Marcus Malte

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Marcus Malte

Message par topocl le Ven 2 Déc - 17:38

Marcus Malte
Né en 1967


Il est né à  La Seyne-sur-Mer (Var) , le 30/12/1967.[/b]
Après un bac littéraire, Marcus Malte (Marc Martiniani) passe un CAP de projectionniste et obtient une Licence d'études cinématographiques. Puis il devient musicien de rock, de jazz et de variétés dans les bals de village et projectionniste pour la Fédération des Œuvres Laïques - Ciné 83 avant de se consacrer finalement à la littérature.

Bibliographie

Romans
1996 : Le doigt d'Horace (série Mister, 1)
1997 : Le lac des singes (série Mister, 2)
1998 : Carnage, constellation
2001 : Et tous les autres crèveront
2003 : Mon frère est parti ce matin
2003 : La part des chiens, Page 1,
2005 : Plage des Sablettes, souvenirs d'épaves
2007 : Garden of love, Page 1,
2011 : Les Harmoniques
2012 : Cannisses
2014 : Fannie et Freddie
2016 : Le garçon, Page 1,

Recueils de nouvelles
2005 : Intérieur nord
2008 : Toute la nuit devant nous

Bande dessinée
Le vrai Con matais
La nuit de Saturne

Littérature jeunesse
2000 : Cent jours avec Antoine et Toine
2001 : Sous ma couverture
2005 : Bandit
2006 : Il va venir
2007 : De poussière et de sang
2007 : Le chat de Machin
2007 : L'échelle de Glasgow
2008 : Scarrels
2010 : Ô corbeau
2011 : Mon vaisseau te mènera jeudi sur un nuage
2011 : Appelle-moi Charlie
2012 : Sous ma couverture vit un ours
2012 : La chanson de Richard Strauss

mot-clé : #romanpolicier

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Re: Marcus Malte

Message par topocl le Ven 2 Déc - 17:40

Le garçon
Prix femina 2016



Cela va être dur de parler de ce livre, qui restera dans mon top de l'année 2016, et dont il me paraît difficile de traduire la flamboyance.

C'est toute la vie de ce personnage étrange, définitivement mutique, qui ne sera jamais nommé par l'auteur que par « le garçon ». On le découvre au sortir de 14 années d' « enfant sauvage » et qui, le corps de sa mère emporté par le bûcher qu'il a minutieusement construit, s'apprête à découvrir le monde, et y découvre les hommes, et par là tout ce qui fait la "civilisation" : le travail et l'exploitation, puis la camaraderie et la douceur, avant l'amour et l'art et pour finir la guerre et le désespoir.

Et il vit une éblouissante histoire d'amour avec une jeune femme pure, fantasque, étanche à tout préjugé dans un érotisme débridé exalté par les mots, la littérature et la musique. A la guerre il fournit un engagement total; il y retrouve l'hostilité et l'exaltation de sa vie sauvage, mais y décerne désormais une cruauté et un non-sens qui le laisseront dévasté à jamais.

Pourtant suivi au jour le jour au fil des 530 pages, ce garçon muet nous reste inconnaissable, autrement que par ses choix, et ses actes. On le prend en sympathie, sympathie matinée parfois de frissons d'horreur, il exerce une étrange fascination, mais il nous reste un prodigieux mystère.

Marcus Malte nous raconte cela dans un style inimitable, alternativement haletant et doux, avec un point de vue décalé, un quant-à-soi de conteur réjoui et impertinent. Sa phrase prend aux tripes, emporte dans des situations d'un poétique, d'un pathétisme maîtrisé. L'érotisme nous embarque dans un bel éclat de rire, la guerre nous traîne dans son habituel lot de bruit, de boue et d' obus , on y est, dans une intimité absolue avec le personnage et son groupe de combattants.

L'auteur a le goût des listes, il intercale quelques chapitres énumératifs, des événements mondiaux astucieusement choisis, mais aussi 10 pages énumérant les soldats morts les 28 et 29 septembre à Souain: car il ne faut pas que raconter, il faut aussi nommer



mots-clés : #initiatique

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Re: Marcus Malte

Message par Bédoulène le Ven 2 Déc - 22:05



Le garçon


C'est l'histoire d'un garçon, sans nom, sans parole, de son  initiation quotidienne  à l'humain, à l'amour, à la guerre,  à tout ce qui compose une vie.  "Eux savent, pas lui"

C'est une très bonne lecture : j' ai apprécié l'initiative de l'auteur de dresser à chaque chapitre l'état des évènements de l'année de référence (ce qui permet un rappel de faits connus ou de découvertes) ce qui dans la première partie révèle l'ignorance du Garçon.

Lors de la première guerre mondiale, c'est par les lettres d' Emma, notamment,  que l'auteur fait passer son sentiment vis à vis de la guerre "patriotisme frelaté" . Il ajoute après citation des cousinages et fratries des dirigeants des pays :
"C'est donc une histoire de famille. On lave son linge sale : 19 millions de morts. Et l'on se demande encore de quoi est venu se mêlé Poincaré !"
C'est un hommage de l'auteur que de citer sur plusieurs pages, les noms, nationalités des Légionnaires morts à Souain (Marne), ces étrangers qui ont défendu la France. Mais aussi à travers eux tout ceux qui nourrissent la guerre.

De saisissantes scènes de bataille, illustrant l'absurdité et l'inanité de la guerre.

Habilement l'auteur introduit le Caporal Cendrars dans l'histoire ainsi qu'un peintre Allemand mais que je n'ai pas reconnu (peut-être Hitler)

Il me faut aussi parler de l'amour, celui qui lie Emma et le  Garçon (qu'elle nommera Félix), c'est ensemble qu'ils s'initieront et qu'ils s'évaderont sur des chemins inconnus révélés par leurs lectures de textes sur la sexualité,  l' érotisme, voire plus, d'Hugo à Sade.

L'écriture se fait puissante dans les descriptions de la guerre, du jeu au piano, dans les lettres d'Emma et très imagée dans les relations amoureuses.

La composition des chapitres est cohérente, les introductions intéressantes ; quelques fulgurances qui trompent la justesse du rythme pour un plus profond ressenti.

Extraits

C'est un temps de mue. Corps et âme. Les poils chassent le duvet et la lucidité déchire de ses griffes acérées le voile de l'innocence - et la voilà qui pointe à travers les lambeaux son triste museau d'huissier. C'est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l'existence : nombre de ravages et quelques ravissements.
Elle joue depuis plus de trois heures, bien que l'on ait scrupule à appeler ça jouer. Elle répète. Elle s'acharne. Davantage qu'en mélomane c'est en croisé qu'elle parait agir. C'est sa foi, sa guerre, c'est sa manière de les concevoir et c'est ce qui fait courir ses mains sur le clavier. Sa pénitence aussi. Quand d'aucuns parcourent à genoux leur chemin de croix, elle laboure le sien à la force du poignet. Elle martèle. Il se peut qu'elle n'en soit pas pleinement consciente, mais le serait-elle que même sous la torture elle ne l'avouerait pas.

Aussi sec elle repart à l'assaut, toutes griffes en avant, qu'elle plante rageusement dans la large gueule béante comme pour lui arracher ce sourire plein de dents et de chicots qui la défie. Une partition s'étale sur le pupitre mais elle ne la regarde pas. La pénombre confond notes et portées. Elle n'en a pas besoin. Ce qu'elle voit c'est au-delà.

S'il y a une chose qui fait le liant dans la recette de la nation, c'est bien le pinard. Car en plus de tout soigner, de tout guérir, le vin est le breuvage patriotique. On méprise les Germains buveurs de bière. On se défie des buveurs d'eau d'où qu'ils sortent. Le vin seul, seul le vin.


Et Merthens, le Belge. Vierge et obsédé. C'est un obus de 77 qui lui prendra son pucelage dans les parages de Suippes.
Tandis que les batteries dévastent la terre de Picardie, retentissent dans la capitale les coups de cymbales des big bands. Louise Michel ? Non, mieux : Louis Mitchell's Jazz Kings. Révolution musicale ! Ca décoiffe dans le no man's land. Ca swingue dans les barbelés. On parle de deux cent mille morts en trois mois côté français. On parle de trois millions sept cent mille francs de recettes au Casino de Paris.
Un beau personnage que celui d'Emma, physiquement et moralement.

ce livre méritait une LC tant il y a à dire !

Extraits

"Il est libre.
Il n'a pas le droit de quitter le territoire. Il n'a pas le droit d'y exercer la plupart des métiers. Il n'a pas le droit de pénétrer dans la plupart des établissements. Il n'a pas le droit de s'asseoir sur un banc public. Il n'a pas le droit de fouler le gazon d'une promenade. Il n'a pas le droit de voler.
Il est libre."

Il voit l'homme penché sur un tas informe et qui se redresse et qui fait signe, qui agite la main comme pour dire aurevoir, adieu. C'est un petit être de boue, marron et bleu. Un homoncule. Un farfadet. Adieu. Adieu. De part en part un projectile lui traverse le cou. Il voit la ligne se briser. Il voit la source jaillir, pisser l'écarlate. Il voit le képi de guingois. C'est une farce. Il le voit qui gesticule. Il le voit qui s'écroule avec son costume comme les djinns du désert sur la scène de l'opéra."
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Re: Marcus Malte

Message par églantine le Dim 15 Jan - 15:07



Bon . Je ne me comprends pas . Je trouve Le garçon excellent et pourtant il me gonfle .
J'en ai lu les plus que deux tiers mais je m'arrête .
Un livre que je recommanderais vivement et pourtant je n'accroche pas .
.............
Je crois que je n'aime pas cette trop grande maîtrise stylistique .
Je crois que cette abondance thématiques , lexicales associées à une trop merveilleuse musicalité jouant sous maints registres du lyrisme à la douce mélopée , de la sensualité exaltée et exultée jusqu'à l'abrupte sécheresse  m'agace .
Je crois que ses alternances qui font que ce roman tiendrait à la fois du roman initiatique , du conte philosophique , du roman d'aventures mâtiné d'une touche historique facétieuse  et plus encore me destabilisent . Et finalement je ne ressens que surface et artifices  .
Je crois que j'aime être ravie par Duras mais pas séduite par Marcus . Donc je fais de la résistance et du rejet . Oui , ça doit être ça.
Et surtout je crois que je suis profondément injuste et sévère .
Lisez Le garçon et aimez le pour moi qui n'ai pas su .Il vaut le coup et aurait largement mérité le prix Goncourt .

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Et, de nouveau, elle se sentit seule en présence de sa vieille antagoniste, la vie.
La promenade au phare . Virginia Woolf .
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Re: Marcus Malte

Message par topocl le Dim 15 Jan - 18:14

T u n'es pas injuste: c'est juste un livre qui te semble plein de qualités mais que tu 'aimes pas, ça arrive.

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Re: Marcus Malte

Message par Bédoulène le Dim 15 Jan - 18:37

Ah tu trouveras bien un autre "garçon" qui te plaira ! Smile

Et s'il t'agace sur qu'il ne peut te séduire, mais tu reconnais ses qualités donc tu n'es pas injuste

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Re: Marcus Malte

Message par shanidar le Mer 8 Fév - 11:05

Le Garçon



Une voix.
Une voix se lève, celle de Marcus Malte et elle suffit à faire de ce garçon totalement muet et peut-être hermétique un être d'une rare intensité. Ce garçon dont finalement nous ne saurons quasiment rien en dehors du fait que sa mère lui a fait promettre de l'incinérer et qu'il se tiendra à cette option pour tous les morts importants qui croiseront sa route. Pour le reste, il faudra s'en tenir aux mots de Malte, à sa scansion particulière, limpide et franche, exaltée parfois, souvent précise et n'échappant pas à une sorte de liberté ironique, mais une ironie qui n'est jamais mesquine, qui n'est jamais méchante. Et si le garçon croise au long de ses incessantes pérégrinations la figure de déesse d'une prêtresse américaine, c'est bien qu'il est capable de perméabilité au monde et à ce qui en fait l'au-delà. Et si Joseph, l'homme esseulé lui répète qu'on peut perdre la foi seule la solitude reste, on ne saura jamais vraiment jusqu'à quel point le garçon est capable de foi et de compréhension. Si l'ogre qu'il croise lui apprend l'impermanence du monde c'est pour mieux lui révéler la beauté (la bonté ?) des odeurs, des saveurs, des éléments qui font du bien à l'homme. Si la sirène qui le soigne finit grâce aux chants pianistiques de ses mains par conquérir et son âme et son corps, c'est bien que le garçon, quoique muet, n'est pas sourd au charme féminin. Et si dans l'enfer de la guerre, dont Marcus Malte nous restitue avec brio les bruits et les interminables fureurs, c'est à la destruction totale du garçon que nous assistons, à notre tour muet, saisi d'angoisse, effiloché par les obus, les morts à la pelle, les compagnons disparus (oui, cette guerre fut l'abjecte organisation de la disparition des corps, la preuve monstrueuse de leur volatilité, l'assurance de leur totale désagrégation comme si la disparition de l'objet du délit pouvait effacer le crime des consciences militaires). Et si le garçon ne meurt pas vraiment, pas complètement, s'il revient près de sa belle c'est en être disparu à lui-même, doublement disparu lui qui ne parle pas, qui n'a jamais parlé et qui n'est plus désormais qu'une sorte de fossoyeur, d'incinérateur, d'oublié. Sa propre fin, qui n'est que la continuité d'un corps retrouvant l'immensité du ciel et donnant à la terre la pâture de son corps est à l'exact mesure de ce roman sensible,  emporté, poétique et dense, qui laisse une trace étrange, légèrement surréaliste dans l'esprit du lecteur.


Une bien belle réussite.
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Re: Marcus Malte

Message par topocl le Mer 8 Fév - 11:42

contente de ce plaisir partagé, shanidar.
Comme il a écrit des polars, tu vas peut-être aller voir plus loin chez Marcus Malte ?

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Re: Marcus Malte

Message par shanidar le Mer 8 Fév - 11:45

J'en ai déjà lu deux que je n'ai pas beaucoup aimé La part des chiens et Garden of love (je vais voir si ça vaut la peine de rapatrier mes messages...).
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Re: Marcus Malte

Message par shanidar le Mer 8 Fév - 11:52

La part des chiens



Sordide... et aérien...

D'ordinaire j'ai peu de goût pour les auteurs qui se servent du thème de l'avilissement (en particulier quand il s'agit des femmes, des enfants, des animaux, des lents) et qui vous plongent dans les bas-fonds miséreux et puants de villes portuaires. Marcus Malte précipite le lecteur au milieu des putes et des maquereaux, son écriture pue la sueur, le sperme et les éructations des bulles d'un mauvais champagne, celui que ces deux 'héros' boivent dans un bar à entraineuses.
Zodiak a le corps tatoué et peut lire les lignes de la main, il cherche son amour, Sonia, sa femme libellule, funambule, disparue. Il est accompagné par le polac, son beau-frère, mangeur de tout (même de polystyrène) et juste bon à écorcher les rats. Le duo cherche dans une ville qui est à elle seule tout un personnage la femme égarée, enfuie, la femme perdue. Ils rencontrent tout un peuple hétéroclite, un nain pervers, des femmes-éléphants, des Monsieur Victor (on pense évidemment à la chanson de Barbara), des gens du cirque et des gens d'armes...

Tout cela resterait aux ras des pâquerettes si l'écriture de Malte ne forçait pas sans cesse le regard à dévier vers le ciel. Alors que tout ce qui tourne dans la ville ressemble à quelque chose de pourri, d'avilissant, de malfaisant et de dérisoire, le ciel est là, presque à portée de main, un ciel qui ouvre vers des beautés, celle de l'amour, de la filiation, celle de l'amitié entre deux hommes qui ont peu en commun.

Il m'a fallu beaucoup de temps pour entrer dans ce roman, dépasser la couche de glace qui sert le cœur au début du récit et trouver dans les cœurs et les pognes fermés des deux hommes un brin d'humanité. Il m'a fallu du temps pour avaler les scènes de violence et arriver à celle du mariage entre Sonia et Zodiak, un très bel épisode qui ouvre ensuite le récit sur un peu plus de respiration et plus de grâce. Malte a l'art de vous faire plonger en apnée dans le sale pour d'une secousse du bassin vous faire ressortir vers le beau, si vous aimez les douches écossaises et si vous n'avez pas froid aux yeux (et à l'âme), ce livre comblera vos attentes.

Il est dans ce roman déjà question de cirque et de la mise à l'épreuve du corps, mais ici tout est noir, terriblement noir.
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Re: Marcus Malte

Message par shanidar le Mer 8 Fév - 11:59

Garden of love



Résumé de l'éditeur Zulma (dont il faut une nouvelle fois souligner l'implication et la beauté de la mise en page) :

Troublant, diabolique même, ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Loin de là. Il comprend vite qu’il s’agit de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite. Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.

Comme dans un impitoyable palais des glaces où s’affronteraient passé et présent, raison et folie, Garden of love est un roman palpitant, virtuose, peuplé de voix intimes qui susurrent à l’oreille confidences et mensonges, tentations et remords. Et tendent un redoutable piège. Avec un fier aplomb.


____________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Machiavélique, très machiavélique ce roman de Marcus Malte, il faut le lire longtemps avant de pouvoir deviner un peu la trame de ce livre bien mené, comprendre un peu de quoi il est question. Le problème pour moi, c'est que Marcus Malte cherche à être encore plus malin que le diable en personne et qu'à ce petit jeu, le lecteur n'est pas forcément gagnant. Même si j'ai retrouvé dans cet opus, l'écriture en dent de scie de Malte (fange et éclaircie, dureté et amour), cette fois je n'y ai pas trouvé mon compte, trop d'évènements improbables, de mises en scène hasardeuses m'ont éloignés du texte, trop de lyrisme, trop d'envolées, trop d'acharnement dans la langue. Sans compter l'alignement de clichés qui rendent la lecture très figée : le flic pourri, alcoolique et aigri, qui n'attend plus qu'une rédemption ; le méchant, incarnation du Diable, vêtu de noir et jouant à pile ou face avec la vie des autres, et les femmes... que dire ? Il semble que pour Malte les femmes ne puissent être que des saintes ou des putains... c'est un peu trop basique pour donner du relief aux personnages féminins qui ont bien du mal à exister dans ces pages.

C'est dommage car l'idée de départ était très intéressante, la construction de l'intrigue est extrêmement bien menée mais à force de vouloir faire feu de tout bois, Malte fracasse des portes ouvertes qui manquent de réalisme.
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Re: Marcus Malte

Message par Bédoulène le Mer 8 Fév - 21:32

contente que tu aies aimé "le garçon" Shanidar

quoi que tu aies dit sur les deux autres livres que tu as lus, je suis tentée.

merci

topocl tu les as lus toi les autres livres ? comptes tu le faire ?

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Re: Marcus Malte

Message par topocl le Jeu 9 Fév - 13:43

Les commentaires de shanidar ne me font pas forcément très envie. Je vais plutôt attendre patiemment le prochain.

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