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Dimitris Hadzis

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Message par bix_229 le Dim 14 Oct - 17:38

Dimitris HADZIS
1913-1981

Dimitris Hadzis Hadzis10


Dimitris Hadzis est né en 1913 en Grèce du Nord, dans la belle Ioannina, décor unique et personnage central de La Fin de notre petite ville. A dix sept ans, à la mort de son père, il se retrouve directeur de journal. Devenu communiste, il est emprisonné, torturé et déporté plusieurs fois entre 1936 et 1949.
Il devra s'exiler et passera vingt cinq ans de sa vie en Roumanie, en RDA, en Hongrie surtout où il sera professeur d'université, avant de rentrer en Grèce à la fin de la dictature et d' y mourir peu après, en 1981.

Hadzis fait partie des écrivains phares de l'après guerre en Grèce. Avec Taktsis, Tsirkas et Kavvadias.
La publication de La Fin de notre petite villeen 1963 le consacra. Devenu un classique et traduit enplusieurs langues.

Il aura mis un quart de siècle pour parvenir en France pour une pitoyable raison liée à sa forme, celle d'un recueil de nouvelles.
Hadzis n'a publié que six livres. On l'a découvert tardivement en France, parce qu'il dépeint, à contre-clichés sans marbres antiques, sans oliviers, sans soleil une Grèce profondément vraie -trop peut-être pour nous.
Le miracle, c'est que Hadzis, écrivain engagé, ait su éviter à ce point tout sectarisme : l'intelligence, l'honnêteté, la bonté de l'homme ont fait de lui un communiste solitaire. Toutes qualités qu'on retrouve chez l' écrivain.
C'est un écrivain magnifique, lisez-le !
Source Michel Volkovitch, immense traducteur et introducteur de la littérature grecque en France.


Oeuvres traduites en français


- La Fin de notre petite ville, 1 : Le Cahier du détective- - Complexe, 1989
- La Fin de notre petite ville, 2 : Le Testament du professeur. - Ed. de l' Aube, 1989
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Message par bix_229 le Dim 14 Oct - 19:16

Dimitris Hadzis Le-cah10

La Fin de notre petite ville. 1 : Le testament du professeur. - Complexe

En Epire au pied des montagnes, il y a une petite ville, ou plutot il y avait.
Entre 1925 et 1945, la ville s' est épuisée, atteinte de vieillesse face à la modernité envahissante.
Atteints de sclérose, les corps de métiers n'ont pas pu, pas su ou pas voulu évoluer. Ils se sont aussi trop divisés entre eux, malades d'une mortelle fierté.
Hadzis y a vécu dans cette ville, il l'a violemment aimée.
Il a observé ses changements, son usure, son vieillissement pareil à celui d'un être humain.
Le nôtre ou celui du voisin.
Si les grecs ont tant aimé son livre, c'est qu'il en est un miroir.
Que l'image qu'elle donne soit désolante, certes, mais elle garde en même temps de quoi les consoler, en préservant un équilibre rare, miraculeux, entre l'inévitable désespoir et le besoin vital d'espérer.
Chacune des histoires traite du déclin, de la mort lente : chacune raconte la fin d'un groupe social, d'un ordre ancien.
Chacune est centrée autour d'un personnage coupé des autres, volontairement ou pas. Paradoxalement, l'espoir n'est jamais bien loin et qui les sauve, au moins un moment.
L'espoir, c'est les autres, l'amour, l' amitié. La fin des barrières qu'ils ont eux-mêmes dressées. Malgré la terre qu'ils ont dû quitter parce que trop faibles pour la défendre...
Hadzis montre pour eux la même tendresse dont ils peuvent faire preuve entre eux.
Seuls échouent, et d'une façon très amère, ceux qui se sont crus trop au dessus.
Un même personnage, Sabethai Kabilis est bourreau et martyr.
Un personnage inoubliable qui semble avoir échappé au jugement de l'auteur.

Chez Hadzis, il y a la même perception idéalisée d'un communisme impossible Et qui a tellement déçu des écrivains tels que Kazantzakis.
Et ses personnages, passionnés, excessifs ont quelque chose de slave, de russe.
Et lui, a reconnu la complexité des choses et des gens. Jamais sectaire, humain trop humain.
Oui, cet auteur, on l'aime et il est vraiment digne des autres grands auteurs grecs de l'époque : Kavvadias, Taktsis, Tsirkas.

Dimitris Hadzis Ioanni10


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Message par Bédoulène le Ven 19 Oct - 23:19

merci Bix, bien tentant !

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