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Jean-Paul Civeyrac

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Message par topocl le Mar 15 Mai - 13:46

Jean-Paul Civeyrac
né en 1964

Jean-Paul Civeyrac Civeyr10

Jean-Paul Civeyrac est un scénariste et réalisateur français de cinéma né le 24 décembre 1964 à Firminy (Loire) d'un père ouvrier et d'une mère femme au foyer.

Faisant des études en philosophie à la faculté de l'Université Jean-Moulin-Lyon-III, Jean-Paul Civeyrac rédige un mémoire de master ayant pour thème le film d’opéra.  Il écrit sur la musique et le cinéma dans la revue Transfuge.
De 2000 à 2010, il dirige le département réalisation de la Fémis. Il est lui-même issu de la promotion 1991 de cette formation.
Outre le cinéma, il écrit sur la peinture (Matisse, Schlummernde Frau de Johann Baptist Reiter) et les nymphes dans la revue de littérature érotique Edwarda : ces textes et autres nouvelles sont publiés dans son premier ouvrage Écrit entre les jours.
Son second ouvrage Rose pourquoi est une réflexion sur l'émotion suscitée par une scène du film Liliom de Frank Borzage avec Rose Hobart dans le rôle de Julie

Filmographie :

Longs métrages
1997 : Ni d'Ève ni d'Adam avec Morgane Hainaux, Guillaume Verdier
2000 : Les Solitaires avec Mireille Roussel, Lucia Sanchez
2002 : Fantômes avec Dina Ferreira, Guillaume Verdier
2002 : Le Doux Amour des hommes avec Renaud Bécard, Claire Pérot
2003 : Toutes ces belles promesses avec Jeanne Balibar, Bulle Ogier, Valérie Crunchant, Renaud Bécard, Guillaume Verdier
2005 : À travers la forêt avec Camille Berthomier, Aurelien Wiik, Morgane Hainaux, Alice Dubuisson
2010 : Des filles en noir avec Élise Lhomeau (Noémie), Léa Tissier (Priss), Guillaume Verdier
2014 : Mon amie Victoria avec Guslagie Malanda (Victoria), Nadia Moussa (son amie Fanny), Catherine Mouchet et Pascal Greggory (les parents de Thomas) Pierre Andrau
2018 : Mes provinciales avec Andranic Manet, Gonzague & Charlotte Van Bervesselès, Corentin Fila, Diane Rouxel, Jenna Thiam, Sophie Verbeeck, Valentine Catzéflis

Courts métrages
1991 : La vie selon Luc, à la Fémis, avec Jean Descanvelle et Alain Payen28
2004 : Tristesse beau visage avec Thomas Durand (Orphée) et Mélanie Decroix (Eurydice)29
2006 : Mon Prince Charmant
2006 : Ma Belle Rebelle avec Carole Deffit et Clary Demangeon30
2008 : Malika s'est envolée avec Mounia Raoui (Malika), Laurent Lacotte et Renan Carteaux31
2011 : Louise, le dimanche, un hommage à Auguste et Louis Lumière32
2011 : Une heure avec Alice avec Adèle Haenel (Alice)14 et Grégoire Leprince-Ringuet
2012 : Fairy Queen
2012 : Françoise au printemps avec Mathilde Bisson (Anna) et Sabrina Seyvecou (Françoise)15
2016 : Wakil ne reviendra plus
2016 : Un jour de blues chez Elena avec Saurédamor Ricard19 (Je recherche, IRL), Hsu Ching-Lo, Ugo Lhuillier et Elena Blokhina

source wikipedia

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Message par topocl le Mar 15 Mai - 13:49

Mes provinciales

Jean-Paul Civeyrac Proxy_49

@Quasimodo a écrit:J'y suis allé, et c'est un peu mitigé... je raconte ?
J'étais curieux de la manière dont ma génération serait perçue et rendue, d'autant plus qu'au Masque Michel Ciment l'a qualifiée d'une jeunesse fantasmée par le réalisateur (parce que l'idée qu'un étudiant puisse écouter Bach et discuter de Bresson plutôt que de Christopher Nolan ou de Lars von Trier le rend plus que sceptique). Alors non, la jeunesse selon Civeyrac n'est pas une jeunesse plus fantasmée que celle de Michel Ciment, mais sa représentation n'est pas toujours très juste. Pas de bouillonnement culturel, pas de gaieté ni d'humour, aucune émulation entre ces personnages soi-disant épris de culture, qui ne marchent que par citations idéalistes sur l'art et la vie (de grands auteurs, Pasolini, Nerval, Novalis, etc.), aussitôt érigées en maximes. Donc une approche qui me paraît un peu intéressée sans s'en rendre compte, puisqu'ils semblent chercher du prêt-à-penser plutôt qu'un enrichissement, un questionnement, une découverte de soi...
Donc là, c'est sans appel je trouve, le film parle sans cesse de culture sans jamais rien en dire. Le name-dropping n'est pas si gênant qu'on pourrait le redouter, mais c'est symptomatique d'un profond déficit d'enthousiasme et de curiosité. A aucun moment, on les voit rire, se raconter un livre ou un film avec leur ressenti, ce qu'on pourrait attendre je crois !

Deux autres gros problèmes : le rôle principal mériterait d'être réécrit (et le film serait peut-être excellent). Le personnage, Etienne, est un peu mou pour ne pas dire apathique, et si on nous apprend par quelques éléments qui lui sont extérieurs (des lectures qu'il fait, des remarques d'autres personnages) qu'il est brillant et qu'il a, je cite, une "âme d'artiste", on n'a aucune peine à l'oublier (si on n'a pas eu de mal à le croire). Et pourquoi écouter toujours Bach ? N'aime-t-il donc rien d'autre, n'y a-t-il rien qui l'intéresse ?
En gros, si le film est un peu pesant, il n'y est pas pour rien.
Mais pas inintéressant dans son rapport aux autres personnages : son admiration pour un ami plus brillant et sa recherche d'un modèle, qui sont assez finement suggérées, finissent par l'inhiber, lui retirer toute confiance en soi et le privent de parole. Voilà pour le doute (puisque la jeunesse doute). Mais j'aurais bien aimé les voir moins péremptoires en matière d'art, les voir changer d'avis, discuter de sujet un peu moins superficiels (parce qu'ils ne le sont pas qu'un peu !), les voir un peu plus mouvants, brouillons, tumultueux.

Globalement les acteurs sont bons et les personnages intéressants.
L'ami brillant est le seul à posséder une dimension plus romanesque, ce qui ne fait pas de mal (mais qui ne s'intègre pas tout à fait à la volonté de réalisme du film).

Je suis content d'être allé le voir, mais je ne me suis pas senti représenté (alors qu'idéalement j'aurais dû, non ?). Cette question du regard sur la jeunesse et la culture m'intéresse beaucoup, en tout cas. Et j'aimerais beaucoup avoir ton avis, topocl, si jamais tu essayes.


Dernière édition par topocl le Lun 21 Mai - 9:28, édité 1 fois

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Message par topocl le Mar 15 Mai - 13:52

Quasimodo, je pourrais faire un copier-coller de ton commentaire, je suis à peu près d'accord sur tout (et ça me plaît bien qu'on voit les choses pareil). Juste que, malgré tous les « défauts » je ne dirais pas que je suis
@Quasimodo a écrit:un peu mitigé(e)
:au final j'ai plutôt bien aimé. je vais juste paraphraser autour de tes remarques.

@Quasimodo a écrit:J'étais curieux de la manière dont ma génération serait perçue et rendue,
. Il faudrait être naïf (je sais très bien que tu ne l'es pas) pour dire que c'est le portrait d'une génération. Ou même le portrait des provinciaux qui rejoignent Paris. C'est juste le portrait d'un petit microcosme fermé de très jeunes intellectuels au tout début de leur vie. Et cet aspect-là est plutôt réussi, avec leurs illusions de jeunesse, leur « pédanterie » naïve, leurs certitudes définitives (dont font parti leurs doutes), le fait qu'ils croient que citer des auteurs donne comme un sens à leur vie, toute cette culture ingurgitée avec ces excès et ces lacunes, et qu'il va falloir peaufiner...

Jean-Paul Civeyrac nous joue là un Rohmer moins joyeux, moins léger. Mais bon, c'est vrai que j'aurais aimé les voir rire (ou même sourire : y a-t'il un seul sourire dans ce film à part Valentina?). On aurait aussi pu les voir complètement bourrés (ils sont d'une sagesse effarante, ces jeunes "artistes") ou je ne sais quoi qui montrerait qu'ils sont vivants. Ou ils auraient pu parler comme des jeunes de 2018.  J'aurais aimé aussi qu'ils aient de vrais appartements d'étudiant (le loyer de la supposée coloc, je n'ose même pas l'imaginer).

Si on persiste à vouloir le portrait d'une génération, on peut dire qu'au passage Jean-Paul Civeyrac  montre d'autres jeunes (la "fiancée" qui reste à Lyon, assez terre- à terre mais finalement beaucoup lucide -non?-, Annabelle et ses combats valeureux, le fils du prof et son désespoir sans ressource que la colère), mais bon c'est un peu court quand même pour parler d'une génération à partir de ces prototypes.
D'ailleurs je  ne crois pas qu'il veuille parler d'une génération. Etienne n'est-il pas ce qu'il a été lui plus jeune, et donc il y a cette curieuse transposition de sa propre jeunesse dans l'époque d'aujourd'hui, peut-être est-ce là que cela blesse.

@Quasimodo a écrit:le rôle principal mériterait d'être réécrit
Qu’est ce qu'on a  envie de le secouer, avec sa morosité, son élocution atone....En fait au début du film, c'était très drôle. je me revoyais comme ses parents mettre mon garçon dans son premier train pour Paris, il y a quelques années, et j'ai vécu tout le début comme ça, j'avais presque l'impression de violer son intimité (les premiers pas dans Paris, cet espoir en la vie, cette indépendance nouvelle, les promenades dans Paris, les premières fêtes, les premières filles, toutes ces premières fois qui le font se sentir si petit, mais dont il se dit que si tout celà est à sa portée, c'est qu'il sort de cette "petitesse"). Et puis après je ne pouvais plus faire le parallèle, cet Etienne m'énervait trop, je me disais que son ex avait raison, toujours centré sur lui même, affichant ses incertitudes comme preuve de son talent, inattentif aux autres (incapable de voir la détresse de son si cher ami Matthias, incapable de voir qu'll traite Jean-Noël en laquais, jouant de ses doutes pour abandonner toute l'équipe du film la veille du tournage (déjà star!)...) Je pensais au contraire plutôt à un autre jeune que je connais qui a ce côté culture plaquée, un peu imbu de lui même et supérieur). Donc quand j'ia eu abandonné identification j'étais plus à l’aise, moins impliquée personnellement et c'était mieux. Mais cela prouve quand même que ces personnages, quoique remodelés par l'imaginaire de Jean-Paul Civeyrac, sont si bien vus.

Matthias est au final beaucoup plus intéressant, le fascinant Matthias et ses mystères, qui parait être une tête à  claque et qui n’est finalement qu'un coeur brisé.


Bon tout ça pour dire que j'ai finalement bien aimé, c'est à dire que les qualités l'ont emporté sur les défauts (y compris le noir et blanc que j'ai  trouvé un peu terne). Face à ces remarques, je pense que Jean-Paul Civeyrac nous répondrait que son film, comme ceux de ses héros, n'est pas réaliste, qu'il montre ses tripes et son âme, qu'il montre un monde , qu'il est "sentimental" , "littéraire". Et que c'est ce qu'il cherchait. Et c’est sans doute tout cela qui me  l'a fait aimer. ce film d'un homme mûr qui est encore un (grand) adolescent quelque part.


Et je voudrais te poser une question sur la fin, Quasimodo.
Spoiler:
Par rapport à Etienne, je me pose la question de la fin. Est-ce qu'il s'est "rangé" (casé avec la fille simple qui n'est pas impliquée dans ce petit milieu branchouille, trouvé un boulot alimentaire, avec ce scénario qui traie depuis 2 ans et qui n’aboutira jamais? Ou au contraire il a enfin été adopté par Paris, où il mène une existence sereine, où il s'embourgeoise, mais, tient le cap, continue à écrire son film et un jour, peut-être...?

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Message par Quasimodo le Sam 19 Mai - 11:40

Ce n'est pas facile d'en parler, c'est un film qui touche ma vie de très près.

D'ailleurs je  ne crois pas qu'il veuille parler d'une génération. Etienne n'est-il pas ce qu'il a été lui plus jeune, et donc il y a cette curieuse transposition de sa propre jeunesse dans l'époque d'aujourd'hui, peut-être est-ce là que cela blesse.
Non, le mot génération - ce n'est pas tout à fait ce que je voulais dire.
Plutôt un "milieu" d'étudiants qui aiment la culture et qui aimeraient créer, mais justement pas un microcosme (j'en connais beaucoup), ni d'intellectuels (ils sont un peu légers, non ?). En fait, c'est précisément mon milieu. C'est peut-être là le problème : venu par curiosité "me voir", je me suis vu renvoyer une image extrêmement pessimiste de cette jeunesse qui se cogne à ses impossibilités, dans laquelle il n'y a aucune joie, peu d'appétit...
Et je ne peux pas imaginer qu'il n'y ait pas une volonté de réalisme (bon, peut-être que Civeyrac parle de sa jeunesse, et peut-être que cette jeunesse-là n'a pas trop changé depuis). Je m'en sens globalement assez proche, malgré tout. De là, avec les petites différences et avec les quelques fausses notes, une exaspération d'autant plus grande (pas nécessairement justifiée).

Mais je reste persuadé que ce qui manque au film, c'est une vraie curiosité (qui ne serait pas mue par une seule volonté de tirer de l'art une conduite de vie), un désir de partage, des caractères plus "multiples" et ondoyants que ce qu'on nous propose. Enfin justement, comme tu le dis, j'ai trouvé le personnage de la copine lyonnaise très réussi bien qu'on ne la voie pas beaucoup, pas seulement inquiète mais avec une vraie volonté de partage (je crois). Un caractère plus souple et plus complexe que les autres...

Mais pour être honnête, je ne sais pas dans quelle mesure je m'identifie au film, à quel point je reproche aux personnages ce qu'ils sont (plutôt que la manière dont il sont faits).

incapable de voir la détresse de son si cher ami Matthias
C'est vrai. Je n'y ai pas pensé. Il est encore plus autocentré que je ne croyais.
(ou à sa décharge, aveuglé par sa recherche de mentors ? dans ce cas, c'est une abstraction qu'il admire)
Je n'ai pas pensé non plus à de l'égoïsme, lorsqu'il est prêt à annuler le tournage, mais c'en est bien, de l'égoïsme cuvée spéciale.
Le passage auquel on pense, avec Jean-Noël, c'est absolument horrible non ? Une telle cruauté ! et parfaitement inconsciente. C'est aussi ça que je reproche aux personnages : comme ils se regardent le nombril, ils ne voient rien autour d'eux. Comment est-ce qu'il a pu ne pas voir la douleur de son ami humilié ? Ou c'était trop tard pour rattraper sa gaffe ? En tout cas, c'est typique de ce désir d'avoir un mentor, et de l'être soi-même. Ce rapport à l'autorité intellectuelle est beaucoup plus développé dans le film que le rapport à la culture. C'est peut-être ça aussi le problème, pour moi...

Et Matthias, c'est un beau personnage. Beau parleur aussi ... mais je n'arrive pas à le considérer comme une intelligence supérieure. C'est gênant. C'est un peu trop "préfait", dans sa tête. Je m'accorde mal avec ce genre de personnes (diantre, voilà que je me ré-identifie !). Mais j'ai toujours été heureux de le voir débarquer (toujours à l'improviste).

Spoiler:
Encore à propos de Matthias, c'est une chose que je trouve particulièrement réussi dans ce film, cette façon de nous suggérer, trop finement pour que je me l'explique, la manière dont il risque de finir (et dont il finit).

Pour la fin, j'en ai discuté avec mon père.
Pour moi, c'était évident, il allait écrire son film, on terminait sur une note optimiste (je n'ai même pas envisagé la deuxième possibilité). Mon père a compris que ce scenario n'était qu'une manière de ne pas abandonner complètement le ciné, mais qu'il ne le terminerait jamais, qu'en réalité il avait abandonné. Ca m'a beaucoup surpris, et particulièrement convaincu...
Et toi, tu penches vers quoi ?

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Message par topocl le Sam 19 Mai - 16:35

Peut-être que tu cherchais quelque chose, que  tu avais ton idée d'avance, et c'est pour ça que tu as été déçu plus déçu que moi, alors.


@Quasimodo a écrit:Plutôt un "milieu" d'étudiants qui aiment la culture et qui aimeraient créer, mais justement pas un microcosme (j'en connais beaucoup),
Microcosme quand même, même si tu en connais beaucoup, si tu laisses ton œil englober le vaste monde.

@Quasimodo a écrit: ni d'intellectuels (ils sont un peu légers, non ?).
Intellectuels à leurs propres yeux, intellectuels aux yeux de toute une frange de la population. Ce qui ne les empêche pas d'être légers.


@Quasimodo a écrit:En fait, c'est précisément mon milieu. C'est peut-être là le problème : venu par curiosité "me voir", je me suis vu renvoyer une image extrêmement pessimiste de cette jeunesse qui se cogne à ses impossibilités, dans laquelle il n'y a aucune joie, peu d'appétit...
Pessimiste, peut-être. L'idée que la jeunesse est cette ébullition, avec ce qu'elle a de factice. Certains vont s'en sortir sur le chemin de la création, et d'autres (la plupart?) abandonneront celle-ci, soit à regret, soit pas. Mais ils auront d'autres voies  non? Ils se prennent pour des dieux et finalement ils  ne le sont pas. Voilà, c'est peut-être ce que cela veut dire (voir la fin). Et impossible de prédire lesquels finiront par atteindre ce but-là , lequel est important à ce moment-là. Les autres n'auront pas pour autant  échoué, peut-être tout simplement se seront-ils recentrés sur autre chose, qui n’est pas plus méprisable (c'est aussi le message de la "copine lyonnaise", on peut être quelqu'un de bien par d'autres  voix)

@Quasimodo a écrit:Et je ne peux pas imaginer qu'il n'y ait pas une volonté de réalisme (bon, peut-être que Civeyrac parle de sa jeunesse, et peut-être que cette jeunesse-là n'a pas trop changé depuis). Je m'en sens globalement assez proche, malgré tout.
Bien sûr cela s'appuie sur une réalité, la réalité de sa jeunesse revisitée à la lueur de la jeunesse d'aujourd'hui (quoique les jeunes ne parlent pas comme ça, il y a des mots nouveaux notamment, des formulations, dont on ne voit pas l'ombre ici). Mais pour moi c'est une interprétation que fait Civeyrac. ce n'est pas forcément vrai.

@Quasimodo a écrit:C'est vrai. Je n'y ai pas pensé. Il est encore plus autocentré que je ne croyais.

Il est jeune, il est un peu paumé dans ce milieu, quelle que soit l'impression qu'il veuille donné. il a le droit à l'erreur.(j'espère que tu ne trouves pas cela condescendant de ma part, c'est plutôt bienveillant en fait)

@Quasimodo a écrit:Et Matthias, c'est un beau personnage. Beau parleur aussi ... mais je n'arrive pas à le considérer comme une intelligence supérieure. C'est gênant. C'est un peu trop "préfait", dans sa tête. Je m'accorde mal avec ce genre de personnes (diantre, voilà que je me ré-identifie !). Mais j'ai toujours été heureux de le voir débarquer (toujours à l'improviste).

Il est brillant, charismatique, mystérieux, il sait se faire désirer voilà pourquoi nous comme Etienne, en effet, on se réjouit chaque fois qu'il passe. Mais son discours ne fait que recracher des stéréotypes, il est bluffant mais creux. Il le sait d'aillerus, il provoque pour mettre l'ennemi au sol et qu'il n'ait pas la réaction de gratter et découvrir le vide derrière.
                         
Spoiler:
  Et on ne sait pas pourquoi il se suicide: devant l’impossibilité d'aboutir son film, le fait que lui, contrairement aux autres, perçoit cette vanité en lui-même, et plein d'autres chose, sans doute

Spoiler:

@Quasimodo a écrit:
Pour moi, c'était évident, il allait écrire son film, on terminait sur une note optimiste (je n'ai même pas envisagé la deuxième possibilité). Mon père a compris que ce scenario n'était qu'une manière de ne pas abandonner complètement le ciné, mais qu'il ne le terminerait jamais, qu'en réalité il avait abandonné. Ca m'a beaucoup surpris, et particulièrement convaincu...
Et toi, tu penches vers quoi ?
C'est drôle que ce soit des évidences pour vous. Je ne vois pas ça comme ça. Justement, on ne sait pas, et personne ne sait. C'est comme dans la vie. je ne sais pas comment vont tourner les vies de mes enfants. je ne sais même pas comment va tourner la mienne. Il y a tant et tant de facteurs en jeu., C'est la vie qui fera ça, le libre arbitre n'est que partiel. . On ne sait jamais la fin, pas plus dans la vie que dans le film.. Et  c'est ce qui fait que c'est frustrant de mourir, personne ne sait jamais la fin.

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Message par Arturo le Sam 19 Mai - 17:27

Je n'ai pas vu le film, mais vos échanges m'évoquent celui d'Emmanuel Bourdieu, Les amitiés maléfiques. Vous connaissez ?
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Message par topocl le Sam 19 Mai - 17:37

Pas moi. Quasimodo peut-être?
D'après la bande annonce, il y a sans doute de choses en commun, , mais Les amitiés maléfiques cherchent un coté comique, non? (et là, on ne peut pas dire que c'est le cas, le film manque même cruellement d'humour)

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Message par Quasimodo le Dim 20 Mai - 1:01

Oui je le connais ! J'adore !
Non, pas vraiment comique... mais beaucoup plus romanesque.
D'ailleurs j'ai souvent pensé à ce film en regardant Mes provinciales. En particulier pour le trio d'amis, qui ont le même caractère (on dirait presque une citation).

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Message par Quasimodo le Dim 20 Mai - 18:30

@topocl a écrit:Peut-être que tu cherchais quelque chose, que  tu avais ton idée d'avance, et c'est pour ça que tu as été déçu plus déçu que moi, alors.
Oui, c'est à peu près sûr.

@topocl a écrit:
@Quasimodo a écrit:Plutôt un "milieu" d'étudiants qui aiment la culture et qui aimeraient créer, mais justement pas un microcosme (j'en connais beaucoup),
Microcosme quand même, même si tu en connais beaucoup, si tu laisses ton œil englober le vaste monde.
@topocl a écrit:
@Quasimodo a écrit: ni d'intellectuels (ils sont un peu légers, non ?).
Intellectuels à leurs propres yeux, intellectuels aux yeux de toute une frange de la population. Ce qui ne les empêche pas d'être légers.
Je ne peux qu'être d'accord, ce n'est pas représentatif d'une population. Mais tout de même : l'expression laisse penser qu'il s'agit d'un cercle très exclusif de gens hors du commun, alors que des gens comme eux il y en a un peu partout. Et effectivement, on peut supposer qu'ils se définissent comme des intellectuels (mais est-ce qu'on peut vraiment les appeler ainsi ?)
Dans le film Call me by your name (est-ce que tu l'as vu ?), je trouverais l'expression mieux à propos. Et je n'insiste pas sur ce point pour le plaisir de chipoter, mais pour l'impression qui peut être donnée à celui qui ne l'a pas encore vu. Smile

@topocl a écrit:Pessimiste, peut-être. L'idée que la jeunesse est cette ébullition, avec ce qu'elle a de factice. Certains vont s'en sortir sur le chemin de la création, et d'autres (la plupart?) abandonneront celle-ci, soit à regret, soit pas. Mais ils auront d'autres voies  non? Ils se prennent pour des dieux et finalement ils  ne le sont pas. Voilà, c'est peut-être ce que cela veut dire (voir la fin). Et impossible de prédire lesquels finiront par atteindre ce but-là , lequel est important à ce moment-là. Les autres n'auront pas pour autant  échoué, peut-être tout simplement se seront-ils recentrés sur autre chose, qui n’est pas plus méprisable (c'est aussi le message de la "copine lyonnaise", on peut être quelqu'un de bien par d'autres  voix)
C'est vrai ! Et je sens le prix de cette discussion, par laquelle l'image un peu figée que je m'étais faite du film se transforme.
Ce n'est pas complètement pessimiste. Seulement c'est dommage de ne pas voir la copine lyonnaise un peu plus, ou n'importe qui d'autre, qui avance réellement et s'épanouit - dans son art ou dans la vie (mais je commence à me répéter).

@topocl a écrit:Bien sûr cela s'appuie sur une réalité, la réalité de sa jeunesse revisitée à la lueur de la jeunesse d'aujourd'hui (quoique les jeunes ne parlent pas comme ça, il y a des mots nouveaux notamment, des formulations, dont on ne voit pas l'ombre ici). Mais pour moi c'est une interprétation que fait Civeyrac. ce n'est pas forcément vrai.
Après tout, tu as sûrement raison. En effet, le langage est assez neutre. Je commence à être convaincu par cette idée d'une jeunesse atemporelle telle qu'un des critiques du Masque la qualifiait, et dont il existe encore des spécimens.

@topocl a écrit:Il est jeune, il est un peu paumé dans ce milieu, quelle que soit l'impression qu'il veuille donné. il a le droit à l'erreur.(j'espère que tu ne trouves pas cela condescendant de ma part, c'est plutôt bienveillant en fait)
Oui : j'ai mieux compris le ton de ta phrase, et là encore je suis d'accord avec toi. Peut-être que je lui en demandais trop, à certains égards. Il est complètement aveugle, mais on n'en est sans doute pas préservés nous-mêmes.

Spoiler:

@topocl a écrit:Et on ne sait pas pourquoi il se suicide: devant l’impossibilité d'aboutir son film, le fait que lui, contrairement aux autres, perçoit cette vanité en lui-même, et plein d'autres chose, sans doute
Très juste. Mais j'y pense, ce serait intéressant que tu voies Les amitiés maléfiques, il y a un vrai parallèle à faire entre les deux films je crois...

Spoiler:

@topocl a écrit:C'est drôle que ce soit des évidences pour vous. Je ne vois pas ça comme ça. Justement, on ne sait pas, et personne ne sait. C'est comme dans la vie. je ne sais pas comment vont tourner les vies de mes enfants. je ne sais même pas comment va tourner la mienne. Il y a tant et tant de facteurs en jeu., C'est la vie qui fera ça, le libre arbitre n'est que partiel. . On ne sait jamais la fin, pas plus dans la vie que dans le film.. Et  c'est ce qui fait que c'est frustrant de mourir, personne ne sait jamais la fin.
à vrai dire, c'était une évidence en le regardant, parce que je l'ai vu comme j'aurais pu le lire, écrit sans ambiguïté. C'est un peu naïf je le concède ! Mais effectivement, toutes les interprétations semblent aussi crédibles les unes que les autres, et la tienne les réunit. Rétrospectivement, je trouve ça très réussi.

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Message par topocl le Lun 21 Mai - 16:53

@Quasimodo a écrit: Call me by your name (est-ce que tu l'as vu ?),

Pas vu non plus.... Jean-Paul Civeyrac 2441072346

@Quasimodo a écrit:C'est vrai ! Et je sens le prix de cette discussion, par laquelle l'image un peu figée que je m'étais faite du film se transforme.
Ce n'est pas complètement pessimiste. Seulement c'est dommage de ne pas voir la copine lyonnaise un peu plus, ou n'importe qui d'autre, qui avance réellement et s'épanouit - dans son art ou dans la vie (mais je commence à me répéter).

Peut-être la femme avec qui il vit à la fin est-elle de la même trempe, d'ailleurs. Une femme qui bosse dans un métier "pratique", et qui a envie de se remettre au piano, pour le plaisir pur.

@Quasimodo a écrit:ce serait intéressant que tu voies Les amitiés maléfiques,

Je note aussi (mais j'ai un tel mal à regarder un film à la télé que je ne promets rien Jean-Paul Civeyrac 1038959943 )

En tout cas, j'espère qu'on aura fait envie à d'autres et que le temps qu'ils ou elles se décident le film passera encore chez eux!

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Message par Quasimodo le Lun 21 Mai - 20:50

@topocl a écrit:En tout cas, j'espère qu'on aura fait envie à d'autres et que le temps qu'ils ou elles se décident le film passera encore chez eux!
Pas sûr qu'il soit très longtemps à l'affiche...
Mais même à voir chez soi, ce doit être intéressant Wink

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Message par Arturo le Lun 21 Mai - 22:06

Il ne passe pas ou plus, par chez moi. Je verrai ça plus tard.
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Message par Quasimodo le Lun 21 Mai - 22:08

Curieux de savoir ce que tu en penses !

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