Jonathan Franzen

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Jonathan Franzen

Message par topocl le Mar 6 Déc - 15:20

Jonathan Franzen
Né en 1959


Après avoir passé son enfance à Saint Louis puis étudié au Swarthmore College de Pennsylvanie et à la Freie Universität de Berlin, Jonathan Franzen travaille quelques années à l'université d'Harvard en tant qu'assistant chercheur en géologie. Renonçant à sa carrière scientifique pour la littérature, il écrit pour le New York Times, puis publie les romans 'La 27e Ville' en 1988 et 'Strong Motion' quatre ans plus tard. S'il se risque à l'essai via 'Perchance to Dream. In the Age of Images, a Reason to Write Novels' en 1996, puis reçoit en 1998 et 2000 le Whiting Writer's Award et l'American Academy's Berlin Prize, c'est en 2001 qu'il se voit propulsé au tout premier rang de la littérature américaine avec 'Les Corrections'. Grâce à cette oeuvre située à mi-chemin entre la grande fresque familiale et la réflexion sociale, il est aussitôt remarqué par le magazine Granta, vu comme l'un des 'vingt écrivains pour le XXIe siècle' par The New Yorker et récompensé d'un National Book Award, prix américain équivalant au prix Goncourt. Après avoir publié un recueil d'essais intitulé 'Pourquoi s'en faire ?' en 2002, il revient en France en 2007 pour présenter ses mémoires à travers 'La Zone d'inconfort'. Travaillant d'arrache-pied et dans la réclusion la plus totale, Jonathan Franzen devra attendre 2009 pour voir 'Les Corrections' adaptées au cinéma par Robert Zemeckis.

Bibliographie en français :

1988 : La 27e Ville
2001 : Les Corrections  
2003 : Pourquoi s'en faire ?
2005 : Vivre à deux
2006 : La Zone d'inconfort
2010 : Freedom
2015 : Purity

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Re: Jonathan Franzen

Message par topocl le Mar 6 Déc - 15:22

Freedom



Il y a fort longtemps, je racontais souvent à mes enfants un conte africain où la mère répétait à son enfant « Épaminondas, Épaminondas, qu’as-tu fait de la conscience que je t'ai donnée à la naissance ? ». Dans Freedom, l'Amérique serine à ses personnages « Patty, Walter, qu'avez-vous fait de la liberté que je vous ai offerte à la naissance ? ».

Pour s'en tenir à l'intrigue, Franzen raconte l'histoire de deux amis, aussi différents l'un de l'autre que peuvent l’être deux amis, qui sont pendant quarante ans amoureux de la même femme. Jules et Jim à l'américaine en quelque sorte, mais vraiment très américain. Un pavé subtil et tragique qui nous montre comment , bien qu'ils soient nés dans un pays démocratique, dans un milieu intellectuel et aisé, nos trois héros, gavés de bons sentiments, mais totalement immatures et égocentriques, vont écrire au fil des années leur propre malheur.

Cette toile de fond est l'occasion pour Franzen de  nous peindre une société américaine en pleine errance, pas une petite Amérique bêtement consumériste et sans cervelle, non, des Américains qui réfléchissent, pensent prendre du recul, mais dans un tel individualisme, un tel besoin de marquer leur territoire et montrer leur excellence, qu’ils n'arrivent pas à trouver leur place et détruisent tout sur leur passage.

Cela donne un livre joyeux et sarcastique, d'une richesse foisonnante, éblouissant d'idées et de détails, riche de scènes inoubliables, un portrait sans complaisance d'une société dans l'impasse.(Impasse que refuse Franzen dans les dernières pages fâcheusement un peu trop gentillettes). Tout au fil des 700 pages, il n’y a pas une baisse de régime, toutes les phrases sont pensées , brillantes, intelligentes, indispensables. Franzen aurait eu matière à 10 romans avec ce livre, et il choisit de nous offrir sa version du Grand Roman Américain.

(commentaire rapatrié)

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Re: Jonathan Franzen

Message par topocl le Sam 17 Déc - 16:06

Les corrections



Cette histoire d'une famille ordinaire du Midwest où ils sont tous plus paumés les uns que les autres.

Tu vois quelqu'un qui a des enfants, dit-elle, et tu vois combien il est heureux d'être père, et tu es attiré par ce bonheur. L'impossibilité est attirante. Tu sais, la sécurité des impasses.

D'abord le père, figure fondatrice, Paranoïaque Psychorigide Puritain, qui croit que transmettre son amour à sa femme et ses enfants c’est leur apprendre que ce monde est dégueulasse et que le devoir prime sur le plaisir.

L'étrange en vérité au sujet d'Alfred était que l'amour, pour lui, n'était pas une affaire de rapprochement mais de distance.

Sa femme essaie timidement de combler certains trous laissés par cette éducation et appelle surtout maladroitement au secours et à l'amour de tous côtés sans vraiment recevoir de réponse. Poussés comme il le peuvent sur ce terreau bien mal préparé, les 3 enfants, évidemment, payent, chacun à sa façon, les pots cassés. Je laisse Jonathan Franzen  vous les décrire dans ce raccourci saisissant (c’est un de ses grands talents de savoir en dire autant en si peu de mots):

Les portables étaient en train de tuer les cabines publiques. Mais, contrairement à Denise, qui considérait les portables comme les accessoires vulgaires de gens vulgaires, et contrairement à Gary, qui non seulement ne les haïssait pas mais on avait acheté un à chacun de ses trois fils, Chip haïssait les portables principalement parce qu'il n'en possédait pas un.

Tous font preuve d'une tendance un peu névrotique à ne considérer que leurs propres problèmes, leur propre point de vue, et à ne jamais savoir lâcher.

Quand nous faisons leur connaissance, le père traîne un Parkinson bien évolué depuis des années, la mère est définitivement attendrissante tant elle est  insupportable. Ils comblent le silence en participant à une croisière pour retraités désœuvrés, et leur objectif premier est d'arriver à réunir leur petite famille pour une fête de Noël que chacun reconnaît comme étant sans doute la dernière.

Elle avait le pressentiment que la famille qu'il avait essayé de rassembler n'était plus la famille dont elle avait le souvenir-que ce Noël ne ressemblerait en rien aux Noëls d'antan.

De réunir chacun malgré les casseroles qu'il traîne derrière lui : échecs personnels, petites jalousies, rancœurs tenaces… Mais de réussir cependant une fête cordiale (si ce n’est chaleureuse) où s'épanouit enfin l'amour familial, indéniable mais toujours si mal exprimé…


(message récupéré)


mots-clés : #psychologique

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Re: Jonathan Franzen

Message par topocl le Ven 30 Déc - 17:16

Purity



"Ses diverses périodes de grâce terminées, Charles se mit au travail et s'attela à l'écriture du grand livre, le roman qui lui assurerait sa place dans le canon moderne américain. Jadis, il avait suffi d'écrire Le bruit et la fureur ou Le soleil se lève aussi. Mais à présent la taille était essentielle. L'épaisseur, la longueur."

Jonathan Franzen nous a concocté une intrigue à tiroirs, à la machiavélique complexité, avec une belle virtuosité. Survolant les décennies quoique totalement ancré dans le XXIe siècle, s'éclatant sur trois continents, confrontant des personnages dont les névroses rivalisent. Après avoir écrit avec Freedom, son Grand Roman Américain du XXe siècle, il vise ici son Grand Roman Américain du XXIe siècle. Un siècle voué à l'apocalypse, où se pavanent les multimilliardaires et se  débattent les altermondialistes, un siècle mené comme les précédents par la soif d'amour, le sexe et l'argent, mais aussi par l'emprise totalitariste des réseaux Internet.
C'est brillant, foisonnant, c'est extrêmement intelligent, seulement voilà…

il m'a fallu attendre la page 320 pour que la première révélation  me fasse sortir du chaos  des trois premières parties de présentation des personnages principaux. Puis encore la page 500 pour que les révélations suivantes successives fassent que tout cela prenne réellement sens.  Tout ça pour en arriver aux 50 dernières pages : après 700 pages de noirceur, de déchirements, de tromperie, d'erreurs et de complications, on voit soudain voler des bisounours.  

Apparemment, Franzen, la névrose, il connaît, seulement il connaît trop, il en rajoute, par louches entières, cela dégouline de partout, il accumule encore  et ce jusqu'à l’écœurement, la lassitude (c'est bon là, Franzen, j'ai compris, enchaîne!),  jusqu'à nous faire perdre la plus petite pointe de compassion qu'on aurait pu avoir pour ses héros maudits.

Il situe son action dans des milieux emblématiques d'une époque : hackers, journalistes indépendants, lanceurs d'alerte. Malheureusement on n'apprend pas grand chose là-dessus. Tout au plus, on sort du roman avec  la décision formelle de changer  tous ses mots de passe régulièrement et de les complexifier, et conforté dans la certitude que décidément, non, ce n'est pas parce qu'on n'a « rien à cacher » qu'il faut faire confiance au référencement, aux algorithmes, et au big data.

Au total, c'est long, souvent indigeste, très redondant, avec une autosatisfaction parfois irritante. Il en fait  trop, Franzen. En outre, ce n'est pas toujours bien écrit (ou traduit ?) avec par moment des lourdeurs qui obligent à relire la phrase plusieurs fois (et ça ne suffit pas toujours à clarifier), des dialogues assez affectés et souvent interminables, mais aussi par moments une ironie mordante et des passages où l'on retrouve une belle fluidité pour décrire une vie en trois pages.  Il est certain que je n'aurais pas fini ce livre si je n'avais pas lu et tant aimé Freedom avant. J'aurais peut-être eu tort, mais avec des circonstances très atténuantes.

(commentaire récupéré)

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