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William Styron

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Message par bix_229 le Mar 20 Nov - 18:36

William Styron
1925-2006

William Styron 330px-11

Mort à quatre-vingt-deux ans d'une pneumonie le 1er novembre 2006, le romancier américain William Styron était né le 11 juin 1925 dans une famille bourgeoise de Newport News, en Virginie. Orphelin de mère à treize ans, il est pensionnaire dans une école privée jusqu'en 1941. À dix-sept ans, il s'engage dans les marines sur un coup de tête et participe comme lieutenant à la guerre contre le Japon. À son retour du Pacifique, il reprend des études littéraires puis travaille quelques mois pour un éditeur new-yorkais. La guerre de Corée lui vaut d'être rappelé dans les marines en 1950 mais, après une période d'entraînement, il est libéré à cause de sa mauvaise vue. De 1950 à 1954, il séjourne à Paris et à Rome, passe ensuite quelque temps à New York et finit par s'installer avec sa femme dans une ferme à Roxbury, dans le Connecticut.

Un lit de ténèbres paraît en 1951. Styron a vingt-cinq ans. Son premier roman relate la lente désintégration d'une famille bourgeoise de Virginie et le tragique destin de Peyton Loftis, jeune névrosée haïe par sa mère et trop aimée par son père, qui, à bout d'angoisse, finit par se jeter dans le vide en sautant d'un gratte-ciel new-yorkais. Ses premiers lecteurs furent impressionnés par la maturité et la maîtrise de ce romancier débutant. La construction du roman est habile, le récit ne manque pas de force, mais ses personnages, son intrigue et son accablante atmosphère rappellent irrésistiblement Le Bruit et la fureur de Faulkner, paru en 1929, encore que le Sud de Styron ne soit plus du tout celui de Faulkner.

Au cours d'un long séjour en Europe, Styron retrouve à Rome une jeune poétesse qu'il avait connue l'année précédente et se marie en 1953. Son expérience italienne lui inspire un roman "la proie des flammes" paru en 1960.
"Les Confessions de Nat Turner" (1967) devient un immense succès critique et commercial et, l'ouvrage, bien que très controversé, remporte le Prix Pulitzer (dans la catégorie Fiction) en 1968.
"Le Choix de Sophie" (1979) remporte le National Book Award en 1980 et devient un best seller. En 1982, son adaptation cinématographique reçoit cinq nominations aux Oscars et Meryl Streep obtient l'Oscar de la meilleure actrice.
En 1985, William Styron est récompensé par le Prix mondial Cino Del Duca.
Il souffre déjà à cette époque d'une profonde dépression, qu'il racontera des années plus tard dans un récit autobiographique à succès, "Face aux ténèbres" (Darkness Visible, 1990).
source : Babelio et Encyclopaedia Universalis

Oeuvres traduites en français

Romans
- Un lit de ténèbres (Lie Down in Darkness, 1951) récompensé du prix de Rome par l'Académie américaine des arts et sciences
- La Proie des flammes (en) (Set This House On Fire, 1960)
- Les Confessions de Nat Turner (The Confessions of Nat Turner, 1967)
- Le Choix de Sophie (Sophie’s Choice, 1979)

Nouvelles

- La Marche de nuit (The Long March, 1963)
- Un matin de Virginie: Trois histoires de jeunesse (A Tidewater Morning: Three Tales from Youth, 1993)
- À tombeau ouvert. Cinq histoires du corps des Marines (The Suicide Run: Five Tales of the Marine Corps (2009)

Théâtre
Quartier des Vénériens (In the Clap Shack, 1973)

Textes autobiographiques
- Face aux ténèbres (Darkness Visible, 1990)
- Des havanes à la Maison Blanche (Havanas in Camelot, 2008)

Essais
- Cette paisible poussière et autres écrits (This Quiet Dust, 1982)

source : Wikipedia
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Message par bix_229 le Mar 20 Nov - 19:00

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UN MATIN DE VIRGINIE. Tros histoires de jeunesse. - Folio

Les souvenirs d'enfance inspirent souvent les écrivains du Sud des Etats Unis. Mais si Un été indien est un livre plein de douceur, d'émerveillement. Un ilot de quiétude dans l'oeuvre de Truman Capote, celui de Styron est marqué -surtout l'enfance- par la douleur, la conscience du racisme, l'incommunicabilité, la révolte, l'angoisse. Surtout par la mort de sa mère, marquée par la souffrance abominable d'un cancer en phase terminale. Celle d'un père suppliant l'infirmière de lui donner toujours plus de morphine.
Mais ce qui est frappant chez Styron, l'auteur, et aussi l'homme, c'est l'authenticité de son propos, son idéalisme et son courage sans failles, sa fidélité aux causes qu'il a soutenues : le respect de la dignité humaine, le refus de la violence et du racisme.

Il y a aussi des histoires extraordinaires, comme celle du très vieux Shadrach, qui après avoir été esclave en Virginie, fut déporté tout jeune en Alabama. Et c'est à moitié mort, en grande partie à pied qu'il reviendra mourir en Virginie. Après avoir revu un étang dont l'image mentale l'avait suivi et protégé pendant plus de cinquante années..
Cette bonne vieille Virginie dont il avait inventé le souvenir miséricordieux au point de vouloir mourir là et y être enterré.
Mais ceci est une autre histoire...

"Six cents milles ! Le voyage, à ce que nous parvînmes à comprendre, avait duré plus de trois mois... Il avait fait tout le trajet à pied, quand bien même, de temps à autre, il lui était arrivé de se laisser prendre en voiture - presque toujours, on peut en être sûr, par un des rares Nègres qui en ce temps-là possédait une voiture dans le Sud profond.
Il avait mis quelques dollars de côté, ce qui lui permettait de satisfaire son estomac. Il dormait sur les talus ou dans les granges...Le périple lui fit traverser la Géorgie, les Carolines et enfin la Virginie du Sud.
P. 94

Pour satisfaire le dernier voeu de Shadrach, désormais incapable de bouger, on le hisse dans une brouette pour le conduire au bief du moulin dont il avait gardé l'image de l'enfance.
.

"Nous arretâmes la brouette sur la banquette moussue, et là, Shadrach contempla le bief du moulin, grouillant du ballet des insectes aquatiques et frémissant sous une brume de soleil cuivrée où de petites libellules piquaient dans une iridescence vaporeuse et fébrile.
Posté près de la brouette, je tournai la tête et scrutai le visage vénérable, essayant de comprendre ce qui pouvait, dans ce qu'il contemplait maintenant, susciter une pareille expression de nostalgie et de paix. Ses yeux se mirent à suivre les petits Dabney qui avaient plongé dans l'eau de l'étang.
Cela semblait être une réponse et, illuminé par une brusque lueur, j'eus la certitude que jadis Shadrach avait lui aussi nagé ici lors d'un inconcevable mois d'août près d'un siècle auparavant.
pp. 115-116


Récupéré

J'espère qu'on reparlera de cet écrivain, tellement humain et émouvant.


mots-clés : #deuxiemeguerre #racisme #enfance
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Message par Bédoulène le Mar 20 Nov - 20:13

un souvenir vibrant du "Choix de Sophie" proposé par Marie ! Smile

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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Message par Tristram le Mar 20 Nov - 23:38

Quel écrivain ! et quel projet :  
« …] l'idée que peut-être, pour pouvoir penser juste, l'homme avait besoin d'être traîné de temps à autre jusque sur le bord de l'abîme. »
William Styron, « La proie des flammes », deuxième partie
Face aux ténèbres _ chronique d’une folie n'est pas moins noir.

J'espère que Burlybunch ne m'en voudra pas la suggestion de Le Choix de Sophie...

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par bix_229 le Mer 21 Nov - 15:14

Parlant de William Faulkner, il écrivait :

"Il fallait échapper à son ombre gigantesque et tenter de s'accomplir soi-même, confiait-il au Monde en 1994. Je crois que j'y suis parvenu. Bien sûr, il a eu une énorme influence sur moi. Bien que je n'aime guère les définitions, qui n'ont pas de sens profond et qui enferment, je dirais cependant que Faulkner est un écrivain du Sud qui a écrit sur le Sud, alors que moi j'ai seulement mes racines dans le Sud. Je ne les renie pas, elles ont été très importantes pour ma formation, mais mon travail d'écrivain a pris d'autres directions."
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Message par bix_229 le Lun 26 Nov - 19:44

"Chaque homme choisit sa propre espèce de poison.


Quand je pleurais de cette façon...
C' était d' avoir compris que l' existence elle-meme était un emprisonnement.
...Nous purgeons notre peine, en secret, dans notre cachot, avec interdiction
de parler...
Il y a eu un temps où nous pouvions au moins parler avec notre geolier, mais
aujourd' hui, meme lui s' en est allé, nous laissant seul avec la pleine conscience
de  notre perte intolérable.


J' ai vu des prison, c' est sur terre ce qui se rapproche le plus de l'enfer.


La Proie des flammes
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Message par Tristram le Lun 26 Nov - 19:51

Là, c'est Luigi, le gendarme fasciste et humaniste, qui parle !

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