Alison Louise Kennedy

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Alison Louise Kennedy

Message par topocl le Mar 6 Déc - 17:19

Alison Louise Kennedy
(Née en 1965)




A. L. Kennedy, née à Dundee en 1965, vit à Glasgow. Ses romans (dont Volupté singulière, Le Contentement de Jennifer Wilson et Un besoin absolu parus aux Editions de l'Olivier) et ses nouvelles lui ont valu, entre autres, le Somerset Maugham Award, l'Encore Award et le Saltire Scottish Book of the Year Award. Elle écrit pour le théâtre et la télévision, collabore à divers journaux (Scotsman, Glasgow Herald, Telegraph, Guardian) et à la BBC, tout en étant rédactrice en chef du New Writing Scotland et de Outside Lines.


Bibliographie en français

2001 : Volupté singulière [« Original Bliss »]
2003 : Un besoin absolu [« Everything You Need »]
2004 : Contentement de Jennifer Wilson [« So I Am Glad »]
2006 : Paradis [« Paradise »]
2009 : Day
2010 Tauromachie [« On Bullfighting »]


Dernière édition par topocl le Mar 6 Déc - 17:21, édité 1 fois

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Re: Alison Louise Kennedy

Message par topocl le Mar 6 Déc - 17:21

Day



Je vais avoir beaucoup de peine à parler de Day sans le dénaturer. Comment exprimer ce mélange de désespoir et de douceur, ce chaos intérieur dans lequel A L Kennedy nous plonge et nous perd, cet émerveillement douloureux qui nous saisit à chaque page ? Cela me paraît impossible . Tentez donc cette expérience de lecture, cette oxymore géante, car sur des sujets aussi banaux que la guerre, l ‘amitié  et  l'amour, c'est un roman unique, éperdu, inoubliable.

La guerre : c'est une chose si évidente et si juste,  parce que la force « ça ne peut être arrêté que par la force », que lorsqu'il est déclarée, le jeune Alfred Day, à peine sortie des bras aimants de sa mère, prie qu'elle dure assez longtemps pour qu'il soit en droit de s'engager et d’y participer. Une chose si nécessaire, que chacun se doit de rire et de jouer alors même qu'il ne pense qu'à l'urgence de l’action et à la mort. Et ce qui insinue peu à peu une faille dans ce devoir d’optimisme n'est pas tant sa propre mort que celle des compagnons d’arme, si injustement fauchés alors que l’on survit, et celle que l’on assène, villes bombardées,  destins saccagés.

La guerre, c'est aussi le souvenir de ces amitiés, ces hommes encore tout jeunes dont la vie comptait plus que la vôtre, et dont l'absence laisse un outrage ineffaçable au cœur. Et Joyce, cet amour impossible à la  douceur ineffable, d’un pureté tragique, d'une fragilité salvatrice.

Rien de bien neuf… Mais une richesse de pensée et d’émotion, à travers une écriture virtuose, singulière, à savourer phrase par phrase, qui vous empoigne, autant dans la détresse et la violence , que dans la tendresse de deux êtres très jeunes, pleins de doutes et de timidité, emportés par un destin qui les dépasse, et qu'une caresse suffit à bouleverser. Aucune mièvrerie, aucune concession. Day raconte son histoire, sa jeunesse et son amour saccagés par la guerre, les émotions qu'il a vécues au fur et à mesure et celles qu’ il  revit a posteriori (astucieusement mises en parallèle par l’usage des italiques, de la deuxième et de la troisième personne alternativement), à l'occasion d'un film tourné sur la seconde guerre mondiale où il a  décidé d'être figurant : il rencontre d'autres hommes meurtris par ce destin commun de l’humanité où il n’y  a plus de héros, plus de barbares mais de pauvres êtres déchirés par ce qu’ils ont vécu et il abandonne ses dernières illusions.

… le vide dense, immense, qui était en eux s’infiltra alors, laissant voir que chaque homme ici était seul, loin de chez lui et loin  de l’époque qui l’avait blessé, tenu et laissé vivre.


Et A. L. Kennedy se paie encore le luxe de l’humour, seul rempart dérisoire face aux ravages de l’Histoire.

Tant de douceur, tant de douleur, le cœur est pris

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #deuxiemeguerre

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