Charles Chadwick

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Charles Chadwick

Message par topocl le Mar 6 Déc - 13:10

Charles Chadwick
(Né en 1932)


Charles Chadwick est né et a effectué ses premières études en Angleterre.
Après avoir été diplômé de l'Université de Toronto, en anglais et en français, il rejoint l'Overseas Civil Service en Zambie, d'abord comme responsable de district, puis comme responsable de la formation administrative à l'Institut national d'administration publique à Lusaka.
Il travaille ensuite au British Council et a servi à Londres, au Kenya, au Nigeria, au Brésil, au Canada et enfin comme directeur du Conseil en Pologne.
Il a pris sa retraite à Londres en 1992.

Son seul livre traduit en Français est "Tout va très bien".

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Re: Charles Chadwick

Message par topocl le Mar 6 Déc - 13:13

Tout va très bien



Bon, je prends des précautions car, sur Internet tous les avis que j'ai pu trouver tournent autour de l'ennui, la monotonie, l’inintérêt, et la plupart des lecteurs se sont arrêtés avant la page 150… À vrai dire, pour moi, pas une minute d’ennui. Au contraire, un plaisir qui est allé croissant tout au fil  de la lecture.

Il ne faut pas se rendre ici avec l'idée d'avoir un livre avec une action, un début et une fin, un but, quelque chose à démontrer. C'est, sur 30 ou 40 ans,  la vie ordinaire d'un homme ordinaire. Au début, plutôt plus ordinaire que la moyenne, même, plein de maladresse, de couardise, voire de veulerie. Et pleinement conscient de cela qu'il maquille désespérément derrière un humour British… qui, à part le lecteur, ne fait souvent rire que lui . Et encore, pas toujours.
Les plaisanteries et la nonchalance devinrent un trucage.
Et puis la vie passe doucement avec ses petites péripéties banales, et dans sa perpétuelle solitude, confronté au voisins, aux enfants à son ex-femme, Tom Riplle apprend à vivre,  et  il devient peu à peu plutôt sympathique. Il se porte peu d'estime mais juste ce qu'il faut pour continuer son chemin dérisoire, et sait se satisfaire de ce qu'il peut avoir .Il réfléchit, sans en faire un plat,  au sens de la vie, son absurdité, sa vanité, et en tire un mode de vie à la fois digne et amusé.

Si j'avais été moins ordinaire, les expériences m ‘ auraient été plus profitables, j'aurais tiré bien plus de leçons de la vie, accompli beaucoup plus de choses. Mais alors, j'aurais eu moins de choses à raconter, ou plutôt j'en aurais moins éprouvé le besoin, mon utilité dans le monde parlant alors éloquemment d'elle-même. J'aurais alors peut- être jugé indigne de m'étendre à n'en plus finir sur moi-même. Occupé à de bonnes œuvres dans le monde, je n'en aurais pas eu non plus le temps. En tout cas c'est comme ça que je comprends les choses. Peut-être que j'ai des idées de grandeur. Voilà qui n'a assurément rien d'extraordinaire.
Et oui, Tom Ripple écrit tout. Avec un oeil à la fois tendre, subtil et décalé.

J’ai l'impression d'y avoir surtout noté des futilités, comme quelqu'un qui assiste à une bataille héroïque et n'en voit que le décor, les bouffées de fumée et la couleur des uniformes.
...et ne cherche pas à  se masquer la vérité. Nous avons droit, dans une espèce de dérision tendre, à tous les petits défauts des gens, les concessions minables, les égoïsmes parfaits… Et tout cela, ce n'est que le brillant portrait, avec juste un petit décalage de vous, de moi, de nos conjoints, nos enfants, de nos voisins. De nos vies qui sont si peu pathétiques, si peu vibrantes et auxquelles nous tenons tant, qui nous sont si chères.  Et cela sonne comme une petite musique à la fois drôle et mélancolique, à l'écart des envolées et des effets de manche, et, au fil des pages, on se laisse prendre, mener doucement sans suspense aucun, dans un cocon plutôt confortable et subtil, vraiment unique, donc susceptible de laisser une trace.

Ce livre est comme la vie : au début on a l'impression que ça va être très long. Il ne se passe pas grand-chose mais c'est bien. C’est doux et  drôle et tragique parfois. On rit beaucoup. Et discrètement (car Ripple est avare en épanchements), on essuie une larme. A la fin, on se retourne en arrière avec une douce nostalgie : il s’est passé tant de choses. On recommencerait bien.                                                                                                                                                          
Ce soir-là, je dis effectivement une sorte de prière à son intention (…) N'ayant pas de Dieu à qui l’adresser, il m'a fallu m'en remettre au Destin. «Permettez qu'elle soit heureuse, qu'ils aillent tous bien ». Ça se résumait en gros à ça. L'inconvénient avec le Destin, c'est que lorsqu'on s'adresse à lui, on entend un petit rire à l'arrière-plan. Ce qui est tout de même mieux que l'espèce de silence éternel et opiniâtre que Dieu semble adopter.



(commentaire rapatrié)

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