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Serge Mestre

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Message par Bédoulène le Mer 1 Mai - 17:14

Serge Mestre
né en 1952

exil - Serge Mestre Mestre10

Serge Mestre naît à Castres en 1952, de parents républicains espagnols et réfugiés politiques en France. Après une formation à l’École normale d’instituteurs de Toulouse, il enseigne dans le Tarn, puis à Paris où il s’installe dès 1975. D’abord conseiller pédagogique, il mène sa carrière dans l’Éducation nationale en tant que responsable des relations internationales à l’Institut de formation des maîtres.
Parallèlement, ses premiers livres paraissent chez Flammarion, dans la collection « Textes » : Quatre cahiers sur la mort de Lira (roman, 1980), Dix rêves d’Io (roman, 1983), et Goya (théâtre, 1986). Christian Thorel et Jean-Paul Archie publient en 1991 dans leur maison Ombres, à Toulouse, Les Plages du silence. En 1995, Le Serpent à plumes publie un abécédaire, Le Livre des rives, avant que Serge Mestre ne se consacre exclusivement, pendant de nombreuses années, à la traduction. La Lumière et l’Oubli, paraît en 2009 chez Denoël et a figuré sur la sélection du prix Goncourt 2009.
Serge Mestre a traduit de l’espagnol ou du catalan de nombreux auteurs, notamment Manuel Rivas, Alejo Carpentier, Jorge Semprún, Alan Pauls, César Aira, Josep Pla et Federico García Lorca.
La réédition des Plages du silence (2013), que l’auteur a revu pour l’occasion, marque son arrivée dans le catalogue de Sabine Wespieser éditeur, qui a publié en mars 2016 son roman autour de la figure de Federico García Lorca, Ainadamar (La Fontaine aux larmes). En février 2019, paraîtra son nouveau roman, Regarder, hommage à la photographe Gerda Taro.
(SWEditeur)

Bibliographie

Quatre cahiers sur la mort de Lira 1980
Dix rêves d'Io 1983
Goya (théâtre) 1986
Les Plages du silence 1991, 2013
Le livre des rives 1995
La lumière et l'oubli 2009
Ainadamar (La Fontaine aux larmes)2016
Regarder 2019

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Message par Bédoulène le Mer 1 Mai - 17:24

Les plages du silence

exil - Serge Mestre Les-pl10

Le narrateur raconte la quête de celui qu’il nomme « le garçon » à la recherche du jeune homme que fut   son père Manu, l’un des Républicains qui attendra sur la plage d’Argelès-sur-Mer, l’ouverture de la porte sur la France en 1939, sur un exil  que l’on a appelé la « retirada ».

Réfugié en France Manu ne racontera jamais « sa » guerre, il ne parlera que de ce qui ne le concerne pas directement, sauf à laisser échapper , parfois un nom, un lieu, un évènement qui n’ expliqueront rien et entretiendront l’envie pour le garçon, de savoir ce que sont les trous, dans ce passé qui est tue, de ce passé qui dans ce présent fait qu’il vit sur deux langues, l’espagnol et le français.

Manu après avoir été blessé au pied à  Porto Cristo sera amputé à plusieurs reprises, par morceaux, pourrait-on dire et sera obligé de porter une prothèse.

A la mort de Manu, le garçon partira en Espagne sur les traces de son père, mais c’est plus pour ne pas perdre son père une deuxième fois, pour continuer à être auprès de lui dans cette Espagne qu’ il ne connait que par la voix et les yeux de son père.  Découvrir cette mémoire, ces souvenirs qui lui manquent. Cette quête restera inaboutie, mais c’est  être encore aux côtés de son père. C’est dire combien il l’aimait Manu,  cet homme secret, combien il aimait son père.

Le garçon écrit sur ses moleskines, le journal des souvenirs de Manu !

« J’aurais dû le savoir : la mémoire est tout simplement errance. Je ne suis pas de nulle part, pas d’ici non plus, je suis de la page de ces carnets à travers lesquels je continue à fouiller les traces de ton absence, écrivait le garçon, de ce passé qui se dérobe, me transforme en calque imparfait de moi-même, me lègue un corps indédit dont je ne suis toujours pas parvenu à toucher la jambe manquante. »

***
J’ ai lu plusieurs livres, des autobiographies notamment,  sur la guerre d’Espagne, donc le volet histoire m'était connu (bien que toujours il faille se pencher dessus) donc  c’est surtout cette quête de mémoire qui m’a intéressée.  Ce garçon qui toute sa vie, était attentif à son père mais qui n’a jamais su, ou si peu de son passé en Espagne, de ce que fut « sa » guerre ce qu'était son enfance, sa vie dans ce pays dont lui ne connaissait que la langue.  Ce père avec qui il se tenait à la fenêtre tous les soirs et qui lui signalait dans le ciel les clignotements de l’avion Paris/Barcelone.

Extraits :

« La mémoire, c’est la répétition interprétée »

Dans le camp d’Argelès : « De nombreux réfugiés ne parvenaient pas à réprimer leurs larmes, le froid glaçait tout, autour d’eux. Surtout  ne pas geler entendait-on. Nous nous en sortirons Manu ! renchérissait-on. Où les réfugiés prenaient-ils la force qui les poussait encore à plaisanter ? Sur une jambe, il n’y a qu’un pied qui se congèle ! »

« Aujourd’hui Manu peu m’importe de savoir ce qui s’est réellement passé en Espagne, pour toi, dans les années trente du siècle passé. Ma vie s’est réglée sur le mouvement de ton absence. Le tempo de ta mort a laissé place à de nouvelles tempêtes dans cette tête en désordre qui te survit. Il m’arrive parfois d’entendre siffler ton accent dans la cuisine, le dimanche. »


Une chose m’interpelle, ce garçon est-ce l’auteur ?
Dans la note liminaire à la réédition  Serge Mestre dit : « éternel  petit soldat, pour le nourrir de mes émois d’aujourd’hui, pour le compléter également du prénom de l’épouse de Manu, ma mère désormais disparue. »


Mots-clés : #exil #guerredespagne #relationenfantparent


Dernière édition par Bédoulène le Mer 1 Mai - 17:36, édité 1 fois

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Message par Aventin le Mer 1 Mai - 17:25

C'est tentant Bédoulène, merci !
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