la mention des deux noms pour lui ! J'approche cette remarque d'une citation : « ...malade comme je l'étais, j'avais toujours un fragment intact de bonté au fond de moi ».

Certaines pierres d'achoppements, des rencontres faites dans la vie, des questions incontournables sont comme des invitations d'une mise en question de soi-même, des possibilités de saisir une occasion de changer. On peut les fuir.

En ce qui concerne son travail de découpeur de films des autres, voir des chef-d'oeuvres, on peut relèver tant de choses... Certes, il s'agit de détruire l'oeuvre d'un autre. Au-délà encore, un moment donné, la vie de Saul « consiste de ces bouts de graisse, d'inutilités coupées dans le film ». Combien des choses non-essentielles occupent la place ? Qu'est-ce qu'on enlève de notre vie pour trouver la cohérence d'une banalité attirante (mots très directs qui viendront plus tard)...  

Encore une fois : Karoo est lucide et proche de présentir que ce que d'autres appèllent la liberté est associé pour lui à « la fuite ». « Parler de changement était admirable. Esayer de changer était héroïque. » Le flot des paroles, ici et là : et on parle, on parle, pour immerger l'autre, pour « le  baiser » (rôle de Cromwell, presque diabolique, dans les yeux de Karoo, derrière certains accès d'apparente bien-veillance). Et où est la différence avec certains moments de la vie de Saul ?

Même si la première moitié pourrait être pris comme une introduction dans le caractère de Saul, je trouvais cela passionant. Dès un certain moment (Pittsburg ? Espagne?) la catastrophe entre les trois semble annoncée. Pas de surprises pour moi. Peut-être là l'histoire s'étire pour mon goût un peu trop.
Et inclus en cela : la catastrophe existentielle intérieure à venir. Et puis ? Saisira-t-il la chance ou pas ? Hésitations... Quel besoin de pardon... ! D'un coup, avec sa mère il arrive à se lâcher. Puis, physiquemment, chez Cromwell, puis la décision intérieure... : se débarasser de toutes excuses.

La fin me semble magnifique : le questionnement jamais abouti d'une histoire d'un Ulysse moderne dans lequel se retrouve Saul. Et il devient évident quelle est l'enjeu. Quelles sont les questions essentielles qu'il a fui toujours. Magnifique !

On a appelé les derniers pages – si je comprends bien – comme une chute vertigineuse ! Eh bien, qui a écrit ce commentaire ? Il me semble que l'ensemble se tient et est mu d'un grand réalisme. Bien sûr, je n'ai pas « prévu » les détails des derniers chapitres, néanmoins il y a là un « réalisme existentiel » qui tient la route. A voir de plus près, tout le roman, tout le cheminement de Karoo visait un issu. Et qui sera surpris que la question essentielle est métaphysique, existentielle, « réligieuse » ? Cela était sous-jacent sous toute l'histoire.

Un livre qui invite presque à une lecture commune !

On sent un auteur, proche de sa propre mort, interrogé par la sincerité des vraies questions. Splendide !

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Message par Tristram le Sam 18 Aoû - 12:47

Merci Tom Léo pour ce commentaire très approfondi ; un regard différent que celui des autres commentateurs, surtout des réflexions qui donnent de l'épaisseur au roman _ et l'envie d'aller y voir.
J'ai donc cherché plus loin dans un premier temps, et constaté qu"il s'agit d'un gros bouquin (600 pages), relativement célèbre, et qui a suscité les commentaires les plus opposés qui soient.
Morale : ne pas considérer ce forum comme un moyen de jauger sans lire...

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Message par églantine le Sam 18 Aoû - 14:04

Tom tu me donnes juste envie de le relire.
Je retrouve mes ressentis de l'époque dans ton regard.
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Message par topocl le Sam 18 Aoû - 14:42

@Tristram a écrit:Morale : ne pas considérer ce forum comme un moyen de jauger sans lire...

C'est même le sens du forum, cette confrontation de points de vue.

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Message par Tristram le Sam 18 Aoû - 15:00

Tout à fait : aucun espoir n'est laissé de décider sans arrière-pensée de se dispenser de lire tel livre.

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Message par colimasson le Dim 19 Aoû - 16:36

Merci Tom Léo, tu as superbement parlé de ce livre, qui mérite un tel éloge.
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Message par Armor le Dim 19 Aoû - 17:02

Je suis passée complètement à côté de ce livre, j'avais abandonné...

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Message par tom léo le Dim 19 Aoû - 17:23

@Armor a écrit:Je suis passée complètement à côté de ce livre, j'avais abandonné...

... et moi j'ai passé, et je passe encore, à coté de beaucoup d'autres livres. C'est comme si parfois nous manquent une sorte de "clé" qui par ailleurs peut-être très personalisée et pas juste universalement applicable.
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Message par bix_229 le Dim 19 Aoû - 17:42

Juste une question de moment ou d'humeur...
De fatigue, de dégout...
Souvent !
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Message par tom léo le Dim 19 Aoû - 18:26

@bix_229 a écrit:Juste une question de moment ou d'humeur...
De fatigue, de dégout...
Souvent !

C'est vrai...
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Message par Tristram le Mar 2 Avr - 0:53

Karoo

amour - Steve Tesich Karoo_10

New York, puis Los Angeles, 1991 (livre publié en 1998) ; le narrateur, Saul Karoo, la cinquantaine, vit à l’aise de la réécriture de scénarios et du redécoupage de films pour Hollywood, en la personne notamment du puissant producteur Jay Cromwell. Lâche et dépravé, il est en cours de divorce avec Dianah, ne parvient pas à consacrer du temps à leur fils adoptif Billy, et l’alcool ne lui faisant plus d’effet, il en est réduit à simuler l’ivresse…
« Je devais me forcer à me souvenir, tout en attendant que Dianah apparaisse, que c’était de l’eau que je buvais et non de l’alcool, et qu’on ne devait s’attendre à aucun signe d’ivresse de ma part. La force de l’habitude était telle que le simple fait de tenir un verre avec des glaçons à la main me faisait immanquablement me glisser dans le rôle du malheureux ivrogne. Je ne m’attendais pas à cela. Il y avait apparemment des symptômes de manque même lorsqu’on n’était plus accro à autre chose qu’à soi-même. »
Voilà un nouveau spécimen de ces quelques livres brillants (ceux de Philip Roth, Sinclair Lewis, John Updike, Wallace Stegner, etc.) qui observent avec clairvoyance et rendent avec humour la société nord-américaine dans tous ses travers (donc la nôtre plus ou moins, compte-tenu du décalage de l’influence états-unienne sur nous).
« La plupart des horreurs commises à mon époque (voilà que je tournais au philosophe) n’étaient pas l’œuvre d’hommes mauvais déterminés à commettre des actes mauvais. C’étaient plutôt les actes d’hommes comme moi. Des hommes avec des critères moraux et esthétiques d’un ordre supérieur – quand cela les prenait. Des hommes qui savaient distinguer le bien du mal et qui agissaient pour le bien, quand ils étaient dans cet état d’esprit. Mais des hommes qui n’avaient pas d’amarres pour maintenir ces convictions et ces critères en place. Des hommes sujets aux humeurs et aux vents changeants, condamnés à se retourner complètement quand une autre humeur, contradictoire, leur tombait dessus. Ils trouveraient toujours, ces hommes lunatiques, une façon de justifier leurs actions et d’en assumer les conséquences. La terminologie qu’ils utilisaient pour justifier leurs crimes était, pour une large part, le fondement de ce que nous appelons l’Histoire. »

« Désormais, toutes les guerres ne seraient plus tournées que vers la destruction de l’intimité. Les guerres, grandes ou petites, civiles ou pas, étaient des attaques collectives contre la vie privée. Il faudrait encore de très nombreuses années avant que l’humanité soit totalement libérée du joug de l’intimité et que le souvenir de son existence soit même effacé. »
Ainsi, les poncifs (yankees, mais donc pas que) sont revisités avec une subtile perspicacité : divorce, mensonge, parades rituelles viriles et misogynes du pouvoir social, la notion du Mal (que Tesich qualifie pertinemment de « monolithique »).
Divorce :
« Parler divorce avait toujours cet étrange effet de nous faire sentir plus proches l’un de l’autre que nous ne l’avions jamais été durant notre mariage, mis à part le bref moment où Billy est entré dans nos vies. Parler divorce faisait ressortir le meilleur de nous-mêmes. Nous essayions de surpasser l’autre en attentions, en générosité et en considération. Nous partagions nos visions respectives du genre de divorce que chacun de nous voulait. Amical, certes, mais plus encore qu’amical. Beaucoup plus. Tendre, riche de sentiments profonds, plein d’amour, tel était le genre de divorce que nous avions en tête. Quinze minutes et trois cigarettes plus tard, nous en parlions encore. Plus nous parlions divorce, plus nous avions l’air mariés. Et non seulement mariés, mais encore heureux en mariage. »

« Même si je n’aime plus Dianah, je n’ai pas le cœur de la faire souffrir. Et elle souffrirait si j’arrêtais de boire. Elle a investi tant de temps et d’énergie à populariser le mythe selon lequel mon alcoolisme était le grand responsable de l’échec de notre mariage que cesser de boire maintenant passerait presque pour un geste d’hostilité. Que je montre la moindre amélioration dans ma vie depuis l’échec de notre union friserait la méchanceté. Bien que je sois accablé de maladies et de traits de caractère répréhensibles, la méchanceté n’en fait pas partie. Je sais donc que la meilleure chose que je puisse faire pour elle, c’est soutenir le mythe selon lequel je suis un alcoolique invétéré. Je me dis que je lui dois au moins ça. »
Mensonge (et c’est piquant à lire en période de post-vérité) :
« Maintenant ce sont les mensonges que nous racontons qui, seuls, peuvent révéler qui nous sommes. »  

« Il me ment, bien entendu. Mais il le fait à sa façon. Il veut que je sache qu’il ment. Il veut que je sache que chaque mot qu’il prononce est un mensonge éhonté. Assis en face de lui, je me sens désespérément démodé, sans aucun contact avec les tendances actuelles. Lorsque je mens, j’essaie toujours de duper les autres et leur faire croire que je dis la vérité. Quand Cromwell ment, il affirme qu’il n’y a pas de vérité. »

« Il ne se contente pas de mentir à Saul. Il veut que Saul sache qu’il est en train de le faire. Cette façon de mentir, ça devient un genre de vérité. Une vérité cromwellienne. Une anti-vérité. »
Rites du pouvoir mâle :
« Toutes les filles assises à notre table étaient jeunes. La jeune Asiatique, la compagne de Cromwell, était plus jeune que les trois autres, mais Laurie était encore plus jeune qu’elle.
C’est moi qui avais la plus jeune, donc.
La jeunesse de Laurie fut ainsi transformée en un bien de consommation, un bien que je possédais.
C’était moi qui détenais sa jeunesse, pas elle.
Ma popularité, à cette table, était en pleine ascension. »
Le Mal :
« La réponse à laquelle je parviens est la suivante : le Mal monolithique est irrésistible parce qu’il met en jeu la possibilité de l’existence de la bonté monolithique comme force compensatrice. Je ne deviens conscient de cela que lorsque je suis en compagnie de Cromwell. Le Mal qui est en lui permet la bonté. »
Il y a d’autres leitmotive, comme les assurances santé ou le goût de se mettre en spectacle, qui donnent son unité au texte. Intéressantes réflexions, par exemple sur les balles perdues comme arbitraire :
« Moi-même, j’avais probablement déjà joué le rôle de la balle perdue et je jouerais probablement à nouveau ce rôle dans la vie de quelqu’un. Et quelqu’un le jouerait dans ma vie. Cela paraissait inévitable. Les lois de la probabilité étaient assez méticuleuses, mais l’improbabilité n’obéissait à personne et pouvait évoluer sans limite dans l’univers. »

« Je n’étais plus, me rendis-je compte, un être humain, et cela faisait probablement longtemps que je n’en étais plus un. J’étais devenu, au lieu de ça, un nouvel isotope d’humanité qui n’avait pas encore été isolé ou identifié. J’étais un électron libre, dont la masse, la charge et la direction pouvaient être modifiées à tout moment par des champs aléatoires sur lesquels je n’avais aucun contrôle. J’étais l’une des balles perdues de notre époque. »
À pratiquement trente ans de différence, on mesure combien ça reste pareil quand ça change en matière d’actualité :
« Les sans-abri deviennent un vrai problème. Il y en a de plus en plus. C’est une décennie nouvelle, et il y a aujourd’hui une nervosité nouvelle face à ce vieux problème.
Le racisme augmente sur les campus universitaires. Les crimes de haine augmentent aussi. »
L’intrigue du roman ne permet pas de le résumer à cette lucide analyse : on y trouve une vraie histoire, où le réparateur de scripts anti-héros va tenter de jouer les démiurges. Mais on devine peut-être trop évidemment les rebondissements, et il m’a semblé que la narration s’essouffle à mi-parcours…
J’ai déjà évoqué l’humour ; il m’a été particulièrement sensible dans les passages de psychologie de bazar.
Le style du récit (qui doit à la cinématographie dans la structure et les plans) sert excellemment le propos.
« Aucun des personnages des scripts que j’ai réécrits n’apparaît qu’une seule fois. Au départ, la seule raison de leur existence, c’est de pouvoir revenir par la suite. Leur seule raison d’être, c’est de réapparaître au bénéfice d’un autre. »
De belles métaphores, dont :
« Tout cela rebondit dans ma tête comme un bout de carotte dans un mixeur Cuisinart. Mais, à force de rebondir, il devient de plus en plus petit et finit par perdre toute signification. Il va rejoindre la liste d’autres inquiétudes, pensées et visions, dans la soupe psychique de mon esprit. »


Mots-clés : #contemporain #social

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Message par Cliniou le Mar 2 Avr - 6:58

J'avais adoré Karoo, j'ai vraiment regretté que l'auteur nous ait quitté si brusquement.
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Message par Bédoulène le Mar 2 Avr - 8:12

merci Tristan, tes extraits confortent tes arguments et ton ressenti !

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Message par tom léo le Ven 14 Juin - 7:16

Price

amour - Steve Tesich C_pric10

Originale : Summer’s crossing (Anglais/E-U, 1982)

REMARQUES :
Voilà que je viens de terminer ce roman et je suis, malgré quelques longeurs (en général je préfère les livres moins longues?), assez impressionné de ce qu’arrive à faire Tesich avec un sujet somme toute assez banale. Car on pourrait (déjà vu) juste parler d’une histoire de premier amour et sa fin, et c’est tout. Mais l’auteur y file habilement d’autres sujets et met des accents intéressants, pê pas visibles au premier coup d’oeil ? Ou faut-il mon imagination débordante d’interprêter un peu trop ?

Le roman se déroule pendant l’été 1961 sur fond de l’ère Kennedy, dans une période donc assez courte pour le volume de plus de 530 pages. Beaucoup de choses vont bouger, changer dans nos protagonistes principaux : soit les « incorruptibles » amitiés de l’école, soit les rêves d’avenir, soit la façon de faire face avec le présent et les défis dans un environnement sans grand intérêt et avenir, soit les images et associations avec ses propres parents et les personnes environnantes, soit finalement la découverte d’un premier amour...

Le narrateur est Daniel « Boone » Price lui-même. Sa mère est du Montenégro (donc Ex-Yougoslavie comme l’origine de Tesich lui-même), belle et de confession orthodoxe (pratiquante) avec une prise de ritualisme. Son père, image du devoir et du « bon travailleur » sans histoire, est de descendance irlandaise et catholique. Au début du roman (et pas seulement) les parents semblent justement réagir toujours en opposition l’un contre l’autre. Ils sont différents, et surtout le père, ne peut pas accepter cette altérité de la mère qui ne correspond pas à ses attentes. Car au fond le roman joue beaucoup – dans toutes sortes de cas de figures – avec les attentes qu’on a les uns des autres, et le miroir qu’on exige que l’autre soit : qu’on se voie bien alors, aimé (et c’est quel amour?).

Danny apparaît d’abord comme le pur opposé à cet autre personnâge de roman de Tesich qui est Karoo : il est non-fumeur, vierge, pas voyou, non-buveur, athléte de haut niveau ! Dans ce contexte (vu les parallèles des deux héros avec un part d’identité avec Tesich lui-même) il serait intéressant d’élaborer dans quels points Tesich se révèle dans ses facettes différentes (comme toute personne pourrait se laisser voir de façons multiples?!). Mais oui : lui-même a justement vécu à East Chicago aussi !

Entre l’humor et la « tragédie » c’est bien souvent pas très loin. Particulièrement dans une première partie j’ai bien pu rigoler, p ex concernant les dialogues entre les amis, leur jargon. Plus tard par contre des éléments tragiques prévalent, on aimerait aussi donner des fois des coups de pieds quand le héros principal surtout, semble s’enliser dans une fixation quasi maladive.

Tandisque Danny tombe amoureux, son père tombe malade. Ces deux développements ne vont pas ensemble apparemment : comment ne pas voir de la part de Danny comme une volonté d’empêchement de son père ! Il le détourne de l’essentiel ! Et ce qui est de l’ordre d’un contre-temps évolue presque comme incitation à la haine (chez Danny).Même s’il confond les deux...

Mais ce qui me semble élementaire, central pour ce roman c’est que ce qui aurait pu indiquer une pure opposition se revèle d’être une parenté, une proximité, une similitude très proches. « Tel père, tel fils », est l’aphorisme que Danny préssent un moment donné. Tous les deux demandent tellement desespèrement l’amour de leurs bien-aimées, que l’espace de respirer de celles-ci se rétrècit. Tout attendre, tout exiger car – c’est dit d’une manière très fine ! - on ne connaît plus aucun autre contenu, référant, référence, remplissage. Là où un élément de référence dépassant l’autre fait défaut, on se trouve rapidemment dans un trop d’attente – et c’est un grand danger qui finalement peut, ou pourrait tuer, étouffer l’amour. C’est extrêmement bien vu, il y a alors déjà plus que trente ans, et très actuel !

Donc contrairement à une première vue il ne s’agit pas ici d’une pure mise en opposition des différentes relations, p ex père-fils, ou les deux couples père-mère, Danny-Rachel, ou aussi David-Danny et père-amant de la mère ou de père/amant-mère, soit David/Danny-Rachel. Mais justement de leurs similitudes, de leurs grandes parallèles...

Donc, évidemment il est question ici de ce qu’est l’amour. Par exemple il ne coniste pas simplement dans le fait de tout exiger de l’autre, de tout dire, de tout savoir (Danny attend et attend. Aussi se fait-il intrus p ex dans la maison de Rachel en vue de découvrir « la vérité »), de vouloir arracher l’autre de son mystère profond.

Il y a bien encore d’autres sujets intéressants : Le mot « destin », apparaissant à plusieurs reprises, comme aussi la recherche de « signes secrets décisifs »,  et des jeux d’hasard qui indiquerait ce même destin : tout cela est très actue ! On parle beaucoup de liberté, mais on se lierait volontiers à ces cordes !

Aussi : c’est quoi comme ville qui semble offrir aucun avenir ? Laisse-t-elle seulement le choix entre l’acceptation tranquille, presque impuissante (voir Freud ), la revolte violente (Misiora) ou le départ (Danny) ?

Il y aurait encore tant à dire..., certainement aussi un bon livre pour une lecture commune ! Je fus donc impressionné même si je suis loin d’avoir vu tout ou d’avoir tout dit ici...

Cela donne envie de découvrir les pièces de théatre de Tesich !


Mots-clés : #amour #initiatique #relationenfantparent
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Message par Tristram le Ven 14 Juin - 8:26

C'est bien tentant, Tom, après Karoo !

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Message par Bédoulène le Ven 14 Juin - 18:56

merci Léo ! (je note pour peut-être une LC ?)

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