John Keats

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John Keats

Message par Arturo le Sam 6 Oct - 19:50

John Keats
(1795- 1821)




John Keats /ˈkiːts/, né le 31 octobre 1795 à Finsbury Pavement, près de Londres, mort à Rome de la tuberculose le 24 février 1821, est un des poètes romantiques anglais les plus importants de sa génération.

Chantre de la nature sauvage synonyme de liberté et de pureté, et revendiquant la primauté de la sensation (Ode sur la mélancolie), John Keats est aujourd’hui considéré comme un des poètes emblématiques du romantisme anglais. Il s’est consacré aussi à d’autres thèmes romantiques comme la solitude (Hymn to Solitude), le goût pour le Moyen Âge (Isabella - La Belle Dame sans Merci), et pour le folklore (The Eve of St Agnes), tout en conservant un attachement aux mythes classiques (Lamia - Hyperion). Il doit également une grande part de son inspiration à des poètes, tels que Spenser, Shakespeare, Milton, et Dryden.

Pour beaucoup de commentateurs de son œuvre, les textes les plus achevés de John Keats sont ses odes, toutes écrites en 1819 : Ode sur l'indolence, Ode sur la mélancolie, Ode sur une urne grecque, Ode à un rossignol, Ode à Psyché, Ode à l'automne3, elles restent parmi les poèmes les plus connus de la littérature anglaise.
wikipedia

Oeuvres traduites en français :

Seul dans la splendeur, éd. bilingue, Éditions de la Différence, 1990.
Poèmes et poésies, Préface de Marc Porée, Gallimard.
Ode à un rossignol et autres poèmes, édition bilingue, La Délirante, 2009.
Les odes, édition bilingue, Arfuyen, 2009.
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Arturo

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Re: John Keats

Message par Arturo le Sam 6 Oct - 19:54

John Keats est la figure emblématique du poète romantique anglais, happé par la tuberculose à 25 ans.
Il était ce qu'on appelle aujourd'hui un hypersensible. Il voulait se faire le miroir de la nature, est le transmetteur de toutes ces sensations qu'il percevait au quotidien.



A qui est depuis longtemps confiné dans la ville,
Il est fort doux de perdre son regard
Dans le beau visage ouvert du ciel — d’exhaler une prière
En plein sourire du bleu firmament.
Qui serait plus heureux, lorsque, le coeur comblé,
Il se laisse choir, très las, en quelque délicieuse couche
D’herbes onduleuses, et, lit une courtoise
Et douce histoire sur l’amour et ses peines ?
Rentrant au logis, le soir, l’oreille attentive
Aux plaintes de Philomèle, et l’oeil
Epousant la course d’un petit nuage brillant qui passe,
Il se lamente qu’un tel jour ait pu si vite s’enfuir,
S’enfuir comme une larme répandue par un ange
Qui tombe dans la transparence de l’éther, silencieusement.

***

To one who has been long in city pent,
‘ Tis very sweet to look into the fair
And open face of heaven — to breathe a prayer
Full in the smile of the blue firmament.
Who is more happy, when, with heart’s content,
Fatigued he sinks into some pleasant lair
Of wavy grass, and reads a debonair
And gentle tale of love and languishment ?
Returning home at evening, with an ear
Catching the notes of Philomel, — an eye
Watching the sailing cloudlet’s bright career,
He mourns that day so soon has glided by :
E’en like the passage of an angel’s tear
That falls through the clear ether silently.

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Arturo

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Re: John Keats

Message par bix_229 le Sam 6 Oct - 21:12

Merci, Arturo, John Keats, l' homme dont le nom est écrit sur l' onde méritait bien
un fil !
Et aussi un peu plus que les lettres qu' il envoya à Fanny, sa fiancée.
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bix_229

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Re: John Keats

Message par Aventin le Dim 7 Oct - 2:06

Merci Arturo, pour cette ouverture de fil !



To-

Time's sea hath been five years at its slow ebb,
Long hours have to and fro let creep the sand,
Since I was tangled in thy beauty's web,
And snared by the ungloving of thine hand.
And yet I never look on midnight sky,
But I behold thine eyes' well memory'd light;
I cannot look upon the rose's dye,
But to thy cheek my soul doth take its flight.
I cannot look on any budding flower,
But my fond ear, in fancy at thy lips
And hearkening for a love-sound, doth devour
Its sweets in the wrong sense: - Thou dost eclipse
Every delight with sweet remembering,
And grief unto my darling joys dost bring.

Sonnet, écrit le 4 février 1818. Publié en 1844, parmi les "Posthumous and Fugitive Poems".
Dédié à une inconnue aperçue durant l'été 1814 aux jardins de Vauxhall.

Double "And..." en débuts de vers.
Puis ce "But..." triplé auquel répond un double "I cannot...".

Les trois premiers vers, un rien évanescents, comme il sied souvent à une entrée en matière signée Keats, sont balançants, le va-et-vient exprimé dans le vers "Long hours have to and fro let creep the sand" permet le contre balancement des deux "And...", annoncés par un terme aussi fort que "tangled" dans le vers qui précède ces "and...".

Quelques effets allitératifs non dénués de raffinement ne vous échapperont pas, comme dans les "s" adoucis avec tact parfois par un "w", ou "s" à l'opposé durci par un "p" dans le vers "Its sweets in the wrong sense: - Thou dost eclipse".


Le tout de ce... "To-" est ciselé, possède cette délicatesse certaine.
En ce qui concerne le thème, il est familier, quasi standard du Romantisme britannique.

On trouve cette traduction:
A...

Du temps la mer est demeurée cinq ans aux syzygies
Le va-et-vient des longues heures a laissé le sable
  ramper
Depuis que je me suis entortillé à la toile de ta beauté
Et fait prendre au collet de ta main dégantée.
Et pourtant je n'ai jamais regardé le ciel de minuit,
Mais de tes yeux je vois la lumière qui ne s'oublie ;
Je ne peux poser mon regard sur la carnation de la rose,
Mais vers ta joue mon âme prend son essor ;
Je ne peux regarder aucune fleur en train d'éclore
Mais mon oreille aimante, pendue folle à tes lèvres
En attente d'un murmure d'amour dévore
A contre-sens ses douceurs : car tu éclipses
Tout délice par la douceur du souvenir
Et porte le chagrin au cœur des joies que je chéris.





Réchauffé d'un message sur Parfum, du 23 décembre 2014
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Aventin

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Re: John Keats

Message par Arturo le Mar 9 Oct - 17:46

Merci pour le déterrage et l'analyse, Aventin !

Un autre poème tiré, de Dans la splendeur :

"Lorsque me vient la peur de pouvoir cesser d'être "

Lorsque me vient le peur de pouvoir cesser d'être
Avant que ma plume ait glané mon fertile cerveau,
Avant qu'en haute pile les livres, imprimés,
Enserrent, greniers pleins, la récolte bien mûre;
Lorsque sur la face étoilée de la nuit j'aperçois
Les immenses symboles nuageux d'une grande
épopée.
Et pense que peut-être je ne vivrai assez
Pour en tracer les ombres de la main magique du
hasard;
Et puis lorsque je sens , belle créature d'une heure,
Que sur toi mon regard ne se posera plus jamais,
Que plus jamais je ne goûterai au pouvoir féerique
De l'amour sans souci; alors sur le rivage
Du vaste monde, seul je demeure et songe
Le temps qu'Amour et Gloire s'abîment au néant.

( Note : Ecrit entre le 22 et 31 janvier 1818. Ce sonnet marque le début de la préférence de Keats pour la forme shakespearienne, plutôt que pétrarquienne, du sonnet.)

***

When I have fears that I may cease to be
Before my pen has gleaned my teeming brain,
Before high-pilèd books, in charactery,
Hold like rich garners the full ripened grain;
When I behold, upon the night’s starred face,
Huge cloudy symbols of a high romance,
And think that I may never live to trace
Their shadows with the magic hand of chance;
And when I feel, fair creature of an hour,
That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the faery power
Of unreflecting love—then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
Till love and fame to nothingness do sink.
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Arturo

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