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Yachar Kemal

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Message par Tristram le Lun 31 Déc - 12:43

Yachar Kemal
1923-2015


Yachar Kemal Yachar10

Yaşar Kemal (francisé en Yachar Kemal, de son vrai nom Kemal Sadık Gökçeli) est un romancier et journaliste turc, d'origine kurde, né le 6 octobre 1923 près d'Osmaniye en Turquie, et mort le 28 février 2015 à Istanbul.

Yaşar Kemal est issu d'une famille pauvre vivant dans le hameau d'Hemite (aujourd'hui Gökçedam) dans la province d'Osmaniye, dans le sud-est de la Turquie. Kemal a une enfance difficile car il perd un œil accidentellement alors que son père découpe un mouton pour l'Aïd al-Adha, et à cinq ans il assiste à l'assassinat de son père par son fils adoptif Yusuf alors qu'il priait à la mosquée. Cette expérience traumatisante provoque des difficultés d'élocution qui subsisteront jusqu'à ses douze ans. À neuf ans, il entame sa scolarité à l'école au village voisin de Burhanlı et continue à Kadirli en Osmaniye après s'y être installé chez des membres de sa famille. Il continue l’école secondaire à Adana où il travaille également comme ouvrier dans une usine d'égrenage de coton. Quittant l'école au cours de la troisième année du secondaire, il met fin à son éducation formelle.
Il travaille ensuite comme manœuvre, contremaître, garde-champêtre dans une rizière, écrivain public, instituteur, bibliothécaire. Ses poèmes paraissent à la même époque dans différentes revues.
Il passe une année en prison en 1950 pour propagande communiste. Il s'installe à Istanbul en 1951 et il écrit des reportages pour le quotidien Cumhuriyet. Il obtient le prix spécial de l'Association des journalistes pour son reportage Sept jours dans la plus grande ferme du monde. Il dira que la police turque a saisi ses deux premières nouvelles.
En 1951, alors qu'il visite l’île d'Akdamar, il assiste à la destruction de l'église de la Sainte-Croix d'Aghtamar, qu’il aide à arrêter grâce à sa notoriété. L'église restera dans cet état jusqu'en 2005, quand commencera sa restauration par le gouvernement turc.

Son premier roman Mèmed le Mince connaît le succès en 1955, succès grandissant qui lui vaut d'être pressenti pour le prix Nobel de littérature en 1972. Traduit en plus de quarante langues, le roman fait de lui une figure marquante de la littérature mondiale. Il reçoit la médaille de la Légion d'honneur en 1984. Son style est un mélange entre une narration influencée par les traditions orales des bardes turcs et une influence plus occidentale comme le recours à un genre parfois proche du courant de conscience.
Son militantisme contre la brutalité du pouvoir turc à l'encontre de la minorité kurde lui vaut de nombreux procès. Yaşar Kemal est condamné en 1996 par la cour de sûreté de l'État à un an et huit mois de prison pour un article intitulé Le ciel noir de la Turquie publié en 1995 dans le livre La liberté d'expression et la Turquie qui dénonce le traitement de la question kurde par l'État turc.
L’Arménie a décoré Yaşar Kemal de la médaille Grégoire de Narek le 4 septembre 2014 à Istanbul pour son respect envers la culture et l’identité arménienne, de la justice et des valeurs humaines.

Œuvres

La série des « Mèmed »
• Mèmed le Mince, Gallimard, 1979
• Mèmed le Faucon, Gallimard, 1969
• Le Retour de Mèmed le Mince, Gallimard, 1984
• Le Dernier Combat de Mèmed le Mince, Gallimard, 1987

La trilogie Au-delà de la montagne
• Le pilier, Gallimard, 1966
• Terre de fer, Ciel de cuivre, Gallimard, 1977
• L'herbe qui ne meurt pas, Gallimard, 1984

La trilogie Les Seigneurs de l'Aktchasaz
• Meurtre au marché des forgerons, Gallimard, 1981
• Tourterelle, ma tourterelle, Gallimard, 1982
• La Légende des mille taureaux, Gallimard, 1979

La trilogie Salman le solitaire

• Salman le solitaire, Gallimard, 1984
• La Grotte, Gallimard, 1992
• La Voix du sang, Gallimard, 1995

La tétralogie Une histoire d'île
• Regarde donc l’Euphrate charrier le sang, Gallimard, 2004
• La tempête des gazelles, Gallimard, 2010

Autres romans
• L’herbe qui ne meurt pas, Gallimard, 1978
• Tu écraseras le serpent, Gallimard, 1981
• Alors les oiseaux sont partis… , Gallimard, 1984
• Et la mer se fâcha, Gallimard, 1985
• Salih l’émerveillé, Gallimard, , 1990
• Visages pile ou face, Fata Morgana, 1992
• La légende du mont Ararat, Gallimard, 1998

source : Wikipédia

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Message par Tristram le Lun 31 Déc - 12:49

Mèmed le Mince

Yachar Kemal Memed_10
C’est l’histoire entre conte et mythe du héros au grand cœur d’une révolte paysanne contre les propriétaires féodaux qui annexaient les terres (les aghas), sorte d’avatar de Robin des bois :
« Ahmed le Grand était une terreur aussi bien qu’une joie pour les populations. Il avait su maintenir ensemble ces deux sentiments pendant des années. Si un bandit n’arrive pas à les inspirer tous deux à la fois, il ne peut survivre plus d’un an dans les montagnes.
C’est la terreur et l’amour qui font vivre les bandits. L’amour seul est insuffisant ; la terreur seule, c’est la haine. Pendant onze grandes années, Ahmed le Grand ne saigna même pas du nez. Pendant les seize années que dura sa vie de bandit, il ne tua qu’une seule personne : l’homme qui avait torturé et violé sa mère, pendant qu’il faisait son service militaire. »

« ‒ Écoute, frère, dit Mèmed. Il ne faut pas trop en faire voir aux gens. Il faut les tuer, les battre, mais ne pas trop leur en faire voir. Rentrer dans son village, chez soi, sans culotte, à poil, est pire que la mort pour un homme comme ça. Il ne fallait pas le faire ! Il ne faut pas jouer avec les hommes ! Ils ont un point sensible, voilà, c’est là qu’il ne faut pas toucher. Moi, je le sais d’Abdi agha. Car il faut craindre ce côté des hommes. Il ne faut pas les sous-estimer… »

« Ça a toujours été comme ça : un bandit aimé par la population reste introuvable. »
Mais cet idéal est confronté au désir de vengeance, au débordement de la violence ; le rejet de la peine de mort n’est pas encore d’actualité…
Le héros est bien caractérisé, une « petite lueur, comme une tête d’épingle », apparaît dans ses yeux, et dans sa tête une lumière jaune (souvenir des cuivres du bourg ?), aux moments opportuns.
L’ensemble est assez caricatural (l’agha cruel et lâche, etc.) ; il appuie sur la flagornerie obséquieuse, la rumeur mensongère, mais stylise la douleur immémoriale des femmes.
Le style est simple, tel que celui de Naguib Mahfouz, plus que celui d’Ivo Andrić.
Humour plébéien :
« ‒ Redjep le Sergent ! commença-t-il.
‒ Quoi donc ?
‒ Redjep, si Mèmed ne s’était pas mis en travers, est-ce que tu aurais tué ce gosse ?
‒ Ça n’est pas tuer, c’est seulement prendre une vie. Qu’est-ce que tu crois ?
‒ Rien, je voulais savoir.
‒ Djabbar, dit le Sergent en serrant les dents, sûrement, dans ton village, la putain, c’était ta mère, et le maquereau ton père ! »
En arrière-fond, la lutte des nomades pasteurs Turkmènes et Yeuruks en voie de sédentarisation forcée par les Ottomans :
« Plus tard, les tribus commencèrent à s’établir d’elles-mêmes à Tchoukour-Ova, à transformer leurs campements en villages. Puis, elles semèrent le blé. C’est depuis ça que la tribu s’est désagrégée, que les traditions se sont perdues. Tout a changé. Les hommes se sont amollis. Le désir de l’Ottoman a été exaucé. »
Fascination du rural pour la cité :
« Quand ils eurent traversé la rivière de purin, ils furent dans le bourg. Le soleil faisait briller les vitres. Le reflet de milliers de vitres … des palais en cristal, comme avait dit Doursoun … La ville des rois de contes de fées … leurs palais ! … »
Descriptions de paysages de la province d’Adana :
« Ils marchèrent ainsi jusqu’au matin. À l’aube, une lueur, venant de l’orient, recouvrit les fourrés. En s’inclinant, elle se fondait dans la sombre lumière, orange et verdâtre, des fourrés. Une brume se levait lentement. Le vert sombre des fourrés cédait la place à la lumière orangée, pour tourner ensuite au bleu. »
C'est un peu aussi le roman initiatique du jeune Mèmed :
« Au fond, c’était peut-être la première fois qu’il réfléchissait vraiment. Il réfléchissait avec amour, avec ferveur. Il réfléchissait pour la première fois, au-dessus de ses moyens. »


mots-clés : #aventure #ruralité


Dernière édition par églantine le Ven 11 Jan - 12:42, édité 3 fois (Raison : Mise en forme /image centrée +mots-clés)

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Message par Quasimodo le Ven 11 Jan - 10:35

En somme, lecture un peu mitigée ?
J'avoue que j'en attends beaucoup (trop ?)

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Message par Tristram le Ven 11 Jan - 12:10

Oui, j'ai été un peu déçu : manque d'épaisseur de mon point de vue (et manque de grâce de la part du lecteur).

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