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Amor Towles

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Message par Bédoulène le Mar 27 Nov - 16:04

Amor Towles
Né en 1964

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Amor Towles (né en 1964) est un romancier américain. Il est surtout connu pour ses romans à succès Rules of Civility (2011) [1] et A Gentleman in Moscow (2016)
De 1991 à 2012, il a travaillé comme professionnel de l'investissement à New York.
Towles réside à Gramercy Park , Manhattan , New York, avec son épouse, Maggie, leur fils et leur fille.



Traductions en français

Règles de civilité (2011)
La veille à Hollywood (2013)
Un gentleman à Moscou (2016)

_________________
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Message par Bédoulène le Mar 27 Nov - 16:13

Un gentleman à Moscou

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Ce gentleman est un aristocrate Russe, le Comte Alexandre Illitch  Rostov, lequel avait quitté le pays, pour raison personnelle,  quelques années,  pour y revenir en 1918. C’est la publication d’un poème,  Où est-il passé ? qui a été perçu par le Tribunal Bolchévique comme une invitation à réaction après l’échec de la révolution de 1905 qui lui vaut une condamnation « allégée » :  la « résidence surveillée » dans une pièce du beffroi de l’hôtel Métropol, lieu habituel de sa résidence.

C’est donc à l’intérieur de ce grand Hôtel que se déroule cette histoire ; Alexandre prendra son assignation avec la droiture que l’on peut attendre d’un « gentleman » ; son éducation, sa culture  et ses connaissances du monde ( il a voyagé), l’amèneront à participer activement à la vie de l’hôtel et tout particulièrement au profit de la restauration, il deviendra serveur du luxueux restaurant Boyarski.

Deux rencontres, celle de Nina et de Sofia à quelques années d’intervalle apporteront beaucoup de joies mais aussi de soucis dans la vie du Comte.

Durant ses nombreuses années à résidence Alexandre suivra  l’histoire du pays, de son pays la Russie ; les principaux évènements,* personnages politiques seront évoqués,  que des notes à chaque chapître complèteront.

C’ est une lecture agréable, car l’écriture est assez ludique malgré le contexte de ces années sous autoritarisme, malgré la résidence surveillée, que l’on peut qualifier de sereine. (Je ne sais si ce genre de verdict (assignation à résider dans un hôtel) était réaliste à cette époque ?)
D’autre part, il faut supporter le fait de ne pouvoir sortir à l’extérieur, c’est tout de même une prison même si on peut la qualifier de dorée.
Est intéressant aussi la vie de ce grand hôtel, deux restaurants, barbier, couturière, fleuriste etc….

*Construction : Centrale électrique, aciéries, usines de fabrication de machines
Plan quinquennal : exil d’un million de koulaks, les autres paysans s’opposaient à la moindre innovation ; tracteurs en nombre insuffisant, météo défavorable ; la famine qui s’abattit sur l’Ukraine fit un million de victimes parmi les paysans.


Extraits :
« Au total,  il y avait presque dix mille casiers. Plus de cent mille bouteilles. Et sur chacune d’entre elles, on avait enlevé l’étiquette.
-Qu’est-ce qui s’est passé ? s’étrangla le comte ?
Andréï hocha la tête d’un air sombre.
-Quelqu’un a déposé plainte auprès du camarade Teodorov, le commissaire au Ravitaillement, au motif que l’existence de notre liste de vins va à l’encontre des idéaux de la Révolution. Que c’ est un condensé des privilèges de la noblesse, de la décadence de l’intelligentsia et des pratiques rapaces des spéculateurs.
- Mais c’est grotesque ! «


« Merveille d’efficacité sémantique, camarade pouvait être utilisé pour saluer, ou pour prendre congé. Pour féliciter, ou mettre en garde. Appeler à agir, ou bien harangue. Il pouvait aussi servir à attirer l’attention dans le hall bondé d’un grand hôtel. Et grâce à la plasticité du terme, les Russes avaient enfin pu se débarrasser des formalités épuisantes, des titres vieillots, des expressions gênantes – et même des noms ! Dans quel pays européen pouvait-on, en criant un simple mot, héler n’importe quel compatriote, homme, femme, jeune, vieux, ennemi ?
- Camarade ! »


« Mais l’impératif était de nourrir les villes, et la baisse précipitée des récoltes entraîna une hausse des quotas et des réquisitions réalisées sous la menace des fusils. »
Staline compris en lisant la presse étrangère que la Russie devait donner d’elle une autre image.
« La vie s’est améliorée, camarades », la vie – de fait – s’améliora !
« Les membres du politburo troquèrent leurs uniformes militaires contre des costumes sur mesures ; et ces jeunes ouvrières qui posaient devant leurs usines furent encouragées à s’habiller non pas comme des paysannes, mais comme des Parisiennes sur les Champs-Elysées. »

« Comme beaucoup d’autres personnes, elle se rendait dans ce magasin-là parce qu’il y avait dans la petite chapelle au fond de l’église une mosaïque du Christ et de la femme au puits que personne ne s’était donné la peine de démonter ; et les femmes qui attendaient de pouvoir acheter leur lait étaient prêtes à vous garder votre place pendant que vous filiez discrètement faire une petite prière. »
« Le monde serait-il meilleur si nous rangions tous nos boutons dans un gros bocal en verre ? Dans ce genre de monde-là, chaque fois que tu voudras prendre un bouton d’une couleur particulière, tu l’enfoncerais au fond du pot en cherchant à l’attraper, et alors tu ne le verrais plus. Pour finir, tu serais tellement énervée que tu renverserais tout le contenu du bocal par terre – et tu passerais une heure et demie à ramasser tes boutons.
- C’est de vrais boutons que nous parlons ? demanda Anna avec un intérêt non feint. Ou bien s’agit-il d’une allégorie ? »




mots-clés : #lieu #regimeautoritaire #relationenfantparent (assignation à résidence)

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Message par Tristram le Mer 28 Nov - 12:42

Ça a l'air bien, surtout au vu des extraits !

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