Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Nathalie Léger

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Message par Bédoulène le Mer 06 Mar 2019, 23:14

merci églantine, un jour peut-être !

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Message par topocl le Lun 11 Mar 2019, 20:55

Supplément à la vie de Barbara Loden

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Quelle lecture étrange, quel livre étrange…

Si je vous dis qu’il s’agit Nathalie Léger, qui entre dans une étrange fascination pour la personne de Barbara Loden, laquelle est ensorcelée par l’héroïne-titre de son film Wanda,  qui n’est autre que l’incarnation fictionnelle d’Alma Marronne, une jeune femme américaine paumée qui échoue elle ne sait trop comment dans une histoire affligeante de hold-up minable, je ne vous aurai rien dit.
Si je vous dis qu’il s’agit de moi, lectrice, étrangement happée par ce livre d’une femme écrivain atypique, écrivant sur une cinéaste obscure auteure d’un unique film figurant dans la mythologie cinématographique personnelle de Bix,  à propos de la compagne asociale d’un petit malfrat loser, vous aurez peut-être un peu progressé.

J’allais voir Frederick Wiseman, l’inventeur du documentaire sans interviews, sans commentaires, l’inventeur du documentaire sans documentation, celui qui coule lentement sa caméra dans un milieu jusqu’à ce que tout le monde l’oublie, je lui racontais les difficultés qui se présentaient pour reconstituer la vie de Barbara Loden, et lui qui ne travaille jamais sur autre chose que sur ce qui existe m’a dit paisiblement : « Inventez, il suffit d’inventer. »


Car qu’importent donc ici ces histoires-gigognes ?  N’est on pas plutôt  dans une errance subjective, un vagabondage essentiel qui interroge sur le sens des vies, et leur non-sens ; sur la façon de les raconter, hors de l’anecdote, mais plutôt dans le regret de ce qu’elles  n’ont pas été ; sur les correspondances impalpables entre les êtres, et l’inutilité des faits et anecdotes face à leur essence profonde? Ne déambule-t’on pas dans l’ineffable intimité de l’auteur, source en même temps que reflet de ces autres femmes, héroïnes égarées dans un monde qui  n‘était pas pour elles ? Ne partage-t’on pas des fulgurances, des évidences, des quotidiennetés, des affinités primordiales ?

Tout cela en petites étincelles, paragraphe juxtaposés dans la cohérente évidence de ce récit précieux, déambulation entre l’intime, le quotidien et l’intemporel.

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Message par églantine le Lun 11 Mar 2019, 23:20

Nous avons bien lu le même livre miss topocl .
C'est chouette. cat
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Message par églantine le Mer 13 Mar 2019, 16:36

@bix_229 a écrit:Au fait, as-tu vu Wanda, le film ?
Eh bien Bix , après avoir tournicoté un bon moment , comme j'ai tellement aimé l'ouvrage de Nathalie Léger , je viens de le commander !
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Message par topocl le Mer 13 Mar 2019, 17:00

Ha! tu nous diras, alors???

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Message par églantine le Mer 13 Mar 2019, 17:34

Yep !
Si j'ai des choses à dire.
Mais l'appétit vient peut-être en mangeant.
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Message par topocl le Dim 14 Avr 2019, 16:54

L'exposition

conditionfeminine - Nathalie Léger - Page 2 Cvt_le14

Nathalie Léger a écrit:
On pourrait commencer l'exposition par l'œuvre de Fischli et Weiss, Der Lauf der Dinge (Le Cours des Choses , 1986 – 1987), filmées dans leur atelier. C'est un long plan séquence qui enregistre le déroulement d'une série d'événements : un pneu roule, une cuve déborde, une fumée s'échappe, un ballon s'élance, un liquide dévale, une toupie tourne, etc. Chaque événement possède des qualités propres, mais c'est la série qui compte, c'est la syntaxe, le moment de bascule d'un événement vers un autre : un pneu qui frappe une cuve qui libère un liquide qui ouvre une trappe qui lâche la fumée qui fait pression sur un verre d'eau qui déclenche un court-circuit, etc. L'œuvre a l'apparence du chaos, les matériaux sont hétéroclites, les rapports inattendus, les effets inégaux, chaque incident menace à tout instant de rater son destin d'incident, et pourtant l'harmonie règne, ça avance, on est pris par le principe même de la composition, ce n'est pas la diversité des événements qui est exposée mais leur rigoureuse concertation, la manière dont l'un déclenche l'autre, c'est le passage de l'un à l'autre qui retient, passage toujours incongru et toujours implacable, presque invisible, obéissant à des lois impérieuses et  énigmatiques, c'est-à-dire comme une existence : un peu d'eau sale s'écoule au sol.

On a ici l’explication de toute la démarche de Nathalie Léger. Un sujet qui n’est qu’un « événement », (qui s’intéresse à Barbara Loden, à Pippa Bacca, ou ici à la Comtesse de Castiglione?) : ici une rencontre fortuite d’un catalogue de photos de la fameuse Comtesse dans les rayons d’une librairie, le temps d’organiser une exposition qui ne verra jamais le jour.

Autour de cet  « événement » , Nathalie Léger écrit de cette même façon : je la cite à nouveau : « l'apparence du chaos, les matériaux sont hétéroclites, les rapports inattendus, les effets inégaux, », "et pourtant l'harmonie règne, ça avance, on est pris par le principe même de la composition, ce n'est pas la diversité des événements qui est exposée mais leur rigoureuse concertation, la manière dont l'un déclenche l'autre, c'est le passage de l'un à l'autre qui retient, passage toujours incongru et toujours implacable, presque invisible, obéissant à des lois impérieuse et s énigmatiques. » « Et la série,  cette longue mise en branle de hasards et de savoirs qui ressemble à l'écriture, cet entrechoquement de matières et de qualités, s'achève comme un récit. »

L’ordonnancement de ce chaos, qui met en scène des faits intimes, culturels, réflexifs multiples, des références, citations et allusions, connaît une réussite variable : plus abouti dans La robe blanche  et Supplément à la vie  de Barbara Loden, alors qu’ ici, on se surprend  à se demander si l’auteure ne s’est pas trompée, si elle n’a pas fourni à un éditeur un peu inattentif le dossier  de son travail compulsif de prise de notes, de relevé de citations, de références et allusions, digressions plus ou moins directes, en rapport avec son sujet.

Ce fameux sujet qui est autant un prétexte.
Elle parait  bien singulière, cette Comtesse  redoutée, avec sa curieuse compulsion (elle aussi), tout au long d’une vie,  à mettre sa beauté inégalée en spectacle, par le biais de mises en scène photographiques. Mais au-delà de ce sacré personnage, Nathalie Léger va aborder plus généralement la beauté, l’image, le regard (de l’homme) et la photographie, la vérité et l’illusion qu’elle entretient ; et plus intimement l’écho que cela réveille dans sa vie personnelle et son rapport au couple de ses parents, dont elle conserve, comme nous tous, quelques photographies à bords crénelés.

Au passage, on touche du doigt une connaissance partielle de cette coquette narcissique du Second Empire qui a brièvement séduit l’Empereur,  « dédaigneuse et hautaine », « isolée par sa perfection ». Son  « effort incroyable à se représenter elle-même » , son apparente absence de cœur,  ne sont  que cache-misères face au « gouffre », à la « terreur » d’une femme qui cherche  sa place  au sein du monde « trépidant de la fête impériale », ce royaume  du paraître, ce « règne absolu de la crinoline ». Elle finit seule, cloîtrée, « fatiguée de n’avoir pas été comprise », recluse dans « l’envers déraillé ».

Au-delà de cet effleurement, lié à la volonté déterminée de l’auteure de rester dans une sphère non-biographique, l’œuvre prend par trop l’aspect d’un inachèvement, comme si elle était le brouillon d’une idée séduisante, un travail préparatoire pour les écrits à venir, une mission a priori alléchante, mais trop érudite, trop volontairement disparate dans son obsession, entraînant un étrange sentiment de vanité et de distance, où il paraît difficile de distinguer snobisme et sincérité. Mais elle est aussi pleine de la promesse que vont tenir les si attachantes œuvres à venir.


Mots-clés : #biographie #conditionfeminine #xixesiecle

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