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Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon

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Message par topocl le Mar 7 Aoû - 7:41

@Tristram a écrit: qui ne m'ont d'ailleurs pas empêché, la chair étant ce qu'elle est, de donner, sans regret ultérieur, descendance à mon triste individu qui n'en méritait pas tant.
C'était une autre époque, aussi.

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Message par topocl le Sam 8 Sep - 13:03

Et tu n'es pas revenu
avec Judith Perrignon


Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon - Page 2 Proxy_57

Pourquoi une fois revenue au monde, était-je capable de vivre ? C'était comme une lumière aveuglante après des mois dans le noir, c'était violent, les gens  voulaient que tout ressemble à un début, ils voulaient m'arracher à mes souvenirs, ils se croyaient logiques, en phase avec le temps qui passe, la roue qui tourne, mais ils étaient fou, pas que les Juifs, tout le monde ! La guerre terminée  nous rongeait tous de l'intérieur.

Des camps, Marceline est revenue à 17 ans, mais son père, parti avec elle, n'est pas  revenu. Avec une belle intelligence affective, elle raconte, 75 ans après, parce que c'et toujours là,  comment  "Mon retour est synonyme de ton absence". Comment ce mari, ce père, dont on ne sait rien de ses derniers mois et de sa mort, qui n'a même pas de tombe, a manqué,  laissant une béance impossible à combler, définitivement traumatisante. Elle raconte l'impossible retour, l'impossible réconciliation au monde.



mots-clés : #autobiographie #campsconcentration #relationenfantparent

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Message par Bédoulène le Sam 8 Sep - 23:40

merci topocl ! (je commencerai par l'amour après)

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Message par Tristram le Lun 19 Nov - 1:13

Quelle personne ! quel témoignage, quelle mémoire, quelle énergie, quel rire !
https://www.franceculture.fr/emissions/a-voix-nue/marceline-loridan-evans-lintegrale-en-cinq-entretiens-2012
(il est un peu difficile de trouver l'épisode 2/5, " J'ai jeûné pour Yom Kippour à Auschwitz par dignité ou pour en appeler à Dieu aussi", mais il existe : je l'ai entendu, et il est à écouter !)
"Je suis une transversale, je vais d'un milieu à l'autre"

"J'étais en marge, j'étais hors norme. De quoi je peux avoir peur ? De toute façon on est toujours dans un camp _ dont je ne sors pas."

"C'est l'erreur : on n'aide jamais."

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Message par Tristram le Ven 18 Jan - 0:33

https://www.arte.tv/fr/videos/083297-000-A/la-vie-balagan-de-marceline-loridan-ivens/
D'après Bix, le lien ne va pas persister, dommage ; une dame qui m'a vivement marqué, et une mémoire à garder.

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Message par topocl le Ven 18 Jan - 7:54

C'est écrit que c'est jusqu'au 16 mars, ça laisse le temps

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Message par Bédoulène le Mar 29 Jan - 23:58

Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon - Page 2 41agnj10

Et tu n'es pas revenu

j'ai terminé "Et tu n'es pas revenu", je ne dirais pas mieux que topocl, mais j'ai retenu une phrase que Marceline répètera pour le suicide de son frère et pour sa soeur Henriette :

"Il était malade des camps sans y être jamais allé" "Elle aussi est morte des camps sans jamais y être allée. Morte de n'avoir pas pu te parler, t'expliquer, te retrouver."

qui illustre bien ce que dit topocl : "laissant une béance impossible à combler, définitivement traumatisante"²

"Si je me demande encore où j'ai bien pu perdre ta lettre, si je varie selon les jours - l'ai-je cachée dans un banc de l'étuve quand il a fallu changer de vêtements ? l'ai-je perdue à Bergen-Belsen ? à Theresienstadt ? - si je cherche encore dans les tréfonds de ma mémoire, ces lignes manquantes tout en étant sûre que je ne les retrouverai jamais, c'est qu'elles ont fini par dessiner un recoin de ma tête, où je me glisse parfois avec ce que je n'arrive pas à partager, une page blanche où je peux te parler encore. Je sais tout l'amour qu'elles contenaient, je l'ai cherché toute ma vie ensuite."

Bouleversant témoignage et message d'amour à son père.

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Message par bix_229 le Mer 30 Jan - 16:28

Bientot, bientot !
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Message par Nadine le Mer 30 Jan - 19:33

Comme elle écrit bien. Merci Bédoulène pour cet extrait.
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Message par topocl le Mer 30 Jan - 20:26

C'est Judith Perrignon qui écrit, et Marceline Loridan-ivens qui parle.

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Message par Nadine le Mer 30 Jan - 20:58

Ah oui.
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Message par Tristram le Dim 7 Avr - 1:01

L’amour après (Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon)

Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon - Page 2 Images14

Marceline, 89 ans, ouvre une valise fermée depuis 50 ans et contenant des lettres ‒ sa « Valise d’amour ». L’amour était en bourgeon quand il fut compromis dans son corps mis à nu lors de sa déportation à 15 ans. Pas question pour la survivante de se souvenir, de parler de Birkenau, mais de vivre libre.
« Je ne peux m’empêcher de superposer nos corps, nos enfants, nés ou pas, nos histoires, comme une question qui nous était posée à toutes, puisque la société n’attendait qu’une seule chose de nous : mariez-vous et procréez. »
D’abord frigide, incapable d’abandon amoureux, surtout occupée de son besoin de liberté (d’où l’affranchissant statut de femme mariée avec Francis Loridan, l’ingénieur expatrié) dans le Saint-Germain-des-Prés des années 50, ce sont les lettres de prénoms oubliés, et de Georges Perec, d’Edgar Morin, intéressantes en elles-mêmes, mais pourquoi les leurs, si ce n’est que, passades de Marceline, ce sont des figures d’élite ? Elle fut fascinée par les intellectuels, d’ailleurs demande sans cesse des conseils de lectures (sa scolarité ayant été elle aussi avortée) dans sa volonté de s’élever, son intarissable soif de « vouloir savoir ».
« Je construisais une bibliothèque imaginaire devant moi, un peu comme on pave son chemin. En me déportant, on m’avait aussi arrachée à l’école, et je préférais me pencher sur ce que je n’avais pas appris que sur ce que j’avais vécu. »
C’est l’époque des questionnements de la jeunesse, des engagement politiques contre les conventions, des pionnières de l’émancipation féminine.
« La jeunesse venait de naître, ce n’était plus seulement un état passager, mais une catégorie valorisée, toisant les générations précédentes. »

« Il n’y eut, après les camps, plus aucun donneur d’ordres dans ma vie. »
Simone Weil :
« Nous étions du même transport, du même quai, du même camp. »

« Il faut répéter qu’une Juive survivante d’Auschwitz a tout fait pour sauver des femmes arabes de la torture et du viol. Il est là le sens de l’Histoire, et de l’humanité. Mais nous l’avons perdu. À moins qu’il n’y ait aucun sens, que j’aie simplement eu besoin d’y croire comme beaucoup d’autres au sortir de la guerre. Il n’y a qu’un balancier, faisant et défaisant. »
Puis vient Joris Evans, le grand amour de Marceline, qui lui permet enfin de se « connecter au monde » avec le cinéma documentaire.
« Mon corps n’était plus un enjeu enfin. Et doucement, à ses côtés, la jeune femme et la survivante ne firent plus qu’une seule. »
Marceline témoigne fort humainement…
« Je me cherchais dans les regards et je ne voulais pas y voir mon âme perdue. Qu’est-ce qu’une âme perdue ? C’en est une qui tâtonne dans la nuit, sur les routes du souvenir. Il faut agir follement pour ne pas la laisser voir. »

« Je n’étais pas une gosse, j’avais tout compris du genre humain à quinze ans, pas une adulte non plus, j’avais si peu connu de la vie, j’étais un petit être farouche, hybride, souvent cassant, doté d’un penchant pour la mort et d’un redoutable instinct de survie. Lorsque je l’ai rencontré, je sortais d’un sanatorium de Suisse, où j’avais soigné une tuberculose, et d’une seconde tentative de suicide aussi. J’étais venue me reposer au château. Étrange cette habitude que j’avais d’aller me réparer là où mon drame avait commencé, comme si, en revenant au point de départ, on pouvait tout annuler et renaître. »
… et j’admire son franc-parler :
« J’écris un livre sur l’amour. Sur comment vivre à deux sans se faire chier. »

« Ma vie c’était vraiment du rabe. »

« Ces vingt dernières années, j’ai vu une petite rousse vieillissante me regarder depuis des vitrines devenues trop luxueuses. J’ai mieux vieilli que mon quartier, je trouve. »


Mots-clés : #correspondances #temoignage

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Message par Armor le Dim 13 Oct - 5:18

Deux extraits de L'amour après retrouvés dans mes notes :

Je ne m'habillais pas de noir comme les filles du quartier, j'accentuais le roux de mes cheveux, j'optais pour des robes à couleurs vives, des pantalons, j'avais besoin qu'on me remarque, qu'on m'entoure, qu'on m'accepte, et je demandais à tous les artistes et intellos du périmètre ce que je devais lire. Gracq ? Je notais puis j'achetais. Faulkner ? D'accord. Il m'en reste des listes d'auteurs et d'oeuvres, que je classais par époque, par pays, sur des feuilles volantes ou dans des petits carnets à spirale. Je construisais une bibliothèque imaginaire devant moi, un peu comme on pave un chemin. En me déportant, on m'avait arrachée à l'école, et je préférais me pencher sur ce que je n'avais pas appris que sur ce que j'avais vécu.

C'est drôle de se voir agir dans le récit et les souvenirs des autres. J'ai l'air de ne pas avoir peur. J'avais un comportement décousu sans doute, mais sans en avoir conscience. Je me cherchais dans les regards et je ne voulais pas y voir mon âme perdue. Qu'est-ce qu'une âme perdue ? C'en est une qui tâtonne dans la nuit, sur les routes du souvenir. Il faut agir follement pour ne pas la laisser voir.

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Message par Nadine le Lun 21 Oct - 21:25

C'est vraiment du témoignage . Je suis impressionnée. Véracité
Merci pour ces citations
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