Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Ivan Jablonka

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Message par topocl le Mar 6 Déc - 16:50

Ivan JABLONKA
Né en 1973

Ivan Jablonka Auton610


Ancien élève de l’École normale supérieure, Ivan Jablonka est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Maine, chercheur associé au Collège de France. Il est rédacteur en chef de laviedesidees.fr et codirecteur de la collection « La République des Idées » au Seuil.

Bibliographie :

· Les Vérités inavouables de Jean Genet, 2004
· Âme sœur. Roman, 2005 (sous l’hétéronyme d’Yvan Améry) ; Page 2
· Ni père ni mère. Histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939), 2006
· Enfants en exil. Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), 2007
· Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France (XIXe-XXIe siècle), 2009 (codirigé avec Ludivine Bantigny)
· Les Enfants de la République. L’intégration des jeunes de 1789 à nos jours, 2010
· Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus. Une enquête, 2012 ; Page 1
. Nouvelles perspectives sur la Shoah (avec Annette Wieviorka), 2013
. L’enfant-Shoah, 2014
. Le monde au XXIIème siècle. Utopies pour après-demain, 2014 (avec Alexis Jenni et Nicolas Delalande)
. L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, 2014.
. Le corps des autres, 2015.
. Laëtitia ou la fin des hommes, 2016. - Prix Médicis (roman) 2016 ; Page 1
. En camping-car, 2018 ; Pages 1, 2

MAJ de l'index le 04/10/2018

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Message par topocl le Mar 6 Déc - 16:51

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus - Une enquête

Ivan Jablonka C1010

Tout est dans le détail.

Par son travail obsessionnel mais passionnant de fourmi déterminée, Jablonka accumule les faits, donne sens aux détails les plus insignifiants, pour recréer  l'histoire d'une décennie, à travers un homme et une femme qui l'ont traversé valeureusement et en ont été honteusement éliminés. Dans le fin maillage de ce tissu informatif persistent des failles, déchirante pour le petit-fils qu'il est, mais qui créent autant d'ouvertures pour l'historien qu'il est devenu, à écrire des biographies subjectives ancrées dans le réel.

Pendant plusieurs années, Ivan Jablonka, enfant gentiment laissé à l'écart du drame de ses grands-parents communistes polonais juifs émigrés à Paris, abominablement assassinés comme des millions d’autres au camp d’Auschwitz II Birkenau, devenu historien « pour réparer le monde », a compilé les indices, témoignages, récits, archives qui lui permettent ici de reconstituer au mieux l’histoire de Matès et Idesa, ses grands-parents.

Matès est né au shetl de Parczew de parents juifs religieux dans une fratrie de 5 enfants, qui, tous, rejettent le joug d'une religion qui les étouffe et embrassent la cause communiste, dans l'idée de construire un monde meilleur, quitte à perdre leur liberté et leur vie. Lui et son épouse Idesa, emprisonnés, persécutés, fuient la Pologne et arrivent en 1936 à Paris, sans argent, sans amis, sans papiers. L'accueil est basée sur la tracasserie administrative, le rejet et les menaces d'expulsion. Tout ceci n'est qu'un avant-goût qui va trouver son apogée dans l'antisémitisme avoué et glorifié qui mènera dès la victoire allemande vers les rafles et les camps d’ extermination.

Ivan Jablonka ne laisse rien au hasard. Il compulse les récits des survivants et de leurs descendants, les lieux d'archives, les ouvrages historiques ou littéraires pour réunir une documentation qui traque la moindre trace objective ou émotionnelle que ses grands-parents ont pu laisser, et qui permettrait d'écrire leur histoire, de connaître leur vie. Il confronte cette multiplicité de pistes, de traces, à celles laissées par d'innombrables autres juifs polonais qu'ils ont croisés le temps d'une minute ou de plusieurs mois, à celles de frères et sœurs exilés à Bakou ou en Argentine, à celles d'autres, connus ou anonymes, qui pour une raison ou une autre, eurent un destin similaire.

Il réunit une impressionnante somme de documentation qu’il nous restitue avec une précision quasi obsessionnelle et dont le maillage serré laisse subsister bien sûr des zones d'ombre et d'interrogations. Dans ces trous du récit, Jablonka insinue des hypothèses, mais toujours étayées sur des faits, non pas des délires fictionnels mais des options possibles qu’il prend soin de toujours signaler - on sait toujours parfaitement si on est dans un élément irréfutable ou des péripéties possibles, voire probables. Et ce maillage même, n’est que l'image de celui, machiavéliquement constitué par l'autorité policière ou politique pour mieux traquer et condamner les deux émigrés. L'auteur, par cette accumulation de détails, par son attachement à la moindre précision véridique, qu’un non historien aurait considérée comme non signifiante, reste le plus souvent dans une objectivité non compassionnelle, mais d'autant plus efficace, et c'est sur ce fond quasi professionnel que certaines pages, jamais pathétiques, prennent une ampleur d'une beauté bouleversante, une émotion d'autant plus marquante qu’elle est totalement maîtrisée..

Après Les disparus de Mendelssohn  et Une histoire familiale de la peur d’Agata Tuszynska, voici un nouveau récit familial où l'histoire de la recherche,  le caractère tout à fait fascinant des personnages (ces grands-parents qui, ayant voulu créer un monde meilleur, finirent leur vie dans un enfer que nul n'aurait su imaginer), la tragédie aussi intime qu'universelle qu'ils connaissent, s'entrecroisent pour amener Ivan Jablonka, homme courageux quoique découragé, à construire un récit de bout en bout passionnant, offert à ses 2 filles qu’il conduit à l'école maternelle dans le quartier-même où Matès et Idesa se cachèrent plusieurs mois avec leurs 2 enfants. Au-delà de leurs destins individuels, il brosse un portrait tragique du XXe siècle et du sort que celui-ci réserva à des hommes et des femmes à qui l'idéologie arracha leurs amours, leurs enfants et leur vie.

Histoire intime, histoire collective s'entremêlent étroitement, et la quête du détail, le souci d'objectivité rigoureuse ne sont que le terreau qui fertilise ce travail de mémoire dont émerge une émotion d'autant plus forte qu’elle est maîtrisée.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #biographie #communautejuive #deuxiemeguerre #documentaire #famille


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Message par Bédoulène le Mar 6 Déc - 18:31

l'envie de lire après ton commentaire plus tard pour le moment je ne dispose que de Laetitia

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Message par Marie le Mer 7 Déc - 1:27

Et tu l'as lu, Laetitia, Bédou?

Topocl, tu remettras les extraits que tu avais recopiés?? En particulier celui où il dit qu'il est historien "pour réparer le monde"?

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Message par Marie le Mer 7 Déc - 1:41

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus

Ivan Jablonka 34558710



Il m'a été  difficile ,pour parler de ce très beau livre , de ne pas trop paraphraser topocl qui a tout dit et a en particulier déjà cité un très bel extrait que je m'apprêtais à recopier..

Dans l'entretien vidéo, Jablonka parle de son travail d'historien. Il part donc ici de l'histoire de sa famille, ses grands-parents paternels ont " disparu". Tous savent qu'ils sont morts, comme tant d'autres, à Auschwitz, mais leur vie elle-même, qu'en reste-t-il? Même pas une tombe.

Je suis parti, en historien, sur la trace des grands-parents que je n'ai pas eus. Leur vie s'achève longtemps avant que la mienne ne commence: Matès et Idesa Jablonka sont autant mes proches que de parfaits étrangers. Ils ne sont pas célèbres. Ils ont été emportés par les tragédies du XXème siècle: le stalinisme, la Seconde Guerre mondiale, la destruction du judaïsme européen.


Je ne vais pas reprendre l'histoire de Mates et d'Idesa dès le départ, topocl la raconte. C'est sûr qu'il ne faisait pas bon être juif, communiste et pauvre dans la Pologne des années 30. Quand Jablonka retourne à Parczew,pour enquêter,  il rencontre le fils d'un homme qui a été fait " Juste parmi les nations" pour avoir aidé des Juifs.Pas un vrai juif, bien sûr, il n'y en a plus.  En fait, les derniers Juifs survivants on quitté la ville après le pogrom de 1946...

Matès et Idésa, comme bien d'autres ( une partie de la fratrie était partie en Argentine) , ont tenté leur chance en France, patrie des Droits de l'Homme. Clandestins, sans papiers , misérables, vivant de petits boulots, ils ont survécu tant bien que mal et eu deux enfants, dont le père d'Ivan.

Matès a été arrêté une première fois en mai 39, Ivan retrouve le registre d'écrou:
Nous tournons les pages fébrilement. Emotion: il est là.
Je crois que je suis devenu historien pour faire un jour cette découverte. La distinction entre nos histoires de famille et ce qu'on voudrait appeler l'Histoire, avec sa pompeuse majuscule, n'a aucun sens. C'est rigoureusement la même chose. Il n'y a pas, d'un côté, les grands de ce monde, avec leurs sceptres ou leurs interventions télévisées, et, de l'autre, le ressac de la vie quotidienne, les colères et les espoirs sans lendemains, les larmes anonymes, les inconnus dont le nom rouille au bas d'un monument aux morts ou dans quelque cimetière de campagne. Il n'y a qu'une seule liberté, une seule finitude, une seule tragédie qui fait du passé notre plus grande richesse et la vasque de poison dans laquelle notre coeur baigne. Faire de l'histoire, c'est prêter l'oreille à la palpitation du silence, c'est tenter de substituer à l'angoisse, intense au point de se suffire à elle-même, le respect triste et doux qu'inspire l'humaine condition. Voilà mon travail; et, en caressant cette archive du tribunal, en suivant des yeux les traces laissées par la plume du greffier, je ressens un soulagement indicible.


Et son travail, Jablonka le fait, comme un bon historien, de façon méthodique. Tout est examiné, étudié, tout peut servir à reconstituer un parcours.

Il n'est resté en prison qu'un mois, la première fois, Matès. Puis on avait besoin d'hommes , il s'est engagé. Enfin, ces bataillons n'étaient pas la bienvenue au coeur de l'armée française. Etrangers, juifs.. pour aller se faire tuer, passe encore, mais il ne fallait pas prétendre à autre chose:

Pourtant, leur courage ne leur vaut pas d'être traités en hommes. Comme le dit le lieutenant Garandeau, du 12ème Etranger, " les Juifs polonais de nature peu courageuse, ont fait leur devoir."Valeureux youpins!

Démobilisé, c'est la suite de la galère pour lui et sa famille. Car maintenant, c'est leur judaïté qui va les contraindre à se cacher encore et encore, espérant échapper à l'étau qui se resserre. Ils sont arrêtés le 25 juin 43, et là commence une  partie de l'histoire que Jablonka n'arrivera pas à élucider. Les enfants, heureusement, ont été confiés à des amis, et une dernière lettre , déchirante, leur sera écrite.
Après, l'itinéraire connu. Drancy et terminus Auschwitz. Là aussi, que sont-ils devenus, l'historien se heurtera au mystère. Du moins, partiellement. Il apprendra certaines choses.

Comme le dit Jablonka dans l'entretien, l'histoire de ses grands-parents est d'une banalité tragique. Et leur itinéraire fait écho à tous les autres. Tous n'ont pas eu un petit fils historien toutefois, qui a oeuvré à retrouver toutes les traces de leurs courtes existences.

En exergue:
L'âme des pères, qui, tant de siècles, souffrirent et moururent en silence, revint dans les fils-et parla.
Jules Michelet ( Histoire de la Révolution française)

L'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie.
Georges Perec ( W ou le souvenir d'enfance)


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Message par topocl le Mer 7 Déc - 7:53

@Marie a écrit:

Topocl, tu remettras les extraits que tu avais recopiés?? En particulier celui où il dit qu'il est historien "pour réparer le monde"?


Y'a qu'à demander, Marie Very Happy !

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus - Une enquête

On peut tout imaginer, liquidation, typhus, épuisement, suicide, évasion ratée, mais en vérité s mon récit n'a pas de fin ; Matès cesse d'être, sa vie s'effiloche comme les lambeaux de cadavres qui se mêlent à la terre des charniers, son existence quitte le monde. A la vérité, il n'y a pas de vérité, pas de lieu, pas de fait, seulement un no man's land entre la vie et la non-vie, une absence soudaine, une volatilisation dont on ne prend conscience qu'une fois la paix revenue : Matès Jablonka n'est plus la. 1909-1943 ou 1909-1944, on ne sait pas. De toute façon, cela n'a pas d'importance : il n'y a aucun marbre pour graver ces années, et le seul document que nous possédons est un dérisoire acte de décès qui le fait mourir « à Drancy (Seine) ». A-t-il été tué pour un oui ou pour un non ? A-t-il pensé que le capitalisme fasciste le broyait en tant que communiste, l'antisémitisme hitlérien en tant que Juif, la folie humaine en tant qu'être humain ? Est-il entré dans la mort les yeux ouverts ?

Vivre dans le passé, tout particulièrement dans ce passé, rend fou. Mais la vraie cause de mes insomnies, c'est l'échec. Au cours de cette recherche qui m’a fait explorer une vingtaine de dépôt d'archives, qui m'a fait rencontrer toutes sortes de témoin, qui m’ a mené en Pologne, en Israël, en Argentine, aux États-Unis, qui m'a fait travailler sur des textes en yiddish, hébreu, polonais, espagnol, anglais, allemand, j'ai donné le meilleur de moi-même, petit-fils et historien, attiré par la flamme nue de la vérité à laquelle nos cœurs tentent vainement de se cautériser. J'ai cherché à être non pas objectif -cela ne veut pas dire grand-chose, car nous sommes rivés au présent, enfermés en nous-mêmes -, mais radicalement honnête, et cette transparence vis-à-vis de soi implique à la fois la mise à distance la plus rigoureuse et l'investissement le plus total. La double nécessité de dire « je » et de fuir le ton emphatique et larmoyant que les circonstances pourraient justifier, le devoir de faire part de mes certitudes comme de mes doutes, de mes intuitions comme de mes renoncements, rendent mon travail intransigeant, un peu comme je me figure mon grand-père. Il est vain d'opposer scientificité et engagements, faits extérieurs et passion de celui qui les consigne, histoire et art de conter, car l'émotion ne provient pas du pathos ou de l'accumulation de superlatifs : elle jaillit de notre tension vers la vérité. Elle est la pierre de touche d’une littérature qui satisfait aux exigences de la méthode.
Pourtant je n'éprouve aucune satisfaction. Je ne sais rien de leur mort et pas grand-chose de leur vie. (....) Après avoir brassé, réuni, comparé, recousu, je ne sais rien. La seule consolation c'est que je ne pouvais faire mieux.
Je suis historien comme, à sept ou huit ans, je regardais avec terreur un livre d'astronomie annonçant, dans un milliard d'années, la destruction de la vie sur Terre par un Soleil devenu géant. Mais alors, il ne restera rien de nous, de notre maison, de notre rue, de nos livres et même de nos tombes?
Je suis historien comme une équipe 3 enflamme avec son père sur les épaules. Je suis historien pour réparer le monde.
Réparation du monde, tikkun olam en hébreu. Suis-je moi-même un de ces « Juifs non juifs », aussi radicaux que leurs pères parce que tout leur être se consume dans la recherche de la vérité ? Ce livre exprime ma fidélité au judaïsme, moi qui ne parle pas yiddish et qui me contrefiche de fêter Pessah. C'est le seul judaïsme dans lequel je me reconnaisse, avec celui de la mémoire et de l’ étude. Ni mes grands-parents, ni mon père, ni moi ne sommes « nés juifs », et la plaque commémorative scellée à l'entrée de l'école primaire de ma fille ne devrait pas cautionner cette interprétation : « Assassiné parce que les juifs. » Ceux qu'on pousse dans la chambre à gaz, c'est moi et ma famille, bien sûr, mais c'est aussi vous, avec vos enfants, vous, avec votre mère, votre frère, vos petits-enfants. Pourquoi vous ? Je ne sais pas, mais c’est vous. Et vous souffrez pour rien, et vous mourrez avant l'heure, sans laisser d'autres traces d'un dossier médical ou militaire, des lettres insignifiantes et une poignée de photos dans un album ou sur un compte Facebook. Mon histoire ne parle pas des juifs et encore moins « des juifs qui ont tellement souffert ». Dans la famille, on ne va pas la synagogue. Quel rapport Matès et Idesa ont-ils avec les notables juifs de Parczew sous qui voudraient les voir en prison, avec les bourgeois israélites de Paris effrayés par ces hordes de miséreux -sinon, justement, qu’on les enferme dans les mêmes wagons pour les mettre à mort ? Mais n'envisager que leur fin, c'est prendre le point de vue des bourreaux.

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Message par topocl le Mer 10 Jan - 17:11

Laetitia ou la fin des hommes

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Ivan Jablonka parle de Laetitia, cette jeune femme de 18 ans sauvagement assassinée et  démembrée vers Pornic en 2011, affaire qui a fait grand bruit dans la presse. Il applique ses techniques d'historien-sociologue pour une tentative d'épuisement de ce fait divers.

Il s'intéresse à Laetitia , dans un désir de lui rendre une certaine justice, à sa sœur jumelle Jessica, à leur  environnement familial défaillant(famille biologique et famille d'accueil) préparation parfaite, voire répétition générale au long cours du drame. Il s’intéresse à son assassin, issu du même milieu, avec les mêmes codes, les mêmes fatalités. Il s'intéresse aussi aux protagonistes indirects ,  magistrats, avocats, enquêteurs, politiques (Sarkozy qui en profite pour vendre sa politique compassionello-répressive), journalistes qui ont fait que cette affaire a été ce qu'elle était, qu'elle a été en quelque sorte retirée à Laetitia, sa jeunesse et sa dignité, pour en faire une histoire publique,  et non plus intime,  avec ses mensonges et ses dérives.

Jablonka ne s'exclue pas de ces intervenants extérieurs qui ont pu s'approprier des faits, une histoire, pour l'instrumentaliser, lui, l'universitaire parisien   se mêlant de "ce qui ne le regarde pas", auto-parachuté en province, dans ce lumpen-prolétariat enfermé dans la reproduction de schémas pathogènes, de comportements destructeurs, de violence faite et répétée envers les femmes et les enfants.

C'est assez réussi, dans son exhaustivité qui implique quelques redites reflétant  l'obsession du chercheur. Jablonka a un très grand respect de chaque protagoniste, une compassion bienveillante et ouverte, qui trouve bien sa place à côté de la démarche "scientifique". Cette dernière implique une recherche rigoureuse de la vérité, et Jablonka ne laisse passer aucun détail, aussi nauséabond soit -il, ce qui pourra  rebuter certains.

On est dans une histoire aussi sordide que pathétique, révélatrice car les personnalités s'éclairent peu à peu, les comportements s’individualisent et on comprend que l'extraordinaire ne cache que du très ordinaire.


mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #justice #social #violence

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Message par Bédoulène le Mer 10 Jan - 21:28

merci topocl, je me souviens bien de ce drame !

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Message par topocl le Lun 6 Aoû - 10:07

En camping-car

Ivan Jablonka Index11

Si le camping-car a joué un rôle si décisif dans ma formation, c'est pour son indélicatesse, sa simplicité crasse, son brin de ridicule fièrement assumé, cette sorte de je-m'en-foutisme allègre, affirmation d'une originalité point trop rebelle, d'une incompatibilité somme toute acceptable, mais qui rendait plus fort, plus joyeux, conscient de la valeur de son idiosyncrasie.

Ivan Jablonka Proxy_42


Quand il était enfant, les parents d'Ivan Jablonka l'emmenaient pendant un mois d'été pour un voyage en camping-car, ils ont visité ainsi plein de pays du tour de la Méditerrannée. Ivan Jablonka se penche sur ce fait intime, et l'analyse comme un spécialiste des sciences humaines qu'il est, bibliographie sérieuse à l'appui en fin d'ouvrage.

Il était à la fois le cinquième membre de la famille et l'espace intégré dans lequel celle-ci se retrouvait ; non pas le génie qui sort de la bouteille, mais le génie qui vous invite à le suivre. Un havre tout simple où l'on est ensemble. Ma minuscule zone de sécurité, là-haut sur la couchette. C'était "le bus".

Autant le dire franchement la partie (intriquée avec le reste ) qui raconte ses souvenirs d'enfance, journal intime recopié à l'appui, est assez plate. J'y ai pourtant retrouvé beaucoup d’expériences personnelles; soit enfant, même si pour moi les voyages se faisaient en voiture (DS contre Combi WV!), mais les itinéraires étaient les mêmes, les sensations bien souvent, même si ces pérégrinations correspondaient à des choix bien différents; et aussi comme parent, où je partage avec Jablonka l'idée du caractère fondateur de ces départs en voyages, de ces trajets en voiture partagés (sur lesquels j’avais, moi-même produit un petit "truc"). Et malgré cela, cet aspect m'a souvent ennuyée, à regret  d'ailleurs.

Mais évidement Jablonka n'est pas Jablonka pour rien, cela va bien au-delà de simples ramentevances.

Historien de l'enfance, j'ai voulu évoquer la mienne en historien. Écrivain en sciences sociales, j'ai voulu les tourner vers moi, les retourner contre moi, me présenter en elles.

Toutes les réflexions et enseignements qu'il en tire sont vraiment intéressants,c'est la petit hisoire  à l'usage de l'historien, l'Histoire qui se fait plus dans les cuisines et les chambres à coucher que das les antichambres du pouvoir, comme le disait un écrivain dont j'ai oublié le nom.

Jablonka se situe dans une perspective de transmission familiale, d'abord ce père orphelin à trois ans du fait de la Shoah, pour qui le bonheur de ses enfants est comme un devoir,  la justification des souffrances de ses parents; ce père qui veut transmettre les valeurs de collectivité et l'amour de la nature qui lui ont été inculquées dans les institutions juives où il a grandi , ce père incarnation du Juif Errant. Quant à sa mère, professeur de français-latin-grec transmettant ses connaissances des civilisations, ouverture sur d'autres cultures et une autre façon de sentir que le passé est là en nous qui nous nourrit.

Mon père était l'humanité blessée ; ma mère, les humanités triomphantes. Lui, le temps arrêté ; elle, la machine à remonter le temps.

Il se situe dans une perspective sociale,  par ce choix atypique et quasi libertaire face au conformisme consumériste des années 80.

Ces années camping-car ont été fondatrices pour Jablonka, initiatrices d'une liberté, d'un voir-autrement, d'un vivre-autrement, d'une ouverture et d'un enracinement.

une étude des conditions pratiques dans lesquelles, enfant, la liberté m'a été proposée comme valeur et principe de vie, offerte comme prise de plaisir et déprise de l'ordre familial. Ma liberté a ses déterminismes.


mots-clés : #autobiographie #communautejuive #education #enfance #identite #voyage


Dernière édition par topocl le Jeu 9 Aoû - 17:19, édité 1 fois

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Message par Bédoulène le Lun 6 Aoû - 10:30

merci topocl, prochaine lecture, n'ayant jamais passé de vacances ni en combi WV ni autre véhicule (que mes parents dans mon enfance et adolescence ne possédaient pas) peut-être que les souvenirs seront découverte.

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Message par Tristram le Lun 6 Aoû - 16:43

Je découvre ce fil (merci Topocl, une fois de plus !) ; le rapport du "je" et du chercheur professionnel est bien intéressant, mais son articulation ne doit pas être à la portée du premier plumitif venu...

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par topocl le Lun 6 Aoû - 17:26

De rien, Tristram Very Happy !
Dans sa bibliographie, il a une partie "enquêtes sur soi" et une partie "régimes de mémoire"

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Message par topocl le Mar 7 Aoû - 12:46

La vraie citation était:
David Grossman a écrit:J'aime pense que les moments les plus importants de l'Histoire ne se produisent pas sur les champs de bataille et dans les palais, mais dans les cuisines ou les chambres d'enfants.

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Message par Bédoulène le Mer 8 Aoû - 7:54

merci topocl ! une incitation de plus !

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Message par églantine le Jeu 9 Aoû - 16:40

En camping-car

Ivan Jablonka 13616110

C'est assez fouillis , sans prétention littéraire , atypique dans le genre essai sociologique (l'auteur s'appuyant sur son histoire , sa généalogie , son statut d'historien , son goût pour les sciences humaines pour relier toutes ces approches autour des années campings-car dans un regard rétrospectif analytique mais audacieusement subjectif , c'est là son originalité ) , attendrissant souvent dans le chemin des réminiscences où chacun reconnaîtra un goût de Madeleine de son enfance ou celui plus amer des affects meurtris (Même sans "enfance camping-car"), un récit attachant par ses maladresses , sa fragilité d'ensemble ( Le camping-car ne tient pas toujours la route ! ) , ses affirmations un peu à l'emporte-pièce mais pas inintéressantes , sa façon aussi quelquefois d'enfoncer des portes ouvertes , sa presque candeur : il en résulte un ouvrage assez inclassable , distrayant et sans nul doute exploitable dans les classes de secondaire dans un but d'ouverture à l'apprentissage d'une vision des choses sous plusieurs angles .
Scientifiques et rigoristes s'abstenir .
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Message par églantine le Jeu 9 Aoû - 16:45

En camping-car : EXTRAITS .
     

"Sartre écrit dans Les Mots que son "lieu naturel ", fixé par l'enfance, est "un sixième étage parisien avec vue sur les toits ". Sartre a réussi à se sauver tout seul. Moi, c'est le camping-car qui m'a préservé de la parisianité , de la satisfaction haussmanniene, de la connivence entre les élites, de la morgue, de la conviction de mériter l'univers, ou , plus exactement, il les a déplacées dans un camion farfelu où elles ont perdu tout esprit de sérieux, toute prétention, pour n'être plus que des dérisions de soi .Mon altimètre ne s'est jamais détraqué : l'alezan de métal faisait deux mètres au garrot. "

"On peut railler la "bobo-écolo attitude ", mais, à l'heure où le populisme et le fanatisme sévissent de tous les côtés, elle est le bastion des valeurs dont nous avons désespérément besoin : la culture, le progrès social, l'ouverture à autrui, une certaine idée du vivre-ensemble. Ce sont ces valeurs qui ont été visées lors des attentats de Paris, le 13 novembre 2015, et ce sont des jeunes de trente ans qui ont été massacrés à un concert et aux terrasses de café. "

"Pendant l'année, j'étais un enfant parfait, sans révolte ni colère. Même pas un premier de la classe ; plutôt un troisième, celui à qui l'on décerne les encouragements. Je n'étais pas triste à proprement parler ; j'étais gai dans ma veillée funèbre. J'étais l'antidépresseur de mon père, mais aussi le scribe du malheur, le témoin stoïque de l'anéantissement, programmé pour surmonter les épreuves. Ma mission était de tenir pour les autres, de faire du bien aux autres, et ce qui a été utilisé en moi à cette fin a été détruit. Comme une mine exploitée par quelqu'un d'autre. Ensuite je suis devenu historien, celui qui est là pour les disparus, qui tient pour eux et qui retient sa peine. Comme les grands héros de l'antiquité, Ulysse ou Achille, un homme a le droit de pleurer. Un historien ne pleure pas.

"Jésus, Spinoza, Marx, Freud , ces révolutionnaires ( juifs) ont oeuvré à la libération des hommes ; Keynes et Beveridge aussi, parce qu'ils ont conçu des politiques de protection sociale et de réduction des inégalités. L'indépendance individuelle ne peut se penser en dehors de la libération collective, " liberté vis-à-vis du besoin et de la peur " comme le disait Roosevelt en 1941 . Sans la sécurité économique et la liberté de pensée, d'expression , de culte et de réunion, le développement personnel n'a aucun sens. "

"Je revois maman avec sa robe à fleurs légère, penchée sur le Guide vert au bord d'un canal à Venise,dans la douceur de l'été ;papa au volant, le coude sur le rebord de la vitre, son visage heureux embrassé par le soleil, pilote de la famille qu'il a fondée. Et quand pour moi l'heure sera venue, j'aimerais reposer sur la banquette du camping-car lancé à pleine vitesse sur l'autoroute, et la mort sera une longue veillée à admirer les lumières d'une banlieue d'Europe- ces coulées d'or en fusion,visibles de l'espace, où nos vies s'égalisent. "  
     
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Message par Tristram le Jeu 9 Aoû - 17:14

A lire les extraits, on mesure l'acuité de ton commentaire, Églantine : au moins, on comprend bien que ce n'est pas parole ex cathedra (et que c'est intéressant) !
Camping-car ou camping tout court, voire "route des vacances", en tout cas cela évoque bien la fuite estivale de la ville (et de l'école, du "travail") dans la seconde partie XXe, la petite aventure à goût de liberté que le commun de la précédente génération n'a pas connu.

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Message par topocl le Jeu 9 Aoû - 17:24

Extra ton commentaire églantine, qui donne bien l'impression d'une rigueur qui se cache derrière la décontraction, d'un mélange de sentimentalisme (contrôlé) et de professionnalisme, résultat, un livre pas éminemment dérangeant, mais quand même atypique, intéressant, appelant au souvenir, à l'introspection , à la réflexion, une agréable lecture pas idiote.

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Message par Bédoulène le Ven 10 Aoû - 10:52

finalement convaincue, le livre se trouve en 2ème position (quand j'aurai enfin terminé ma trilogie) et après une lecture pour faire un peu descendre ma pAL papier

merci églantine et topocl

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Message par topocl le Ven 10 Aoû - 10:56

Bonne idée, Bédoulène, un truc léger/pas léger qui te fera du bien.

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