Siegfried Lenz

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Siegfried Lenz

Message par églantine le Mar 6 Déc - 17:56

Siegfried Lenz (1926-2014)



 Siegfried Lenz, né le 17 mars 1926 à Lyck en Prusse-Orientale (alors en Allemagne, aujourd'hui Ełk en Pologne) et mort le 7 octobre 2014 à Hambourg, est l'un des écrivains allemands les plus connus de la littérature de l'après-guerre et d'aujourd'hui, et un scénariste allemand. Il est l'auteur de quatorze romans et de nombreux recueils de courtes histoires, d'essais et de pièces radiophoniques ou théâtrales. Il a obtenu le Prix Goethe à Francfort-sur-le-Main en 1999.

Lenz est le fils d'un douanier. Après le bac en 1943, il est enrôlé dans la marine allemande.
Selon des documents du fichier central du parti nazi, il aurait adhéré à ce dernier le 12 juillet 1943
Peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, au Danemark, il déserte, mais est fait prisonnier par les Britanniques au Schleswig-Holstein. Il sert comme interprète.
La guerre finie, il étudie la philosophie, l'anglais et l'histoire de la littérature à l'université de Hambourg. Il interrompt rapidement ses études mais est tout de même engagé au quotidien allemand Die Welt, dont il est rédacteur en chef de 1950 à 1951. C'est là qu'il rencontre celle qu'il épousera en 1949, Liselotte (décédée le 5 février 2006).
Dès 1951, Lenz travaille comme écrivain indépendant à Hambourg. Depuis 2003, il est professeur honoraire à l'université Heinrich Heine de Düsseldorf.

Il est mort le 7 octobre 2014 à l'âge de 88 ans à Hambourg, Allemagne.  

Oeuvres traduites en français :

Romans :
1963 : La nuit des otages
1968 : La leçon d'allemand : Page 1
1985 : Champ de tir
1999 : Le dernier bateau : Page 1
2003 : Le bureau des objets trouvés
2008 : Une minute de silence

Récit :
1960 : Le bateau-phare

Recueils de nouvelles :
1975 : Quand Einstein franchit l'Elbe près de Hambourg
Les vagues du Balaton suivi de Le grand Widenberg (compilation)

màj le 3/11/2017
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églantine

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Re: Siegfried Lenz

Message par églantine le Mar 6 Déc - 18:04


La leçon d'allemand






Siggi Jepsen,  jeune homme de 20 ans enfermé dans une maison de redressement,  rend copie blanche à la rédaction dont le thème est "Les joies du devoir" : sa faute entrainera la punition d'un double enfermement jusqu'à ce que le devoir d'écriture soit exécuté !

Dès lors , dans un acharnement obsessionnel , Siggi réveillera la mémoire émotionnelle pour retranscrire dans un souci de vérité subjective , son histoire ....Celle qui le conduisit dans cette cellule .

C'est à l'absurdité d'un système que ce jeune oisillon se retrouve coupé de ses ailes ....absurdité du devoir d'obéissance aveugle aux ordres , à la notion de mission envers et contre tout raisonnement et sentiment ....absurdité entrainant une chaine de conséquences tragiques pour toute une collectivité  .

L'histoire se passe en allemagne sous le régime Nazi :
Jens Jepsen brigadier d'une bourgade à la frontière Danoise se voit mander d'interdire le peintre Max Nansen , ami d'enfance , et voisin de continuer à peindre .  Par son obéissance aveugle et imbécile et son incapacité à remettre en question l'ordre établi , mu par une volonté déraisonnable de remplir son devoir , il s'enfoncera dans un entêtement conduisant son fils à la prison .

Siggi , son fils   est  alors un jeune garçon sensible , intuitif, qui  réagit avec autant de violence intérieure que celle exprimée par son père ,
Siggi est le feu son père Jens est la glace ....
alors , en opposition  à son père et parce que l'émotionnel de l'artiste peintre à travers son art fait écho à la douce fantasmagorie qui l' habite,  le jeune garçon sombrera peu à peu dans une névrose obsessionnelle l'entraînant à voler tous les tableaux du peintre afin de les mettre à l'abri du pouvoir destructeur de son père .

Pour qui s'intéresse à Emil Nolde qui inspira Sigfried Lenz pour écrire ce roman , c'est un ouvrage incontournable : le monde tourmenté du peintre , la beauté violente et ravageuse de son expressionnisme , la sauvagerie indomptable qui exulte dans son talent pictural unique se retrouvent retranscrite sous la plume brillante de Lenz !
Grâce à une opposition aussi tranchée entre deux façons d'aborder le réel que représente l'art face au totalitarisme , Sigfried Lenz appuie lourdement sous le trait , à l'instar d'Emil Nolde dans sa peinture ! Certes on pourrait trouver l'exercice un peu forcé , lourd et manichéen dans cette approche mais n'est-ce pas voulu de la part de l'écrivain pour traduire la puissance dangereuse de l'obéissance aveugle portée à son paroxysme , pour faire triompher l'art , cette force unique et indispensable qui témoigne du sens de l'humanité inaliénable.....
On ne peut empêcher un peintre de s'exprimer , les tableaux existent en amont de leur création , invisibles mais vivants ....L'art ne peut s'enfermer dans quelque système que ce soit , ni forme de pensées !

La leçon d'allemand
est un vibrant hommage à la puissance créatrice  qui est libre de façon intrinsèque , bien au delà de l'étroitesse de la volonté d'exercice de pouvoir de l'homme stupide et enchainé par ses peurs , son manque d'imagination :  il montre aussi  que l'homme pour devenir créateur de sa vie , au delà de l'esprit grégaire dangereux et aliénant !  Et par là-même , voici un devoir d'écriture libre et libérateur de toutes les prisons créées par l'homme ignorant et manipulé !
J'ai adoré !
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Re: Siegfried Lenz

Message par topocl le Mar 6 Déc - 18:07

Ah! là! là! il faudrait que je le reprenne, La leçon d'allemand. je n'avais pas réussi à le finir...

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
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Re: Siegfried Lenz

Message par églantine le Mar 6 Déc - 18:16

@topocl a écrit:Ah! là! là! il faudrait que je le reprenne, La leçon d'allemand. je n'avais pas réussi à le finir...
Ah oui Miss Topocl , tu ne devais pas être dans le bon moment si tu l'as abandonné ! Ce n'est pas de toi ça .... Twisted Evil
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Re: Siegfried Lenz

Message par Hanta le Jeu 8 Déc - 14:01

Le dernier bateau


Un roman qui m'a laissé la larme à l'oeil durant toute la lecture et qui laisse une sorte de souffrance une fois refermé.
L'on suit l'accueil d'un jeune adolescent Arne, accueilli par des amis de son père disparu dans un naufrage avec le reste de la famille.
La narration est au passé, et le narrateur n'est autre que le fils aîné de la nouvelle famille. Un récit au passé, qui nous laisse penser qu'un drame nouveau s'est produit et que seules l'évolution de l'histoire nous confirmera le doute qui nous saisit.
Bien écrit, déchirant, avec des personnages attachants et d'autres qu'on aime détester, on reste le coeur et l'air suspendus par la crainte que la fin ne soit pas heureuse.
Une oeuvre qui marque indéfiniment.
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Re: Siegfried Lenz

Message par Barcarole le Mar 4 Avr - 10:10



Le dernier bateau

Suite à un drame familial qui s’est produit en mer, Arne, douze ans, est le seul survivant. Il est adopté par l’ami de son père qui l’accueille dans sa famille à Hambourg. Il partage sa vie avec les trois enfants de la famille, Hans, Lars et Wiebke la fille. Il se lie d’amitié avec l’aîné, Hans, âgé de dix-sept ans et partage sa chambre, aménagée comme une cabine de bateau.

Arne est un enfant mystérieux, très bon à l'école, mais il est vite rejeté par les camarades de classe. Il collectionne tous les objets qu’il trouve qui font sens pour lui, tous liés au monde maritime. Le père de Hans travaille dans un chantier maritime. Arne se rend souvent sur ces lieux, apprend les nœuds marins grâce à Kalluk, le gardien du chantier avec qui il partage une part de son temps.

Arne vit mal ce rejet de la part de ses camarades de classe et du quartier, et celui de Lars et Wiebke, frère et sœur, et cherche par tous les moyens à se faire accepter de la bande. Tous les moyens seront bons pour se faire accepter… mais alors que, enfin, il va se croire accepté par le groupe, un drame va se produire.

Dans l'action et au décours du livre, on découvre aussi les paysages austères de l’Elbe, et la vie des chantiers maritimes de Hambourg.

Un livre écrit tout en retenue, assez poétique. L’écriture est assez dépouillée.
Lorsque Hans, le narrateur, évoque Arne, il emploie le « tu » de la deuxième personne. C’est un va-et-vient entre le présent narratif où Hans  range les affaires et tous les objets d’Arne dans des cartons avec émotion, religiosité comme des reliques, et qui finiront au grenier, et le passé où Hans était encore en vie. Ce présent est émouvant, avec tous ces regrets, ces silences où, en creux, se devine la culpabilité de ces adolescents, le manque, le vide.

Je n’ai pas passé un mauvais moment de lecture mais le style d’écriture de l’auteur, comme un requiem lent, est trop passif et contemplatif à mon goût personnel. Malgré toute l’émotion que veut rendre l’auteur, et contrairement à d’autres lecteurs, j’ai trouvé une certaine froideur dans ce type d’écriture.

Je n’avais jamais lu cet auteur allemand et je suis heureuse qu’Hanta me l’ai fait découvrir à travers ce Dernier bateau.


mots-clés : #initiatique
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Re: Siegfried Lenz

Message par Hanta le Mer 5 Avr - 10:02

Content de ton commentaire malgré ton ressenti mitigé. Je craignais en effet que la lenteur mélencolique du style laisse un arrière goût de pathos sans dynamique que je n'avais personnellement pas ressenti au moment de la lecture mais qui peut aisément se comprendre.
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Re: Siegfried Lenz

Message par tom léo le Mer 5 Avr - 14:32

@Hanta a écrit:Je craignais en effet que la lenteur mélencolique du style laisse un arrière goût de pathos sans dynamique que je n'avais personnellement pas ressenti au moment de la lecture mais qui peut aisément se comprendre.

Il me semble, Hanta, que là tu as trouvé une expression très juste pour la manière pas seulement d'écrire, mais aussi de procèder, de... vivre. Lenz, comme autres représentants de la littérature du Nord de l'Allemagne ou de l'Extrême Est du "Deutsches Reich" (Prusse Orientale) est dans cette lenteur mélancolique, retenue, avançant sans précipitations. En Allemand il y a un joli mot pour cela: "bedächtig".
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Re: Siegfried Lenz

Message par Hanta le Mer 5 Avr - 17:32

Oui tout à fait, on retrouve un peu cette lenteur mélancolique dans un pan entier de la littérature tchèque (avec une certaine causticité en plus)
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