Nicolas Gogol

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Nicolas Gogol

Message par topocl le Mar 6 Déc - 15:35

Nicolas Gogol
(1809-1852)



Nicolaï Vassiliévitch Gogol (en russe : Николай Васильевич Гоголь) est un prosateur, dramaturge, poète, critique littéraire et publiciste russe d'origine ukrainienne.

Fils d'un petit fonctionnaire issu d'une famille ukrainienne de soldats et de prêtres anoblis au XVIIe siècle, il est l'aîné de douze enfants.

En 1829, Gogol fait ses premiers pas littéraires en publiant, sous le pseudonyme de V. Alov et à compte d'auteur, le médiocre poème romantique Hanz Küchelgarten. Éreinté par la critique, il retire les exemplaires des librairies pour les brûler. Lorsque le succès lui sourira, Gogol ne parlera à personne de cet échec littéraire. Après cet échec, il s'échappe une première fois de Russie et passe deux mois dans le nord de l'Allemagne, sous couvert de mensonges successifs.

Gogol s'installe à Saint-Pétersbourg en 1828 où il occupe des emplois administratifs dans des ministères et commence à publier des nouvelles. Il y rencontre Pouchkine qui l'encourage à écrire. Il obtient ses premiers succès littéraires avec les "Soirées du hameau de Dikanka", recueil de nouvelles grotesques, drolatiques et fantastiques, inspirées de la vie des paysans ukrainiens, qui lui assure la célébrité.

En 1833, il pense avoir une vocation d'historien. Il est nommé professeur adjoint à l'Université de Saint-Pétersbourg, mais devant l'échec progressif de ses cours il revient à la littérature. Gogol publie alors le recueil "Arabesques", qui contient notamment La Perspective Nevski, Le Portrait et Le Journal d'un fou et le recueil "Mirgorod", où l'on trouve le conte fantastique Vij et une première version de "Tarass Boulba".

Entre 1835 et 1837, Gogol publie de nombreuses nouvelles et une pièce de théâtre "Le Révizor" dont les représentations sont appréciées par le Tsar. Il entame à cette période l'une de ses œuvres majeures, "Les Âmes mortes", dont le sujet lui a été confié par Pouchkine qu'il admire toujours.

A partir de 1841, il bascule dans une exaltation religieuse et messianique. Il publie sa nouvelle "Le Manteau" en 1843. Après des séjours prolongés en Europe occidentale, il disparaît de la scène littéraire russe et, à son retour, en 1846, ses écrits obscurantistes et moralisateurs ne plaisent pas. Très abattu, il est sujet à des crises dont il succombera à l'âge de 42 ans.

Bibliographie

Poésie

   Hanz Küchelgarten (1829)

Nouvelles

   Soirées du hameau (connu aussi sous le titre des Veillées du village de Dikanka ou Veillées d'Ukraine) (1831-1832) : La Foire de Sorotchintsy - La Nuit de la Saint-Jean - La Dépêche disparue - Une terrible vengeance - Ivan Fiodorovitch Chponka et sa tante - Le Terrain ensorcelé
   Mirgorod (Nouvelles servant de suite aux Soirées du hameau) : Un ménage d’autrefois – Tarass Boulba – Vij – La Brouille des deux Ivan (1835)
   Le Portrait (1842), deuxième rédaction
   Le Manteau (1843)
   Nouvelles de Pétersbourg : 1. Arabesques : La Perspective Nevski - Le Journal d'un fou - Le Nez - La Calèche - Le Manteau. 2. L'Apport de Rome : Le Portrait (première version) - Rome - Les Nuits de la villa (1835-1836).

Romans

   Tarass Boulba, (1835 ; 1839 - version définitive et augmentée)
   Les Âmes mortes, première partie (1842)
   Les Âmes mortes, deuxième partie (inachevée ; édition posthume).

Théâtre

   La Matinée d'un homme d'action
   Le Procès
   L'Antichambre
   Les Joueurs (1836)
   Les Épousailles (autres traductions: Le Mariage et Hyménée (1835)
   Le Revizor (1836)

Correspondance

   Passages choisis d'une correspondance avec des amis (1846)
   Lettres de Gogol présentées par V. Chenrok (1901).

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Re: Nicolas Gogol

Message par topocl le Mar 6 Déc - 15:36

Tarass Boulba



Portés par leur foi indéfectible en la religion orthodoxe, les Cosaques ont mené des guerres contre les  peuples d’autres religions, musulmane, catholique et juive. À travers le personnage de l’inflexible Tarass Boulba, Gogol raconte plus spécifiquement leurs combats  contre les Polonais au XVIe siècle.

(…) et tous, d'après le consentement des anciens, le kochevoï et les atamans des koureni, avaient résolu de marcher droit sur la Pologne, pour venger toutes leurs offenses, l'humiliation de la religion et de la gloire cosaque, pour ramasser du butin dans les villes ennemies, brûler les villages et les moissons, faire enfin retentir toute la steppe du bruit de leurs hauts faits. Tous s’armaient.

Il ne manque rien à ce récit pour en faire un parfait roman d'aventure tout à fait palpitant. Les cosaques sont des rustres assoiffés de guerre et d'eau-de-vie. Et si l'honneur, la fraternité, l'amour de « l’âme russe», l’appétit de vie sont leurs premiers commandements, il ne leur  manque  non plus ni l’avidité, ni la cruauté.

C'est une qualité propre à la race slave, race grande et forte, qui est aux autres races ce que la mer profonde est aux humbles rivières. Quand l'orage éclate, elle devient tonnerre et rugissements, elle soulève et fait tourbillonner les flots, comme  ne le peuvent les faibles rivières ; mais quand il fait doux et calme, plus sereine que les rivières au cours rapide, elle étend son incommensurable nappe de verre, éternelle volupté des yeux.

Mais l'auteur prête aussi à ces brutes sanguinaires, par moments, des doutes, de l'émotion, des questionnements, qui les rendent attachants. On croise au passage la trahison d’un fils, l'amour de la femme la plus belle du monde enfermée dans une ville rendue exsangue par un siège, des souterrains secrets, des combats spectaculaires, des cavalcades éperdues, des costumes resplendissants.
Ciel ! Que cela devrait être beau au cinéma !

C'est superbement écrit, Gogol nous mène de la splendeur des steppes ukrainiennes à des combats sauvages, dirige aussi habilement les entretiens privés et les émotions intimes que les mouvements de foule. Il y a de superbes envolées lyriques assez exaltées – et exaltantes :il suffit de lire cela avec une connivence amusée (même s’il n'est pas sûr que l'auteur y ait mis l’humour qu’on veut bien y mettre). C’est pathétique à souhait, tout à fait poignant, on n'a pas envie de lâcher une seconde cette histoire, ses rebondissements, ses déchirements.

Pour prendre pleinement plaisir à cette lecture, il faut cependant accepter un antisémitisme des plus primaires, qui semble être autant celui de Gogol que celui de son personnage.

(…)l'éternelle pensée de l’or, qui, semblable à un ver, se replie autour de l’âme du juif




(commentaire rapatrié)


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