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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Georges Perros

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Message par Tristram le Sam 10 Nov - 17:10

Georges Perros
(1923-1978)

Georges Perros Perros10

Georges Poulot, dit Georges Perros, né le 23 août 1923 à Paris, est un écrivain et comédien français.
Avant d'entamer une carrière d'écrivain, il étudie d'abord le piano puis l'art dramatique au Centre du Spectacle de la Rue Blanche avant d'être reçu à la Comédie-Française. Ce qui lui permettra de rencontrer Jean Grenier lors d'une tournée de la compagnie au Caire. Puis, aux côtés de son ami Gérard Philipe, il est au festival d'Avignon avec Jean Vilar, Maria Casares, Maurice Jarre le musicien, la photographe Agnès Varda, Jeanne Moreau et beaucoup d'autres jeunes artistes dont beaucoup deviendront célèbres. Il devient lecteur pour Jean Vilar au TNP du théâtre de Chaillot. S'ennuyant à la figuration théâtrale, il décide de quitter la scène pour se consacrer à la littérature, publiant dès 1953 ses premières notes dans La Nouvelle Revue française de Paulhan, et traduisant des pièces de Tchekhov et Strindberg.

À partir de 1959, après des séjours à Saint-Malo, il s'installe à Douarnenez, dans le Finistère. Avec son épouse Tania Moravsky (1929-1996) ils y élèveront cinq enfants, les deux que Tania avait eus avant de le rencontrer et les trois qu'ils eurent ensuite ensemble.

En 1961, paraît chez Gallimard le premier volume de Papiers collés, notes et réflexions griffonnées sur des bouts de papiers et largement retravaillées, associées à des études sur la littérature en général (outre quelques contemporains, sont particulièrement évoqués Kafka, Rimbaud, Hölderlin, et Kierkegaard). Perros emploie tour à tour l'humour et la distance au quotidien, dans des aphorismes ou des développements de quelques pages, au fil d'une langue à la fois dense et dépouillée. Il construit ainsi une œuvre de « journalier des pensées », proche de La Rochefoucauld, Chamfort, Joubert voire de Cioran. Perros est aussi l'auteur dans la NRF de notes de critiques littéraires et télévisuelles à la fin de sa vie (Télénotes).
Il est également l'un des poètes les plus séduisants de sa génération par la pureté de sa langue et la maîtrise de son lyrisme. Ses vers, parfois rimés — préférant à la rime riche la rime plus pauvre — tiennent avant tout du récit, de la prose poétique, comme ses fameux Poèmes bleus (1962) ou Une vie ordinaire (1967), sous-titré « roman poème ». Il y exprime le sentiment quotidien, tout comme le fait Raymond Queneau.

Georges Perros est mort d'un cancer du larynx le 24 janvier 1978 à l'hôpital Laennec de Paris. Malade depuis 1976, il fut contraint au silence après une opération des cordes vocales. Il a relaté son expérience dans L'Ardoise magique (1978).
Sa correspondance importante (avec, entre autres, Jean Grenier, Jean Paulhan, Brice Parain, Lorand Gaspar, Michel Butor, Jean Roudaut, Bernard Noël, Gérard Philipe et Anne Philipe, Henri Thomas) s'ajoute à son œuvre.

wikipedia.org

Publications

• Poèmes bleus, Gallimard, 1962
• Papiers collés, Gallimard, 1960
• Une vie ordinaire, Gallimard, 1967
• Papiers collés II, Gallimard, 1973
• Huit poèmes, Lausanne, Alfred Eibel, 1974
• Notes d'enfance, Quimper, Calligrammes, 1977
• Échancrures, Quimper, Calligrammes, 1977

Œuvres posthumes
• L'Ardoise magique, Givre, 1978
• Papiers collés III, Gallimard
• Lexique, Calligrammes, 1981
• Lectures, Le temps qu'il fait, 1981
• Les Yeux de la tête, Le Nouveau Commerce, 1983
• Je suis toujours ce que je vais devenir, coédition Calligrammes/Bretagnes, 1983. Entretiens avec Michel Kerninon
• Dessins, Le Nouveau Commerce, 1983. 11 cartes postales dessinées par l'artiste
• Télé-Notes, Ubacs, 1992
• L'Occupation et autres textes, Joseph K, 1996
• Lectures pour Jean Vilar, Le temps qu'il fait, 1999
• Pour ainsi dire, Finitude, 2004
• Dessiner ce qu'on a envie d'écrire, recueil d'œuvres graphiques, Finitude, 2005
• J'habite près de mon silence, poèmes, Finitude, 2006
• La Pointe du Raz dans quelques-uns de ses états, coédition Finitude & Fario, 2010
• Œuvres, sous la direction de Thierry Gillybœuf, Gallimard, 2017.

En revue
• Dossier M., dans Théodore Balmoral, no 71, 2013. (texte de Georges Perros précédé de Marc Le Gros, Monique ou Le Dernier Mot (Sur Georges Perros)
• « Le promeneur de Douarnenez » de Michel Kerninon, Hopala !, no 55, février 2018

Correspondances
• Correspondance Jean Grenier / Georges Perros, 1950-1971, Calligrammes, 1980
• Lettres de Georges Perros à Jean Roudaut (1968-1978) in Faut aimer la vie, Eibel / Fanlac, 1981
• Jean Paulhan / Georges Perros, 1953-1967, =Calligrammes, 1982
• Lettres à Michel Butor, tome 1 (1956-1967) et 2 (1968-1978), éd. Ubacs 1982-1983
• Bernard Noël / Georges Perros, Correspondances, Éditions Unes, 1998
• Lettres à Carl-Gustaf Bjurström (1958-1976), éd. La Part commune, 1999
• Correspondance de Georges Perros et Brice Parain (1960-1971), Gallimard, 1999
• Georges Perros / Lorand Gaspar, Correspondance 1966-1978, La Part Commune, 2001
• L'autre région, lettres à Maxime Caron, Finitude, 2002
• Georges Perros / Anne et Gérard Philipe, Correspondance 1946-1978, préface de Jérôme Garcin, éd. Finitude, 2008
• Georges Perros / Henri Thomas, Correspondance 1960-1978, édition établie et annotée par Thierry Bouchard, préface et postfaces de Jean Roudaut, éd. Fario, collection

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Tristram le Sam 10 Nov - 17:20

L’occupation et autres textes

Georges Perros Perros11

Aphorismes (comme dans le Lexique) ; humour (notamment dans Notes d’enfance, y compris un autoportrait au miroir) ; bribes ; réflexions ; réactions, furibondes et léchées, sur l’actualité.

« Ne me demandez pas ce que je veux être. Je ne suis pour l’instant que refus. Mon travail essentiel réside dans la résistance que j’oppose à toutes les offres d’emploi que des milliers de petites annonces me proposent à l’extérieur et à l’intérieur. Je résiste. C’est exténuant. »
Lettre-préface (à Jean Grenier)

« Car l’homme est fait pour comprendre. D’abord qu’il n’y a rien à comprendre, puisqu’il lui manque la clé. Il jouera donc "autour" du lieu de l’esprit, il fabriquera des outils pour le cerner, ou des poèmes pour le charmer, car il ne sait de quelle nature est ce lieu. L’homme pensant est en perpétuel état de siège. Aux aguets devant les remparts qui n’existent pas d’une ville qui n’existe pas. Et cependant il ne saurait vivre sans l’obsession de cette conquête impossible. »
En vue d’un éloge de la paresse

« Les meilleures conditions pour faire la connaissance d’un homme se rencontrent dans un camp de concentration.

Le désespoir, c’est quand l’intelligence prend la souffrance à son compte. »

En vue d’un éloge de la paresse

« Nous grimpions discrètement jusqu’au premier étage, et je lui demandais de s’étendre sur son lit, en vue d’une consultation. Je commençais par la gorge, les futurs seins, et sans aucune gêne, relevait [sic] la jupe jusqu’à la ceinture, lui enlevant pour plus de sûreté, la petite culotte toile d’avion qui sentait vaguement le pipi. D’un savant exercice manuel, je lui tripotais sa chose, dans le plus grand silence, et sans penser que j’avais sous les yeux et les doigts l’instrument de torture par excellence, le rendrez-fou des hommes. Puis nous redescendions jouer à la marelle.
J’ai toujours été à l’aise avec la gent féminine. »

Notes d’enfance

« La vie est une aveugle qui tient l'homme en laisse. »
Lexique, DESTIN

« ‒ lire ? Pas question. Encore à la remorque d’un autre, merci ! Assez d’injures. »
Lexique, ENNUI

Cf. les ridicules communicants en herbe :
« Il remplacent toujours quelque chose qui manque à l’intérieur, l’essentiel. Tant pis pour qui s’en contente. »
Lexique, GESTES

« Les vivants sont peut-être moins vivants que les morts ne sont morts. »
Télé-Notes

Et je m’interroge sur la dernière des Télé-Notes :
« Je pense que nous avons tous du sang juif. Sauf les juifs.
(Borges. France-Culture.) »



Pas trop de tags en vue…

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Message par Aventin le Dim 11 Nov - 7:04

Merci pour cette ouverture, je note !
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