David Foster Wallace

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David Foster Wallace

Message par Hanta le Mar 6 Déc 2016 - 23:20

David Foster Wallace (1962-2008)


David Foster Wallace (21 février 1962 à Ithaca, New York - 12 septembre 2008 à Claremont, Californie) est un écrivain américain. Il est principalement reconnu pour son roman L'infinie Comédie (1996). Il a également été professeur au Pomona College à Claremont en Californie, de 2002 à 2008.

Son roman Infinite Jest (1996), traduit en français en 2015 sous le titre L’Infinie Comédie, est considéré comme un chef-d'œuvre de la littérature de langue anglaise. En plus de ce roman, seuls sont traduits en France Brefs entretiens avec des hommes hideux, La Fonction du balai, La Fille aux cheveux étranges, C'est de l'eau et Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas aux éditions Au diable vauvert, ainsi que Tout et plus encore aux éditions Ollendorff & Desseins. En 2011, son roman inachevé The Pale King parait pour la première fois aux États-Unis. La succession de Foster Wallace a confié le mandat d'éditer le texte à un ami de l'écrivain, Michael Pietsch.

David Foster Wallace est né à Ithaca dans l'État de New York en 1962 et sa famille a vécu dans un petit village de l'Illinois nommé Philo : il a raconté son adolescence dans cette région dans Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas (A Supposedly Fun Thing I'll Never Do Again).

Il réussit de brillantes études au Amherst College dans l'État du Massachusetts couronnées par une thèse de philosophie en 1985, sur la logique modale et les mathématiques.

Il obtient ensuite un Master of Fine Arts (MFA) en creative writing à l'Université d'Arizona en 1987. Il s'engage alors dans la carrière professorale à l'Université de l'Illinois et parallèlement écrit ses premiers textes littéraires qu'il publie dans différents magazines. En 1991, il commence son roman Infinite Jest qui sera publié en 1996.

En 2002, il s'installe en Californie et enseigne au Pomona College à Claremont et épouse Karen L. Green en 2004, poursuivant avec succès une activité d'écrivain, de journaliste et de professeur.

Souffrant selon son père depuis plus de vingt ans d'un état dépressif qui s'était aggravé dans les derniers mois, il se suicide par pendaison le 12 septembre 2008 à l'âge de 46 ans.

Bibliographie en français :

Romans
1987 : La Fonction du balai
1996 : L’Infinie Comédie
2011 : Le roi pâle

Recueils de nouvelles
1989 : La fille aux cheveux étranges
1999 : Brefs entretiens avec des hommes hideux

Essais
1997 : Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas
2003 : Tout et plus encore
C'est de l'eau
Rappeurs de sens


Dernière édition par Hanta le Jeu 8 Déc 2016 - 7:30, édité 1 fois
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Re: David Foster Wallace

Message par Hanta le Mar 6 Déc 2016 - 23:21



La fonction du balai

Quasi impossible de faire un commentaire sur cette oeuvre. Je vais essayer mais je risque d'extrapoler des choses ridicules.
Style génial, sommet de ce que j'ai pu lire quasiment. On a de tout, le style théâtral, le style poétique, le roman moderne, toutes les formes de récit sont maîtrisés sans que cela ne fasse catalogue.
J'ai été impressionné par le changement de style dès que le narrateur changeait, c'était fluide et chaque style appartenait vraiment à la personnalité du personnage qui narrait. Assez incroyable.
Un vocabulaire très riche, mêlant courant, soutenu et familier. Une oeuvre complète, pleine, totale, on dirait même absolue.
Roman chorale et même opéra tant les décors varient de façon inattendue.
Je ne peux raconter l'histoire elle est trop riche et complexe, voire absurde par moment.
Malgré l'humour j'ai trouvé ce récit tragique, avec pour seule leçon la vacuité existentielle, c'est un roman qui m'a un peu enlevé l'envie de sourire bien que je sois émerveillé par le talent de ce romancier trop vite disparu.
Il m'a touché sans que je ne sache pourquoi et je ne sais quel sujet en particulier, mais je n'en suis pas ressorti indemne. J'ai pris autant de plaisir que j'ai souffert.
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Re: David Foster Wallace

Message par Arturo le Lun 19 Juin 2017 - 19:55

Un auteur à lire ! Oui-oui, @Tristram !

Découvert avec La fonction du balai (génial), puis La fille aux cheveux étranges (tout aussi bon).
Puis, j'avais calé en route y a 2 ans lors de la sortie de la traduction d'Infinite Jest. Mais je vais m'y reprendre sérieusement, depuis j'ai lu La Recherche de Proust, alors plus rien ne me fait peur question pavé !

En attendant, un petit apéro avec Le roi pâle.

Seulement 720 pages ... Enfin, si j'en crois les notes, il nous manque encore la moitié du roman. Ils ne savent pas faire court ces Ricains ? Seul reproche que je ferais à la génération contemporaine (Franzen, etc.), celle de s'étaler et forcément les longueurs sont là. Toutefois, quel talent ! On le sent vraiment d'une immense culture, et d'un esprit affuté.
Il parvient à nous embarquer dans le monde des impôts, une gageure !
Toujours de l'humour, un côté caustique désabusé. Des personnages broyés.
J'ai beaucoup aimé vers la fin le traitement qu'il fait du personnage féminin. La question de l'extrême beauté qui devient un fardeau insurmontable pour cette jeune femme.
Enfin, ça reste tout de même brouillon dans l'ensemble j'ai trouvé. Normal, cela dit, vu qu'il nous a lâché en cours de rédaction.
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Re: David Foster Wallace

Message par topocl le Lun 19 Juin 2017 - 20:05

Tu conseillerais lequel pour commencer?

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Re: David Foster Wallace

Message par Tristram le Lun 19 Juin 2017 - 20:14

Ça tombe bien, La fonction du balai et La fille aux cheveux étranges sont passés de ma LAL à ma PAL !
Côté concision voire brièveté, Calvino l'a décrétée, puis appliquée, avec un grand bonheur. Mais je ne regrette pas un seul instant que Proust se soit tant étendu dans sa recherche. Reste que les ratures font partie du travail d'écriture, mais qu'on peut trouver des longueurs dans tout texte (évidemment moins dans la nouvelle ou le haïku).
Je promets un mot sur les ouvrages sus-nommés, au moins dans One shot...
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Re: David Foster Wallace

Message par Arturo le Mar 20 Juin 2017 - 8:03

Je vous conseille La fonction du balai pour commencer. En tout cas, ç'a fonctionné avec moi. ça se lit très bien, et c'est vraiment brillant et drôle.
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Re: David Foster Wallace

Message par Hanta le Ven 22 Sep 2017 - 20:35

L'infinie comédie



on sent que c'est génial. Il m'a fallu cette deuxième lecture pour mieux l'appréhender. C'est génial mais on ne sait pas si on adore ou si on est mitigés.
Il y a tant de styles, tant de récits, tant de personnages, tant de trames que l'on en deviendrait presque fous à garder chaque détail en tête.
La critique sociale de l'abêtissement généralisé, nous y sommes et nous le vivons, la victoire des médias, la victoire d'un système, le combat pour résister à l'inertie sont des choses, des contextes que nous appréhendons aisément. Le trouble qui s'en dégage, l'angoisse qui s'en généralise nous la ressentons également.
L'auteur semble se délester de son sac de pierres afin de nous le transmettre. C'est bien lourd, c'est ardent, c'est acerbe et mélancolique. C'est splendide.
Je ne peux en dire plus c'est un livre délicat à décrire. Si vous n'avez pas peur de cette richesse et de cette épaisseur lisez le, n'hésitez pas.


mots-clés : #romananticipation
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Re: David Foster Wallace

Message par Hanta le Ven 22 Sep 2017 - 20:43

Brefs entretiens avec des hommes hideux



je le dis tout de suite je préfère Foster Wallace avec des romans fleuves que lorsqu'il s'exerce à l'art délicat de la nouvelle. Ici nous avons à faire à une vingtaine de nouvelles et la fulgurance habituelle n'y est pas, la patience de décrypter chaque situation, chaque psychologie ne peut être présente.
Il demeure une causticité certaine sur nombre de sujets notamment lorsqu'il y a ce regard si désabusé sur la société que nous connaissons bien lorsqu'on lit Foster Wallace.
on sent que l'auteur veut expérimenter, et peut être ai je trop eu l'impression d'être un cobaye ce qui me laissa en dehors de chaque récit. Il y a pourtant du rythme et la prose est toujours si talentueuse. Je suis diablement exigeant avec cet auteur qui m'a habitué au meilleur.


mots-clés : #nouvelle
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Re: David Foster Wallace

Message par Tristram le Sam 23 Sep 2017 - 2:18



La fonction du balai

La fonction du balai, c’est le concept que « le sens est l’usage » (dans le langage), dixit grand-mère Lenore/ David Foster Wallace/ Wittgenstein.
« Est-ce qu’une histoire ne doit pas fabriquer le contexte qui pousse les gens à faire certaines choses et déterminer ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas ? Une histoire ne doit pas juste mentionner le contexte qu’elle doit tenter de créer, tu ne crois pas ? »
La fonction du balai, c’est essentiellement une suite de dialogues, dont on devine progressivement les intervenants (ce que le cinéma ne pourrait guère permettre) à leur "style" (parlé, pensé, fantasmé).
Le roman s’articule principalement autour de Lenore, seconde du nom, dont la grand-mère éponyme aurait disparu dans le désert de l’Ohio (désert artificiellement créé par les politiques et industriels ‒ excellente trouvaille).
Rick, déjanté notoire parmi tant d’autres, patron et amant de Lenore (la jeune), raconte à celle-ci les histoires à double-sens des supposés tapuscrits qu’en tant qu’éditeur on lui envoie : autant de textes digressifs, mais sans quitter l’orbe conceptuel de l’ouvrage. Il y en a de piquants, comme la femme à la thermos (et à la grenouille) avec son problème de connexion (thème central du roman, où la peau a souvent valeur de frontière entre soi et l'autre/ le monde).
Le psychanalyste Jay est peu éthique (il partage de ses patients avec ses patients), et partage aussi son angoisse de la propreté, mais surtout sa théorie de la membrane entre Intérieur et Extérieur, ramenant tout à un problème de connexion identitaire : grand moment lorsqu’il demande à Lenore sa patiente de le prendre pour un spermatozoïde…
Vlad l'Empaleur (pas le vampire, mais la perruche de Lenore) rabâche aléatoirement ce qu’il a entendu, boosté par la nourriture pour bébé industrieusement modifiée :  
« …] un dérivé d’hormone bovine qui, utilisé en complément régulier de l’alimentation des nourrissons, peut accélérer considérablement l’acquisition du langage et de la compréhension. "Des tests restreints ont montré que les enfants commencent à parler des mois, voire des années, avant l’âge normal" [… »
, inspirant le Révérent Sykes, télévangéliste incroyable, mais très vrai.

Tout cela constitue entr’autres une hilarante caricature du way of life états-unien ‒ du malade de la pelouse au compulsif de la (mal)bouffe.

Le dernier mot du livre n’est pas dit, mais semble être "parole"…

Un regret : il n’y a pas de table des matières (merci l’éditeur économe), ce qui aurait aidé à étudier la structure ; je crois bien qu’il n’y a que de nos jours où, depuis les incunables, on ne se gêne pas pour faire l’impasse sur la table des matières.

Car il faut avouer à ma courte honte que j’ai eu du mal à me repérer dans ce flux philosophico-satirico-humoristico-littéraire…
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Re: David Foster Wallace

Message par topocl le Sam 23 Sep 2017 - 9:54

En fait il n'a écrit que des pavés de chez Pavé, ou des nouvelles?
ll fait partie de ces auteurs qui me tentent pendant des année, tout en me faisant peur.

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Re: David Foster Wallace

Message par Hanta le Sam 23 Sep 2017 - 10:25

Brefs entretiens avec des hommes hideux dont je parle juste au dessus est un recueil de nouvelles....
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Re: David Foster Wallace

Message par topocl le Sam 23 Sep 2017 - 10:42

j'ai bien compris. c'est pourquoi je dis:
topocl a écrit:En fait il n'a écrit que des pavés de chez Pavé, ou des nouvelles?.

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Re: David Foster Wallace

Message par Hanta le Sam 23 Sep 2017 - 10:47

Je n'avais pas compris le sens de la phrase. En gros oui. Du moins traduit car il a fait des essais aussi.
Du reste je dis toujours à ceux qui n'ont pas adhéré à Pynchon d'éviter Wallace. Non que ce soit le même style mais c'est souvent aussi riche, aussi fou et aussi épais.
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Re: David Foster Wallace

Message par Arturo le Sam 23 Sep 2017 - 11:07

Tristram a écrit:dans le désert de l’Ohio (désert artificiellement créé par les politiques et industriels ‒ excellente trouvaille).

d'ailleurs en anglais l'acronyme pour le grand désert de l'Ohio donne G.O.D. Twisted Evil
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Re: David Foster Wallace

Message par Dreep le Lun 25 Sep 2017 - 10:36

Les couvertures de J'ai lu sont affreusement laides...

Je pense en lire deux bientôt, L'Oubli et Brefs entretiens avec des hommes hideux, mais chez L'Olivier puis Au Diable Vauvert, alors.
Wallace est quand même beaucoup plus aisé que Pynchon, et son meilleur livre L'Infinie Comédie (du moins parmi ceux que j'ai lus) se lit même assez facilement : il suffit d'avoir l'habitude de lire les notes à chaque fois, qui font partie du roman. La Fonction du Balai, ça a un côté plus "hermétisant".
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