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Norman Rush

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Message par Nadine le Mer 21 Nov - 18:49

Norman Rush
Né en 1933

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Norman Rush, né le 24 octobre 1933 à Oakland en Californie, est un écrivain américain.
Il s'initie à l'écriture à l'âge de 11 ans, en écrivant, imprimant et vendant son journal, "The Town Crier".
Il écrit également des nouvelles, ce qu'il continue de faire lorsqu'en tant qu'objecteur de conscience, il est emprisonné neuf mois à Tucson, pendant la guerre de Corée, en 1951.
En 1956, il est diplômé du Swarthmore College. Il devient alors libraire en livres anciens avant d’enseigner la littérature.
De 1978 à 1983, il codirige avec son épouse les " Peace Corps" au Botswana( Agence fédérale américaine créée en 1961 pour développer les liens de coopération entre les Etats-Unis et le reste du monde) dont l'expérience lui permet de publier son premier recueil de nouvelles, Les Blancs (Whites), en 1986. Il a alors 53 ans.
Suivra son premier roman, tardif, Accouplement qui reçoit le prestigieux National Book Award, en 1991

Bibliographie :

- Les Blancs, 1988
- Accouplement, 1991
- De simples mortels, 2003
- Corps subtils, 2015
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Message par Nadine le Mer 21 Nov - 19:28

Norman Rush 51wqg110

Accouplement

Une jeune trentenaire, étudiante américaine en anthropologie, cherche un sens à sa future thèse au coeur du Botswana. Entre fuite et cynisme, saupoudrant d'un humour clairvoyant son itinéraire, elle se fait narratrice de ses perditions et ressacs, de ses lubies, et nous prévient très vite que tout son récit voudra expliciter la rencontre exceptionnelle qu'elle va faire d'un homme .

Le tempérament de cette femme, singulier, tisse tout le corps textuel, elle mène la danse, mais ce présupposé est servi par la nature de son caractère, analytique, anthropologue jusqu'au bout des poils, mais aussi rompu au détour psychanalytique.
En conséquence, on accrochera ou pas quant au ton, au mouvement du récit.

F.Le corre pour cairn info a écrit:Exploration territoriale, confrontation des idées, rencontre des cultures, utopie politique, épreuve de la personnalité, passion amoureuse et rivalité des sexes, le tout exposé par une jeune anthropologue américaine, perdue au Botsawana pour les besoins d'une thèse en anthropologie nutritionnelle ? une vraie fausse piste sur laquelle elle ironise : « En Afrique, on veut plus, je pense. Les gens y sont pris d'avidité. Je n'ai pas échappé à la règle. » Ce sont les premiers mots du livre. Le ton est donné. Observatrice méticuleuse d'elle-même et des autres, des institutions et des sociétés, la jeune femme, aussi maîtrisée que caractérielle, est une surdouée des interprétations multiprises qu'elle démonte aussi vite qu'elle les monte. Elle est à elle seule un prodige de méfiance et de détermination, une virtuose en dialectique, mélange détonant de cérébralité et de sensualité. Quand elle entend parler d'un certain Nelson Denoon, intellectuel qui aurait fondé une cité secrète au fin fond du Kalahari , « ce vide replié dans le vide jusqu'à l'Atlantique », elle sait qu'elle ira le rejoindre. Ce qu'elle fait seule avec deux ânes, avant d'arriver à moitié morte à Tsau, la fameuse communauté de Denoon où des femmes tentent d'émerger de leur asservissement séculaire. Là sont Denoon, l'utopie, et un temps immobile qui recèle sa propre capacité de destruction. Contrairement au royaume des hauteurs où s'accouplent les vautours, ce repaire qui prétend écarter la violence ne pourra protéger l'accouplement de chair et d'esprit qu'elle aurait voulu comme une confrontation loyale, équitable et jamais achevée. L'illusion se défait, sans que le mouvement s'épuise, sans que cessent de tenailler l'envie de comprendre et le grand, l'insatiable appétit de vivre.


c'est drôle, spécieux (jargon universitaire bonjour), empathique et arborescent dans sa logique, c'est un roman sur l'amour féminin, sur la société botswanaise, sur l'utopie socialiste.
Assez épatant du point de vue de la personnalité féminine décrite (auteur empathique, observateur, qui sait pourtant aussi par touche discrète nous démonter sous un jour moins favorable ), l'auteur dit qu'il a eu l'ambition de construire le personnage féminin le plus complet de la littérature anglophone. Pour avoir survolé des articles non traduits sur lui, il semble que ce soit un grand hommage à sa femme, à leur relation, bien que transposé, détail qui rend assez sympathique le fatras global où nous transporte cette femme de foi perdue et d'instinct sauf. A moins que ce ne soit tout l'inverse.

Une très jolie lecture . Le regard politique est intéressant, aussi, bien que la lecture de nos jours puisse le faire paraitre un peu déjà vu. Mais sans doute qu'à l'époque il valait son poids.
Et je n'ai pas de citation. pardon. rendu à la médiathèque.




mots-clés : #amour #conditionfeminine #huisclos #independance #initiatique #insularite #politique #social
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Message par Nadine le Mer 21 Nov - 19:56

Des citations qui m'ont plu, trouvées en anglais :

"One thing you distinctly never want to hear a man you're interested in say softly is that his favorite book in the whole world is The Golden Notebook. Here you are dealing with a liar from the black lagoon and it's time to start feeling in your purse for carfare."
Une chose que vous ne voudrez jamais entendre dire par un homme qui vous intéresse, c'est que son livre préféré dans le monde entier est The Golden Notebook. Ici, vous avez affaire à un menteur du lagon noir et..je ne sais pas traduire et ne me souviens plus. Le carnet d'or est un livre de Doris Lessing, vraiment le livre de nana pour une nana. J'ai beaucoup rigolé

This shooting star had apparently been sedentarized in my bailiwick-so, good.
: "Cette étoile filante avait apparemment été sédentarisée dans mon bataillon, alors bien."

This might be good, I thought as I studied the crowd. There were several definitely intelligen​t guys present, not strobe-lig​ht intellects but people who could make you uncomforta​ble in a debate if you got too much beyond what you absolutely had the facts on
: "Cela pourrait être bon, pensai-je en étudiant la foule. Il y avait certainement plusieurs personnes intelligentes présentes, pas des intelligences stroboscopiques, mais des personnes qui pourraient vous mettre mal à l'aise dans un débat si vous alliez trop au-delà de ce que vous saviez absolument dans les faits."

Une manière de vous transmettre le ton très éffréné, qui pourra déplaire, mais ce qui ne transparait pas dans ces fragments trouvés de manière hasardeuse, c'est la valeur de sincérité intellectuelle du livre. Ratiocinations, compromis faits à la dérision, ou à l'autodérision, mais aussi de longs temps qui décrivent les mouvements d'âme, les forces en place, etc.
J'ai envie de lire, après ce livre du sur-homme un autre de ses romans, qu'il dit être sur un rapport triangulaire. Là , l'enjeu, en plus de continuer à décanter la vision des géopolitiques de pouvoir au Botswana, était apparemment d'écrire au féminin.


Dernière édition par Nadine le Jeu 22 Nov - 8:56, édité 1 fois
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Message par Tristram le Mer 21 Nov - 22:28

@Nadine a écrit:vraiment le livre de nana pour une nana. J'ai beauoup rigolé
Je ne comprends pas. J'ai personnellement beaucoup apprécié Le Carnet d'or.
« Je suis toujours effarée de voir, chez moi comme chez les autres femmes, avec quelle force nous éprouvons le besoin de rassurer les hommes. […] La vérité, c’est que les femmes éprouvent un profond besoin instinctif de faire d’un homme un homme. Molly par exemple. Ce doit être parce qu’il existe de moins en moins d’hommes véritables, et que nous avons peur. Alors nous tentons de créer des hommes. »
Doris Lessing, « Le Carnet d’or », « Femmes libres 3 (le carnet bleu) »

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« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
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Message par Bédoulène le Jeu 22 Nov - 6:27

merci Nadine ; ne connaissant pas cet auteur et n'ayant pas lu non plus "le carnet d'or" votre échange m'interpelle.

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Message par Nadine le Jeu 22 Nov - 9:06

Tristam,
je comprends. Que tu ne comprennes pas.
ça tient à l'oubli d'une virgule je crois : j'aurais dû écrire "vraiment le livre de nana, pour une nana." Pour une femme, autrement dit, c'est une référence, et belle.

Norman Rush a donc inventé un personnage féminin qui aurait lu Lessing et trouverait suspect un homme affirmant "mon bouquin préféré est "Le carnet d'or".
j'ai ri déjà pour ça : c'est tout de même vrai qu'avec la tonne de sublimes livres écrits par des hommes , ça serait étonnant qu'il cristallise sur Lessing et cet ouvrage. c'est presque une moisissure argumentative de la narratrice, mais le talent de l'auteur réside aussi en cette capacité à entrer dans la mauvaise foi ET la flamboyance cognitive, je dirais, d'une fille hypra méfiante envers tout romantisme ou toute idée de fusion.

Et j'ai ri aussi pour l'image "menteur du lagon noir" qui est merveilleuse et donne idée du mourron qu'on peut se faire parfois à penser qu'un homme va nous embobiner sur le terreau de notre propension à l'émulation.

Tu me suis ?
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Message par Nadine le Jeu 22 Nov - 9:09

Je crois que en anglais, en plus, il y a le mot "softly" : entendre un homme qui nous interesse dire doucement "mon livre préféré est Le carnet d'or".
hu hu
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Message par Tristram le Jeu 22 Nov - 10:52

J'ai compris ; en fait je souriais, mais j'ai encore oublié l’émoticône...

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Message par Nadine le Jeu 22 Nov - 12:04

Je n'excluais pas cette option !! Et j'ai d'abord pensé te dire :tu es définitivement -un -homme- incroyablement -exceptionnel , dommage que je n'ai pas fais confiance à l'humour !
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Message par Tristram le Jeu 22 Nov - 16:47

Dommage en effet, car je suis incroyablement exceptionnel : A que je lis beaucoup, surtout le carnet Doris, qui donne des tuyaux sur comment enfumer les meufs. Et si tu kiffes pas, tu paies le taxi toi-même toi-même : c'est pas de l'humour, mais un sourire genre merlan mort d'amour (tout dans le regard), style Valentino la classe (discret éclair d'émail diamant) ; pas de six-sous, je remballe, ch'suis pas à ça près, toujours prêt à le ressortir.

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Message par Bédoulène le Jeu 22 Nov - 17:50

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