Antoine Compagnon

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Antoine Compagnon

Message par Tristram le Sam 8 Déc - 23:20

Antoine Compagnon
Né en 1950




Antoine Compagnon, né le 20 juillet 1950 à Bruxelles, est un écrivain et critique littéraire français.
Spécialiste notamment de Marcel Proust, il mène plusieurs carrières dont celle d'enseignant, de romancier et de critique littéraire. Il est depuis 2006 professeur au Collège de France.

Il passe son enfance en Tunisie, à Londres, puis à Washington, au gré des affectations de son père, général. Après la mort précoce de sa mère, il achève ses études secondaires au Prytanée national militaire de La Flèche, puis entre à l'École polytechnique (promotion 1970) et devient ingénieur des ponts et chaussées.
À 25 ans, s'étant rendu compte que « construire des ponts n'[était] pas sa passion », il bifurque vers les lettres. Docteur en littérature française en 1977 (sous la direction de Julia Kristeva), il devient docteur d'État ès lettres en 1985 (sous la direction de Jean-Claude Chevalier). Il se définit comme « un quasi autodidacte en littérature ».
S'étant « converti à la littérature » par le biais de Roland Barthes (avec qui il dîne une fois par semaine, et qui l'évoque par ses initiales dans ses Fragments d'un discours amoureux), il fait ses débuts comme pensionnaire de la Fondation Thiers et attaché de recherche au CNRS en linguistique et littérature françaises (1975-1978).
Après sa première thèse, il enseigne à l’École polytechnique dans le département « Humanités et sciences sociales » (1978-1985), à l'Institut français du Royaume-Uni à Londres (1980-1981), et devient maître de conférences à l'université de Rouen en 1981. En 1985, après sa thèse d'État, il part comme professeur à l'université Columbia à New York, où il sera nommé Blanche W. Knopf Professor of French and Comparative Literature en 1991. En France, il est professeur à l'université du Maine (1989-1990), puis à l'université Paris IV-Sorbonne (1994-2006).

En 2005, il publie son « ouvrage phare », Les Antimodernes. Depuis 2006, il occupe au Collège de France la chaire de « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie ».
Pendant l'été 2012, il propose une chronique quotidienne sur France Inter sous le titre Un été avec Montaigne accompagnée des lectures du comédien Daniel Mesguich. Cette chronique donnera lieu à la publication d'un ouvrage qui constituera un grand succès de librairie de l'été suivant. Il revient sur cette station dans le cadre de la grille d'été 2014 afin d'assurer une chronique intitulée Un été avec Baudelaire.
(Wikipédia)

Œuvres

Récits
• Le Deuil antérieur, roman, Seuil, 1979.
• Ferragosto, récit, Flammarion, 1985
• La Classe de rhéto, Gallimard, 2012
• L’Âge des lettres, Gallimard, 2015.

Essais
• La Seconde Main ou le travail de la citation, Seuil, 1979.
• Nous, Michel de Montaigne, Seuil, 1980.
• La Troisième République des Lettres, Seuil, 1983.
• Proust entre deux siècles, Seuil, 1989
• Les Cinq Paradoxes de la modernité, Seuil, 1990.
• Chat en poche : Montaigne et l’allégorie, Seuil, 1993.
• Connaissez-vous Brunetière ? Enquête sur un antidreyfusard et ses amis, Seuil, 1997.
• Le Démon de la théorie, Seuil, 1998.
• Baudelaire devant l’innombrable, PUPS, 2003.
• Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes, Gallimard, 2005, prix de la critique de l'Académie française.
• La Littérature, pour quoi faire ? Collège de France / Fayard, 2007.
• Le Cas Bernard Faÿ. Du Collège de France à l'indignité nationale, Gallimard, 2009.
• Un été avec Montaigne, France Inter / Éditions des Équateurs, 2013
• Une question de discipline, entretiens avec Jean-Baptiste Amadieu, Flammarion, 2013.
• Baudelaire l'irréductible, Flammarion, 2014.
• Un été avec Baudelaire, France Inter / Éditions des Équateurs, 2015.
• Le Collège de France. Cinq siècles de libre recherche, avec Pierre Corvol et John Scheid, Gallimard, 2015.
• Petits Spleens numériques, Éditions des Équateurs, 2015.
• Hommage à Georges Blin, Collège de France, 2015.
• Les chiffonniers de Paris, Paris (Gallimard, Bibliothèque illustrée des histoires), 2017.

Ouvrages collectifs
• De l'autorité. Colloque annuel du Collège de France, Odile Jacob, 2008.
• Proust : la mémoire et la littérature, Odile Jacob, 2009.
• Morales de Proust, en collaboration avec Mariolina Bertini, Cahiers de Littérature française, no 9-10, 2010.
• 1966, annus mirabilis. Actes du séminaire donné au Collège de France, 2013.
• Swann le centenaire, en collaboration avec Kazuyoshi Yoshikawa et Matthieu Vernet, Hermann, 2013.
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Tristram

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Re: Antoine Compagnon

Message par Tristram le Sam 8 Déc - 23:47

Un été avec Montaigne


Ces quarante petits extraits commentés me semblent constituer une excellente introduction à Montaigne, auteur qui nous parle pourtant directement, sans truchement, dans notre propre langue, si proche par-delà près d’un demi-millénaire. Cependant, il faut admettre que son langage s'éloigne, que parcourir son œuvre exige davantage d’effort aux lecteurs contemporains : les actualisations d’Antoine Compagnon l’éclairent à propos.
A parcourir ce recueil, manifestement pas composé d’une seule venue, des contradictions apparaissent, discordances qui ne sont d’ailleurs pas absentes des Essais ; c’est toute la difficulté de l’exercice, où l’on risque de dire tout et son contraire. Mais Montaigne se révèle en personnalité bien définie : son honnêteté lui a fait traverser intact les siècles, et les errements de ses réflexions en sont partie intégrante.
La devise de Montaigne est « Que-sais-je ? », illustrée d’une balance dont les plateaux sont en équilibre. La règle de ce grand sceptique, c'est le doute, la réflexion. Sa position favorite, c’est à cheval, entre un lieu et un autre, au cours d’un voyage incessant, toujours libre de ses mouvements. Sinon, c’est dans sa « librairie », à musarder, feuilleter, dicter ses « songes ». Beaucoup aussi à méditer dans ces livres considérés comme lieux de rencontre de soi à travers l’autre.
« Si Montaigne se regarde dans les livres, s’il les commente, ce n’est pas pour se faire valoir, mais parce qu’il se reconnaît en eux. Il observe dans le chapitre "De l’institution des enfants" : "Je ne dis les autres, sinon pour d’autant plus me dire" (I, 25, 227).
Montaigne rappelle par là que les autres lui procurent un détour vers soi. S’il les lit et les cite, c’est qu’ils lui permettent de mieux se connaître. Mais le retour sur soi est aussi un détour vers l’autre, la connaissance de soi prélude à un retour à l’autre. Ayant appris grâce aux autres à se connaître, constate-t-il, il connaît mieux les autres ; il les comprend mieux qu’ils ne se comprennent eux-mêmes : "Cette longue attention que j’emploie à me considérer, me dresse à juger aussi passablement des autres : Et est peu de choses, de quoi je parle plus heureusement et excusablement. Il m’advient souvent, de voir et distinguer plus exactement les conditions de mes amis qu’ils ne font eux-mêmes" (III, 13, 1675).
La fréquentation de l’autre permet d’aller à la rencontre de soi, et la connaissance de soi permet de revenir à l’autre. »

« Les livres seraient de meilleurs amis ou amours que les êtres réels. Avant de l’affirmer, n’oublions pas que Montaigne ne cesse jamais de concevoir la vie comme une dialectique entre moi et autrui. Si la rareté de l’amitié et la fugacité de l’amour incitent à privilégier le refuge de la lecture, celle-ci ramène inévitablement aux autres. »
Je me sens fort prochain de cet homme, de ses humeurs, de ses tours de pensée et de sa façon de lire, de citer, d’écrire ; son expression plurielle, animée, désordonnée, digressive et bonhomme, m’enchante.
Quand on le compulse, il est rare de trouver des pensées qui n’aient été reprises, développées depuis lors ; de même, il est difficile de lire d’autres auteurs sans y découvrir des idées qui n’aient pas racine ou filiation chez Montaigne, qui réactualisait lui-même abondamment ses prédécesseurs.
J’aurais pu ranger l’œuvre de Montaigne dans la philosophie, dans les essais (ou dans Radio Chose !), mais son style est tel qu’elle mérite amplement de l’être dans la littérature.
Au fait, l’émission est toujours présente en podcast sur France Inter ; à bon entendeur…



mots-clés : #biographie #philosophique #renaissance
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Re: Antoine Compagnon

Message par topocl le Dim 9 Déc - 9:52

@Tristram a écrit:
Je me sens fort prochain de cet homme, de ses humeurs, de ses tours de pensée et de sa façon de lire, de citer, d’écrire


Ah, oui, s'il cite, c'est un type bien !

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Re: Antoine Compagnon

Message par Arturo le Dim 9 Déc - 10:08

J'ai aussi ce livre, à voir pour l'été prochain !
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Re: Antoine Compagnon

Message par Tristram le Dim 9 Déc - 15:25

@Topocl a écrit:Ah, oui, s'il cite, c'est un type bien  !
Eh oui, mon maître à citer... Mais vous avez de la chance : Montaigne cite essentiellement en latin !
A ce propos, c'est que le latin était beaucoup plus répandu que le français, et Montaigne croyait d'ailleurs que ses écrits, destinés à ses proches, en langue vulgaire, ne seraient plus compréhensibles au bout de 50 ans !
J’écris mon livre à peu d’hommes, et à peu d’années. Si c’eût été une matière de durée, il l’eût fallu commettre à un langage plus ferme : Selon la variation continuelle, qui a suivi le nôtre jusques à cette heure, qui peut espérer que sa forme présente soit en usage, d’ici à cinquante ans ? Il écoule tous les jours de nos mains : et depuis que je vis, s’est altéré de moitié. Nous disons, qu’il est à cette heure parfait. Autant en dit du sien, chaque siècle »
(III, 9, 1532).
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Re: Antoine Compagnon

Message par anagramme le Dim 9 Déc - 16:45

De Compagnon j'ai lu Un été avec Proust et Les antimodernes.
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Re: Antoine Compagnon

Message par Tristram le Dim 9 Déc - 16:47

Et c'était intéressant, Anagramme ?
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Re: Antoine Compagnon

Message par anagramme le Dim 9 Déc - 21:48

Un èté avec Proust, c'était très intéressant; Les antimodernes, j'ai trouvé intéressant la première partie, la deuxième est trop pour spécialistes, à mon sens.
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Re: Antoine Compagnon

Message par Tristram le Dim 9 Déc - 21:59

Intriguant, ce Les Antimodernes. De Joseph de Maistre à Roland Barthes.
Gallimard a écrit:Qui sont les antimodernes ? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contre-cœur, malgré eux, à leur corps défendant, ceux qui avancent en regardant dans le rétroviseur, comme Sartre disait de Baudelaire. Ce livre poursuit le filon de la résistance à la modernité qui traverse toute la modernité et qui en quelque manière la définit, en la distinguant d'un modernisme naïf, zélateur du progrès.
Une première partie explore quelques grands thèmes caractéristiques du courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles. Ces idées fixes sont au nombre de six : historique, la contre-révolution ; philosophique, les anti-Lumières ; morale, le pessimisme ; religieuse, le péché originel ; esthétique, le sublime ; et stylistique, la vitupération. Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d'un côté, de l'autre Proust, Caillois ou Cioran servent à dégager ces traits idéaux.
Une seconde partie examine quelques grandes figures antimodernes aux XIXe et XXe siècles ou, plutôt, quelques configurations antimodernes majeures : Lacordaire, Léon Bloy, Péguy, Albert Thibaudet et Julien Benda, Julien Gracq et, enfin, Roland Barthes, «à l'arrière-garde de l'avant-garde», comme il aimait se situer.
Entre les thèmes et les figures, des variations apparaissent, mais les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes, ils ont été les modernes plus la liberté.
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Re: Antoine Compagnon

Message par anagramme le Lun 10 Déc - 13:32

Ah, j'apprécie beaucoup Compagnon, en tant que la proustophile que je suis, cela va de soi.
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Re: Antoine Compagnon

Message par Bédoulène le Lun 10 Déc - 13:42

alors tu peux alimenter le fil de Proust Smile

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Re: Antoine Compagnon

Message par Plume le Lun 10 Déc - 23:02

Merci du conseil Anagramme,

J'ai lu Proust l'an dernier et je comptais le relire pour bien saisir "le tout"... mais je vais d'abord lire Compagnon.

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