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Herman Broch

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Message par ArenSor le Jeu 6 Juin - 17:09

Hermann Broch
(1886-1951)

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Hermann Broch naît dans une famille de la riche bourgeoisie juive industrielle de Vienne où son père possède une usine de textile. En 1907, il est diplômé de l'école d'ingénieurs textiles de Mulhouse (alors allemande). Il prend peu après la succession de son père à la tête de l'usine jusqu'en 1927.
Sans qu'il soit possible d'expliquer ses raisons, Broch abandonne la direction de l'usine familiale et suit à partir de 1928 des études de mathématiques, de philosophie et de psychologie. En 1931, Broch se dirige vers le métier d'écrivain (il publie des textes dans des revues depuis les années 1910).

À l'âge de quarante-cinq ans, en 1931, Broch publie son premier roman, la trilogie Les Somnambules  (Die Schlafwandler), il y développe une nouvelle forme de narration sur le thème prémonitoire du délabrement des valeurs de la société contemporaine à travers un tableau de l'Empire allemand durant le règne de Guillaume II de 1888 à 1918.
Broch s'intéresse aussi aux questions de philosophie liées à la culture, à l'apprentissage, aux savoirs et à la psychologie des masses, marqué par la montée en puissance des fascismes en Europe. Il est proche à cet égard de l'autre grand romancier viennois de l'époque, Robert Musil. Il analyse cet aspect dans La théorie de la folie des masses, opposant la démocratie au nazisme, et refusant d'hypostasier la masse, indiquant à chaque fois la responsabilité de chacun dans ce processus politique et social. De plus, plutôt que d'opposer simplement la rationalité et l'individualisme rationnel des démocraties à l'irrationalité du fascisme, il appelle la démocratie à utiliser les rituels et les mythes afin d'élever les individus vers une rationalité refusant le processus de massification. Par ses écrits, Broch ne désespérait pas d'influencer indirectement les événements contemporains.
Les nazis annexent l'Autriche en 1938 et Broch est arrêté et emprisonné. Avec l'aide de son ami le romancier irlandais James Joyce (Broch est aussi un ami d'Aldous Huxley), il réussit à se faire libérer rapidement et à émigrer aux États-Unis. Après avoir reçu un prix de la Fondation Rockefeller pour ses études sur la psychologie des masses, il obtient un poste de professeur honoraire à l'Université Yale en 1950 avant de mourir un an plus tard sans avoir achevé son travail sur le Tentateur.

Son œuvre majeure, La Mort de Virgile (Der Tod des Vergil) fut publiée en premier aux États-Unis en 1945, dans une traduction anglaise, avant d'être publiée en allemand après la guerre. Ce roman, dans lequel sont inextricablement mêlées réalité et hallucinations, descriptions et méditations, poésie et prose, retrace les derniers jours de la vie du poète romain Virgile, à Brundisium (Brindisi), où il discute longuement avec ses amis et Auguste, essayant d'obtenir de ce dernier qu'il le laisse détruire son manuscrit de l'Énéide, avant de se raviser et de l'offrir à Auguste, puis de se réconcilier à la fin avec sa destinée.  
Hermann Broch a créé l'image d'« Apocalypse joyeuse » pour désigner le sentiment de désastre imminent et d'effondrement prochain de l'Empire austro-hongrois qui habitait une grande partie de ses citoyens au début du XXe siècle.

Oeuvres traduites en français

Les Somnambules (Die Schlafwandler ; 1931-1932)
La Mort de Virgile (Der Tod des Vergil ; 1945)
Les Irresponsables (Die Schuldlosen ; 1950)  
Le Tentateur (Der Versucher ; 1954)
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Message par ArenSor le Jeu 6 Juin - 17:14

Les Somnambules (Die Schlafwandler)

Herman Broch Les_so10


Ce gros livre de plus de 700 pages et composé de trois récits distincts :
1888, Pasenow ou le romantisme
1903, Esch ou l’anarchie
1918, Huguenau ou le réalisme


Compte-tenu de ma lenteur de lecture et de la densité du texte, je trouve plus prudent d’examiner successivement ces trois textes

1888, Pasenow ou le romantisme

Joachim Pasenow appartient à une famille de petits hobereaux prussiens. Dans la tradition, en tant que cadet, il entre dans une école d’officiers, l’ainé étant destiné à reprendre la gestion du domaine. Ceci au détriment des désirs des uns et des autres mais c’est sans importance. Ce qui compte ici c’est l’honneur, celui de dieu, du roi et surtout de son nom.

« Assurément parmi les chasseurs qui furent jamais hébergés dans cette chambre, la plupart ont mené une vie profane, happant avidement toute occasion de jouissance ou de profit, ne reculant pas à vendre au marchand leurs récoltes ou leurs porcs avec des gains considérables, s’adonnant à une chasse barbare où se faisaient grands massacres des créatures de Dieu et nombre d’entre eux se livraient avec furie aux voluptés féminines. Mais tout portés qu’ils étaient à accepter cette vie insolente et pècheresse comme un droit et un privilège conférés par Dieu, jamais ils ne regimbaient à l’offrir en holocauste dès lors que l’honneur de la patrie ou la gloire de Dieu l’exigeaient ; et même si l’occasion leur manquait, cette allègre disposition à tenir la vie pour une vétille à peine digne de mention avait-elle vertu chez eux que leur conduite pécheresse ne pesait guère dans la balance. »

Le fils ainé ayant été tué dans un duel, il est mort pour l’honneur de son nom conclut le père. Joachim sera amené tôt ou tard à diriger le domaine :

« Le plus curieux de l’affaire, c’est que dans le monde où nous vivons, le monde des machines et des chemins de fer, dans le même temps que circulent les trains et travaillent les usines, deux hommes s’affrontent et tirent l’un sur l’autre »

Pourtant Joachim   sent bien dans son uniforme, garant des valeurs ancestrales, protection des atteintes d’un monde extérieur perçu comme une menace

« Et si jadis seul l’habit sacerdotal, par son inhumanité, se distinguait des autres, si même sous l’uniforme et la toge  le civil se trahissait, il fallut, quand vint à se perdre la grande intolérance de la foi, que la toge mondaine  remplaçât la toge céleste, que la société se scindât en hiérarchies et en uniforme et élevât ceux-ci à l’absolu au lieu et place de la foi.  Et puisque c’est toujours romantisme que d’élever le terrestre à l’absolu, l’austère et véritable romantisme de notre époque est celui de l’uniforme, semblant impliquer l’existence d’une idée supraterrestre et supratemporelle de l’uniforme, idée qui sans exister possède une telle intensité qu’elle s’empare de l’homme avec beaucoup plus de force que ne le pourrait une quelconque vocation terrestre, idée inexistante et pourtant si intense qu’elle fait du porteur d’uniforme un possédé de l’uniforme, mais jamais un homme de métier au sens civil du mot, peut-être précisément parce que l’homme en uniforme est nourri et gonflé de la conscience de réaliser le propre style de vie de son époque et de réaliser également ainsi la sécurité de sa propre vie. »

« Il était tout prêt de souhaiter que l’uniforme fût comme une émanation directe de la peau ; parfois il songeait aussi que c’était là son vrai rôle ou que du moins le linge, à force d’insignes et de distinction, devait devenir partie de l’uniforme. Car il était inquiétant que chacun portât sous sa veste cet élément naturellement anarchique. Peut-être le monde serait-il sorti complètement de ses gonds si, au dernier moment on n’avait inventé pour les civils, le linge empesé qui transforme la chemise en une planche de blancheur et lui ôte son aspect de sous-vêtement ».

L’histoire de Joachim est donc celle d’un individu  dont les valeurs se trouvent de plus en plus en décalage avec l’évolution du monde moderne. Pourtant celui-ci exerce une fascination qui se manifeste dans la figure d’un proche ami, Bertrand, perçu comme une sorte de démon tentateur, un Méphistophélès en somme ! Bertrand a quitté l’armée, s’est lancé dans les affaires, parcourt le monde en gagnant beaucoup d’argent.
Un étrange quatuor va se mettre en place : Joachim, Bertrand, la femme charnelle et voluptueuse Ruzena, son double inverse, Elisabeth, icone vertueuse.

Joachim hésite dans ses choix, l’attitude à prendre. Il est perdu dans un monde qu’il ne comprend pas

« Enfin il s’aperçut avec effroi qu’il n’avait plus de prise sur la masse fluente et évanescente de la vie et qu’il s’enlisait sans cesse plus vite et plus profondément dans d’extravagantes chimères frappant le monde entier d’incertitude. »

0n a souvent comparé Broch à Musil ou à Roth. Il y a en effet une parenté certaine. Les trois auteurs autrichiens se sont penchés sur l’individu face aux bouleversements du monde moderne. Toutefois, l’écriture de Broch me semble différente de Musil en ce sens que les considérations philosophiques n’empiètent pas trop sur la fonction romanesque. Disons que ce sont deux approches différentes face à un même problème.
Incontestablement Broch est un écrivain majeur du 20e siècle, relativement méconnu. L’écriture est dense, maîtrisée avec, pour me répéter, une belle alliance entre le narratif, les considérations socio-philosophiques et la poésie. La lecture est très aisée jusqu’à présent. Attendons la suite ! Very Happy


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Message par Bédoulène le Jeu 6 Juin - 17:52

merci Arensor, ne connaissant ni cet auteur, et pas encore Musil, tes comparaisons me seront certainement utiles plus tard dans mes lectures.
Quand tu cites Roth, je suppose que c'est Joseph ? ou je me trompe ?

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Message par ArenSor le Dim 14 Juil - 16:47

Je viens de terminer (enfin !) "Les Somnambules". C'est incontestablement un très grand livre que je place volontiers dans les oeuvres majeures du XXe siècle. Curieusement, Broch est beaucoup moins connu que Musil, avec lequel il a tout de même pas mal d'affinités, ou Joyce. L’appellation de "livre-monde" est certes très commode, mais je ne vois pas trop quel autre terme employer tant les sujets abordés sont nombreux et les modes d'écriture différents. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, notamment dans les digressions philosophiques qui font appel à des notions kantiennes et hégéliennes que je ne maîtrise pas, mais j'ai été emporté par cette prose poétique d'une puissance peu commune.
Vouloir résumer ce livre, comme j'avais commencé à le faire, est vain et absurde. L'intrigue n'a qu'une importance secondaire. Je me contenterai donc de donner quelques indications pour laisser place non pas à des citations mais des passages qui, je l'espère, donneront idée de l'esprit et du style de ce grand écrivain Very Happy
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Message par bix_229 le Dim 14 Juil - 17:04

D'accord avec toi au sujet de Musil. On le met au dessus de Broch ou de Canetti, parfois sans meme les avoir lus.
Une hiérarchie dont ont besoin apparemment les planificateurs de la littérature.
J'avais apprécié la correspondance de Broch et son Journal
J'étais plus vaillant à l'époque ! Rolling Eyes
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Message par ArenSor le Dim 14 Juil - 17:05

Esch ou l’anarchie

Le deuxième volume de « Les Somnambules » nous plonge dans un milieu très différent du premier, celui de la classe moyenne de l’époque. Esch est un comptable scrupuleux qui vient de se faire virer de son travail parce qu’un margoulin au-dessus de lui a trafiqué les comptes. Esch ne le supporte pas comme il ne supporte pas la moindre injustice. Pour lui, il faut que les additions soient exactes, la moindre petite différence n’est pas supportable. Il n’est pas besoin de préciser que Esch n’est pas adapté au monde qui l’entoure et à sa relativité. Confronté au syndicalisme, au monde du cirque, Esch ne voit de solution que dans l’Amérique, nouveau monde, utopie où il est serait de repartir à zéro, mais il va rentrer sagement dans le rang.


« Dans cette anxiété souveraine qui s’empare de chaque homme au sortir de l’enfance, à l’heure où le pressentiment l’envahit  qu’il lui faudra marcher seul, tous ponts coupés, au rendez-vous de sa mort sans modèle, dans cette extraordinaire anxiété qu’il faut bien déjà nommer un effroi divin, l’homme cherche un compagnon afin de s’avancer avec lui, la main dans la main, vers le porche obscur, et pour peu que l’expérience lui ait appris quel délice il y a sans conteste à coucher auprès de son semblable, le voilà persuadé que cette très intime union des épidermes pourra durer jusqu’au cercueil. »

« En un sens, ce qui compte, ce ne sont plus les hommes. Ils sont tous pareils et peu importe que celui-ci se résorbe dans celui-là, que l’un prenne la place de l’autre. Non, le monde ne s’ordonne plus selon les bons et les méchants, mais selon certaines forces bonnes ou mauvaises. »


« Quand les désirs et les fins prennent consistance, quand le rêve fait irruption jusqu’au point des grands tournants et des grands bouleversements de la vie, la route se resserre alors vers de plus obscures galeries et sur celui qui rêvait sa vie descend l’avant-rêve de la mort ; ce qui fut désirs et fins glisse une nouvelle fois devant lui comme aux yeux d’un agonisant et l’on pourrait dire que c’est hasard si la mort n’est pas le terme du voyage. »

« Les choses sont proches à l’excès et lointaines infiniment comme aux regards d’un enfant et le voyageur qui a pris le train et qui d’un lointain pays aspire à revoir sa femme ou même son pays natal est semblable à celui dont les yeux commencent à faiblir et que pénètre sourdement la crainte de perdre la vue. De grands pans d’ombre l’environnent, du moins cela lui semble sitôt qu’il s’est couvert le visage de son manteau, et pourtant en lui un savoir vient d’éclore qu’il possédait peut-être déjà et il n’y avait pas pris garde. Il est au seuil du somnambulisme. Il suit encore la route tracée par les ingénieurs, mais il l’a suit tout au bord et la chute menace. Il entend encore la voix des démagogues mais pour lui ce n’est plus un langage. Il étend les bras vers les côtés et vers l’avant, tel le triste funambule qui, bien au-dessus de la bonne terre, a le secret d’un aplomb meilleur. Glacée et subjuguée, l’âme prisonnière s’allège et le dormeur glisse vers le haut, là où les ailes des amants frôlent son haleine comme le duvet que l’on pose aux lèvres d’un mort, et il appelle l’instant où on lui demandera son nom comme à un enfant, afin qu’il lui soit permis de se perdre sans rêve dans les bras de la femme, aspirant la première haleine du pays natal. Il ne s’est pas encore aventuré très haut, toutefois il a déjà gravi un petit échelon entièrement vierge, de la nostalgie : il ne sait plus comment il se nomme »

« Vienne Celui qui assumera une mort offerte en sacrifice et rachètera le monde pour le ramener à l’état de nouvelle innocence. Ainsi s’exalte le désir éternel de l’homme, il s’exalte jusqu’au meurtre, ainsi s’exalte ce rêve éternel, il s’exalte jusqu’à la voyance. Entre désir rêvé et divination rêvant se joue tout savoir, se joue le savoir du sacrifice et du royaume de la rédemption. »

« L’élu de l’insomnie qui, d’un doigt mou préalablement humecté, vient d’éteindre la calme bougie veillant à son chevet et qui, dans la pièce soudain plus fraîche, attend la fraîcheur du sommeil, s’emporte vers la mort de chaque battement de son cœur, car du même mouvement insolite dont l’espace autour de lui se dilate dans la fraîcheur, le temps dans sa tête prend le mors aux dents, court à perte de souffle et voici que début et fin, origine et mort, hier et aujourd’hui coïncident en un seul et solitaire maintenant, le remplissant jusqu’au bord, le faisant presque éclater. »

« Car il reconnut qu’il ne peut jamais y avoir d’accomplissement dans le réel, il reconnut dans une clarté croissante que le lointain le plus reculé est encore dans le réel, absurde toute fuite, vain tout espoir d’y trouver un asile de salut devant la mort, l’accomplissement et la liberté – et l’enfant lui aussi, même sortant vivant du sein de la mère, il ne signifie rien de plus que le cri fortuit de plaisir dans lequel il est reçu, cri s’évanouissant et depuis longtemps emporté par le vent qui n’apporte pas une preuve plus forte de l’existence de l’amant auquel  il s’adressait.  Etranger l’enfant, aussi étranger que ce cri éteint dans le passé, étranger comme le passé, étranger comme le mort et la mort, un pantin gonflé de vent. Il a beau paraître changer, le terrestre en effet est immuable et quand même le monde entier connaîtrait une seconde naissance, il n’atteindrait pas malgré la mort du rédempteur à l’état d’innocence dans le terrestre, pas avant que soit venue la fin des temps. »
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Message par ArenSor le Dim 14 Juil - 17:07

@bix_229 a écrit: Canetti,

Celui-là est dans un de mes prochains "menus" Very Happy
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Message par Tristram le Dim 14 Juil - 18:16

Curieux que dans ton (long) troisième passage tu sois passé à côté de :
« L’homme qui d’un lointain pays aspire à revoir sa femme ou même la terre de son enfance est au seuil du somnambulisme. »
Hermann Broch, « Les somnambules », « 1903 Esch ou l’anarchie »
Tu as lu 1918 Huguenau ou le réalisme ?

_________________
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Message par ArenSor le Dim 14 Juil - 18:50

@Tristram a écrit:Curieux que dans ton (long) troisième passage tu sois passé à côté de :
« L’homme qui d’un lointain pays aspire à revoir sa femme ou même la terre de son enfance est au seuil du somnambulisme. »  
Hermann Broch, « Les somnambules », « 1903 Esch ou l’anarchie »

scratch

Tu as lu 1918 Huguenau ou le réalisme ?

Oui puisque j'ai terminé "Les Somnambules", mais le dernier opus est le plus complexe, il faut que je collationne les extraits.
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