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Sadegh Hedayat

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Message par Dreep le Lun 22 Oct - 23:01

Sadegh Hedayat

(1903 - 1951)


Sadegh Hedayat Hedaya10



Issu d'une famille aristocratique Sadegh Hedayat poursuit ses études au collège français Saint-Louis de Téhéran, puis, après quelque temps en Belgique, à Paris de 1926 à 1930. Il fait une tentative de suicide au cours de ses études en 1927, mais il est sauvé par un petit bateau de pêcheurs des bords de la Marne. Il retourne ensuite en Iran pour travailler dans l'administration de la banque nationale où il végète sa vie durant. Il voyage en Inde en 1936 pendant deux ans et demi, ce qui lui fait forte impression. C'est au cours de ce voyage qu'il s'initie au moyen-persan à Bombay. Il visite également l'Ouzbékistan soviétique en 1944. Il retourne en France en décembre 1950 pour se suicider à Paris cinq mois plus tard. Son œuvre est marquée par la hantise du suicide, mais est traversée aussi par la description des mœurs persanes décrites avec humour et poésie. Traducteur du moyen-persan (pahlavi), il avait une immense admiration pour le folklore iranien alliée avec un certain mépris pour les superstitions et le pouvoir des mollahs archaïques qu'il qualifiait de « têtes de choux ».

Son chef-d'œuvre, La Chouette aveugle, écrit en 1936-1937, raconte les hallucinations d'un opiomane poursuivi par les interférences d'une vie antérieure. Sa publication en 1941 à Téhéran fit scandale. En France, l'ouvrage, traduit en français en 1953 par Roger Lescot, et paru chez l'éditeur José Corti, est salué par André Breton comme étant un des classiques du surréalisme.

Dans Rencontres avec Sadegh Hedayat, le parcours d'une initiation, son disciple Frédéric Farzaneh révèle que l'écrivain était fortement marqué entre autres par Edgar Poe, Maupassant (qu'il traduisit), Rilke, Kafka (qu'il traduisit du français), Virginia Woolf, Hermann Hesse, William Faulkner ou Tchékhov. Outre ses romans, il est également l'auteur de deux pièces de théâtre, de récits de voyage (dont un à propos d'Ispahan) et de divers essais, dont l'un concerne Omar Khayyâm.
Bibliographie :

Bouf-é Kour (La Chouette aveugle), Bombay, 1936 , 1941 ;
Le Chien errant, 1941
Traduction en persan de La Métamorphose de Franz Kafka ;
La Chouette aveugle, 1953 ;
Enterré vivant, 1986 ;
L'Abîme et autres récits, 1987 ;
Trois gouttes de sang,
Les Chants d'Omar Khayam, 1993 ;
Hâdji Agha, 1996 ;
L'Eau de jouvence et autres récits, 1996 ;
La Griffe, suivi de Lâleh, 1996 ;
Madame Alavieh et autres récits, 1997 ;
L'Homme qui tua son désir, 1998.

1923 Roubayat-e Hakim Omar-e Khayyâm/ Les Roubayats d'Omar Khayyâm
1924 Ensan va hayvan/ L'Homme et l'animal
1927 Marg/ La Mort
1940 Chaykuvski/ Tchaïkovski
1941 Shivehha-ye novin dar she’r-e parsi/ Les Nouvelles Tendances de la poésie persane
1948 Payam-e Kafka/ Le Message de Kafka


Dernière édition par Dreep le Lun 22 Oct - 23:05, édité 1 fois
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Message par Dreep le Lun 22 Oct - 23:02

L'homme qui tua son désir

Sadegh Hedayat L_homm10


Les nouvelles que l'on a réunies ici (provenant initialement de recueil épars) exprime de façon éloquente le pessimisme de Sadegh Hedayat. Dans une atmosphère propice à l'engourdissement ou à la crainte, voire dans une violence bien réelle, on a des personnages voyant leurs aspirations être contrecarrés par la société ou l'état, voire par eux-mêmes. Paix, liberté, connaissance, pureté ou sagesse, l'écrivain brosse leurs rêves ainsi que leurs traits, avant de commencer le récit de ce que la vie ou le destin leur oppose pour leur malheur. On voit dans le déroulement de ces histoires, là où le bât blesse selon Sadegh Hedayat, et par exemple les personnages sont prisonniers de leurs traditions, de leur ignorance ou d'un orgueil satisfait de quelques apparences de savoir.

Cette approche en deux temps, d'abord sur le personnage, puis ce qui lui arrive, ce contraste entre l'individu et les éléments extérieurs ― afin d'éviter toute binarité, l'antagonisme n'est toutefois pas toujours clair et net ― me rappelle un peu les nouvelles de Tagore (dans le recueil "Le vagabond et autres nouvelles" lu en septembre dernier), tous deux dans leur constat d'une dureté des circonstances, parviennent à rendre leurs personnages touchants même dans leurs faiblesses. Cependant, toutes les nouvelles de "L'homme qui tua son désir" ne suivent pas ce même schéma, on trouve un Hedayat plus ironique dans "Les croque-morts" dans "La légende de la création" sous forme de pièce de théâtre, et surtout de façon assez féroce ou amère dans la première nouvelle, "La griffe".


mots-clés : #nouvelle
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Message par Tristram le Mar 23 Oct - 12:36

La chouette aveugle


Sadegh Hedayat La_cho10


Songeries fantasmagoriques, mêlant romantisme, morbide et macabre, où se précise l’envie de néant.
Influences d’Edgar Allan Poe, surtout Maupassant, et bien sûr Omar Khayyâm.
Étranges retours de la narration, comme des remous oniriques, des reprises de scènes, lieux, gestes.
Frappant épisode : sa mère, une bayadère indienne, peu après sa naissance, ordonna "l’ordalie du naja" afin de choisir son époux d’entre ses deux amants, son père et son oncle, frères jumeaux…
On s'interroge aussi sur ce qui renvoie à la culture où à l'inconscient, comme dans la prééminence de la main gauche.
« La mort fredonnait doucement sa chanson, comme un bègue qui se reprend à chaque mot, et qui, à peine arrivé à la fin d’un vers, doit recommencer. »

« Je veux presser ma vie entière, comme l’on presse une grappe de raisin, en verser goutte à goutte le suc, non, le vin, comme l’eau du viatique, dans la gorge sèche de mon ombre. Je veux simplement, avant de partir, consigner sur le papier les maux qui, dans ce coin de chambre, lentement m’ont rongé, comme autant de chancres et de tumeurs. […] Je n’écris que par ce besoin d’écrire qui me tient. J’ai besoin, de plus en plus besoin, de communiquer mes pensées à mon être imaginaire, à mon ombre. Cette ombre sinistre qui se penche sur le mur, dans la lumière de la lampe et qui semble lire avec attention, dévorer ce que j’écris. À coup sûr, elle comprend mieux que moi. C’est à mon ombre seulement que je puis parler comme il faut. C’est elle qui m’oblige à parler ; elle seule peut entendre. Elle comprend, bien sûr… j’exprimerai goutte à goutte le suc, non, le vin amer de mon existence dans son gosier, puis je lui dirai : "Voilà ma vie !" »
On ne sera surpris ni du suicide de l'auteur, ni de l'engouement des surréalistes pour lui...

[recyclé de la Grosse Flemme des Paresseux en One-shot]



mots-clés : #fantastique

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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